‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 134 sur 292 · IV. Pêche de la morue dans P Amérique septentrionale · texte numérisé non relu

IV. Pêche de la morue dans P Amérique septentrionale

C'est, comme nous l'avons dit plus haut, depuis le 4°e* degré jusqu'aux glaces du pôle , que l'on trouve des morues sur les côtes de l'Amérique septentrionale. Dans ce long espace , on les pêche sur le bas-fond de l'Acadie, dans la baie du Canada, autour de l'île des Sables, sur le banc Vert, et surtout sur le grand banc de Terre-Neuve.

Ce dernier banc , trois fois plus long et six fois plus large que le Dogger's bank , est seul une. mine qui, depuis deux siècles, a fourni plus d'argent que les mines du Potosi aux peuples industrieux de l'Europe et aux habitans de l'Amérique.

En décrivant la manière dont on pêche la morue sur ce banc , aujourd'hui le plus fréquenté de l'univers par les pécheurs , nous ferons connaître ce qui se pratique par-tout. .

Saison. — Quoique les côtes de l'Acadie soient en général long- temps occupées par les glaces, l'extrémité occidentale s'en dégarnit assez tôt pour que les morues commencent à donner au cap de Sable dès le- mois de mars; puis remontant lentement du

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côté du nord , le long de la côte , cee poissons se rendent, vers les premiers jours de mai, sur les bancs de Pile de Sable. On prétend même qu'on peut pécher durant l'hiver en quelques endroits de la côte de l'Acadie lorsque les havres et les baies de l'île de Terre-Neuve sont glacés 5 maie alora la mer est très-dangereuse dans tous ces parages, où on a vu plusieurs fois des navires pris par les glaces» Quand on tombe dans des brumes qui chargent de givre les cordages , on ne peut manœuvrer , et il n'y a guère que ceux qui ont leurs habitations à portée de ces parages qui puissent profiter des circonstances favorables pour pratiquer cette pèche. Souvent, dans le mois d'avril, la morue commence à frayer dans les baies de l'Amérique septentrionale :■ alors elle ne fait que passer sur le banc de Terre-Neuve , et pour cette raison la pêche y est très-incertaine, La saison du frai continue quelquefois en Amérique jusqu'en juin» Indépendamment de cette marche des morues, elles sont attirées par des poissons dont elles sont très-friandes : c'est pourquoi on peut commencer la pèche des morues au Cap-Breton et vers l'Acadie dans les premiers jours de mai , parce que c'est la saison de l'arrivée des harengs dans ces parages , où ils restent jusqu'à la fin de septembre»

Ce qui se trouve encore de glace en quelques endroits aux mois de mai , juin et même juillet , n'interrompt pas ordinairement la pêche , attendu que ces terres sont plus ouest que l'île de Terre-Neuve ; quelquefois cependant on est forcé- de ne rien faire jusqu'en juin ; et quoique assea souvent on puisse prendre des morues dès le mois d'avril sur là- côte sud de l'île de Terre-Neuve, où sont Plaisance, Saint-Pierre, etc., pour l'ordinaire on- n'y commence la pêche que vers le ao de mai.

Absolument parlant, il serait possible de faire la pêche dès le mois d'avril dans les baies du golfe Saint-Laurent , qui baigne à l'ouest l'île de Terre- Neuve ; mais il est prudent de ne pas le tenter : on y courrait trop de risques, tant de la part des vents qu'à cause des glaces, dont on pourrait être surpris* : c'est pour ces raisons que les pécheurs n'entrent dans la grande baie qui fait partie du golfe que vers le i5 de juin ; cependant on peut y arriver plus tôt et plus sûrement par le Cap-Breton $ mais assez souvent ce serait inutilement , la morue ne s'y portant en abondance que vers le 20 juin, qu'elle y est attirée par les harengs. A-peu-près dans le même temps , les glaces permettent de pêcher à la bande de l'est de l'île de Terre-Neuve, qui est ce qu'on appelle le petit nord, d'autant que les harengs s'y montrent souvent dès les premiers jours de juin. Les capekns , autre poisson dont les morues s'accommodent très-bien, paraissent souvent vers la fin de juin, et ils y restent jusqu'au mois d'août : àpe.u-près dans ce temps- là ils se retirent • et les morues, qui les suivent , disparaissent.

On voit, par ce que nous venons de dire , que les morues n'ont point une marche réglée 9 nous devons ajouter qu'elles affectent tantôt un lieu et tantôt un autre: de sorte qu'aux endroits où assez souvent elles ont donné abondamment plusieurs années de suite, il survient une année où l'on n'y en rencontre que peu 3 quelquefois même 9 après avoir commencé

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la pêche avec succès dans un canton ? il faut l'abandonner, parce qu'on n'y prend plus rien. Cependant, étant prévenu de ces différences accidentelles , on peut en général admettre les données suivantes : i°. c'est vers le i5 juin ou un peu plus tard que lee morues, sur-tout les jeunes, quittent les grande fonds pour aller à la poursuite des capelans ; elles s'approchent alors de la surface de l'eau , sur lee bancs ou assez près de* côtes j a°. c'est dans le moi* de juillet que la pêche en est la plus abondante sur le grand banc ; 3°. ce poisson y est plus rare dans le mois d'août , saison où il ne trouve plus de capelans ni de harengs, et où paraissent ordinairement lee chiens de mer qui font fuir toutes les espèces de poissons \ 4°- on recommence à prendre des morues sur les bancs dans le mois de septembre quand lea vents permettent de pêcher $ 5°. en octobre, les bords des bancs de cette- île fournissent beaucoup de morues , mais les glaces commencent déjà à être abondantes ; cependant on continue quelquefois la pêche à l'Ile Royale et aux côtes de l'ouest jusqu'à la fin de ce mois ; mais vers le milieu de septembre, les ports et les baies sont très- souvent couverts de glaces) on doit observer, au surplus, que toutes ces époques sont sujettes à beaucoup de variations.

M. de Lacépède se demande pourquoi, puisque les morues viennent sur le grand banc pour frayer, il y a interruption dans la pêche) et voici comment il explique cette particularité : comme aucun naturaliste n'a suivi les pécheurs dons leurs expéditions, on n'a point d'observation positive qui autorise à répondre à cette question $ cependant on peut présumer, par analogie , d'après ce dont on est assuré relativement aux autres poissons, sur-tout au hareng et aux poissons d'eau douce, que les plus vieilles morues fraient lea premières , ordinairement avant l'arrivée des pêcheurs , que les moyennes fraient en juin et juillet, et que les plus jeunes, celles qui fraient pour la première fois , déposent leurs œufs en septembre et en octobre : après quoi , toutes quittent les bas-fonds pour rentrer dans la profondeur des eaux.

Ce n'est donc qu'à l'entrée du mois de juin que commence la grande pêche sur les côtes de l'Amérique septentrionale. Ceux qui sont à portée du grand banc peuvent y faire la pêche toute l'année , comme les Hollandais sur le Dogger's bank. Les Nantais peuvent primer les Normands en partant en février pour rapporter du poisson de primeur. Quand la pêche est heureuse , leur campagne est ordinairement èe 5 k 6 mois ; mais dans certaines années il leur en faut 10. Les Granvillois, les Malouins , les Rochelois , ceux de la Tremblade , etc. , y emploient moins de temps à proportion de celui qu'ils gagnent , soit par la proximité du lieu de la pêche, soit à cause de la commodité qu'ils ont de prendre leur sel dans leur voisinage : ainsi 9 ordinairement leur retour prévient celui des Normands.

Les ports de France où l'on arme pour la pêche de la morue verte sont Dunkerque ) Gravelines , Saint- Valéry, Fécamp, Dieppe, le Havre, Honfleur, Cherbourg, Granviile, Saint - Brieux , la Rochelle, Saint-Malo , Bordeaux, les Sables -dPOlonne > etc.

Môfl.

Des lieux où F on peut s* établir pour la pêche de la

morue verte.

C*est principalement sur le grand banc de Terre- Neuve qu'on s'établit pour pécher la morue qu'on prépare en vert; cependant on pratique encore cette pèche sur d'autres bancs , tels que le Banc-à-vert , le Banquereau, le banc aux Orphelins , les battu r es de l'Ile de Terre-Neuve, etc.; mais nous observerons que pour la morue qu'on veut préparer en vert on s'établit toujours en pleine mer , et rarement à la vue des terres. On estime que le grand banc a près de 200 lieues de longueur sur 60 de' large au milieu 5 ses deux bouts se terminent à-peu -près en pointe , dont la plus septentrionale est environ à 4o lieues de la côte est de Pile de Terre-Neuve.

On connaît qu'on en approche lorsque la sonde indique 70 , puis 60 , puis 5o , 4° 7 3o brasses , et encore quand on aperçoit beaucoup d'oiseaux , qui s'y rendent pour se nourrir des issues des morues qu'on jette à la mer , ou pour attraper des capelans quand ils s'approchent de la surface de l'eau.

Les morues du grand banc sont plus grosses et plus grasses que celles qu'on prend dans les mers du Nord.

Le Banc-à-vert est par le travers de l'île Saint* Pierre, et le Banquereau entre le grand banc et le Banc-à-vert : de dessus ces trois bancs, on n'aperçoit point la terre.

Le banc des Orphelins est dans le golfe Saint- Laurent, à 10 ou îa lieues des côtes du Canada, et comme elles sont fort élevées , on les aperçoit par les beaux temps de dessus ce banc.

Ceux qui pèchent sur les battures de Wle de Sable courent des risques quand il survient des vents qui portent à terre , et les morues qu'on y prend sont ordinairement maigres.

Pour cette pêche, les équipages se tiennent dans les bàtimens qui leur ont servi à se rendre sur les bancs, et ils se tiennent presque toujours à la dérive.

Le parage le plus avantageux et celui qui est le nlus fréquenté est entre le 44* • et le 46e- degré de latitude.

Quelques pécheurs, par aventure, entrent dans 'la grande baie pour pécner sur le banc des Orphelins et sur le petit banc de Bridel lorsqu'ils espèrent y faire une meilleure pèche que sur le grand banc, ou sur les autres qui sont hors de la baie.

Pour le succès de la pèche, en quelque lieu qu'on la fasse , il est important de choisir un bon poste : c'est pourquoi les capitaines doivent bien examiner sur la carte la position des bancs et des hauts-fonds, pour choisir ceux qui communément sont plus poissonneux ; car tous les fonds ne sont pas également fréquentés par les morues. Il résulte de ces connaissances que certains capitaines reviennent presque toujours avec leur charge complète , pendant que d'autres ont tout au plus la moitié de leur cargaison.

S'il arrive plus fréquemment aux Hollandais de faire une bonne pèche , c'est qu'ils sont laborieux , patiens, et qu'ils ne se découragent point. Comme ils ont fréquemment leurs équipages à gages , ils en profitent le plus qu'ils peuvent; leurs bàtimens

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étant bien approvisionnés poiif un* Cathpagnè de 6 ou, 8 mois , ils sont continuellement occupés de leur pèche ; s'ils ne trouvent point de poisson dans l'endroit où ils comptaient s'établir, ils en vont chercher un autre, et suivant les circonstances ils changent plusieurs fois de parages, la grande habitude qu'ils ont de la pèche leur indiquant , au moins avec quelque vraisemblance, le lieu où ils doivent se porter ; et lorsqu'à force de travail ils en ont trouvé un favorable, ils en profitent, travaillent avec toute l'activité possible et reviennent avec une bonne cargaison ; ce qui n'arrive pas aux pécheurs impatiens, qui, ne trouvant point de poisson au lieu qu'ils s'étaient proposé d'occuper , reviennent à dftmi-charge. Au contraire , quand les Hollandais désespèrent de faire une bonne pêche de morue , ils essaient de parfaire leur cargaison avec du hareng ou du maquereau , s'étant approvisionnés au départ des ustensiles qui conviennent pour ces pèches.

câbles épissés les uns au bout des autres ; ils ferment les écoutilles , amarrent la barre du gouvernail, et attendent le beau temps, étant renfermés dans leur bâtiment.

De même quelques bàtimens français, étant partis pour pécher du maquereau sur les côtes d'Islande et n'y trouvant que peu de poisson , se sont hasardés d'aller pécher de la morue sur le grand banc , quoiqu'ils ne fussent pas équipés pour celte pèche, et ils sont revenus au bout de 4 mois avec une assez bonne cargaison , ayant salé leurs morues dans les barils qui étaient destinés pour le maquereau.

En ce cas , les équipages souffrent beaucoup de la rigueur du climat, n'étant point à l'abri comme ils le sont dans les navires équipés pour la morue verte ; et les bàtimens qui vont à la pèche du ma-

?[uereau , ayant leur pont fort bas et un grand cofre , ils sont fort incommodés par les coups de mer qu'on éprouve dans ces parages ; néanmoins , avec un peu plus de fatigue , ils sont parvenus à faire leur pèche avec autant -de succès que ceux qui étaient appareillés pour la pèche de la morue.

Idées générales des fonds et des circonstances favorables à la pêche*

Outre ce que nous venons de dire des positions avantageuses pour la pèche de la morue , les matelots regardent comme bons fonds ceux de roches pourries, de coquillages, et aussi ceux de terre grasse : les fonds rouges sont pour l'ordinaire abondans en coquillages. Les morues trouvant à se nourrir sur de semblables fonds, elles s'y rassemblent en quantité, ainsi que sur les fonds gris , où il y a beaucoup d'équilles.

On ne fait point de cas des fonds de sable pur , ainsi que de ceux de roche dure et sans délits , où les morues sont maigres, et où l'on prétend qu'il se rassemble des soophy tes , qui rendent ces poissons de mauvaise Qualité.

Le temps le plus favorable pour cette pèche , comme pour toutes celles aux haims , est quand le

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ciel est couvert et qu'il n'y a point de moture. Les vents forcés et la mer agitée sont absolument contraires à cette pèche ; car, dans ces circonstances, les secousses du vaisseau et la vivacité du filage font que les plombs quittent le fond, et que les lignes se mêlent. Quand la tempête est forte, il est souvent arrivé de voir des vaisseaux chassés de dessus -les bancs, et contraints dere venir ayant cou ru des dangers et fait une fort mauvaise pêche. Au contraire, quand la saison et le temps secondent l'avantage d'être sur un bon fonds , la pêche devenant plus commode , on ne fait que jeter la ligne , et la retirer aussitôt garnie de morues , qui mordent avec avidité à l'appât ; et on a vu un seul matelot prendre alors jusqu'à 125 morues, et même plus de aoo^en un jour. Quand cela continue, en moins de 3 mois, une flûte de 200 tonneaux quitte le banc avec une cargaison de 3o ou 35 milliers de morues.

Choix des postes sur le grand banc de Terre-Neuve,

Le grand banc de Terre-Neuve a, comme nous l'avons dit, environ 200 lieues de longueur sur 60 de largeur vers le milieu. Les pêcheurs de morue se rendent à différens endroits sur ce banc , pour y chercher un poste avantageux. Il y a des pêcheurs qui connaissent bien mieux les postes que d'autres; ce qui fait que certains capitaines reviennent avec leur chargement complet, pendant que d'autres, après avoir resté assez long-temps sur le banc , reviennent à demi-charge : ceux-ci consomment un temps considérable à parcourir toutes les parties du banc , au lieu que les autres ne tardent pas à trouver les postes avantageux.

Cette pêche se fait ordinairement depuis le 43e* degré de latitude nord jusqu'au 45e* > à la partie qu'on appelle le sud du banc. On y trouve communément ce qu'on nomme des pompons ou mâles, qui ressemblent à un melon gros comme les deux poings , qui sont noirâtres , marqués de jaune.

Il est bon de savoir que la saison la plus commode pour cette pèche est depuis la mi -avril jusqu'à la fin de juin, parce que les vents de sud-sudouest, oui régnent pour lors, amènent la douceur et les calmes, qui engagent les morues qui ont frayé à quitter les baies : elles arrivent peu à peu sur les bancs , où elles se trouvent rassemblées en juillet.

Les pêcheurs prétendent que les morues ne faisant ue passer sur le banc en août , la pêche y est accien telle. Outre que dans ce temps elles ne sont pas de bonne qualité , elles paraissent en plus grande abondance en octobre; mais iliaut les aller chercher sur les açores et les bords des bancs. Quoique toutes ces remarques des pêcheurs se trouvent assez fréquemment en défaut, les capitaines doivent les connaître, et essayer d'en tirer le meilleur parti qu'il leur est possible.

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Des ports de France où se font principalement les déchargemens au retour de la pêche.

Les arméniens pour la pêche de la morue verte, qu'on destine à l'approvisionnement de Paris , de la Picardie et de la Champagne, se font à Dunkerque , Gravelines, Fécarap, le Tréport, Dieppe, Honfleur , Nantes et Saint-Malo. Ceux qui arrivent de | à un pied au-dessus du premier , pour élever les pê-

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bonne heure font leur déchargement à Dieppe, d'où la morue nouvelle est chassée par terre à Paris. D'autres bâtimens , dont le retour est plus tardif, font leur déchargement aux ports de l'embouchure de la Seine , et le poisson est transporté par eau à la capitale ; celle qui doit être distribuée le long de la Loire et du côté de Bordeaux se fait par des bâtimens qu'on équipe à donne, à Nantes, au Croisic, à la Rochelle ; mais les lieux où l'on doit faire les déchargement changent suivant les spéculations des armateurs.

Les navires de Tréport , Fécamp , des Sablesd'Olonne et du pays d'Aunis, etc., ont souvent fait deux voyages par an , dont l'un , nommé voyage de prime , fournissait une pèche plus abondante d'un tiers que celle du second voyage , dit de tardj mais la morue de ce second voyage était beaucoup meilleure que l'autre, qui se faisait en avril, mai, juin et juillet , saison où l'on prétend que les morues sont de moins bonne qualité. On dit même qu'an» ciennement quelques navires ont fait trois voyages dans une année ) mais cela n'est plus praticable, parce qu'on met quelquefois 6 à 7 mois au voyage déprime, à cause de la rareté de la morue.

Quelques fiasques , qui font venir leur sel de l'île de Ré par des barques, sont en état de partir de bonne heure pour se rendre directement sur le grand banc, et quand la pèche est favorable, ils peuvent faire deux voyages } mais cela est maintenant fort rare.

Lorsque les Normands ne tirent pas leur sel par des barques, outre. qu'ils sont plus éloignée du grand banc , ils sont obligés d'aller tout armés prendre leur sel à B rouage , et pour peu que la pèche ne soit pas favorable , ils ne peuvent revenir que sur la fin d'octobre. Ceux qui hâtent le plus leur armement partent en février et mars , et d'autres ne partent qu'en avril ou mai.

Autrefois que les morues donnaient très-abondamment sur le grand banc , les voyages répétés avaient pendant un temps rendu la morue si commune , que les armateurs ne retiraient pas leurs frais, et on se vit dans le cas de défendre de faire plus de deux voyages dans une année.

Des bâtimens.

Les bâtimens qu'on emploie pour la morue sont d'autant plus grands, qu'ils appartiennent à un port plus éloigné du lieu de la pêche : ceux des Anglais, des Hollandais et des Français , qui vont au banc de Terre-Neuve et sur les côtes de la Norwege, ont de 4o à i5o tonneaux \ ceux de Fécamp, de Saint-Malo et de Granville ne passent guère 100 à 120 tonneaux , et la plupart sont de 90 : leur forme varie suivant les ports où ils ont été construits. V. la PI. 3i.

Des menus ustensiles nécessaires pour la pêche de

la morue verte.

Il faut avoir des barils {PL 41 9 N°. II >fig. a), dont les bords d'en haut soient garnis d'un bourrelet de paille, pour que les pécheurs qui sont dedans ne se blessent point. La plupart ont un second fond

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