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MAX ON. Nom vulgaire du mugil sur les côtes de Gênes. V. MugiL
MEJANE. L'un des noms vulgaires de la Dorade. V. ce mot.
MÉJANOS ou MÉJANES. On appelle ainsi aux Martigues les cannes qu'on emploie pour faire les bourdigues lorsqu'elles sont de moyenne longueur. V. Bourdigues.
MÉLANDRE, MÉLANDRIN ou PETIT SAÏU GONOIR. Le mélandre qu'on prend dans la Méditerranée est un petit poisson noir, vilain et sale, qni ressemble assez par la forme au sargo , mais qui est plus petit et, proportionnellement à sa taille, plus épais. 11 est de couleur violette autour de la tête ; son corps tire au noir , au lieu que le sargo a l'aileron de la queue fourchu, celui-ci l'a coupé carrément.
Il y a un autre poisson qu'on appelle milandre, et qui est du genre des Squales. V. Milandre»
MELET. Nom qu'on donne en Provence à un petit poisson- qui est décrit dans le Traité des Pèches de Duhamel, et qui est moins estimé que la melette , dont nous allons parler ; il n'a, comme elle, qu'une nageoire dorsale. Ce poisson aenviron 4 pou* ces de longueur ; l'ouverture de la bouche grande; le milieu de la langue formé par une espèce de cartilage; des taches noires à- l'extrémité des mâchoires supérieure et inférieure, comme à la melette ; le dessus du dos brun, terminé par une ligne trèsnoire ; tout le reste du corps couvert , ainsi que la melette , de très-larges écailles brillantes. Il n'y a que le peuple qui. mange ce poisson.
MELETTE. Duhamel décrit sous ce nom un
Kttsson qui, dit-il , est asses commun dans la Méterranée , et plus petit que la sardine , mais plus large proportionnellement à sa longueur.
Voici la description qu'il en donne s quand il y. a quelque temps que ce poisson a été tiré de l'eau , son dos est brun ; cette couleur, qui s'étend dans .tonte- la longueur du poisson , tranche net sur le .reste du corps , qui a une couleur d'argent si vive , qu'on croirait que c'est de l'argent bruni. La peau est aussi argentée, et les écailles, qui s'en détachent .aisément, sont petites ; elles ont quelques reflets colorés , qu'on peut comparer à la nacre;. la mâchoire inférieure est plus longue que la supérieure. La .largeur verticale du poisson , vis-à-vis des yeux, est «de 5 lignes ;. vis-à-vis le derrière de l'opercule des jouïes , de 6. ligne»; à la naissance de l'aileron du dos , de 7 lignes et demie ; et à la naissance de l'aileron de la queue , de 3 lignes et demie. Elle a de petites dents sous le ventre comme/ les sardines. La chair de ce petit poisson est blanche , très-délicate , de bon goût , pas néanmoins aussi relevée que celle des sardines.; elle est huileuse ,, elle ne supporte pas la sel et se corrompt aisément. Ce poisson déposo son frai vers l'équinoxe d'automne : c'est donc, ajoute Duhamel., . un poisson parvenu à l'état où il peut reproduire son espèce, et c'est à tort que Bélon regarde le* melettes comme de petites aloses.
On pêche ces petits poissons au bord de la mer et dans les étangs salés dans la. même saison que les sardines ,. c'est-à-dire principalement dans les mois d'août et de septembre; quelquefois on ^i
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prend beaucoup à la Saint-Michel, lorsque le* pluies ont troublé les eaux ; car cette circonstance parait avantageuse pour les prendre. On en prend principalement vers les Bouches-du-Rhône.
MËNDOLB;, spams mœna. (Lin.) Poisson du genre des spares, qui est connu sur les côtes de la Méditerranée sous les noms de cagarelle , juscle, gerle, moudoure. Ce poisson, qui parvient rarement à un pied de long , a 1 1 rayons aiguillonnés et i a rayons articulés à la dorsale ; 3 rayons aiguillonnés .et 10 articulés à l'anale; chaque mâchoire garnie d'une rangée de dents très -serrées et semblables à un poinçon. Ses couleurs varient beaucoup \ mais ordinairement il est blanc , avec des lignes longitudinales bleues et des nageoires rouges. Il habite dans la Méditerranée , et c'est sur les rivages sablonneux ou pierreux qu'il se plaît davantage, et qu'il fait la chasse à tous les jeunes poissons. Les anciens ont beaucoup parlé de ce poisson, quoiqu'ils n'en estimassent pas plus la chair qu'on ne l'estime aujourd'hui; mais comme il est extrêmement a bondajrt , il * toujours été remarqué. Aristote'le présente comme le plue fécond des poissons. La saumure dans laquelle on le met devient purgative. On le consomme frais ou salé ; maïs les gens riches le dédaignent comme coriace et insipide. Rondelet dit cependant qu'il est gras en été , et qu'alors la femelle est passablement bonne. Cest sur les rivages sablonneux qu'on le pèche au filet ou à la ligne. On en prend tant à Venise , qu'on le vend par monceaux.
MENTANA. Les Basques appellent ainsi les noues ou noues de la morue.
MENUISE ou MENISE , ou MENUSSJB , MES- LIS, BLANCHAILLE, NORRJN, ALVIN, APHIE, ^ SAUMONELLE. Tous noms que Ton donne à un amas de petits poissons de différentes espèces qui se trouvent dans les filets quand on traîne des seines fort épaisses , ou qu'on tend dans des courans des filets à manche dont les mailles sont petites. Ailleurs , on les nomme ceillets, parce que les pécheurs aux haims , qui s'en servent pour amorcer , les bro-
Î nient par les yeux. Observons que la menuise difère cependant de Valnn, en ce que celui-ci est ordinairement composé de poissons d'espèces choisies pour la multiplication. V. Etang et Frai de poisson.
MENUSSÉ. Cest la même chose que la blanche ou blanchaille, petits poissons qu'il est défendu de pécher. Y. Part. Pêche maritime, 5 a, la Déclaration du roi, du a3 avril \j%6 , art. o8 , et le mot Blanche.
MEUILLE. V. Mugil-Mulet.
MEUNIER. C'est l'un des noms de la Chevanne. V. ee mot.
C'est aussi l'un des noms du Chabot. V. ce mot.
MÈRE DES HARENGS. Les pécheurs donnent ce nom à l'alose, qui est beaucoup plus grosse que le hareng , et dont la forme est la même.
MERLAN, gadus-merianguâ. (Lin.) Poisson du
§enre des gades , et l'un des plus abondans des mers 'Europe , et des plus intéressans pour la nourriture des peuples. Il se nomme en allemand witling; en hollandais, vthiting, et quand il est jeune molemaar? en anglais , whikng.
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Description. — Le merlan (F/. 4 îfîE* ?) P*r~ vient rarement à plus d'un pied de long. Il s, le corps allongé et revêtu d'écaillés petites et minces ; les nageoires dorsales au nombre de trois \ la queue en croissant ; la mâchoire supérieure armée de plusieurs rangs de dents , et plus avancée que l'inférieure , qui n'a qu'une seule rangée de dents; la ligne latérale presque droite 5 le corps de couleur nacrée , excepté sur le dos , qui est d'une teinte olivâtre ; les nageoires pectorales et celle de la queue noirâtres.
Lacépèds rapporte une observation de Noël de la Morinière, qui est très-digne de l'attention des physiologistes , c'est que les merlans des fonds voisins d'Yport et des Dolles sont plus courts que ceux qu'on prend à Ailly et Tréport? ils ont le ventre plus large , la tête plus grosse , le museau moins aigu , la ligne latérale légèrement courbée, la couleur plus foncée , et la chair plus ferme et plus agréable au goût.
Habitation. — Ce poisson se tient sur les bancs à peu de distance des côtes. On le pêche en hiver sur les côtes de France , et en été sur celles d'Angleterre. H est rare dans les mers du Nord , et ne dépasse pas le détroit de Gibraltar.
Nourriture. — Il vit de mollusques , de crustacés et de petits poissons.
Propagation. — Il fraie à la fin de l'hiver et multiplie beaucoup. On en voit des troupes sur les côtes d'Angleterre, qui occupent souvent un espace de 3 milles de longueur sur un mille et demi de largeur.
Qualités.— On peut transporter les merlans dans l'intérieur des terres plus loin que la plupart des poissons de mer. On en mange à Paris pendant près de la moitié de l'année C'est pendant la saison des harengs , à l'époque où il se nourrit de leurs œufs, que sa chair est plus grasse et de meilleur goût; elle n'a point de qualité malfaisante, et comme elle est tendre et légère , on la digère avec facilité. C'est un aliment qu on peut donner avec le moins d'inconvénient à ceux qui ont l'estomac faible. La qualité de la chair du merlan a donné lieu à un ancien proverbe rapporté par Rondelet $ savoir, que merlans mangés ne poissent non plus dans 1 estomac que pendus à la ceinture. Lorsque ce poisson a frayé, sa chair devient molle et fade.
Pêche. — On pèche le merlan principalement à la ligne de fond, garnie d'un grand nombre d'hameçons amorcés avec des morceaux de harengs ou d'autres poissons. On en prend aussi au filet, surtout pendsnt la saison des harengs , que ce poisson poursuit pour se nourrir de leur frai.
A Dunkerque , le merlan est en des priori pan*, objet» de pêche pendant les mois de décembre , janvier et février \ on en prend cependant à la ligne pendant toute l'année , et avec des filets depuis le mois de mars jusqu'en septembre ; mais il n'est pas toujours également bon. Quand la saison du frai est passée , on en prend de petits , qui sont assez bons , et la vraie saison recommence en octobre jusqu'en février.
Les Dieppois font la pêche du merlan avec ce u'ils appellent leurs petites cordes; chaque pièce e ces petites cordes a 64 brasses de longueur, *e"t
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est testée de quatre ou cinq cailloux qui pèsentchacun une livre. On attache communément, de brasse «n brasse, une empile d'une brasse de longueur , qui porte un haim amorcé d'un pitot ou d'un morceau de hareng* Quelques-uns multiplient les hainis, en sorte qu'Us en mettent quelquefois cent cinquante dans la longueur de 64 brasses; mais alors il faut faire les empiles moins longues ; c'est assez l'usage des pêcheurs de Saint-Valéry et de Fécamp. Chaque bateau qui va à la pêche des merlans met à la mer une trentaine de ces pièces de petites cordes x qui sont garnies de quatre mille cinq cents haims.
Comme les merlans se tiennent volontiers au fond de l'eau , Les pêcheurs de Haute-Normandie, particulièrement aux environs du Havre, pèchent avec ce qu'ils nomment le Ubouret ouja balte. Quelquesuns amorcent avec des crabes ; le hareng est préférable , et un suffit pour amorcer huit ou dix de ces petits haims; mais , dans la bonne saison, le merlan mord à toutes sortes d'appâts.
Sur la côte de Caen , à Amelles , Langrunne , Saint- Aubin , etc. , on pêche de gros merlans depuis la Toussaint Jusqu'à Pàque, et même toute l'année, avec ce qu'ils appellent des appels ou appelées, qui diffèrent peu des petites cordes de la Manche. Les hameçons sont de brasse en brasse \ on les relève toutes les a on 3 heures.
Les pécheurs de la Hogue prennent pour maitresse corde de leurs tessnres de plus* grosses cordes que les pêcheurs de la Haute-Normandie, et ils amorcent avec des ver» qu'ils nomment gravette.
H y a de plus quelques pêcheries aux environs de la Hogue , dans lesquelles 11 se trouve des merlans avec les autres poissons 5 mais en général la pèche du merlan n'est pas fort abondante sur cette
côte. .
Les pêcheurs de l*He-Dieu vont chercher les merlans à a ou 3 lieues au large , se mettant un maître, deux matelots et un mousse; dans, des bateaux de 3 à
4 tonneaux $ ik pèchent avec des lignes amorcées arec de petits poissons.
Les pêcheurs du Bas-Poitou pèchent des merlans dans les baies de Bourgneuf f de Boum et de Noirmoutier, avec des espèces de dreiges longues de
5 brasses, hautes de 4 , et dont le* mailles ont un
Suce et demi d'ouverture en cas ré* lia se mettent as des bateaux de 8 à to tonneaux, qui ne sont point pontés ; leur équipage ne consiste qu'en un aaaitre et un- matelot, qui o*t chacun un tiers du
Iroduit de ht pêche, le propriétaire- du bateau ayant autre tiers*
Les plus gso? merlans qu'on prend sur les cotes d'Olonneont 18 à ao pouces de langueur^ mais les plus commuas ont un pied. Ce poisson se tient sur les fends rouges , au large deanoches, depuis le mois de novembre jusqu'en septembre : alors il se porte sur les fonds de roche jusqu'au mois de novembre ; ce qui oblige de* les prendre à la ligne, et c'est la saison où ce {kûssoie est le meilleur et le plus abondant*
On. a remarqué que, quand il fait un peu de gelée blanche , le merlan mord plus volontiers aux haims qu'on amorce avec des vers. Le reste de l'année, on Je pécha plus- avec des dreiges qu'avec les haims.
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Les pêcheurs d'Oléronj pendant les mois de mars, avril et mai , prennent les merlans avec les courtines $ en novembre et dans les mois suivans jusqu'en mars, il s'en trouve dans les écluses.
Les Gascons, vis-à-vis la pointe de Buch, prennent des merlans à la pêche du peugne»
11 se trouve aussi des merlans dans les manets , qu'on tend pour prendre les maquereaux et les harengs. Quoique ce poisson soit fort délicat, il souffre très- bien le transport , et pour peu que l'air soit frais et sec, on en mange de très- bons à Paris.
Préparation, — On en prend annuellement de si grandes quantités sur les cotes d'Angleterre , qu'on ne peut le consommer frais $ en conséquence, on le sale pour le conserver ; mais il perd considérablement de sa délicatesse par cette opération : c'est pourquoi on n'en fait guère usage sur la table des riches. M. Bosc indique comme plus avantageuse la manière suivante de le préparer s on fait cuire le merlan dans un four peu chauffé; on lui ôte la tête, les nageoires, les arêtes; on met sa chair en presse, et on la fait sécher lentement dans le même four on à l'air. Cette chair , conservée dans un vase bien fermé , a paru très-bonne au bout de 3 ans ; on peut aussi la conserver en la pressant dans un vase après la cuisson , et en l'arrosant de vinaigre légèrement salé et épicé.
Le merlan se mange ordinairement frit , et pour cela en l'écaillé, on le vide et on le lare. On a soin de conserver le foie , qnî est très-volumineux et trèsdélicat. On le sert aussi euit avec du beurre, des fines h+rbes, du j*el, dupoivre et un peu de muscade.
MERLE ou MERlOT. Poisson du genre des Labres. V. ce mot.
MERLIN. Menu cordage formé de trois fils commis ensemble : il est meilleur que le Bitord et que te Luzin, Y. ces mots.
MERLUCHE. On donne,, mais improprement , ce nom à la morue qui a été salée, puis séchée, et qae l'on nomme mieux monte sèche.
Merluche est aussi le nom du merlu*
MERLU, MERLUS ou MERLUCHE, g<idusmerlucius ( Lin. )ç le grand merlu de Bretagne ; Je merlan de la Méditerranée ; à Marseille , le merlan ou le merlonge; le grand merlus de Daubenton et de- Duhamel; en Allemagne, stockfisch, meeresel; en Angleterre , frak$ en Espagne, meriuza.
Description. — Le merlus (V. la PL A\fi8% * l î est un poisson qui parvient à 2 pieds de long, et qui a deux nageoires sur le dos; la tête longue et comprimée ; la bouche grande $ les mâchoires armées de dents inégales ; l'inférieure plus avancée que la supérieure 5 l'opercule des ouïes terminé en pointe; la ligne latérale garnie de petites verrues \ le dos gris et se ventre blanchâtre.
Habitation, — On le trouve dans toutes les mers d'Europe. Il est si abondant dans- la baie de Galloway, sur la côte occidentale de l'Irlande , que cette baie est nommée dans quelques cartes anciennes la baie des hakes (des merlus). Il; est aussi très-commun à Pensanee, dans le duché de Corn ouailles , et sur le banc de Nimphen, près les côtes de Waterford.
Les merluches paraissent deux fois par an près des rivages d'Angleterre , la première fois au mois
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de. juin 9 pendant la pèche du maquereau , et la seconde fois en septembre , pendant celle des ha* xengs. Elles changent quelquefois le cours de leurs voyages , quittent les parages qu'elles avaient cou* tume de fréquenter, se rendent vers d'autres , et reparaissent quelques années après dans ceux qu'elles avaient abandonnés.
Nourriture. — Ce poisson est très-vorace : il poursuit particulièrement le hareng et le maquereau ; il mange même les poissons de son espèce.
Propagation. — Il multiplie considérablement.
Qualités. — La chair de la merluche est blanche et feuilletée : on la recherche en Espagne , on ne la dédaigne point en France ; mais en Angleterre et dans le Nord, on la trouve molle et de mauvais oût : ce qui dépend des lieux où ce poisson halte , car on a remarqué que celui qui était pris dans un fond pierreux était meilleur que celui qui provenait d'une cote vaseuse. Il est plus abondant et meilleur depuis la mi-avril jusqu'au mois de juillet que dans le reste de l'année* lues anciens qui ont connu le merlus faisaient un cas particulier de son foie , qui est gros , jaune et très-gras.
Pêche. — La pèche du merlus et du lieu a dû être très-considérable , sur les côtes occidentales de la France, avant la découverte de l'Ile de Terre- NeuVe , parce que ces deux espèces de gades sont abondantes et d'une capture facile dans les eaux qui entourent la Bretagne. Elle employait, depuis Ouessant jusqu'à la Loire , un grand nombre de bras ; et quoiqu'elle fut mite avec de petits bâdmens ou de simples chaloupes , la réunion des produits journaliers qu'elle donnait surpassait peut-être, à la fin de chaque année , la masse des cargaisons dont se composa depuis la pêche entière des morues pendant une saison sur les bancs de Terre-Neuve et dans les baiea de cette ile.
La tradition porte que la pèche du merlus et celle des autres poissons de la côte de Bretagne furent détruites en une seule nuit dans lés premières années du XV*. siècle. Les archives de Concarneau, de Penmarch, d'Audierne, ne contiennent aucun renseignement à cet égard ; mais pendant la saison de la pêche , suivant la même tradition , toutes les barques ou galypes de la côte étant réunies sur le banc qui règne dans le sud-ouest de Grois 9 et auquel on ne donnait point de nom particulier, il survint une tempête affreuse qui les fit périr sans qu'il pût s'en échapper une seule. La pèche étant anéantie , les sources de la prospérité de la contrée tarirent avec elle* .
Cependant cette pèche se continue toujours en Bretagne , mais elle y a beaucoup moins d'importance qu'autrefois.
Comme le merlus est très-vorace, on en prend avec des haims qu'on amorce avec des sardines , des lançons et d'autres petits poissons, ou avec des vers, même avec quelques espèces de poissons du genre des sèches. Dans le département de la Loire-Inférieure, la pèche des merlus se fait avec des bateaux du port de a jusqu'à 5 tonneaux , montés par cinq ou sept hommes ; leur gréeroent ordinaire est de deux mâts et deux voiles carrées ; ils pèchent avec des haims, et tous les pêcheurs sont à la part.
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La piaf grande pèche du merlus «e fait en Bre* tagne, à Audierne, Penmarch et à l'Île des Saints* On y emploie de grands bateaux, dont l'équipage est ae neuf à dix hommes \ ils pèchent ordinaire* ment pendant la nuit à 3 ou 4 lieues an large, les uns avec des haims, comme la morue, les autres avec des tramaux.
Ces bateaux sont les mêmes que ceux qui servent pour la pèche des sardines, construits comme les biscayennes.
Pendant la pèche , deux hommes nagent continuellement, et se relèvent toutes les heures. Si le bateau restait immobile , ils ne prendraient presque rien. Les lignes sont un fil de caret , à l'extrémité duquel est un plomb et un haim amorcé comme nous l'avons dit , et ils vont chercher leur poisson jusqu'à 3o brasses de profondeur.
Les Olonnois vont à a ou 3 lieues en mer faire cette pèche avec leurs dragues , dont les mailles du filet ont un pouce et demi d'ouverture en carré ; leur saison est depuis le mois de novembre jusqu'à celui de mai.
En Provence, on prend les merlus avec le boulier, la tartane ou le filet qu'on nomme bastude, ou encore avec le palangrier.
Préparation. — On vend ce poisson frais le plus que l'on peut : c'est pourquoi on en transporte dans les bourgs et les villages qui ne sont point au bord de la mer. Mais quand la pêche de ce poisson donne abondamment en Bretagne, on en fait sécher et on en sale, qu'on transporte à Bordeaux , à la Rochelle et ailleurs.
En Angleterre et dans le Nord , on donne au merlus salé ou séché le nom de stocfisch, mot qui signifie poisson d bâton, et qu'on applique également à la morue et à d'autres poissons que l'on fait sécher sur des bâtons.
On sale le merlu à-peu-près comme la morue : on lui tranche la tête; on l'ouvre ensuite depuis le cou jusqu'à l'anus \ on le vide et on nettoie bien le ventre; on ôte l'arête jusqu'à l'anus, ou bien, pour le préparer à plat , on l'ouvre d'un bout à l'autre , et on emporte presque toute l'arête.
De quelque façon que le poisson ait été tranché , on le sale : pour cela, on en fait un tas têtes contre queues , et on met beaucoup de gros sel entre tous les lits de poisson. Quand il a resté une ou deux fois &4 heures dans le sel, on défait les tas, et on lave les poissons dans de l'eau de mer. A mesure qu'il est bien lavé , on forme de nouveaux tas , pour que le poisson s'égoutte de l'eau du lavage pendant £ ou 4 jours : ensuite on l'étend sur le galet ou sur des pierres pour le faire sécher au soleil; mais on a soin de le retourner toutes les 4 ou 5 heures, jusqu'à ce qu'il soit bien sec , ce qui dure ordinairement 8 jours : alors on le serre dans des magasins secs, jusqu'à ce que des marchands viennent l'acheter* Ainsi ce poisson est préparé à-peu-près comme la morue sèche de Terre-Neuve ; et c'est ce qu'on doit véritablement nommer de la merluche, qui, quand elle est bien préparée, approche un peu de la bonté de la morue sèche. Les pécheurs terre-neuvriers en préparent sur* tout quand la morue ne domfiè pas