‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 184 sur 292 · PEU · texte numérisé non relu

PEU

PfiRLON ou TRIGLE-HIRONDBLLE , triglahirundo. (Lin.) Poisson du genre des trigks, qui se trouve dans toutes les mers d'Europe , et que l'on nomme sur nos cotes cabote 9 galu/ie 9 gallinette, linette, grondin ; à Rome , capone ; en An* gleterre , tub-Jish , et en Allemagne , knarr-haAn.

Ce poisson (voy. la PL 6 , fig. 1) parvient à la longueur de 2 pieds , et ressemble beaucoup à la trigle-lyre. Il a les nageoires pectorales larges \ 14 rayons à la nageoire de l'anus \ celle de la queue fourchue ou en croissant ; la ligne latérale garnie d'aiguillons; le dessus du corps d'un violet obscur , et le dessous argenté, et les nageoires pectorales d'un violet pur. Il nage avec une grande rapidité au moyen de ses nageoires pectorales, plus larges, proportionnellement à leur longueur, que celles des autres espèces , même des poissons qui volent. Sa chair est dure $ on la sale et on la fait sécher dans le Nord pour l'approvisionnement des vaisseaux. On prend ce poisson à la ligne de fond. Lorsqu'il est pris , il jette un cri , que les anciens ont comparé à celui du corbeau , et qui lui avait fait donner aussi le nom de cet oiseau.

PERLON. C'est aussi l'un des noms vulgaires du grondin, poisson du genre des trigles. V. Grondin.

PERROQUET DE ME&. On a donné ce nom à plusieurs espèces de poissons ,

A un coryphehe, coryphœno'psittacus ( Lin. ), poisson qui habite les mers de la Caroline ;

A un labre , iabrus viridis (Lin.), qui a la couleur générale verte , le dessous du corps jaune , une raie longitudinale bleue de chaque côté du corps , et quelquefois des taches bleues sur le corps $

A un tetrodon, tetrodon - testudineus (Lin.), qui habite les mers de l'Inde et de l'Amérique ;

Et à tout le genre des scares. V. Corypkène, Labre et Score*

PE&TUIS. Passage pour les bateaux sur les rivières , où l'on serre et rétrécit l'eau par une espèce d'écluse qu'on fait à la maîtresse arche d'un pont , par le moyen de bàtardeaux et de palissades ou aiguilles mobiles , qui élèvent l'eau d'un pied ou 2 , quand les rivières sont basses.

L'art. 42 du tit. XXVII de l'ordonnance de 1 669 défend d'en construire qui soient nuisibles à la Navigation» V. ce mot et Rivière»

PETEUSE. L'un des noms de la Bouvière. V. ce mot.

PETITE MORUE FRAICHE. Nom qu'on donne à Paris au Tacaud. V. ce mot.

PETROMTZON, petromyzon. Genre de poissons dont le caractère consiste en sept ouvertures branchiales de chaque côté du cou , un évent sur la nuque, et point de nageoires pectorales.

Nous en avons décrit les espèces au mot Lamproie. V. ce mot.

PET UT. Filet de Gascogne, qui ne diffère du leugeon que par la grandeur des mailles. Y. Tramail,

PEUGNE. Pêche qu'on fait en mer, le long de la côte , près de la Teste-de-Buch. On y emploie les filets dits leugeoTis, ou ceux dits petuts 9 ensuite ceux dits estoteyres ou bigeauraux , qui sont tous du genre des manets. Y. Tramait.

" PEUPLADE. Ce mot , dans le langage des pécheurs , est synonyme tfalvin. Il indique les petits poissons que Ton conserve lors de la pêche des étangs, pour les repeupler lorsqu'on leur rend Peau. Y. Alvfa et Etang.

PHARILLON. Petit réchaud dans lequel on fait un feu de flamme pour attirer le poisson la nuit : c'est aussi la pêche même qu'on fait au feu avec une fouane. Y. Pêche,

PHASTIER ou PHASQUIER. Pêche au feu ou à la fichu re ou avec la fouane. Y. Pêche*

PHOLADfi, pholas. Genre de coquilles de la division des multi valves , dont le earactôre consiste à avoir deux grandes valves transverses, bâillantes, et une ou plusieurs petites valves articulées avec de grandes, et placées sur le ligament ou la charnière*

Les pholades , que l'on nomme aussi dactyles , pliant, dails> etc. , et que l'on confond souvent avec lçs moules Uthophages, forment un genre trèsnaturel , et sont fort célèbres par la faculté qu'elles ont de percer les pierres et de s'y loger à l'abri des attaques de leurs ennemis.

Les côtes de la Normandie en nourrissent des

Îuantités prodigieuses.' On voit, aux environs de Keppe, des troupes nombreuses de femmes et d'enfans, armés chacun d'un pic, briser les rochers et en tirer les pholadea, soit pour les vendre, soit pour les employer, comme appât, à la pêche des poissons qui mordent à l'hameçon* Les pécheurs appellent mâles celles qui- peuvent se renfermer entièrement dans les grandes valves , et femelles celles qui sont trop crosses pour cela; mais comme les pholades sont hermaphrodites , cette différence ne provient que du plus ou du moins d'embonpoint qu'elles ont acquis. On en trouve dans toutes les mers où il y a des rochers propres à les recevoir.

On mange les pholades assaisonnées à la sauce blanche , cuites au vin et hachées avec de fines herbes, de la chapelure de pain , du poivre, du sel, etc., cuites sous la tourtière ou autrement. On les confit dans le vinaigre pour les envoyer au loin ; elles passent pour un manger fort délicat»

PHOLIS. Poisson du genre Blemtie* Y. ce mot. PHOQUE, phoea. Genre de quadrupèdes de l'ordre des amphibies, qui a pour caractères : 6 incisives à la mâchoire supérieure ; 4 â l'inférieure \ des -canines longues, pointues : des molaires, i Description, «—a hé* phoques, dit Buffon, ont, en général , la tête ronde comme l'homme ; le museau large comme la loutre ; les yeux grands et placés haut ; peu ou point d'oreilles externes ; seulement deux trous auditifs aux côtés de la tête ; des moustaches autour de la gueule ; des dents assez semblables à celles du loup ; la langue fourchue ou plutôt échancrée à la pointe; le cou bien dessiné : le corps, les .pieds et les mains couverts d'un poil court et assez. rude ; point de bras ni d'avant-bras apparens , mais % mains ou a membranea ; 2 peaux renfermant 5 doigta et terminées par 5 ongles 4 2 pieds sans ongles , tout pareils aux mains , seulement plus larges et tournés en arrière comme pour se réunir à une queue très-courte, qu'ils accompagnent des deux côtés; le corps allongé comme celui d'un poisson, mais renflé vers la poitrine, étroit à la partie du

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ventre , sans cuisses et sans croupes au dehors.

» Les phoques ont le cerveau et le cervelet proportionnellement plus grands que Phomme ; les sens aussi bons qu'aucun des quadrupèdes ; par conséquent le sentiment aussi vif,- et l'intelligence aussi prompte...... Aussi ces amphibies, quoique d'une

nature très-éloignée de nos animaux domestiques , ne laissent pas d'être susceptibles d'une sorte d'éducation 3 on les nourrit en les tenant souvent dans l'eau \ on leur apprend à saluer de la tête et de la voix; ils s'accoutument à celle de leur maître i ils viennent lorsqu'ils s'entendent appeler, et donnent plusieurs signes de leur intelligence et de leur docilité. »

Ils sont carnassiers ; leur voix varie suivant l'espèce. Les vieux aboient contre ceux qui les frappent et font leurs efforts pour mordre. Ils sont peu craintifs. Us aiment à sortir de l'eau dans la tempête et à recevoir la pluie. Leur odeur est mauvaise ; et lorsqu'on les poursuit ils lâchent souvent leurs excrémens , qui sont jaunes et d'une puanteur insupportable. Us aiment à dormir au soleil , sur les rochers, les glaçons, etc.; et c'est alors qu'on les approche pour les tuer à coups de bâton , en les frappant sur le museau ou en leur enfonçant un épieu dans la gorge ; ce qui est facile , attendu qu'ils ont toujours la gueule béante. Us ont la vie dure, et il arrive souvent que, privés de leur peau , ils se roulent encore dans leur sang.

Habitation. « — Les phoquea vivent en société , ou du moins en grand nombre, dans les mêmes lieux. Leur climat naturel est le Nord \ mais on en trouve aussi sur les rivages dé presque toutes les mers de l'Europe, jusque dans la Méditerranée et même dans les mers méridionales de l'Afrique et de l'Amérique.

Propagation.. •— La femeUe met bas en hiver ; elle fait deux ou trois petits, qu'elle dépose à terre sur un banc de sable, un rocher, ou dans une pe*tite Ile e%\ quelque distance du continent, où elle les allaite pendant 12 ou 1 5 jours; après quoi, elle les emmène avec elle à la mer, où elle leur apprend à nager et à chercher à vivre ; elle les prend sur son dos lorsqu'ils sont fatigués.

Qualités. — La chair des phoques n'est pas mauvaise à manger; la peau de ceux du Nord servait autrefois *de fourrure ; les Américains l'emploient aussi pour faire des outres, qu'ils remplissent d'air et dont ils 6e servent pour soutenir leurs radeaux. Leur graisse donne une huile plus claire et d'un goût moins mauvais que celle du marsouin et de la baleine»

hes Groenlandais se servent de la peau des phoques pour couvrir leurs tentes et leurs canots ; de leurs fibres pour faire du fil ; de leurs boyaux nettoyés et amincis pour remplacer les vitrée ; de leurs vessies pour en faire des vases propres â contenir de l'huile. La chair, séohéeet enfumée, donne à ces peuples une nourriture assurée lorsque l'intempérie des saisons ne leur permet plus la chasse ou la pêche.

Notes historiques sur les phoques.

M. Noël , dans son Histoire des Pêches, a recueilli un grand nombre de renseignemens historiques sur la pêche des phoques dans l'ancien et le moyen âge. Nous en présenterons un bref extrait.

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Les Grecs ne connurent qu'on© seule espèce de Ufafnille.def phoques., celle qui habite la Méditerranée* lorsque notée est désigné comme le conducteur des troupeaux de Neptune , c'est toujours tjftA phoques soumis à ses lois que les poëtes entendent parier. Ce* amphibies, possédant la faculté de produire des aona et étant doués d'une intelligence particulière , avaient, dans l'imagination ardente des Grecs , donné naissance aux Tritons, qui embouchaient leur conque argentine en précédant le ehar du Dieu. à%s mers, et aux Sirènes qui misaient retentir leur voix mélodieuse dans les déserta de l'Océan. Homère parle du vieux Nérée? qui mène paitre ses phoques ; et lorsque Hippolyte conduisait son char sur les bords de la mer, ver* les murs de Trésène, ce furent des phoques qui, se portant brusquement sur le rivage , frappèrent ses coursiers d'épouvante. Homère cite encore les phoques en d'au* très endroits de ses poëmes.

Aristote a décrit la conformation générale, les habitudes et les besoins particuliers du phoque. Elien a ajouté aux détails donnés par Aristote $ et Oppien, qui vécut plusieurs siècles après ce dernier, nous apprend que souvent les pécheurs arrêtaient des phoques dans leurs filets, capture qui exigeait de leur part une manœuvre aussi prompte que la-» borieuse, pour les amener à terre» « S'ils n'ont l'a-» » dresse, dit-il, de tuer de suite cet -animal, il re* s double d'efforts} indigné , furieux de se voir cap* » tif , il déchire les filets avec ses ongles, et s'ouvre » un passage , dont les poissons profitent pour s'é- » chapper, au grand préjudice des pécheurs) mais » s'ils parviennent à amener les filets jusqu'au rio vage, alors, a'armant de tridents et de hâtons, » ils peuvent s'en rendre maîtres , pourvu qu'ils » s'attachent à le frapper à la tête 5 car c'est la 6 eu le » partie où il puisse être atteint et blessé à mort. » Puisque, du temps d'Oppien, les pécheurs* prenaient ainsi des phoques dans les filets , il faut en conclure que l'espèce était encore commune dans la Méditerranée , quoiqu'elle l'eût été davantage à l'époque où Aristote écrivait.

Le phoque fut mieux observé parles Romaine que par les Grecs. Pline remarque , au sujet de cet amphibie , qu'il était susceptible d'une sorte d'instruction , qu'on lui apprenait à saluer de la tète et de la voix, et à donner, suivant les ordres de son maître , plusieurs autres signes d'intelligence et de do* cilité.

On croyait que la peau du phoque avait la propriété d'écarter la foudre, et c'est pour cette raison que l'empereur Auguste en portait toujours une avec lui, et que Septime * Sévère en faisait couvrir ses tentes. On supposait même, dans les campagnes d'Italie , que la peau des phoques avait le pouvoir d'écarter la grêle et l'effet malfaisant des intempéries de l'air, et qu'il suffisait d'en suspendre une à un cep de vigne pour garantir toute la plantation*

Tout ce qtie nous venons de dire s'applique au phoque de la Méditerranée. Il ne paraît point que la chair de cette espèce ait été recherchée à Rome ; on 'a mangeait en Italie du temps de Galien , et elle y était réputée indigeste, si elle n'était salée comme celle des baleines 9 des dauphins et des autres céta-

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ces. Il parait aussi que la graisse de cet amphibie était employée par les empiriques de Home comme un excellent spécifique dans une maladie des femmes citée par Pline.

Dans le moyen âge , les Norwegieoa distinguaient les phoques en espèces , d'après leur taifle, la variété de leur couleur-, leurs habitudes et leurs besoins. Un auteur de cette nation, dans un ouvrage écrit vers la fin du XIIe. siècle , et qui à pour titre, en français, le Miroir royal, noue fournit lea noms de six espèces.

Les Fermes ou Lapon* acquittaient une partie de leurs tributs avec des fanons de baleines et des cordages de peaux de phoques* Lea Islandais faisaient commerce de ces peaux et dea vêtemena qui en étaient composés»

La peau de tous lea phoques n'était pas également propre à être tressée et façonnée en cordages ; mais celle du grocn-selr ou phoque barbu était convertie en câbles plus ou moins longs et d'une grande force, et elle est encore employée ajqeucd'hui au même usage par les Groenlandaia. On la divise en lanières étroites qui servent de lignes de pêche , de cordes , de harpon , et remplissent en général le service des autres espèces de courroies qu'on ne fabrique en Europe qu'avec des substances animales ou végétales. Xa pêche, des phoques avait lieu non - seulement en Norwege et en Islande, mais encore en Ecosse et sur les cêrea méridionales de l'Angleterre.

Les auteurs du: moyen âge , qui ont écrit en Allemagne et en France f n'avaient qu'une connaissance vague des phoques, parce qu'ils habitaient foin des bords.de la mer- Néanmoins ils en distinguaient plusieurs espèces.

En Asie, la pêche des phoques avait lieu chez les peuples sauvages qui habitaient la côte sablonneuse opposée* à la Nouvelle-Zemble , lorsque les Moscovites parvinrent à les subjuguer* Les peuples voisins de la mer Glaciale péchaient des phoques et des baleines, et avec leur peau ils composaient des bottines , des bourses, des sacs. La graisse de ces animaux était une substance dont ils misaient des échanges, ou qu'ils conservaient pour leurs propres besoins» L'usage des peaux de phooues, employées ' comme vêtemena, s'était singulièrement maintenu dan* le nord de l'Asie et de l'Europe; et l'on voit, dans un ouvrage de sainte Hildegarde, qui vivait au XIe. siècle, qu'on leur attribuait des vertus particulières.

On connaissait l'art d'extraire l'huile de la graisse des phoques $ elle était un objet de commerce au commencement du XIVe» siècle , et se vendait en tonneaux. 11 est fait mention de cette huile dans des actes de 119a? i3i5, 1370, etc.

Lorsque la religion chrétienne eut été préchée dans le Nord , L'usage de la chair des phoques fut défendu dans les jours d'abstinence» tandis qu'on pouvait en tout temps user de celle des baleines. On considérait les phoques comme de véritables quadrupèdes.

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