‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 126 sur 292 · MAN · texte numérisé non relu

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au

plate, vont à la voile établir leur pèche à 6 ou 7 lieues au large , et ils prennent de toutes les espèces de poissons qui sont de grosseur à s'emmailler. Nous allons rapporter l'usage qu'on fait des minets pour prendre des sardines dans l'Océan.

8°. Pèche de la sardine avec les manets.

La pêche des sardines commence en ces quartiers mois de mai , et elle se continue jusqu'à la fin de septembre : alors les sardines quittent ces parages et se portent vers Concarneau, où Ton en pèche beaucoup à la fin de l'automne.

Au commencement de la saison des sardines , ce

Soisson est fort petit; il augmente successivement e grosseur , et pour qu'il s'emmaille on change de filets, dont les mailles sont de plus en plus grandes : il y en a de six moules différens.

Celui qui a les mailles les plus serrées, et qui sert à l'arrivée des sardines , est nommé parmi les pêcheurs carabine, ou plus exactement du premier moule : il a les mailles de $ lignes en carré ; le filet du second moule a ses mailles de 7 lignes; celles du troisième moule sont de 8 lignes ; le filet du quatrième moule a les siennes de 8 lignes et demie} au cinquième moule , les mailles ont p lignes d'ouverture ; enfin, celles du sixième moule sont de 9 lignes et demie ou 10 lignes.

Une pièce de ce filet à simple nappe, qui est plombé et flotté, porte i5 brasses de longueur sur 5 de chute. On le met à Peau par l'arrière de la chaloupe , en sorte que le bout qu'on jette le dernier n'est éloigné de la chaloupe que d'une ou 2 brasses, étant retenu à bord par un bout du funin, qu'on amarre à un tolet.

Au moyen de deux avirons , on tient la chaloupe debout au vent , et elle suit la direction du cxnirant ou de la marée. Le maître , étant sur l'arrière, jette en mer le plus loin qu'il peut la .rogue ou rave, mais en petite quantité ; si le maître aperçoit des sardines à stribord du filet , il jette la rogue à bâbord, et de même si la sardine se montre à bâbord, il jette la rogue à stribord: le poisson, courant alors vers l'appât , se maille par la tête.

Quand les lièges s'enfoncent dans l'eau, on juge qu'il y a beaucoup de sardines maillées, et l'on tire le filet à bord. Après avoir démaillé les poissons , on remet aussitôt le filet à l'eau j il arrive quelquefois qu'un banc de sardines , donnant dans le filet , fait caler les lièges sans pour cela qu'il y en ait beaucoup de prises : c'est ordinairement quand la grandeur des mailles n'est pas proportionnée à la grosseur des sardines.

Dans l'abondance de ces poissons , les pêcheurs joignent quelquefois les unes au bout des autres six pièces de filet et plus , et souvent ils prennent alors jusqu'à quarante milliers de sardines d'un seul coup.

Il y a deux sortes de rogues , celle de stockfish et celle de maquereau : la rogue de maquereau est la plus estimée ; mais, attendu qu'elle est beaucoup plus chère , les pêcheurs se servent plus communément de celle de stockfish , d'autant que , quand il y a abondance de sardines , une seule chaloupe en consomme près d'une barrique dans un jour.

Quelquefois , sur la fin de la pêche , il se trouve

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de fort petites sardines mêlées avec les grosses ; elles traversent les mailles sans se prendre , et mangent la rogue , auquel cas les grosses , n'apercevant point d'appât, ne donnent point dans le filât : ainsi, la pêche est infructueuse. Y. Rogue et Sardine.

MANGONNIERS. Nom qu'on donne en Languedoc- aux chasse-marées ou marchands de poissons en détail. • • . •

MANGUE. Grand filet qui est employé auprès de Fréjus.

MANIGUETTE. V. Gueldre.

MANIGU1ÈRE. Pêcherie formée de filets tendus sur des pieux qui aboutissent à des manches 0(1 entrent les anguilles. Nous avons décrit les maniguièresau mot Bourdigues. V. ce mot.

MANIGOT. Brassard de cuir dont se servent les Hollandais qui font la pêche du hareng.

MANIOLE. Grande truble dont on se sert dans l'Adour, près Bayonne, dans un petit bateau , pour prendre de petits poissons; on s'en sert aussi dans le port de Brest pour prendre des merlans bâtards. Quelquefois la maniole n'a pas de manche , et est suspendue à un cordage. Y. Truble*

MANNE DES RIVIERES ou DES POISSONS.

On appelle ainsi les éphémères, insectes qui se montrent sur les rivières , et dont les poissons sont très-friands. Y. Ephémère.

MANŒUVRES. Ce sont les cordages d'un vaisseau et leur usage , ainsi que l'action de les mettre en mouvement.

MAQUEREAU, scomber. (Lin.) Poisson du genre des scombres, qui, à raison de son abondance sur les côtes de l'Europe pendant plusieurs mois de l'année et de sa qualité , est d'un grand intérêt pour tous les peuples de cette partie du monde. Il se nomme, sur plusieurs côtes méridionales de France, auriol, verrat, korreau; en Suède et en Danemarck, mahil; en Allemagne, makril$ en Angleterre, macarU\ à Venise, scombroj à Naples, lacerto ; en Espagne , cavallo.

Histoire. — Ce poisson ne fut pas connu des Grecs. On le péchait, dans le moyen âge, sur les côtes de France et d'Angleterre. Il existe un acte de 1 1 54) de Henri II , roi d'Angleterre et duc de Normandie, qui accorde l'exemption de droits sur les harengs, les maquereaux , les merlans et autres poissons que l'on introduisait dans les ports de Dieppe. Les lois d'Oléron attestent qu'on péchait des maquereaux sur les côtes de Bretagne à la même époque. Il est fait mention de ce poisson dans les Statuts de la vente de la marée à Paris, confirmés par des lettres de Charles IV. L'ordonnance du roi Jean , de i35o, règle la police de la vente des maquereaux , ainsi que l'avait fait, en 1262, le règlement municipal publié à Rouen par le maire de cette ville. On trouve encore le nom de ce poisson dans l'ordonnance de Charles VI , publiée en 14 1 5 : les maquereaux se vendaient à Paris au cent et au millier; on les y apportait en bateaux et non en barils , comme de nos jours. Par maquereau goulefy, on doit entendre le poisson qui était sauré , comme le saumon et le hareng , comme la morue bacconnée : c'est au moins l'explication la plus vraisemblable qu'on puisse donner de ce nom.

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Description. — Ce poisson {PL S,fig. 4) » &»*! la longueur ordinaire est de iô à 18 pouces , a 5 pe* tites nageoires au-dessus et au-de*soaa>de la queue; la rayons à chaque nageoire du dos \ le corps allongé \ la tète longue et se terminant en pointe $ l'ouverture de la bouche large) la langue liore, pointue et unie ; la mâchoire inférieure plus longue que la mâchoire supérieure , et: tontes deux garnies d'un rang de petite» dents pointues, ainsi que le palais 5 les narines oblpngues et doubles ; les yeux grands , et couverts au printemps d'une peau qui disparaît en été) les opercules* à^s ouïes composés de trois lames y et le tronc couvert de petites écailles* Il est noir en dessus , irrégulièrement fiascié de noir ou de bleu sur les côtés , et argenté sous le ventre 9 il a la ligne latérale voisine du dos , et accompagnée- de taches obiongues \ l'anus plus près de la queue que de la tète ; le premier rayon de ses nageoires, anale et dorsale aiguillonné) les nageoires petites et grises , celle du dos fort écartée et celle de la queue fourchue.

Plusieurs individus ne présentent pas de grandes taches latérales ) ils forment one variété, à laquelle on a donné le nom de marchais dans plusieurs pêcheries françaises, et qui est communément plus estimée pour la table que le maquereau ordinaire;

Habitation. — On trouve de nombreuses troupes de maquereaux dans presque toutes les mers des quatre parties du monde, dans le grand Océan, auprès des pôles, dans l'Atlantique et dans la Méditerranée» La grande vitesse avec laquelle elles se transportent d'une plage vers une autre n'a pas peu contribué à l'opinion adoptée presque universellement jusqu'à nos jours , au sujet de leurs change* mens périodiques d'habitation* On a cru, d'après les relations des pécheurs, rapportées par Anderson, que les maquereaux passaient l'hiver auprès des glaces polaires, et voyageaient pendant le printemps ou l'été jusque dans la Méditerranée* On a indiqué l'ordre de leur voyage sur les cartes . et on a dit que vers le printemps ils côtoyaient l'Islande, le Hithland, l'Ecosse et l'Irlande) que, parvenue dans cette dernière ile , la troupe se divisait en deux colonnes, dont l'une passait devant l'Espagne et le Portugal pour se rendre dans la Méditerranée , et l'autre paraissait, vers le mois de mai, auprès des rivages de France et d'Angleterre, s'enfonçait dans la Manche, se montrait en juin devant la Hollande et la Frise , et arrivait en juillet vers les côtes de Jutland : c'était dans cette dernière portion de l'Océan atlantique boréal que cette colonne se séparait pour former deux grandes troupes voyageuses t la première se jetait dans la Baltique, et la seconde voguait devant la Norwege , et retournait près des rivages des mers polaires*

Bloch et Noël ont très-bien prouvé que ces voyages ne pouvaient se concilier avec des observations

ou moins directs, et ne suivent point le cercle périodique auquel on a voulu les attacher*

Le vice-amiral Pléville-le*Peley a fait connaître,

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dans une note remise à M., de Lacépède, que le long des côtes du Groenland, auprès des rivages de Terre-Neuve , on trouve des milliers es maquereaux qui sont enfoncés, pendant l'hiver, dans des fonds vaseux , tenant leur aueue élevée verticalement au* dessus du limon. Ce fait, observe M* de Lacépède * est propre à jeter un grand jour sur l'engourdisse* ment que peuvent éprouver les poissons pendant le froid. Ce n'est que vers le mois de juillet que les maquereaux ainsi enterrés reprennent leur activité et parcourent les grands rivages) il semble même que l'engourdissement dans lequel ils doivent avoir été plongés pendant les grands froids ne se dissipe que par degrés : leurs sens paraissent très* affaiblis pendant une vingtaine de jours ; leur vue est alors si débile , qu'on les croirait aveugles , et

Su'on les prend facilement au filet. Après ce temps e faiblesse, et lorsqu'ils ont recouvré l'usage de leurs yeux , ils ne peuvent plus en quelque sorte être pris à l'hameçon ) mais- comme ils sont trèsmaigres et affamés , ils mordent facilement aux appâts et on en fiait une pèche très-abondante*

C'est À-peu*près à la même époque qu'on recherche ces poissons sur un grand nombre de côtes plus ou moins tempérées de l'Europe occidentale. Ceux qui paraissent sur les rivages de France sont communément parvenus à» leur point de perfection en avril et mai ; ils portent le nom de chevillés • et sont moin» estimés en août et septembre lorsqu'ils ont jeté leur laite ou leurs œufs*

Leur nourriture et leurs ennemis. — Les maquereaux sont voraces et hardis ; ils at:aquent souvent des poissons plus gros et plus forts qu'eux , et on les a même vus quelquefois se jeter avec audace sur des

Sécheurs qui voulaient les saisir ou qui se baignaient ans les eaux de la mer. Ils se nourrissent de petits poissons, et sûr-tout de harengs, qu'ils poursuivent avec acharnement ; mais s'ils cherchent à faire beau* coup de victimes, ils sont perpétuellement entourés de nombreux ennemis , tels que les grands poissons, et même les murènes, qui les combsttent avec avantage.

Propagation. — Ils arrivent en grandes troupes sur les côtes à la fin du printemps pour y frayer i c'est sur les rochers que les femelles aiment à déposer leurs ceufs , qui sont très-nombreux , puis- Ju'on en a compté 546,681 dans une seule femelle e moyenne taule. Il n'est donc pas étonnant que ces poissons forment des légions si considérables. - Qualités, — La chair du maquereau est grasse, serrée , de bon goût et nourrissante ; mais elle ne saurait convenir aux personnes dont l'estomac est faible, car elle peut leur causer des indigestions graves. C'est par suite de la nature grasse et huileuse de leur chair que les maquereaux sont au nombre des poissons qui jouissent le plus de la fa* culte de répandre une lueur phosphorique pendant la nuit, lors même qu'ils sont tirés de l'eau depuis très-peu de temps.

Pêche*— On prend le maquereau avec le filet à hareng à plus larges mailles, mais encore plus fréquemment à la ligne amorcée d'un morceau de ha» reng, oii d'autre poisson, ou de viande. La pèche est sur-tout favorable lorsqu'il fait un vent frais ef

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du marsouin, considérée commue nourriture , ofrrait un aliment recherché par toutes les classes de consommateurs ; d'un autre côté , l'huile qu'on en obtenait, soit par la simple pression * soit par l'action du feu , donnait une râleur nouvelle à cette production de la mer ; on salait , on faisait fumer la chair du marsouin, et nous voyons, par les loisd'Ethelred, qu'en 979 , près d'un siècle avant la conquête , les habitans de Rouen portaient à Londres du marsouin salé ou séché. La pèche de ce cétacé se faisait même déjà sur les côtes d'Angleterre : Guillaume-le-Coaquérant accorda à l'abbaye de Battle , en Susses , tous les marsouins qui échoueraient sur les côtes de ce comté.

Bn Normandie , depuis la Breale , rivière dont l'embouchure est au Tréport , jusqu'à celle du Couesnon , il existait alors des espèces de madragues , où le marsouin se prenait -de la même manière que le thon dans les madragues de la Méditerranée. Lea madragues de la Manche étaient placées sur le bord de la mer, et d'autres pêcheries d'une' moindre importance existaient à Dive, à Créances, à Sotteville , à Piron , etc*

Tous les seigneurs jouissaient du droit de faire la pêche du marsouin à la mer par les barques et les vassaux de leur fief* Tout marsouin qui échouait sur le rivage appartenait au seigneur du fief. Cette prérogative existait non-seulement? en Normandie , mais encore en Angleterre et même en Guienne.

La pêche du marsouin en Normandie était si considérable, que les pêoheurs étaient formés en Compagnie.

Outre les pêches sédentaires., ou employait des bateaux et des filets pour entourer lés marsouins et autres poissons royaux, tels que l'esturgeon ) le saumpn | etc.

La chair du marsouin était assez estimée, puis* qu'on en fit des donations aux monastères et aux églises , ainsi qu'on le voit par des actes de io36, xo66, i3»3 * qui. sont ci tés par Noël dans son Histoire des Pêches,

Le commerce qui se faisait de la chair, et sur—tout du lard du marsouin , était considérable en France dans le cours du XIV*. siècle; il en est souvent fait mention dans les ordonnances des roia sous iès*noms de cmspois, de pourpais} de pourprés* Galle de Louis- le-Hu tin , en i3i5.y parle du craspois vieil et salé* 11 parait que le craspois était le lard de la baleine et du marsouin. On vendait la chair du marsouin dans tous lés marchés ', ete» 1 363 il fut publié à Rouen uai règlement pou* -en soumettre la vente à diverses formalités*

Durant les XIV». et. XV?» siècles^ la pêche du marsouin se^sisait dans l'Océan, la mërdu-Nord .et la Manche avee une ardeur< générale, qui trouvait sa récompense dans la consommation de la chair de ce cétacé, qu'on servait alors ^ fraîche ou «aise, sur la table du riche et sur celle du pauvre. PouEcraoi cette pêche, si florissante alors, eafrelle aujourd'hui si négligée , qu'elle n'est plus guère exercée que dans la partie de la Baltique la plus voisine duSundetdans un petit nombre de golfes de la Norvège? Quand elle était en quelque sorte une pêche privilégiée, quel attrait avait pour nos ancêtres une chair dure,

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