GIB
et vin-visch en hollandais : ce nom lui vient de la nageoire (^Jinn ) de son dos , qui s'élève vers sa queue.
Description. — (V. la PI. 10 , fg. 2.) C'est un animal cétacé du genre des vraies baleines , dont la gueule est garnie de barbes au lieu de dents , et la tète pourvue de deux évents. Lorsque la gueule est fermée, sa tête, qui a la forme d'un cône, a presque le tiers de la longueur de tout le corps; ses évents sont fendus en long, et l'animal en rejette des flots d'eau avec plus de violence que la baleine. Ses fanons, ou les barbes de corne de sa gueule, sont placés à sa mâchoire supérieure et frangés à leurs bords ; mais leur substance est de couleur bleue : ils sont moins longs que dans la baleine franche : aussi sont - ils moins recherchés des pêcheurs. Les franges de leurs bords s'entortillentcommede grosses cordes, La nageoire de son dos est triangulaire , et s'élève de 3 à 4 pieds , et son sommet se recourbe en arrière. Cet animal a des yeux txès-petits , et placés fort bas, vers l'angle des mâchoires ; ses nageoires pectorales ont une forme ovale, et sont longues de plus de 7 pieds. De même que dans tous les cétacés, la nageoire de la cjueue est placée horizontalement et échancrée en deux lobes. Le dos est d'une couleur brune luisante ; mais le ventre et le dessous de la poitrine ont une blancheur très-vive.
Habitation. — Il habite non-seulement dans les mers du nord de l'Europe et de l'Anlérique , mais encore dans celles de l'Inde. En 1673, au mois de mars , on en vit au détroit de Gibraltar.
Les pêcheurs ont remarqué qu'aussitôt que le gibbar paraît dans les parages du Spitzberg, on n'y rencontre plus de baleines franches .
Nourriture. — Le gibbar vit de maquereaux , de harengs et de petits saumons du Nord.
Qualités.''— Le lard de cet animal est peu épais , et son corps , quoique aussi long que celui de la baleine , est bien moins gros; il n'est guère que le tiers ou même le quart d'une baleine ordinaire du Groenland , et ne fournit qu'environ 10 à 12 tonneaux de graisse. La chair du gibbar a, dit-on , le même goût que celle de l'esturgeon, mais elle est beaucoup plus coriace et plus huileuse ; ce qui n'empêche pas les Groenlandais de la manger avec avidité , aussi bien que la peau et les tendons. Les os même de cet animal servent de poutres pour bâtir les cabanes de ces peuplades sauvages.
Ses fanons blçus sont remplis de nœuds et peu estimés.
Pêche. — C'est un cétacé très-agile et très-fort. Marten rapporte que des pêcheurs , ayant harponné un gibbar, furent entraînés tout-à-coup avec leur chaloupe sous des glaçons et y furent noyés. Cet animal devient furieux lorsqu'il est blessé ; sa fuite est rapide et si soutenue , qu'on a beaucoup de peine à le fatiguer. Il est dangereux de l'approcher, à cause de ses violens coups de queue et de nageoires, au moyen desquels il extermine les pêcheurs, et fait voler leurs barques en éclats. Sa gueule est aussi très-effrayante , et beaucoup plus grande que celle de la baleine; néanmoins elle ne peut pas blesser. Y. Baleine.
GLA
GIBELE. Poisson du genre cyprin, qu'on pêche principalement dans les lacs du nord de l'Europe, dans les eaux bourbeuses , et qui y réussit mieux que les autres espèces de poissons. 11 fraie à la fin du printemps, et multiplie considérablement; car on a compté jusqu'à 3oo,ooo œufs dans une seule femelle. 11 ne devient pas gros , ne pesant pas ordinairement plus d'une demi-livre. Il y a de l'inconvénient à le laisser trop multiplier dans les étants consacrés aux carpes, dont il partage la nourriture sans donner les mêmes produits. Sa chair est tendre , peu garnie d'arêtes , et fort saine.
GIBET. Sorte de chevalet de charpente , sur lequel on couche le màt d'un bâtiment pêcheur, quand on est en pêche.
GILLE. Sorte de filet à prendre du poisson , fait en forme de grand épervier, et du double de l'épervier commun : on ne s'en sert qu'en hiver et à rivière haute. L'ordonnance de 1669 en a défendu l'usage par l'art. 10 du tit. XXXI, sous peine de lOO livres d'amende pour la première fois, et de punitions exemplaires pour la seconde. V. Engins.
GILIORO. L'un des noms de la raie-oxyringue. V. Raie.
GIRELLE , labrus julis. (Lin.) Poisson du genre labre , que l'on nomme aussi dovella sur les côtes de France, et dozella en Italie. Ce poisson (V. la PI. 6, fig. 6 ) ne parvient jamais à la longueur d'un pied : c'est du reste un des plus beaux poissons des mers de l'Europe, et qui a été vanté par les anciens. Il a 9 rayons aiguillonnés et 12 rayons articulés à la dorsale 5 les deux dents de devant de la mâchoire supérieure plus grandes que les autres ; une large raie dentelée , longitudinale et d'un blanc jaunâtre de chaque côté du corps ; le plus souvent une raie bleue , étroite et longitudinale en dessous de la raie dentelée 5 la caudale arrondie. On le trouve dans la Méditerranée en troupes nombreuses et dans les rochers. Il se nourrit de crustacés et d'œufs d'au ires poissons. C'est au printemps qu'il dépose son frai sur les pierres. Sa chair est tendre, savoureuse et saine ; on le mange frit, et on l'ordonne bouilli aux malades. C'est par erreur qu'Elien et autres l'ont cru vénéneux. On le pêche au filet et à la ligne , à laquelle on attache un morceau de poisson , de coquille ou de crustacé.
GLACE. Dans l'Amérique septentrionale , en Russie, en Suède, etc., on fait des trous à la glace, et on introduit dans l'eau qui est au-dessous des filets et des haims, avec lesquels on prend beaucoup de poissons. V. Pêche.
L'ordonnance de 1669, tit. XXXI, art. 18, défend de rompre la glace des étangs, mares et fossés, pour y prendre du poisson, à peine d'être puni comme voleur. \ . Etang.
GLAI. Herbier de glaïeuls , qui forme des espèces d'iles dans les étangs.
GLAIVE. Nom vulgaire d'un poisson, VEspadon. V. ce mot.
GLANIS, siluTus glanis . ("Lin.) Poisson du genre des silures , qu'on nomme aux environs de Strasbourg lotte de Hongrie^ en Italie, harcha; en Hongrie, hardscha ; à Constantinople , glano ; en
GLA
Autriche, schaden^ en Allemagne, -wels ou vallcr^ en Hollande, meervalf en Angleterre, the seatfisch. Histoire. — Le glanis eut peu de faveur dans l'opinion des Grecs , si même il en fut bien connu ; car la description qu'Aristote a faite de ce silure est si incomplète, qu'il n'est pas possible d'indiquer avec certitude l'espèce dont il a voulu parler. Il fut mieux connu des Romains ; mais il ne fut jamais en grande estime en Italie. On croyait qu'il s'attachait aux cadavres et qu'il dévorait quelquefois des hommes. D'après cette opinion, justifiée par l'expérience, on s'abstenait d'en manger, ou bien il ne paraissait que sur la table des pauvres. Il ne fut pas plus estimé dans le moyen âge; cependant on continua de le pêcher dans le Danube et le Mein, dans les lacs de la Moravie, de la Souabe et de la Bavière. Il paraît que ce poisson a été exclu des étangs, en beaucoup d'endroits, à cause de sa voracité.
Description. — Ce poisson (V. la PI. 8 ., fig. 1) est un des plus grands habitans des fleuves et des lacs. On l'a nommé la haleine dés eaux douces. Un individu de cette espèce, vu près de Limritz en Poraéranie , avait la gueule assez grande pour qu'on pût y faire entrer un enfant de 6 ou 7 ans. On trouve dans le Volga des glanis de 12 ou i5 pieds de longueur. On en prit un dans les environs de Spandau qui pesait i3o livres, et un autre dans l'Oder du poids de 400 livres.
Le glanis a deux barbillons à la mâchoire supérieure , quatre à la mâchoire inférieure ; 5 rayons à la nageoire du dos, 90 à celle de l'anus; la caudale arrondie ; la tête grosse , et très-aplatie de liant en bas; le museau très-arrondi par-devant; la mâchoire inférieure un peu plus avancée que celle d'en haut ; un très-grand nombre de dents petites et recourbées; quatre os ovales, hérissés de dents aiguës , et situées au fond de la gueule j l'ouverture de la bouche très-large; les yeux ronds, saillans , très-écartés l'un de l'autre , et petits par rapport à la grandeur de l'animal ; le dos épais j le A'entre très-gros; l'anale très - longue ; la ligne latérale droite; la peau enduite d'une humeur gluante, à laquelle s'attache une assez grande quantité de vase limoneuse, sur laquelle il aime à se reposer ; le premier rayon de chaque pectorale osseux , trèsfort et dentelé sur son bord intérieur ; la couleur générale de son corps d'un vert mêlé de noir , qui s'éclaircit sur les côtés, et encore plus sur la partie inférieure du poisson , et sur lequel sont distribuées des taches noirâtres irrégulières; les pectorales jaunes , ainsi que la dorsale et les ventrales, l'extrémité de ces dernières bleuâtre ; l'anale et la caudale d'un gris mêlé de jaune , et bordées d'une bande violette. Ce poisson nage avec beaucoup de lenteur. Habitation. — Le glanis habite non -seulement les eaux douces de l'Europe , mais encore celles de l'Asie et de l'Afrique : on ne l'a trouvé que trèsrarement danslamer. Il est abondant dans le A olga et dans le Danube, et on en trouve dans le Feder- Sée , lac situé dans la Souabe, à quelques milles de Donaueschingen (source du Danube) , età 5o lieues de Strasbourg , d'où l'on a apporté plusieurs de ces poissons pour les naturaliser dans l'Alsace. On en comptait déjà plus de 5oo dans les étangs do