‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 12 sur 292 · AMM · texte numérisé non relu

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Fragmens de becs de sèches, des arêtes de poisson , etc. 11 est quelquefois réuni en masses trèsconsidérables : on en a vu des morceaux de 5o, 100 et 200 livres. On trouve communément l'ambre gris dans la mer ou sur les rivages qu'elle baigne. Tous les*animaax en sont extrêmement friands , et accourent à l'odeur qu'il répand pour le dévorer. On le regarde comme un produit des cétacés, et particulièrement des Cachalots. V. ce mot.

Uni aux autres parfums , V ambre gris développe son odeur suave, et s'emploie comme un agréable cosmétique. Il passe aussi pour un bon stomachique, un puissant antispasmodique et calmant. Les Orientaux en font un grand usage comme aphrodisiaque.

AMENDES. L'ordonnance de 1669 , tit. XXXI, art. 10, réitère la défense de se servir des instru* mens de pèche prohibés par les anciennes ordonnances, et au nombre de ces instrumens dénommés dans les ordonnances de i326 , i388 , 1402, i5x5 et 1 550 , citées par Saint- Yon , page 224 1 se trouve l'instrument dit amendes, dont on ne connaît plus la forme.

A -MER. On nomme ainsi deux objets à terre, qui , étant vus de la mer l'un par l'autre , ou sur la même ligne, indiquent la route qu'il faut tenir.

AMIE. Nom spécifique d'un poisson du genre des scombres, scomber amia (Lin.), qu'on trouve dans là Méditerranée. Il a jusqu'à 4 pieds de long. H remonte les rivières, et il est peu recherché comme aliment. V. Scombre.

AMMODYTE , ammodytes. Genre de poisson de la division des apodes, dont le caractère consiste à avoir une nageoire anale séparée de la caudale , qui l'est également de là dorsale ; la tête comprimée , plus étroite que le corps ; la lèvre supérieure double , la mâchoire inférieure étroite et pointue, le corps très-allongé.

Ce genre ne renferme qu'une espèce ( PL 3 , ftg. 2 ) , qui a beaucoup de rapport avec Y Anguille (V. ce mot), et qui a même été appelée anguille de sable , à raison de l'habitude où elfe est de s'enfoncer dans le sable. Elle vit de vers marins et de petits poissons, qu'elle arrête au moyen de petites dents aiguës , dont les deux os de son gosier sont hérissés. Ses yeux ne sont pas voilés comme ceux de l'anguille \ l'orifice de chaque narine est double $ la membrane des branchies est soutenue par 7 rayons 5 les nageoires varient dans le nombre de leurs rayons, mais elles en ont communément ; savoir, la dorsale , 60 5 la pectorale , 12 5 l'anale , 28 5 la caudale , 16 : cette dernière est un peu fourchue.

La couleur de l'ammodyte est d'un bleu argentin , avec quelques' raies blanches et une tache brune près de l'anus 5 ses écailles sont très-petites , et latéralement divisées par trois lignes longitudinales enfoncées. Sa longueur est de 5 à 6 pouces.

L'ammodyte se trouve abondamment sur les côtes de France et dans tout le nord de l'Europe. Il fraie en niai , dsns le sable : c'est un des meilleurs appâts qu'on puisse employer pour la pêche du maquereau et autres poissons voraces : aussi les femmes et les ehfans pêcheurs lui font-ils une guerre continuelle. On les voit , à Dieppe , par exemple , armés d'an instrument de fer, crochu à une de ses

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extrémités , courir sur le table au moment de la retraite de la mer , et l'enfoncer dansles lieux où un petit jet d'eau leur indique qu'est enterré un ammodyte, et fouiller jusqu'à ce qu'ils le trouvent. Il est quelquefois à a pieds de profondeur , mais ordinairement seulement à quelques pouces. Lorsqu'on assiste à cette pêche , on est surpris de voir l'activité avec laquelle elle se fait , activité nécessaire , et par le peu de temps qu'elle dure, et parla concurrence. Lorsqu'on met un ammodyte ainsi pris sur le sable d'où il vient d'être tiré , il se contourne en spirale, et par le moyen de sa mâchoire inférieure, trèspointue , se creuse, en labourant, un trou d'un diamètre égal à celui de la spirale , de manière que le sable ne tarde pas à le recouvrir tout entier. Lorsqu'ensuite une lame d'eau vient passer sur ce sable, elle l'unit, et on ne voit plus qu'un trou au-dessus de la tête du poisson , pour l'absorption de l'eau nécessaire à sa respiration.

On dit que les dauphins recherchent ce poisson avec tant de passion , qu'ils s'exposent à échouer pour venir le fouiller sur la grève.

L'animodyte a encore été appelé poisson cP appât, poisson de Tobie et lançon.

AMONT. Contraction du latin ad montent, vers la montagne. Terme dont on se sert pour signifier le côté d'où coule un fleuve, ou une rivière : ainsi, aller en amont, c'est remonter la rivière, aller contre le £1 de l'eau. Amont est. le contraire d'apa/.

Le vent d'amont est celui qui vient dn levant.

AMORCE. Mot qui vient du latin admorsare , fait de morsus , rtiorsellus , morceau. En terme de chasse et de pèche , amorce se dit d'un appât dont on se sert pour prendre du gibier, des bêtes carnassières ou du poisson. V. Appât.

AMORCER. C'est garnir un bai m de l'appât qui doit attirer le poisson, et l'engager à mordre à l'hameçon. V. Appât.

AMORCES VIVES. L'ordonnance de 1669, titre XXXI , art. 11, défend d'appâter les haims avec des amorces vives, c'est-à-dire avec du poisson} mais, observe avec raison M. Dralet dans son ouvrage sur la pêche, ce serait en quelque sorte défendre la pêche aux lignes pour certains poissons, que de prohiber absolument l'emploi de cet appât : la prohibition ne devrait s'appliquer qu'aux espèces précieuses.

AMOUBA. Terme de la langue des Basques, qui signifie hameçon.

AMPHIBIE. Mot qui vient du grec amphi > des deux côtés, et de bios, vie; qui vit de deux manières. On donne , en histoire naturelle , cette épithète aux animaux qui vivent indifféremment sur la terre et dans l'eau.

Dans les nombreuses familles des corps organisés, le genre de vie diffère suivant la conformation et les besoins de chacun d'eux , et les lieux qu'ils recherchent pour leur demeure ordinaire sont toujours en rapport avec la disposition de leurs organes. Il est cependant des espèces tellement constituées, qu'elles peuvent subsister dans deux élémens diiïérens; mais encore est- il nécessaire d'observer à cet égard que ces amphibies ne peuvent pas y vivre également et dans tous les temps , de sorte

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qu'on peut affirmer qu'il n'y a point en effet d'amphibie suivant toute la rigueur de ce terme.

D'abord, l'homme et les animaux vivipares, ayant des poumons, ne peuvent respirer que de l'air, et périssent suffoqués sous les eaux, loin d'y vivre; par la raison inverse, les animaux pourvus de branchies, d'ouïes , c'est-à-dire de feuillets ou de petites lames sur lesquels viennent se ramifier les vaisseaux sanguins, sont destinés, à vivre dans les eaux et à en extraire Pair qui y est dissous; mais ces animaux, exposés à l'air de l'atmosphère , ne peuvent pas y vivre , parce que leurs branchies ne sont pas conformées pour en absorber le principe vivifiant dans l'état aériforme. Elles se dessèchent et suspendent leurs fonctions , ce qui cause bientôt la mort de l'animal : aussi , lorsqu'on veut transporter des. carpes vivantes ou d'autres poissons dans divers pays ; on a soin de les entourer de mousse humide et mouillée , afin que leurs branchies ne se dessèchent pas.

On admet au nombre des amphibies les mammifères aquatiques, tels que les phoques , les morses, les lamentins , et les cétacés ; cependant , loin de vivre au fond des mers , tous respirent et nagent à leur surface.

La principale classe, à laquelle on a imposé le nom d'amphibie, est celle des reptiles, c'est-à-dire des quadrupèdes ovipares et des serpens. Cette dénomination n'est cependant pas exacte; car pour être amphibie il faudrait avoir des branchies et des poumons, pour se servir à volonté des uns et des autres , et c'est ce qui ne se trouve nulle part dans toutes les espèces connues. Les grenouilles , salamandres et crapauds, les tortues marines, des lézards , des serpens , peuvent vivre dans les eaux pondant un temps considérable avant de respirer un nouvel air; toutefois, celui-ci leur est indispensable , et l'on parviendrait à noyer ces animaux en les retenant pendant plusieurs jours entièrement submergés : aussi il est reconnu qu'ils se servent de poumons, et qu'ils respirent par conséquent l'air atmosphérique.

On pourrait trouver quelques exemples de respiration amphibie dans les plantes : la prêle ou queuede-cheval , equisetum arvense9 les joncs et d'autres végétaux croissent au sein des eaux et sur la terre. Ainsi, la loi de la double respiration est plus remarquable dans les végétaux que dans les animaux.

AMPIN. Terme qui signifie en provençal un grapin. V. Thonaires.

ANCIENS ou JURÉS-PÊCHEURS. V. Prud>hommes-pécheurs.

ANCHOIS. Poisson du genre des clupées, clupea incrassicolus (Lin.); en anglais, sprat} en allemand, anjovis; à Malte, sacella.

Ce petit poisson était certainement connu des Grecs , mais on ignore quel nom ils lui donnaient ; on croit cependant reconnaître l'anchois dans Veggrayleis ou egkrasicholos d'Elian, et Voëgkrqylos d'Aristote. On a lieu de penser que celte dopée était le lycostome des Romains. La pêche de l'anchois à la . rissole se pratiquait en Provence dès 1 298 , ainsi que l'annonce un privilège accordé au monastère de Le ri n s par Charles 11, comte de Pro-

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tence , et s'y exerçait à l'embouchure de la Siague. Cette pèche et celle de la sardine devaient avoir alors autant d'importance que de nos jours , parce que les besoins de la consommation étaient les mêmes , et

2ue la pêche de la sardine , se faisant sans résure ans la Méditerranée , était facile à exploiter pour tous les pêcheurs.

Description. —- Ce poisson ( PL 9, fig. ire. ) est communément plus petit que la sardine, n'a souvent que 3 pouces environ de longueur ; il a la tête longue , le museau pointu, l'ouverture de la bouche très-grande, ce qui lui a fait donner le nom de goulu par les pêcheurs de la Manche 5 la langue pointue et étroite , l'orifice branchial un peu large , le corps et la queue allongés, la peau mince, les écailles tendres et peu attachées à la peau , la ligne latérale droite et cachée par les écailles, les nageoires courtes et transparentes ; le canal intestinal courbé deux fois , dix appendices auprès du pylore , trentedeux côtes de chaque côté, et quarante-six vertèbres.

Habitation. — Les anchois sont répandus dans la Méditerranée , ainsi que le long des côtes occidentales de PEspagne et de la France , dans presque tout l'Océan atlantique septentrional et dans la Baltique.

Propagation. — Ce poisson multiplie beaucoup j il quitte la haute mer pour venir frayer auprès des rivages : c'est l'époque où on le prend en grande quantité , et cette époque varie suivant les pays.

Qualités. — Il n'est pas recherché pour la saveur particulière qu'il présente lorsqu'il est frais; mais on consomme une énorme quantité d'individus de cette espèce lorsque après avoir été salés ils sont devenus un assaisonnement des plus agréables et des plus propres à ranimer l'appétit.

Pêche et préparation des anchois. — Les anchois se tiennent plus volontiers au large que les sardines, qui ordinairement paraissent plutôt sur nos côtes j néanmoins on prend souvent, tant dans l'Océan que dans la Méditerranée , ces deux espèces de poissons dans les même filets, pourvu que les mailles soient assez serrées pour les arrêter \ car , quoiqu'au commencement de la saison et dans certains parages on prenne de très-petites sardines , on peut dire en général que les anchois sont plus petits que les sardines, et c'est pour cette raison que les pêcheurs disent que quand on se sert de manets on prend plus d'anchois avec les vieux filets qu'avec les neufs, parce que les mailles diminuent d'ouverture par le service.

Les filets que les Provençaux nomment rissoles ont au moins 4° brassés de longueur, et a5 à 3o pieds de chute ; les mailles en sont assez serrées pour que les anchois ne puissent les traverser. Pour faire cette pêche , les pêcheurs rassemblent quatre .bateaux: un, qui porte le filet, est monté par quatre ou cinq hommes , et il n'y en a sur les autres que deux à trois. Ces derniers bateaux ont à une de leurs extrémités un farillon ou un réchaud : on fait dans ce réchaud un feu clair de pin gras et fort sec.

On pratique ordinairement cette pêche depuis le mois d'avril jusqu'à celui de juillet , et seulement lorsqu'il n'y a point de lnne et que les nuits sont obscures. Les bateaux qui portent le feu sortent au

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commencement de la nuit , et vont se placer sur les fonds , où l'on croit trouver plus de poissons à une ou 2 lieues de la côte, et se tiennent à deux portées de fusil les uns des autres.

Les anchois s'approchent des bateaux qui portent le feu , et quand les pêcheurs s'aperçoivent qu'il s'en est rassemblé un nombre , ils en avertissent par un signal le bateau qui porte le filet, qui est resté à une petite distance des autres : il s'en approche , et en mettant le filet à l'eau, il entoure le mieux qu'il lui est possible le bateau qui lui a fait le signal, et qui porte le feu, afin d'envelopper les poissons qui sont assemblés auprès de lui. Ainsi , le bateau qui porte le feu se trouve entouré par le filet'. Quand l'enceinte du filet est formée , le bateau qui porte le feu plonge son réchaud dans l'eau pour éteindre le feu : alors les poissons , sardines ou anchois , étant effarouchés , se jettent dans le filet et se maillent. Pour les effaroucher encore plus et les engager à donner dans le filet, les pêcheurs qui sont dans le bateau du fastier battent Peau , et après un certain temps, ceux qui sont dans le bateau de la rissole ou du filet le retirent dans leur bateau avec le poisspn qui s'y est maillé ou b roqué, et aussitôt qu'ils ont pris le poisson , ils se rendent à un autre bateau-fastier pour fuire. une pareille manœuvre, qu'ils continuent tant que l'obscurité de la nuit dure ; mais comme les sardines et les anchois, ainsi que les harengs, se portent tantôt d'un côté et tantôt d'un autre , il arrive que certains bateaux font une bonne pêche, pendant que d'autres ne prennent presque rien.

On fait encore la pêche des anchois avec la rissole, qu'on tient sédentaire : pour cela, les pêcheurs qui portent . la rissole ne viennent point chercher le poisson qui a été rassemblé par le fastier; mais les bateaux qui portent les fastiers conduisent le poisson, au filet qu'on a tendu.

Ojcl commence par leur arracher la tête et les intestins , parce que ces parties sont amères. Pendant que des pécheurs sont occupés à habiller ainsi les poissons, d'autres préparent du sel rouge , qu'on regarde comme nécessaire pour cette salaison. .Pour cela, on met dans un baril qui contient, si l'on veut, aoo livres de sel , a livres d'ocre rouge ou de bol , l'un ou l'autre, réduits en poudre fine; on prend les poissons à qui l'on a été la tête , qu'on a lavés dans de l'eau douce ou de mer , qu'on a mis égoutter dans des corbeilles , et après leur avoir donné ces préparations , on les arrange dans des barils de différentes grandeurs ,. les alitant, comme l'on dit, en les rangeant le dos en haut avec du sel qu'on répand entre chaque lit, commençant et finissant par une couche de sel rouge.

La chaleur fait fermenter la saumure qui s'est formée de l'humeur du poisson , dans laquelle est dissous le sel rouge qu on a mis entre ies lits de poisson : cette fermentation est nécessaire pour-bien en confire la chair. Lorsque la saumure sort par le trou qu'on a fait au fond, on n'y en ajoute point de nouvelle $ mais quand elle diminue , on a soin de houiller les barils de temps en temps , c'est-à-dire de les remplir avec de la saumure , qu'on verse sur le fond et qui est retenue par la partie des douves qui excède le jable.

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Il faut avoir grande attention de boucher avec une cheville le trou qu'on a fait au fond , quand il y a apparence de pluie : avec ces précautions , les barils sont en état d'être mis dans les magasins ; mais il convient de les en tirer de temps en temps pour les exposer de nouveau au soleil , et les houiller s'il en est besoin.

Les meilleures salaisons se font à Fréjus , à Cannes, à Saint-Tropez et autres lieux du département d'Antibes; quoique la pêche de ce poisson n'y dure que depuis le mois d'avril jusqu'à celui de juillet, il s'y en fait un grand commerce : presque tout se transporte à Beàucaire.

En Provence , on arrose le poisson de temps en temps avec une 6aumure qu'on fait sur le feu , et dans laquelle on fait fondre avec le sel de petits anchois et un peu de rouge brun , qui ne sert, dit-on, qu'à leur donner un coup-d'oeil avantageux.

On fait aussi d'abondantes pêches d'anchois sur les côtes d'Espagne , au royaume de Grenade , de Galice en Catalogne , et en Italie à la côte de Gênes; dans le royaume de Naples, en Sicile, à Messine, sur les côtes de l'État ecclésiastique, en Corse, dans l'État de Venise , enfin en Hollande.

La pêche de ce poisson se fait à l'embouchure de l'Escaut, sur les côtes de Zélande, vers le mois de mai. On fait avec des roseaux des espèces d'entonnoirs , à l'extrémité desquels on ajuste un filet à manche, qu'on assujettit ûxe au moyen d'une corde qui part de la pointe de la manche, et qu'on amarre à un pieu qui est planté à une distance plus ou moins grande du filet : cette opération se fait de mer basse, et quand la marée s'est retirée , le filet se remplit d'anchois ; on se hâte de les en tiser et de les transporter au lieu où on les prépare. Pour cela, on leur ôte la tête et les entrailles; on les met dans des mannes , et on les lave dans de l'eau douce ou salée ; quand ils ont égoutté leur eau , on les metxlans une futaille avec du sel; lorsqu'il est fondu, et que les anchois en sont bien pénétrés , on verse la saumure et on met les poissons en second lit; on rejette encore la saumure qui se forme , et on sale les anchois pour une troisième fois : c'est -dans cette saumure qu'on les conserve une année et «plus , en les tenant dans un lieu frais ; il convient même de n'en faire usage au plus tôt que 3 mois après leur préparation.

Les anchois doivent , pour mériter la préférence dans les cuisines , être petits , nouveaux , blancs dessus , vermeils en dedans , et avoir le dos rond . Ceux qui sont plats ou trop gros , en comparaison de la taille ordinaire de ces poissons , ne sont que des^aardines. On observera, de -plus , si la sauce qui doit se trouver dans lès barils est de bon goût , et si elle ne sent point l'évent.

Leê anchois frais peuvent se manger frits ou rôtis; mais ils sont meilleurs et d'un plus grand usage, satës. Comme ils n'ont point d'autres arêtes que l'épine du dos, qui est mince et déliée, elle ne blesse point, et n'empêche pas qu'on ne les mange entiers.

Cette excellente sauce , que les Grecs et les Latins nommaient garum, et à laquelle ils donnaient l'épithète de très-précieuse , n'était autre chose que

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des anchois confits, fondus, et liquéfiés dans leur saumure , après qu'on leur avait ôté la queue, les nageoires et les arêtes. Cela se faisait ordinairement en exposant au soleil le vaisseau qui les contenait , ou bien quand on en voulait avoir plus protnptcment , on mettait dans un plat des anchois sans les laver, avec du vinaigre et du persil, et on exposait ensuite le plat sur la braise bien allumée , on remuait le tout jusqu'à ce que les anchois fussent fondus ; on nommait cette sauce acetogarum. On se servait du garum et de Vacetogarum pour assaisonner d'autTes poissons, et quelquefois même la viande.

La chair des anchois , ou cette sauce que l'on en fait , excite l'appétit, aide la digestion, atténue les humeurs crasses , et fortifie l'estomac.

ANCRAGE. C'est un lieu propre à mouiller Pahcre , à cause de la profondeur de l'eau , de l'avantage de l'abri et de la nature du fond , qui doit être de bonne tenue , et de nature à ne point endommager les câbles. Il y a des endroits on il faut payer Vancrage.

ANCRE. C'est un gros crochet de. fer qui mord dans le fond du terrain, et arrête les bâtimens. Toutes les ancres ont une tige , deux bras terminés ordinairement par un évasement, qu'on nomme patte; à l'extrémité de la tige est un organeau , où l'on amarre le câble.

ANCRE. Nom spécifique d'un poisson du genre des spares. V. Spare.

AND AN A. Sorte de pêche que les Espagnols font à la nasse.

ANDOLIUM. Préparation qu'on donne en Flandre à la morue qui se pêche à la côte.

AN DR O MOI. Nom qu'on donne aux poissons qui remontent de la mer dans les rivières.

ANE. C'est l'un des noms du Chabot. V. ce mot.

ANEY. Nom spécifique d'un poisson du genre des Labres. V. ce mot.

ANGE ou ANGELOT, squaius squatina. (Lin.) Poisson qu'on nomme à Bordeaux créac de buse , et ailleurs esquaqne , que Daubenton appelle chien de mery ange , et qui est connu en Angleterre sous le nom de monk ou tfangel-Jish.

Description.— L'angelot ( PL ?><>fig* 6) parvient communément à 7 ou 8 pieds de longueur, et quelquefois à une grandeur beaucoup plus considérable, il y a des individus de cette espèce qui pèsent jusqu'à 100 et 160 livres. C'est celui de tous les squales qui a le plus de rapports avec les raies , et particulièrement avec la rhinobate. Comme ces dernières , il n'a point de nageoire à l'anus , et il est pourvu d'é vents ; il a le corps aplati et de grandes nageoires pectorales ; mais sa bouche, au lieu d'être placée au-ïLessous du museau , en occupe toute l'ax» trémité ; elle est grande, et forme une partie de. la circonférence de la tête , qui est arrondie , aplatie , et plus large que le corps ; ses mâchoires sont garnies de dents pointues et recourbées , disposées sur des rangs dont le nombre augmente avec l'âge. Il a les narines situées comme la bouche sur le bord antérieur de la tête, et la membrane qui les recouvre terminée par deux barbillons ; deux nageoires dor*

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sales sur la queue, les ventrales grandes, la caudale un peu en demi-cercle , et les pectorales trèsétendues et assez profondément échancrées par-devant. Ce sont les dimensions et la forme de ces dernières qui les ont fait comparer à des ailes , et donner le nom ai ange à ce poisson*

Ce cartilagineux ressemble d'ailleurs à plusieurs raies par les aiguillons recourbés en arrière qu'il a auprès des yeux et des narines , sur les nageoires , le dos et la queue : il est gris, par-dessus et blanc par-dessous.

Habitation* — Il habite dans l'Océan septentrional et dans la Méditerranée. Il va souvent en troupes nombreuses.

Nourriture. — Il se. nourrit de petits poissons, de plies , de raies , de limandes et d'autres espèces du genre pleuronecte , qu'il prend souvent en se tenant en embuscade dans le fond de la mer , en s'y couvrant de vase, et en agitant ses barbillons, qui, passant au travers du limon , paraissent comme autant de vers aux petits poissons , et les attirent pour ainsi dire jusque dans la gueule de l'ange.

Propagation. — La propagation de ce poisson se fait, comme celle des diverses espèces de Squales (V. ce mot)9 par l'accouplement des mâles et des femelles t ces dernières mettent au jour , en automne et au printemps, une douzaine de petits chaque fois.

Qualités. — Les anciens ont attribué à l'ange beaucoup de qualités et de propriétés extraordinaires , auxquelles on ne croit plus aujourd'hui. On se sert de sa peau pour polir les ouvrages de bois et d'ivoire , et pour couvrir des étuis, des fourreaux de sabres ou de cimeterres \ sa chair est dure et de mauvais goût,, et il n'y a que les pauvres qui en mangent. Les pécheurs se servent des œufs de ce poisson desséché pour arrêter la diarrhée. .

Pêche. — On prend l'angelot au filet et à l'hameçon; mais il faut en approcher avec précaution quand on le tire de l'eau , car il cherche à mordre le pêcheur ou à le tuer à coups de queue. Quand on le pêche à l'hameçon, on amorce le haim avec un morceau de viande. A Dunkerque, on fait la pêche des angelots à la ligne avec de gros hameçons, et les pêcheurs de Saint- Valéry en prennent avec les Folle* (Y. ce mot) dans les temps calmes , depuis le mois de Janvier jusqu'au mois de mars.

AJSGON. Instrument qui sert à tirer les crustacés d'entre les rochers, et qui est composé d'un morceau de fer barbelé , et d'un bâton au bout duquel il est emmanché. V., au mot Pêche, les différentes sortes de pêches qui se font à basses eaux. Y. aussi la PL i7, N*.IV,jig. c. .

AKGU1LLAT. Y. Aiguillât.

ANGUILLE, murœna anguilla. ( Lin. ) Poisson du genre des murènes , qui vit dans l'eau douce et dans l'eau salée. Le mot de murène vient du mot grec murein , qui signifie couler, s'échapper, et qui désigne cette (acuité de l'anguille et des autres poissons du même genre.

Histoire. — L'anguille dut être l'un des premiers objets de la pêche grecque. La bonté de la chair de cette murène fut bientôt appréciée. Comme ce poisson n'a pas besoin d'une eau profonde pour vivre et atteindre avec le temps une grandeur remarqua-

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Me , il avait moins de moyens qu'auclin autre de braver le Echoir , le trident , et d'éluder les poursuites de son ennemi. L'anguille est un des poissons qu'Aristote a le mieux décrits, et dont il a le mieux connu les habitudes. Toutefois il s'est trompé en disant qu'elle vit rarement plus de 8 ans , qu'elle n'a point de sexe , qu'elle n'a ni laite ni œufs , et qu'elle n'engendre pas, qu'elle provient de vers qui naissent d'eux-mêmes dans la \ase.

Les Grecs faisaient grand cas de l'anguille. Les Sybarites avaient, dit-on, exempté de toute contribution les pécheurs d'anguilles. On estimait particulièrement celles du lac Copaïs et celles du otrimon , où l'on en pèche encore aujourd'hui de trèsgrosses.Nicandre, poëte cité par Athénée, pensait que la chair de l'anguille était vénéneuse quandelle s'était accouplée avec la vipère , union à la possibilité de laquelle on crut long-temps en Grèce et en Egypte.

L'anguille était l'emblème, tantôt de l'instabilité des choses humaines , tantôt de l'envie.

Les prêtres égyptiens défendaient au peuple de se nourrir de ce poisson , sans doute parce que la chair grasse et mucilagineuse de celui qui était nourri dans le Mil passait pour malsaine ; et afin de donner à cette interdiction un caractère religieux, ils faisaient regarder l'anguille comme un poisson sacré.

L'anguille et le congre ne jouirent pas d'une ré-r

{mtation remarquable ches les Romains ; mais , sur a fin du Bas-Empire, et notamment après l'établissement de la religion chrétienne, on trouve en France, en Allemagne , en Angleterre beaucoup de donations d'anguilles dans les fondations religieuses antérieures à Charlemagne* Il y eut même des baux à rente qui ne s'acquittèrent plus qu'en prestations de cette nature. En Normandie, on distinguait le pimpernau d'avec l'anguille, à cause de la délicatesse de sa chair. On accordait à ce poisson, qui est une variéjé de l'espèce , une préférence dont il est resté en possession.

Il est fait mention de l'anguille dans les ordonnances de i3i2 , i328, i344/p°ur^es rivières de Somme et d'Yonne , et dans celle de Charles IV, rendue en i4oa. Wels fut long-temps l'endroit de l'Angleterre le plus renommé pour la pêche de ce poisson.

Malgré la brillante réputation de l'anguille dans une partie de l'Europe , la ressemblance qu'elle a avec le serpent , et le préjugé qui lui attribuait des qualités malfaisantes, la faisaient proscrire dans d'autres contrées* Les Islandais et la plupart des montagnards d'Ecosse ne la mangent encore qu'avec répugnance. Les Russes et différentes nations du nord de l'Asie l'admettent rarement au nombre de leurs comestibles. Le soufflard était confondu avec l'anguille , ou distingué seulement par le nom de margagnon.

Description. — La forme cylindrique et allongée de l'anguille lui a fait donner aussi le nom de serpent d'eau. Sa peau est si glissante qu'on ne peut retenir ce poisson dans la main en le serrant. Ses couleurs varient fréquemment , et il paraît que les nuances de ces couleurs dépendent beaucoupde l'âge du poisson et de la qualité des eaux où iL vit. Dans les eaux limoneuses , l'anguille est d'un brun noir en dessus et jaunâtre en dessous ; dans les eaux

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limpides, elle est d'un vert varié, rayée de brun en dessus et d'un blanc argenté en dessous; sa nageoire caudale est bordée de blanc , et sa dorsale de

rouge.

L'anguille a les nageoires très-peu apparentes, les écailles à peine visibles , la tète menue , la mâchoire inférieure avançant en pointe , les narines saillantes, les yeux couverts d'une membrane demitransparente, les lèvres et les deux lignes latérales garnies d'un grand nombre de glandes ouvertes, qui répandent continuellement une liqueur onctueuse; ce qui fait paraître sa peau comme vernie, et la rend si glissante.

Ses deux mâchoires, la partie antérieure de son palais, deux os placés au-dessus de son gosier, deux autres situés à l'origine des branchies , sont garnis de plusieurs rangs de petites dents.

• Variétés de l'anguille* — M. Lacépède distingue cinq variétés de l'anguille.

La première , plus petite que l'anguille ordinaire, et que l'on nomme acerine , se trouve dans les marais de Chiozza , auprès de Venise.

La seconde est une anguille qui vient de la mer lorsque les marées sont fortes , et qui remonte dans la Seine en même temps que les éperlans; sa tête est un peu menue, elle est d'ailleurs très-belle et communément assez crosse : on la prend quelquefois avec la seine , mois Te plus souvent avec une ligne dont les appâts sont des éperlans et d'autres petits poissons.

La troisième , qu'on appelle le pimperneau , est une autre anguille de la Seine, qui a la tête menue comme l'anguille blanche , mais qui, de plus, l'a très-allongée, et dont la couleur est brune.

La quatrième est une anguille que l'on trouve à l'embouchure de la même rivière, et que l'on nomme euiseau; elle a la tête plus courte et un peu plus large que l'anguille commune ; le corps aussi plus court, l'œil plus gros, la chair plus ferme et la

fraisse plus délicate : sa couleur varie du noir au run , au gris sale , au roussâtre.

La cinquième est V anguille-chien , qui a la tête plus longue que l'anguille commune, comme le pimperneau y et plus large, comme le guiseau; les yeux gros , les dimensions assez grandes, l'ensemble de son corps peu agréable à la vue, et la chair filamenteuse. Elle paraît se plaire beaucoup sur les fonds qui sont au-dessus de Candeleux. Elle dévore les petits poissons qu'elle peut saisir dans les nasses, dérange les filets , et ronge même les fils de fer des lignes.

Les pécheurs distinguent encore d'autres variétés, qui diffèrent plus ou moins de l'anguille commune.

Habitation. — On trouve les anguilles dans les pays les plus chauds comme dans les pays les plus froids ; il parait qu'elles vont périodiquement de la mer dans tes fleuves , et de là dans les lacs et les marais qui les alimentent. Elles quittent la mer au printemps , et n'y retournent en automne que lorsqu'elles sont adultes , de sorte qu'elles restent plusieurs années dans l'eau douce.

Pendant le jour , elles se tiennent presque toujours enfoncées dans la vase ou dans des trous qu'elles se sont creusés dans les rivages. Ces trous

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sont quelquefois très-vastes et remplis d'un grand nombre de poissons ; mais plus souvent leur diamètre est petit, ayant presque toujours deux ouvertures, par lesquelles elles peuvent entrer et sortir indifféremment dans le moment du danger : car elles nagent à reculons presque aussi bien que dans le sen s naturel.

Lorsqu'il fait très-chaud et que l'eau des étangs commence à se corrompre , les anguilles quittent Te fond , et viennent à la surface respirer un air plus pur : alors elles se cachent sous les plantes flottantes on entre celles qui bordent le rivage. Cette altération des eaux est , dans les pays chauds , une des causes les plus fréquentes de la mortalité des anguilles; mais dans les parties septentrionales de l'Europe, où la fermentation putride parcourt plus lentement ses phases, les anguilles sont moins exposées aux accidens de cette nature ; elles ont le temps d'aller chercher des eaux plus pures , en parcourant sur terre , pendant la nuit , des espaces quelquefois considérables; cependant elles y gagnent une maladie , qui est indiquée par un grand nombre de taches blanches. Dans les courses que font les auguilles sur terre, elles prennent dans les prés des vers et des insectes, et on dit même qu'elles vont manger les petits pois nouvellement semés , qu'elles aiment beaucoup.

On a vu des anguilles vivre des mois et même des années entières renfermées dans la vase des étangs desséchés ou dans les trous des rivières dont on a détourné le cours, privées d'eau et peut-être de nourriture. Cette faculté fait qu'il n'est presque jamais nécessaire de repeupler les étangs qu'on a péchés. Il se conserve toujours assez d'anguilles cachées pour travailler à leur multiplication lorsqu'on leur rend de l'eau.

Nourriture. — Les anguilles vivent de petits poissons , du frai des gros , de vers , d'insectes , des cadavres en décomposition qui sont jetés dans l'eau, et même, comme on l'a déjà dit , de substances végétales ; elles sont très-voraces , et digèrent trèsrapidement leur proie. Il ne faut pas les laisser trop multiplier dans les étangs, si on veut y entretenir l'abondance des autres poissons.

Propagation et accroissement. — Le mode de reproduction des anguilles a été le su jet. d'un grand nombre de dissertations. Les anciens attribuaient la naissance des anguilles à la fange , à la corruption des cadavres , à des fragmens qu'elles enlevaient de leur propre corps en se frottant contre les rochers ; des auteurs modernes l'ont attribuée à d'autres causes non moins absurdes; mais il est aujourd'hui bien constaté que les anguilles s'accouplent à la manière des serpens , et qu'elles font des œufs, qui, La plupart du temps , é closent dans leur ventre , et que par conséquent, dans ce cas, elles sont vivipares à la manière des vipères.

Les œufs des anguilles, croissant dans leur corps, ne peuvent être aussi nombreux que ceux de la plupart des autres poissons ; mais comme elles en peuvent faire dès leur douzième année , et peut-être jusqu'à leur centième , leur multiplication est trèsconsidérable : aussi sont-elles extrêmement nombreuses dans quelques eaux.

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Des expériences constatent que les anguilles n'augmentent que d'environ 8 pouces en longueur pendant 10 ans; mais si leur croissance est lente, elle a lieu pendant long-temps ; car elles peuvent vivre un siècle, quoique quelques auteurs aient voulu limiter leur existence j d'après des observations isolées , à moins de 20 ans : aussi en voit-on quelquefois, dit-on , de 10 à 12 pieds de long et de la grosseur de la cuisse d'un homme dans les Tacs où on pèche difficilement) et où elles trouvent une nourriture constamment abondante.

Particularités, — Les anguilles se distinguent de la plupart des autres poissons par leur agilité, leur souplesse et leur force, et par la facilité avec laquelle filets* etc. elles parcourent, sans que l'œil puisse les suivre , des \ UHistoii espaces considérables \ par la propriété qu'elles ont de pouvoir sortir de l'eau en rampant sur la terre à la manière des serpens, pour aller chercher de nouvelles eaux ou de la nourriture; par leur facilité à nager à reculons presque aussi bien que dans le sens naturel ; par la faculté qu'elles ont de vivre très-long-temps dans la vase des étangs desséchés \ par leur grande vitalité , qui fait que lorsqu'on les a coupées en plusieurs morceaux, chaque partie donne encore pendant quelques- instans des signes de vie, phénomène qu'on remarque également dans les serpens , et qui tient aux ganglions nerveux répandus dans toute la longueur de leur corps , et dont chacun est un centre de vie ; enfin , elles se distinguent par leur mode de reproduction, qui consiste à s'accoupler à la manière des serpens , et à faire des œufs, qui, pour la plupart du temps, é closent dans leur ventre , et à être par conséquent ovi- vivipares.

Ennemis et maladies. — Les anguilles , malgré leur souplesse et leur vivacité , ont des ennemis auxquels il leur est très-difficile d'échapper : les loutres, plusieurs oiseaux d'eau, les pèchent avec habileté, et s'en nourrissent ; les gros poissons , tels que les brochets et les esturgeons , en font aussi leur proie. Comme ces derniers avalent souvent une anguille tout entière , il arrive quelquefois qu'elle parcourt leur canal intestinal, et sort par leur anus sans éprouver aucun dommage : de là , le conte qu'elle entrait volontiers dans le corps de l'esturgeon pour en manger les œufs.

Nous avons dit que l'altération des eaux était , dans les pays chauds , une des causes les plus fréquentes de la mortalité des anguilles. Spallanzani rapporte qu'il en périt quelquefois des centaines de milliers en peu de jours dans les étangs de Comxnachio j près Venise , étangs qui rapportent des sommes considérables , uniquement pour le loyer de la pèche des anguilles. Dans les pays du nord, où elles voyagent quelquefois pendant la nuit pour changer d'eau , elles gagnent une maladie qui est indiquée par un grand nombre de taches blanches.

Qualités. — La chair de l'anguille est très-visqueuse, huileuse, et difficile à digérer; mais sa sareur agréable la fait rechercher sur les tables les plus délicates. Elle est plus saine quand elle est rôtie , parce qu'elle est dégagée de son phlegme visqueux. Les médecins en défendent souvent l'usage

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en vivent presque exclusivement, sans que la sauté de ees peuples soit altérée. La peau des anguilles est extrêmement tenace \ elle a la même consistance que le parchemin, et fait l'objet d'un petit commerce. On lui attribue la propriété de faire croître les cheveux lorsqu'on les lie avec des lanières de cette peau. Dans la Tartarie, on l'emploie, après l'avoir huilée, pour tenir lieu de verres aux fenêtres.

JDe la pêche des anguilles.

On pèche les anguilles d'un grand nombre de manières : à la main, à hifouane, avec des râteaux et des herses de fer 9 à la ligne, à la nasse , aux ~ets, etc.

V Histoire des Poissons , par M. Lacépède, contient sur ces différentes sortes de pêche des indications dont nous ferons usage , ainsi que des observations générales de M. Noël, par lesquelles nous croyons devoir commencer.

Dans plusieurs pays de l'Europe , et notamment aux environs de l'embouchure de la Seine, on prend les anguilles avec des haims ou hameçons ; les plus petites sont attirées par les lombrics ou vers de terre plus que par toute autre amorce : on emploie contre les plus grandes des haims garnis de moules, d'autres animaux à coquilles ou de jeunes éperlans. Lorsqu'on pêche les anguilles pendant la nuit, on se sert d'un filet nommé seine -drue. On substitue quelquefois à cette seine un autre filet appelé , dans la rivière de Seine, dranguel ou dranguet-dru, dont les mailles sont encore plus serrées que celles de la seine-drue : c'est par suite de cette substitution , et parce qu'en général on exécute mal les lois relatives à la police de la pêche (1), que les pécheurs de la Seine détruisent une grande quantité d'anguilles du premier âge, et qui n'ont encore atteint qu'une longueur d'un ou a décimètres ( 3 à 7 pouces ) , pendant qu'ils prennent , peut-être plus inutilement encore , dans ce même dranguet , beaucoup de frai de barbeau , de vandoise , de brème et d'autres poissons recherchés. Mais l'usage de ce filet à mailles très-serrées n'est

Sas la seule cause contraire à l'avantageuse reprouction, ou, pour mieux dire, à l'accroissement convenable des anguilles dans la Seine ; M. Noël (ait remarquer deux autres causes : premièrement, les pêcheurs de cette rivière ont recours quelquefois, pour la pêche de cette murène, à la vermille , sorte de corde garnie de vers , à laquelle ' les très-jeunes individus de cette espèce viennent s'attacher trèsfortement , et par le moyen de laquelle on enlève des milliers de ces petits animaux ; secondement, les fossés qui communiquent à la Basse-Seine ont assez peu de pente pour que les petites anguilles, poussées

Î>ar le flux dans ces fossés , y restent à sec lorsque a marée se retire , et y périssent en nombre extrêmement considérable par l'effet de la grande chaleur du soleil du mois de juin.

Au reste, c'est le plus souvent depuis le commencement du printemps jusque vers la fin de l'automne qu'on pêche les anguilles avec facilité; on a com-

usage

aux estomacs faibles -, cependant il ne parait pas noreai ftn % ^ w fl

qu eue sotf nuisible , puisque des peuplades entières ■ vières à T Actnunittratûm des forêts.

(0 Ces observations ont été rédigées avant la loi du i4 floréal an X, qui a confié la police de la pêche dans les ri-

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