‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 100 sur 292 · HOL · texte numérisé non relu

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HIRONDELLE DE MER, ou RONDOLE , ou RATEPENADE, ou CHAUVE-SOURIS, ou PI- RAPEDE, ou POISSON VOLANT. C'est un poisson du genre des dactyloptères de Lacépède , et des trigles de Linnasus, qui habite dans presque toutes les mers des zones chaudes et tempérées, et qui parvient rarement à plus -d'un pied de longueur. 11 a la tête arrondie par-devant et comme renfermée dsns une boite osseuse , terminée par quatre aiguillons ; la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure; plusieurs rangs de petites dents à chaque mâchoire 5 la langue courte; la membrane branchiale soutenue par 7 rayons; le tronc allongé; le ventre plat ; la tête violette ; le tronc rougeâtre ; les nageoires bleues ou verdàtres , tachetées de bleu; les dorsales très-éloignées l'une de l'autre, et lea deux premiers rayons de la première plus longs que les autres ; les pectorales doubles : les premières , composées de 20 rayons, sont presque aussi longues, et lorsqu'elles sont ouvertes , deux fois plus larges que le corps et ont une forme ovale et allongée; les secondes sont très-petites, et composées de 6 rayons; la ventrale et l'anale sont petites. Toutes ces nageoires ont leurs rayons simples : il n'y a que la caudale , qui est médiocre et en croissant , qui les ait fourchus.

Les pirapèdes ou hirondelles de mer peuvent , au moyen de leurs grandes nageoires pectorales, qu'on a comparées aux ailes des chauves - souris , nager avec une grande vélocité , et même s'élancer dans l'air , et y parcourir des espaces dont le maximum a été évalué à une vingtaine de toises pour les gros individus. C'est cette faculté qui leur a fait donner le nom de poissons volons. Ils sont beaucoup plus rares dans la mer qu.i est entre l'Europe et l'Amérique, que les exocets volons, qui sont les poissons volans proprement dits , et dont les voyageurs ont le plus fréquemment parlé. Il parait que ces poissons ne s'élancent de leur élément naturel que pour échapper à la poursuite de leurs ennemis ; mais, dans l'air, ils rencontrent d'autres ennemis, les oiseaux d'eau.

La nourriture des hirondelles de mer consiste en mollusques , petits coquillages et crustacés. Leur chair passe pour être dure et sèche; elle nourrit beaucoup, mais elle est difficile à digérer f

HIRONDELLE. On donne aussi ce nom à un poisson du genre Trigle ou Perlon. V. ces mots.

HOLACANTHE. Genre de poissons établi par Lacépède, qui renferme treize espèces, mais dont aucune n'habite les mers d'Europe.

HOLOCENTRE , holocentrus. Genre de poissons qui , d'après Lacépède , a pour caractère un ou plusieurs aiguillons , et une dentelure aux opercules ; un barbillon ou point de barbillon aux mâchoires ; une seule nageoire dorsale. Ce genre contient soixante-six espèces connues, dont les unes ont la nageoire de la queue fourchue, et les autres l'ont entière.

Nous ne mentionnerons que les trois espèces sui vantes , les seules qui peuvent intéresser les pécheurs français.

L'Holocektbe-Post , perça cernua (Lin.), que

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Von connaît en France sous le nom de Petche goujmdère. V. ces mots.

L'Holocentre ma&sk, perça marina (Lin.) 5 ou Perche de Hier* V. ces mots.

L?HoLocBKT&E-Mifiou, perça gigas. (Lin.) V. Métou.

HOMARD. Non spécifique de la grande écrevisse .de meiy mstacus marinus (Fabr.), qui a le corcelât uni) le rostre denté latéralement, avec une double dent à sa base supérieure. On le. trouve dans les mers de l'Europe. Y. Ecrevisse.

HORIN ov HOTB1N. V. Bouée.

HORIZON DU SOIR. Fêche qui se fait au soir, quand le soleil est couché, jusqu'à ce que sa lumière disparaisse entièrement. C'est aussi ce qu'on nomme le crépuscule*

HORREAU. Nom donné au maquereau sur quelques- câtes de France.

HOTE ou BOURGEOIS. Les matelots nomment ainsi celui à qui appartient leur bateau-pêcheur, et qui le leur loue suivant certaines conventions,

HOTTES DE QUAI. Ce sont des hottes au fond desquelles on ajuste un morceau de bois, qui, du fond de la hotte, répond à terre , et sert pour se reposer à ceux qui transportent le poisson. V. Pêche.

HOTTEURS, HOTT1ERS, HOTTBRONIERS.

Ce sont des gens qui portent dans des hottes chez les marchands de poissons , ou au marché voisin , les harengs qu'on vend frais.

HOUILLER LES BARILS. C'est achever de les remplir quand on lés a sautés, ou bien verser de la saumure par le bondon lorsqu'ils sont enfoncés.

HOULEVICHE. Filet qu'on appelle ailleurs bretetière , parce qu'il sert à prendre une sorte de chien qu'on appelle à Barfleur houle. Y. Folles, $ 7*

HOYÉ. On appelle poisson hoyé celui qui a été meurtri et fatigué dans le filet , ou attaqué par des poissons voraces : il se corrompt aisément, et il faut le consommer sur les lieux de la pêche.

HUAGE ou CHANTAGE. Pêche qui se fait avec bruit* V. Folles.

HUCHES. Grandes caisses de bois qu'on établit dans l'eau et qui ferment à clef: on y dépose le poisson qu'on doit prendre journellement pour la table. V, Réservoirs .

HUITRE , ostrea. Genre de coquilles de la classe des bivalves, qui fournit aux hommes, sur un grand nombre de côtes, une nourriture abondante, trèssaine , d'une facile digestion , et généralement recherchée.

On trouve dans les anciens auteurs plusieurs passagesqui prouvent à quel point les huîtres étaient estimées. Pline rapporte que, de son temps , on en était' ai friand , qu'elles étaient payées des prix énormes 9 et qu'Apicius , célèbre gourmand , avait inventé une méthode pour les engraisser et les conserver, long-temps* Les huîtres qu'on recherchait le pins étaient celles d'Abydos, dans le détroit des î>arda.nelles , celles du lac Lucrin, près de Pousole » et celles de la côte de Brindes , ville de la CalaJ?re. Aristote dit qu'on les nourrissait pour les avoir plus grasses.

I>e nos jours , ce sont les huîtres d'Angleterre et de Hollande «qui passent pour les meilleures de l'Eu-

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rope ; on en pèche aussi d'excellentes et en trèsgrande abondance sur les côtes de France, particulièrement dans les départe m en s de l'Ouest. Celles qu'on mange ordinairement à Paris viennent, pour la plupart, des rochers de Cancale, dans le golfe de Saint-Malo, et des environs. On en prend aussi beaucoup à l'embouchure de la Loire : elles se débitent à Nantes, à Angers et autres villes ; mais elles sont d'une qualité bien inférieure : la vase qui les remplit leur donne un goût désagréable.

Description de ce genre de coquillage. — La coquille de l'huître est irrégulière, adhérente, à valves inégales et à charnière sans dents, avec une fossette oblongue, sillonnée en travers, et donnant attache au ligament; dans toutes les espèces d'huîtres, la valve supérieure est plus large , plus épaisse et plus plate que la valve inférieure. Il y a au sommet de chaque valve une cavité, dans laquelle se loge le ligament et qu'on appelle le talon. Ce ligament, qu'on, ne voit point au dehors, mais qui n'est pas cependant tout-à-fait intérieur, est coriace, noirâtre et aplati. Parmi les diverses espèces d'huîtres, on distingue deux formes principales : les unes, droites ou à-peuprès, à bords simples et unis, telle est l'huître commune; d'autres sont plus ou moins arquées et ont leurs bords plissés ou crêtes : ce sont celles qu'on nomme, dans les collections, huîtres plissées ou rastellum.

Ces coquillages s'attachent dès leur naissance par leur têt, qui se soude sur les divers corps marins placés à leur portée. Le point d'attache est en général près du sommet de la valve inférieure , sous le talon. La plupart des espèces s'établissent sur les rochers et dans les fonds pierreux; quelques-unes* semblent s'attacher de préférence aux racines et aux branches des arbres qui garnissent les rivages et que la marée peut atteindre. A l'embouchure de plusieurs rivières d'Amérique et des grandes Indes , on en voit une immense quantité ainsi suspendue et agitée par les vents lorsque la mer s'est retirée. Les huîtres se groupent aussi fréquemment sur d'autres coquillages, sur des madrépores; souvent même lorsqu'elles manquent d'une base solide pour se fixer, elles s'entassent les unes sur les autres, et forment des bancs d'une longueur et d'une épaisseur considérables. Les huîtres ainsi fixées par le talon de leur valve inférieure passent toute leur vie sans se déplacer, et sans pouvoir exécuter d'autre mouvement que celui deAfermer et d'ouvrir leur coquille. L'eau de la mer, chargée de molécules nutritives, animales ou végétales , s'introduit jusqu'à la bouche de l'huître, et lui apporte les alimens qu'elle ne pourrait atteindre autrement.

Lorsque les valves sont entr'ouvertes , on aperçoit le manteau , qui s'étend sur leurs bords 6ans pouvoir saillir en dehors : c'est une membrane fort mince , divisée en deux lobes distincts , dont chacun tapisse les parois intérieures de chaque valve. Npn écartant les lobes du manteau , on découvre quatre feuillets membraneux, demi-circulaires, et qui sçnt les branchies.

• Nous n'entrerons point dans le détail de la description intérieure de l'huître , il nous .suffira de dire qu'on y distingue un canal qui sert de commu-

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nication entre l'organe respiratoire, et le coeur ; la bouche située vers le sommet des valves j une petite valvule qui fait l'office de langue } deux estomacs; un rectum et un foie.

Propagation* — On ne connaît point le mode de génération. des huître*, on pense qu'elles sont hermaphrodites. Elles jettent leur frai au commencement du printemps. Ce frai 9 qui s'attache à tous les corps environnas* , ressemble à une gelée blanche, dans laquelle on aperçoit , au moyen d'une loupe, une multitude de petites, huîtres déjà toutes formées et munies de leurs valves. Elles atteignent promptement la faculté d'en reproduire d'autres, et dès le quatrième mois après leur naissance , elles peuvent se multiplier de nouveau.

Plusieurs faits prouvent qu'on peut transporter les huîtres sur des rivages qui n'en possédaient pas auparavant» Il y a à- peu-près 100 ans qu'un propriétaire, en Angleterre, en fit jeter une certaine quantité dans la rivière de Mené, où il n'y en avait aucune ; elles s'y sont multipliées en si grande abondance que le fond du lit de cette rivière, dans l'espace de plusieurs lieues, est actuellement couvert d'excellentes huîtres , et qu'elle» sont devenues une source de revenu. Le gouvernement a ■ imité cet exemple sur différons points des côtes d'Angleterre.

Ennemis. — Les huîtres ont, indépendamment de l'homme, de beaucoup de quadrupèdes et d?oiaaaux, une multitude d'ennemis. Leurs seuls moyens de défense consistent à fermer leurs valves, pour se mettre à l'abri , ou à renforcer l'épaisseur de leur têt pour éviter les attaques de plusieurs mollusques et vera marins qui cherchent à le percer. On cite à ce sujet une espèce de crabe qui, dit-on, a l'instinct de jeter de petites pierres dans les valves de l'huître lorsqu'elles sont entr'ouvertes , afin de les empêcher de se refermer, et à^en faire par ce moyen sa proie plus facilement et sans danger ; mais ce fait est plus que susceptible d'être révoqué en doute. Parmi ses ennemis , il en est plusieurs qui s'introduisent furtivement et se laissent enfermer dans la cavité des valves ; d'autres les percent lentement, et tous finissent par tuer l'animal pour vivre à ses dépens. Dic- 3ueraare a observé que l'huître , pour se défendre es premiers , avait la faculté de lancer très-fortexnent l'eau qu'elle tient en réservoir dans son corps, et on sait depuis long-temps qu'elle peut retarder et même empêcher l'action des seconds, en augmentant à volonté l'épaisseur de sa coquille à l'endroit du danger.

Qualités. — Nous avons dit que les meilleures huîtres étaienTlcelles d'Angleterre et de Hollande , et qu'on en péchait aussi d'excellentes sur les côtes de la Bretagne. Les plus grosses huîtres sont celles qu'on prend sur les côtes de la Normandie.

On distingue dans le commerce, relativement à la qualité , trois sortes d'huîtres fournies par l'espèce commune : les huîtres de drague, ainsi nommées de l'instrument avec lequel on les arrache. Ce sont des individus qui vivent à une certaine distance de la côte , et qui ont pris un plus grand accroissement que celles des rivages. Ces grosses huitres se consomment, en général, dans les environs et on en fait peu de cas : on eu prend beaucoup en Nor-

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