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cheurs et égoûiter Peau ; sur ce fond est un coussin de paille garni de toile à voile : quelques-uns ont seulement leurs pieds dans des sabots. On verra dans la suite que ceux oui préparent leurs morues dans des tonnes ou barils s'équipent un peu différemment ; les barils doivent être plus. larges par le "bas que par le haut , cette largeur d'en bas étant très-propre a leur donner de l'assiette ; et il convient qu'ils soient plus étroits par le haut, afin que le pécheur qui est dedans c, PL 42 y JV"°. IV, ayant un tablier de cuir qui déborde sur le baril, soit moins exposé à être mouillé* Le tablier de cuir a une bavette qui remonte jusque sous le menton , et qui est nécessaire ; car 5o ou 60 brasses de cordage qui aortent de. la mer répandent beaucoup d'eau : d'ailleurs ce tablier et cette bavette les garantissent du vent, qui est souvent très-froid et humide dans ces parages ; au milieu du baril est une estrope de corde, dans laquelle passe un cordage qui sert à l'amarrer, afin que les mouvement du roulis ne puissent l'ébranler : il faut autant de ces barils qu'il y a de pêcheurs.
Cette façon d'amarrer les barils ne parait pas assez solide aux pécheurs de Granville ; ils ont trois crampes de bois S, PL 4l> -N*. II $ qu'ils clouent sur le pont autour du baril à distance égale ; ils font au baril , vis-à-vis chaque crampe , deux petits trous près l'un de l'autre , dans lesquels ils font passer une corde , dont les deux bouts qui restent en dehors viennent s'attacher sur la crampe à l'endroit où elle est entaillée : cela ne leur parait point encore suffisant, ils placent entre chaque crampe un taquet r , dont le dos appuie fortement contrôle bariL De cette manière, le baril ne peut faire aucun mouvement , quelque roulis et tangage qu'il y ait.
La/îg. b est un baril qu'on appelle baille aux Joies f parce qu'il sert à mettre les foies : il a une échancrure.
On ne se sert point de ces barils dans les navires de Granville et de Saint- Malo ; le décolleur a -auprès de son baril une manne d'osier d> PL 4* > iV°. II } dans laquelle il met les foies. Lorsque cette manne est pleine , un mousse vient la prendre , et va la vider dans ces barriques à l'huile, qui sont placées sur l'arrière du bâtiment/?, PL 41, N*.IV} on le nomme foassier.
Il faut un gaffot c , N°. VII, qui sert à plusieurs usages , particulièrement à saisir et tirer" à bord les grosses morues ou celles qui ne sont pas bien saisies par les haims, quelquefois même à mettre les morues élanguées à portée des étêteurs, sur-tout celles qui sont prises par les pêcheurs du gaillard.
L'ététeur en fait aussi usage pour prendre les morues qui sont autour de son baril et les amener à lui; mais pour mettre à portée des étêteurs les mo-
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On se sert de mannes d pour y mettre les langues, les foies, et pour transporter ces issues, etc.
On a une palette g9 avec laquelle les mousses portent du sel aux saleurs et saumureurs.
Les jig. h, i, k représentent des lignes, des plombs et des haims.
On fait usage d'un petit instrument L , nommé élangueur, ou, à Granville, diguet 1 c'est un morceau de fer long de 7 à 8 pouces, pointu par les deux bouts. Chaque pêcheur a son élangueur, piqué obliquement auprès de lui dans la lisse ; quand il a retiré l'haim de la bouche du poisson , il le pique avec l'élangueur par le derrière de la tête , pour lui détacher la langue. .11 y a au milieu de la longueur de cet instrument un trou , dans lequel passe un bout de ligne qui est amarré à la lisse , pour prévenir que l'élangueur ne tombe à la mer quand le pêcheur décroche la morue. Lorsqu'un pêcheur quitte le travail, il met son élangueur dans un petit panier pendu à la lisse*
Les autres ustensiles sont, une espèce de couperet, qu'on nomme couteau à habiller m, PL \\ , N°. II : chaque habilleur doit avoir le sien;
Un couteau n à deux tranchans , qui sert à emporter les têtes > et qu'on nomme pour cette raison étêteur}
Autre couteau e nommé nautier, parce qu'il sert à détacher les noues ;
Futailles ordinaires p , N°. V, dans lesquelles on met l'huile qu'on a retirée des foies;
Manette ou truble q, qui sert à différent usages, entre autres à tirer à bord de très-gros poissons, qui pourraient rompre les haims. ou les lignes;
Grande pelle x , 2V°. VII, pour jeter à la mer les issues ;
Petits barils Y, pour saler à part les langues et les noues qu'on destine à faire des présens.
Puisque le bâtiment doit être garni de tous ses agrès , il s'ensuit qu'on doit embarquer son rechange en cordages, voiles , vergues , etc.; car, étant fréquemment exposés à de gros temps , il faut avoir de quoi réparer tes avaries.
Voilà une énumération sommaire des principaux ustensiles nécessaires à ceux qui vont à là pêche de la morue verte.
rues pêchées par les gens de l'arrière du bâtiment , il est aisé de sentir que communément le gaffot recourbé par en bas ne serait pas fort commode : aussi se sert-on ordinairement d'un autre instrument, que l'on nomme piquoirt, PL 4» * iV"°. II : c'est une broche de fer d'un pied de long , pointue par un bout , et ajustée par l'autre à un manche de bois de 3 pieds de long environ, Vest le fer du piquoir.
Des lignes et plombs.
Les lignes dont se servent les pécheurs terre-neuviers ont 6 , 8 , 9 1% et quelquefois 10 lignes de circonférence , et environ ?5 à 90 brasses de longueur. Biles doivent être fortes,. sur-tout quand on pêche dans des parages où lea morues sont grosses ; cependant il est important qu'elles soient fines, nonseulement pour ne point effaroucher le poisson, mais encore pour que le pêcheur sente mieux quand il y en a de pris, et enfin pour qu'elles soient plus maniables et plus aisées à relever. Ainsi , il faut avoir soin qu'elles soient faites de bon chanvre y bien fabriquées, point trop torses, afin d'être plus fortes , plus maniables et ne point prendre de coques'. Comme il faut que le plomb porte au fond de la mer, on est quelquefois obligé d'épisser bout à bout deux lignes.
On frappe an bout de ces lignes un plomb qui a
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quelquefois la forme d'une poire, d'autres fois celle d'un cylindre : son poids est de 5 à 5 livres et demie ou 6 livres, suivant la volonté des pêcheurs. En général , il doit être d'autant moins lourd que les lignes sont plus fines, et les pêcheurs fatiguent d'autant plus , que le plomb est plus pesant; cependant il faut qu'il le soit assez pour entraîner promptement la ligne au fond, et résister aux efforts que la dérive et les courans pourraient faire pour l'emporter.
On frappe à la ligne principale dont nous venons de parler la pile qui doit porter l'haim : cette pile est souvent de la même grosseur que la principale ligne, et quelquefois elle est plus fine.
Cette pile ou empile a a ou $ brasses de longueur, suivant que le navire est plus ou moins élevé sur l'eau : d'où il suit qu'il faut que les piles soient plus longues pour les ligneurs ou lignotiers qui sont sur le gaillard , que pour ceux qui sont sur le bel ; ceuxlà fatiguent davantage, ayant à tirer le plomb avant que le poisson soit Lors de Veau , attendu la longueur de la pile.
Les pêcheurs de la côte de Haute -Normandie, accoutumés à pêcher au libouret , frappent volontiers leur empile sur une avalette de bois , dont ils proportionnent la grosseur à celle de l'haim $ mais cela ne se pratique point ordinairement.
Suivant ce que nous avons dit , le plomb est destiné à faire caler les lignes et les haims : ainsi , son poids doit être proportionné à la grosseur des lignes, à celle des haims, et à la profondeur où il doit descendre. Néanmoins son poids n'est déterminé sur aucune règle fixe ; il varie même suivant la volonté des pêcheurs ; mais ordinairement pour les haims du banc, le plomb est de 5 à 5 livres et demie ; pour ceux de Férol , de 3 à 4 livres. Le
flomb s'attache à la ligne même , et dans les petits âtimens, on ne laisse qu'une brassa de distance entre l'haim et le plomb.
Des haims.
Les haims pour la pêche de la morue en Amérique doivent être , les uns d'un fer bien liant , les autres d'acier. Ceux-ci sont préférables dans les parages où il n'y a point de roches ; mais on préfère ceux de fer dans les endroits où il y a des roches , parce que les haims d'acier sont sujets à rompre lorsqu'ils s'accrochent à une pierre.
C'est un principe général , qu'il faut proportionner la force des naims à la grosseur des poissons qu'on Se propose de prendre; et comme c'est sur le grand banc qu'on prend les plus grandes morues, on les pêche avec les plus gros naims. Si les morues ne sont pas aussi grandes à Férol et à Port-à>Choix , dans l'ouest de lfle de Terre-Neuve, que celles du banc, elles le sont toujours beaucoup plus que celles que l'on pêche de l'autre côté de l'Ile.
De plus , on se sert de grands haims quand la morue est abondante et lorsqu'elle se tient près de la surface de l'eau ; mais quand elle est rare et qu'elle se tient à une grande profondeur dans l'eau , on se sert d'haims moins grands.
En général , les Anglais et les Hollandais em-
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ploient des haims moins grands et des lignes plus déliées que les Français.
On emploie quelquefois, surtout au petit Nord, des haims à double croc, et ceux-là sont plus forts; mais les poissons refusent d'y mordre quand ils ne sont pas affamés.
Plusieurs pécheurs mettent deux haims au bout de leur ligne , lès y attachant par de fines empiles , dont une répond immédiatement au-dessus du plomb , et l'autre à une brasse plus haut : en ce cas, ils tiennent cette empile plus longue , pour que les deux haims portent également sur le fond.
Des appâts pour la morue*
Le choix des appâts est une chose très-importante pour faire promptement une bonne pêche : rien n'est plus vorace que les morues, sur- tout celles du grand banc , peut-être à cause de l'énorme quantité qui s'y rend; quand elles sont affamées, elles avalent tout ce qui tombe à la mer. On a trouvé, comme on l'a dit, dans leur estomac des roanigots ou mitaines, des couteaux, des pierres, et quoique gorgées de poissons , elles se jettent quelquefois sur des haims qui ne sont pas garnis d'appâts : ainsi, à l'arrivée des bâtimens , il suffit de leur présenter un leurre , tel qu'un morceau d'étain ou de plomb imitant très-grossièrement la forme d'un poisson , on a seulement sorn qu'il 6oit brillant : c'est pour cela que quelques-uns étament ceux de plomb. D'autres fois , le leurre n'est autre chose qu'un morceau de drap de quelque couleur éclatante; mais souvent les morues refusent de mordre à ces appâts : c'est pourquoi les pêcheurs leur présentent des morceffui de viande salée ou de lard , qui, ayant souffert quelque altération , ne sont point propres à la nourriture de l'équipage, des maquereaux ou harengs salés qu'on emporte dans les barils. Les maquereaux étant plus gros que les harengs, ils ont l'avantage de pouvoir servir à amorcer plusieurs haims; mais aussitôt qu'on a pris quelques morues , on amorce avec" le cœur ou une mâchoire sanglante , souvent même avec les entrailles ou b remues. On sacrifie encore à cet usage les têtes ou la chair de quelques petites morues, mais jamais les foies, qu'on met à part pour en retirer de l'huile.
Quoique les morues se mangent les unes les autres , et qu'on ait trouvé dans l'estomac de quelques grosses morues jusqu'à quatre petites , il y a néanmoins d'autres poissons dont les morues sont tout autrement friandes , tels que les. grondins , les maquereaux, les harengs, les sardines, l'éperian, les capelans, toutes sortes de crustacés et de coquillages ; mais la plupart de ces appâts étant rares , on se contente quelquefois, après avoir amorcé un haim avec des issues de morues, de l'embecquer avec un petit morceau de ces bons appâts , qu'on pi que à la pointe de l'haim.
Lorsqu'on peut se servir de ces appâts délicats , on emploie de petits haims d'acier semblables; à ceux dont on fait usage pour la morue sèche, et les morues donnent dessus en telle abondance , que les vaisseaux qui ne peuvent écher ou aquer avec des issues de morues sont obligés de quitter leur poste pour en aller chercher un éloigné d'un bâtiment
mor
qui amorce arec du. capelan , du maquereau ou du Hareng.
Quand,, en ouvrant les morues ,. on trouve dans leur corps des. poissons qui ne sont point. digérés, on s'en sert pour écher,et on est comme assuré qu'ils conviendront aux autres montes : c'est pourauoi, quand les pécheurs ont détaché les langues, ils ouvrent le ventre des. morues , poux retirer de l'estomac les poissons qui peuvent s'y trouver.
On prend des morues sur nos côtes , et comme on trouve dans leur estomac différentes espèces de poissons qui sont encore: reconnaissablea, des crustacés, crabes, homards, chevrettes, on en peut conclure que ces poissons conviennent pour amorcer les haims. *
Les pécheurs de Picardie et de Flandre ramassent beaucoup de grenouilles dans des bailles, et ils s'en servent à prendre des morues dans des parages peu éloignés de leurs ports. Pour cela , Us les accrochent par le travers des cuisses, et comme elles vivent assez long-temps, elles en attirent d'autant mieux le poisson.
Sur quelques côtes , celle de Boulogne est de ce nombre , on prend de petites morues avec des haims amorcés de vers de terre , ou de harengs et de maquereaux, tant frais que salés.
Les pêcheurs basques.se trouvent bien d'écher avec des anchois et des sardines.
Lea pêcheurs d'Islande échent avec des moules lorsque les harengs leur manquent; et dans ces cas , les Hollandais amorcent leurs haims pour la morue avec de fort petites lamproies d'eau douce, qu?ils tiennent dans des réservoirs pour les trouver au besoin.
On lit, dans V Histoire^ naturelle d'Islande, que les habitans estiment beaucoup pour amorce la viande prise sur un animal nouvellement tué, et sur-tout le cœur de quelques oiseaux dont les pécheurs mangent la chair , assurant qu'avec cet appât on a plutôt pris vingt poissons qu'un, seul avec beaucoup d'autres. On. prétend qu'il y a des poissons du genre des sèches qui fournissent de bons appâts.
On voit qu'il y a beaucoup de différentes substances qui peuvent fournir de bons appâts aux pécheurs de morue.. La difficulté est de s'en procurer sur le lieu de la pêche ; et comme le succès dépend beaucoup de la bonté des appâts , c'est aux pêcheurs à employer toute leur industrie pour s'en pourvoir , soit en mettant à la traîne derrière leur bâtiment des cordes garnies de grand nombre de petits haims, soit en mettant à la mer, par de beaux temps, quelques chaloupes pêcher avec la seine lorsqu'on se trouve à portée des parages où il y a des maquereaux, des harengs, des capelans, des sardines, etc.
On assure que les Anglais de l'Amérique pèchent à la côte de 1 lie de Terre-Neuve des poissons pas» saeers, pour se procurer des appâts irais.
Il est certain que , comme le hareng donne de bonne heure à cette côte, ils essaient de commencer leur pêche avec cet excellent appât, prenant des arrangemens pour en avoir fréquemment de nouveaux \ et pour cela , ils destinent quelques chalou»