ESPACES DE PHOQUES ACTUELLEMENT CONNUES
On connaît aujourd'hui onze à deuxe espèces de phoques.
PHO
Le Phoque a capucsov, phoca cristaPa (Lin,), que les Groenlandais nomment neiteetsoak, et qui a pour caractères particuliers va capuchon de peau , dans lequel il peut renfoncera* tète jusqu'aux yeux; le poil blanc , mais entouré à sa base d'une sorte de laine noire , ce qui le fait paraître d'une belle couleur grise. Il se trouve très-abondamment au détroit de Davis*
Le Phoque -Calpmatch , non donné par les Anglais à une espèce de phoque des iles Solkland, qui parait être la précédente.
Le Phoque-Cochon-mari»} qui ne parait être qu'une simple variété de l'ours marin.
Le Phoque commuit, pkoca vUmtina (Lin.), qui est l'espèce la plus répandue et qui se trouve nonseulement dans la mer Baltique et l'Océan atlantique , depuis le Groenland jusqu'au cap de Bonne- Espérance, d'une part, et de l'autre jusqu'aux terres Magellaniques et aux iles de cette partie méridionale de l'Amérique , mais encore dans la Méditerranée , la mer Noire , et méflfe > à ce que l'on dit , dans la mer Caspienne et Sans le lacBaïkal, ainsi que dans les lacs Onega et Ladoga en Russie*
Le phoque commun a 5 ou 6 pieds de longueur ; la partie antérieure de la tête ayant beaucoup de rapports avec celle de la loutre $ le museau large et plat et le nés peu saillant ; les oreilles marquées seulement par un très- petit tubercule qui s'élève sur le bord antérieur de leurs orifices ; les yeux placés plus près des oreilles que du bout du nez ; la partie postérieure de la tête très-grosse; le cou très-court ; la poitrine plus grosse que le ventre ; le corps d'une figure conique, diminuant de grosseur depuis la poitrine jusqu'à Pextrémité de la queue ; le bras et l'avant-bras courts et cachés 6ous la peau de la poitrine ; le poignet seul saillant au dehors ; les doigts au nombre de 5 , renfermés dans une membrane qui sert de nageoire ; les pieds de derrière sans hanches ni cuisses apparentes, bien que cachées sous la peau, et pourvus aussi de 5 doigts également enveloppés dans une membrane; les ongles plus grands aux pieds de derrière qu'à ceux de devant; le poil court, couché en arrière, raide, et- néanmoins fin et luisant , brun ou noirâtre jusqu'à la pointe , qui est d'un gris jaunâtre.
Le Phoque a crinière, de Forster. C'est le phoque-lion-marin.
'Le Phoque a choissans, phoca groenlandica ( Lin. ) , qui change de nom dans le Groenland , à mesure que son poil prend des teintes différentes , suivant son âge» Ce poil est tout blanc sur le foetus, un peu moins i>knc à un an, grisa la seconde année, un peu plus gris dans la troisième > tacheté dans la Quatrième , et d'un beau gris blanc dans la cinquième , époque où l'animal a sur le dos deux croissans noirs dont les pointes se regardent.
* Ce phoque a sous la peau une couche épaisse de graisse , dont on tire une huile qui , pour le goût , l'odeur et la couleur , ressemble assez à de vieille huile d'olive.
On trouve le phoque à croissans non-seulement au détroit de Davis et aux environs du Groenland, mais encore sur les côtes de la Sibérie et jusqu'au Kamtschatkti. A en juger par un passage de Char*
PHO
ieroix, cette espèoedoit se rencontrer aussi près des côtes orientales. de l'Amérique du Nord.
Le Phoq[ue-Gassjgiak. Buffon regarde comme espèce distincte le phoque nommé gassigiak ou kas* sigiak par les Groenlandais , et dont la peau est j dans les jeunes, noire sur le dos et blanche sous le ventre , et ordinairement tigrée dans les vieux. Les nomemclateurs ne l'ont point séparé du phoque commun.
Le g*akd Phoque de 111e de Saint-Paul, décrit pas M. Fleurieu dans sa Relation du voyage du capitaine Marchand, avait été observé par John-Henri Cox dans les iles solitaires et inhabitées d'Amsterdam et de Saint-Paul , jetées à environ î ooo lieues du cap de Bonne-Espérance et 6oo lieues de la côte occidentale de la Nouvelle - Hollande. Il est de la taille du phoque à museau ridéj mais il n'a point de trompe formée par la peau de la lèvre supérieure comme lui , et l'absence d'oreilles externes le fait distinguer du lion- marin* Sa longueur est de 20 pieds anglais et sa circonférence de 21 pieds ; sa couleur est d'un blanc sale tirant sur le gris. Ses habitudes n'ont rien de remarquable.
Le Phoque - Laktak. du Kamtschatka , qui est rapporté par Erxleben à l'espèce du phoque à ventre blanc , ne se prend qu'au-delà du 56** degré de latitude 9 soit dans la mer du Pengina, soit dans l'Océan oriental.
Le Phoqub-JLion-mahin, phoca jubata. ( Lin. , Erxleb. ) Le lion-marin , confondu mal à 'propos avec le phoque à museau ridé, s'en distingue principalement par la présence d'oreilles externes et l'absence de cette crête que l'on remarque sur la tête de cette espèce. Il a de particulier une crinière de poils épais, ondoyans, longs de a ou 3 pouces , et de couleur jaune foncé , qui s'étend sur le front , les joues, le cou et la poitrine. Cette crinière se hérisse lorsqu'il est irrité et lui donne un air menaçant. La femelle, qui a le corps plus court et plus mince que le mâle , n'a pas le moindre vestige de cette crinière ; tout son poil est lisse , luisant, poli , court , et d'une couleur jaunâtre assez claire ; celui* du mâle , à l'exception de Ja crinière , est de même luisant , poli et court ; seulement il est d'un fauve brunâtre et plus foncé que celui de la femelle; au reste, la couleur de ces animaux varie selon l'âge.
Ce phoque pèse de i5 à 1600 livres ., et sa longueur est de 10 à 12 pieds français lorsqu'il a pris tout son accroissement. La femelle est plus petite que le mâle.
L'un et l'autre sexe ont la tête très-petite ; le museau semblable à celui d'un dogue j La lèvre supérieure pendante sur l'inférieure ; les moustaches longues , disposées sur cinq rangs ; les oreilles coniques et longues seulement de 6 à 7 lignes ; les yeux grands et proéminens; l'iris vert; la langue couverte de petites fibres tendineuses , et un peu fourchue à son extrémité.
Le lion-marin, au lieu de pieds de devant, a, de chaque côté de la poitrine, des nageoires qui sont lisses et de couleur noirâtre, ayant la forme d'un triangle allongé, et sans apparence de doigts , quoiqu'elles en renferment cinq. Les nageoires posté-
PHO
Heures sont, comme celles de devant, couvertes d'une peau noirâtre , lisse et sans aucun poil ; mais elles sont divisées à l'extérieur en cinq doigts fort longs et aplatis, terminés par une membrane mince, comprimée , et qui s'étend au-delà des doigts. Les petite ongles qui sont au-dessus de ces doigts ne servent à l'animal que pour se gratter le corps •
Lés liens-marins , qui ont beaucoup de rapports avec les ours-marins, présentent cependant avec ces animaux quelques différences notables- dans les habitudes. Ils sont indolens et fort lourds, et ne marquent que peu d'attachement pour leurs petits, tandis que les ours - marins sont très - vifs et donnent les preuves d'un grand amour pour leur progéniture.
Le lion-marin est assez commun sur les côtes du Brésil , et on l'a trouvé aussi sur les cotes des Pata-
fons, dans le grand Océan boréal, dans les lies Lu ri les et an Kamtschatka, aux îles Malouines, aux fies du Nouvel-An , etc.
Les lions-marins marchent de la même manière que les autres phoques , c'est-à-dire en se traînant avec les pieds de devant , mais encore plus pesamment ; il y en a même qui sont si lourds, et ce sont probablement les vieux, qu'ils ne quittent pas le rocher sur lequel ils sont établis , et où ils passent • le Jour entier à dormir. Mais ces animaux, si pesans sur terre, déploient, lorsqu'ils sont à l'eau, une étonnante vitesse.
Lqs lions-marins se tiennent par grandes familles, ordinairement composées d'un mâle adulte , de dix à douze femelles et de quinze à vingt jeunesdes deux sexes. La présence ou la voix de l'homme les fait fuir et se jeter à Peau ; car, quoique ces animaux soient bien plus grands et bien plus forts que les ours-marins, ils sont néanmoins plus timides. Lorsqu'un homme les attaque avec un simple bâton, ils 6e défendent rarement et fuient en gémissant. Jamais ils n'attaquent ni n'offensent, et l'on peut se trouver au milieu d'eux sans avoir rien à craindre; ils ne deviennent dangereux que lorsqu'on les blesse grièvement ou qu'on les met aux abois : la nécessité leur donne alors de la fureur ; ils font face à l'ennemi et combattent avec d'autant plus de courage , qu'ils sont plus maltraités. Les chasseurs cherchent à les surprendre sur la terre plutôt que dans la mer, parce qu'ils renversent souvent les barques lorsqu'ils se sentent blessés. Comme ces animaux sont puissans , massifs et très-forts , c'est une espèce de gloire parmi les Kamtschatdales que de tuer un lionmarin mâle. Les mâles se livrent souvent entre eux des combats longs et sanglans , soit pour défendre leurs femelles, soit pour conserver la place que chaque mâle occupe toujours sur une grosse pierre qu'il a choisie pour domicile.
L'accouplement est précédé , dans cette espèce , de plusieurs caresses étranges : c'est le sexe le plus faible qui fait les avances.
Ces animaux choisissent toujours les cotes désertes
{)Our y faire leurs petits et s'y livrer aux plaisirs de . 'amour. Il paraît qu'ils ne prennent aucune nourriture pendant leur séjour à terre, qui durequelquer fois plus d'un mois ; aussi deviennent-ils maigres. Ils ont alors l'habitude d'avaler un certain nombre de grosses pierres qui tiennent leur estomac tendu.
PHO
Le temps de la gestation est d'environ 1 1 mois $ les voyageurs ne s'accordent pas sur le nombre de petits que la femelle produit à chaque portée.
L'odeur de ces animaux est forte $ leur chair est noire et mauvaise*
Le Phoque - Loup - MAiinc. C'est "le phoque commun*
Le Phoque de la Méditerranée, de Rondelet. C'est le petit phoque noir.
Le Phoque a museau ride , ou le lion-marin de Dampierre, ou loup-marin d'Ulloa, ou lion-marin de fiuffon , phoca leonina. ( Lin. , Erxleb. ) Ce phoque, dit Ânson , quand il est parvenu à toute sa, taille, peut avoir depuis îa jusqu'à 20 pieds anglais de longueur, et sa circonférence depuis 8 jus* qu'à i5. Son corps, dont la plus grande épaisseur est vers les épaules, va en diminuant jusqu'à la queue. Il a le poil rude , très-court et d'une couleur cendrée, mêlée quelquefois d'une légère teinte d'olive ; la queue et les pieds noirâtres ; la lèvre supérieure avançant AUeaucoup sur la lèvre inférieure! et la peau deTette première lèvre, qui est une espèce de crête , mobile , ridée et bouffie tout le long du museau ; cette grosse crête pendante en avant du nez et ayant de 5 à 6 pouces de longueur ; le museau chargé de moustaches très-longues 5 les yeux gros, et la gueule armée de dents très-fortes.
La femelle diffère du mâle en ce qu'elle n'a pas la crête ridée de la tête , et que sa lèvre supérieure est fendue; elle est d'ailleurs moins grande et moins grosse que le mâle.
Ces phoques se trouvent également dans les deux hémisphères. Ils «ont en très-grand nombre à l'Ile de Juan - Fernandez $ Bou gain ville les a trouvés communément aux Iles Malouines , et Cook à l'île Georgia (l'Ile Saint-Pierre). Ils passent l'été dans la mer, et tout l'hiver à terre. C'est dans cette saison que les femelles mettent bas ; les portées sont de deux petits. Ils se nourrissent de poissons et de l'herbe qui croit sur le bord des eaux courantes.
Le Phoque-Neit-Soax, phoca hispida. (Erxleb., Lin.) Ce phoque, sans oreilles externes , .est plus1 petit que les précédens ; son poil est mêlé de soies brunes et aussi rudes que celles du cochon 3 la couleur en est variée par de grandes taches , et il est hérissé comme celui de Vours-marin* Il se trouve au Groenland.
Le Phoque noir ( petit ) , phoca pusilla. ( Lin. , Erxleb. ) Ce phoque est long de a ou 3 pieds ; sa forme est celle de V ours- marin ; son poil est noir en dessus , blanc en dessous , ondoyant et long» Il se trouve dans l'Océan , dans la Méditerranée et à l'île de Juan-Fernandez , et non aux Indes comme l'a dit Buffon. Il parait être le phoca des Anciens.
Le Phoque-Ouxs-marin, phoca ursina. (Erxleb., Syst* mamm. ; Lin. , S/st. nat. , edit. Gro. ) Le phoque-ours-marin est , après le lion-marin, la seule espèce du genre phoque qui ait des oreilles externes $ 'il est plus commun que le lion-marin, et les voyageurs l'ont reconnu dans tous les Océans ; ils l'ont trouvé dans les mers de l'équateur et sous toutes les latitudes, jusqu'au 56e* degré dans les deux hémisphères. Dampier est le premier qui en ait parlé sous
PHO
le nom à\wrs-marin $ quelques autres navigateurs Pont appelé phoque commun, parce qu'on le trouve en effet très - communément dans toutes les mers australes et boréales; mais ce nom est mal appliqué, puisqu'il appartient spécifiquement au phoque qui se trouve sur les côtes d'Europe , qui n'est pas , à beaucoup près, aussi grand , et qui, de plus , n'a pas d'oreilles extérieures.
\J ours-marin , qu'il ne faut pas confondre avec Y ours blanc de mer, qui est un plantigrade, ressemble beaucoup , pour ses formes extérieures , au lionmarin ; il en a la tête, les oreilles externes) son corps a la même proportion avec la tête ; ses membres sont conformés de la même manière ; sa queue est aussi courte , etc. ; mais il en diffère par la taille et par le pelage.
Le poids des plus grands ours-marins des mers du Kamtchatka est d'environ 800 livres, et leur longueur s'excède pas 8 à 9 pieds. Ils ont le poil hérissé, épais et long, de couleur noire sur le corps , et jaunâtre ou roussâtre sur les pieds et les flancs , et sous ce long poil une espèce de feutre fort doux , *t qui est aussi de couleur roussâtre; mais dans la vieillesse, les plus longs poils deviennent gris ou blancs à la pointe, ce qui les fait paraître d'une couleur grise un peu sombre. Ils n'ont pas autour du cou de longs poils en forme de crinière , comme les lions-marins. Les femelles diffèrent si fort des mâles par la couleur ainsi que par la grandeur, qu'on serait tenté de les prendre pour des animaux d'une autre espèce. Leurs plus longs poils varient; ils sont tantôt cendrés et tantôt mêlés de roussâtre. Les petits sont du plus beau noir en naissant ; on fait de leur peau des fourrures qui sont très-est imées; mais dès le quatrième jour après leur naissance , il y a du roussâtre sur les pieds et sur les cotés du corps : c'est pour cette raison que l'on tue souvent les femelles qui sont pleines, pour avoir la peau du fœtus qu'elles portent, parce que cette fourrure des fœtus est encore plus soyeuse que celle des nouveau-nés.
Les habitudes de Y ours-marin diffèrent peu, quant au fond, de celles du lion-marin. Us vivent en familles $ chaque cfaef se tient à la tête de la sienne , composée de se» femmes au nombre de huit ou dix, quelquefois de quinze ou de vingt, et de tous leurs petits des deux sexes ; chaque famille se tient séparée , et quoique ces animaux soient en certains endroits par milliers, les familles ne se mêlent jamais. Les mâles se battent entre eux pour se disputer la possession des familles ; et après un combat cruel , le vainqueur s'empare de la famille du vaincu, qu'il réunit à la sienne.
V ours-marin craint seulement le lion-marin ; du reste , il fait une guerre cruelle à tous les autres animaux de mer, et notamment à la saricoçienne. 11 n'est ni dangereux ni redoutable pour l'homme ; il ne cherche même pas à se défendre contre lui , et il n'est à craindre que lorsqu'on le réduit au désespoir et au'on le serre de si près qu'il ne peut fuir. La femelle de V ours-marin n'a pas l'indifférence qu'on reproche à la lionne-marine pour son petit; elle lui témoigne un attachement si vif et si tendre , que, même dans le plus pressant danger pour sa propre personne , elle n'abandonne jamais son our-
PHO
son f elle emploie tout ce qu'elle a de force et de courage pour le défendre et le conserver, et souvent, quoiaue blessée elle- même, elle l'emporte dans sa gueule pour le sauver.
Le cri des ours-marins est plaintif, mais il varie selon les circonstances. En général, le bêlement d'un troupeau entier de ces animaux ressemble de loin à celui d'un troupeau composé de moutons et de veaux.
Les femelles mettent bas au mois de juin sur les rives désertes de la mer du Nord 5 et comme elles entrent en chaleur dans le mois de juillet suivant, on, peut en conclure que le temps de la gestation est au moins de 10 mois; les portées sont ordinairement d'un seul, rarement dé deux; les mères les allaitent jusqu'à la fin d'août.
heP*LOQVE-V*iùtfx,phocalupina. (Molin., Hist, nat, du Chili*) Ce phoque, sans oreilles externes, se trouve sur toute la côte et aux environs des îles du Chili ; les Français et les Espagnols le nomment loup-marin. Sa formé est celle ae tous les phoques. Il a la lèvre supérieure un peu cannelée comme celle du lion-marin ; la gueule si grande , qu'une boule d'un pied de diamètre pourrait y entrer ; les extrémités comme celles au phoque commun, à l'exception qu'il n'y a que quatre doigts aux pieds de devant. Ces phoques s'accouplent à la fin de l'automne. La femelle met bas au printemps ; elle fait un ou deux petits, rarement trois. Elle est plus belle que le mâle ; sa taille est plus swelte et son cou plus long. Vurigne marche très-mal et nage avec une extrême rapidité. La voix des vieux peut être comparée au mugissement du taureau ou au grognement du cochon : celle des jeunes ressemble plutôt au bêlement des agneaux. On tue chaque année une quantité prodigieuse de ces animaux sur les côtes du Chili. Leur peau sert â faire des outres pour soutenir des radeaux; on en fait aussi des souliers et des bottes imperméables â l'eau. Lorsqu'elle est bien apprêtée, elle ressemble à du maroquin à gros grains. Leur graisse sert â préparer les cuirs et même à brûler; les matelots s'en servent pour la friture; et lorsqu'elle est fraîche , elle n'a rien de désagréable.
Le Phoque- Veau-marin. Y. Phoque commun.
Le Phoque a ventre blanc, phoca oarbata (Lin., Erxleb. yphoca maxima). Le corps de ce grand phoque, comme celui de toutes les autres espèces, est e forme presque cylindrique , plus amincie vers la queue. Son poids peut être de 6 â 700 livres ; sa longueur est de 7 pieds et demi à 8 pieds; sa circonférence, à l'endroit le plus épais du corps, est de 5 pieds, et seulement d'un pied 9 pouces près de l'origine de la queue. Il a la peau couverte d'un poil court , très-ras , lustré et de couleur brune, mélangé de grisâtre principalement sur le cou et la tête, où il paraît comme tigré ; le poil plus épais sur le dos et sur les côtés du corps aue sous le ventre , où l'on remarque une grande tache blanche, qui se termine en pointe en se prolongeant sur les flancs ; les yeux grands, bien ouverts, assez semblables à ceux du bœuf; la gueule assez grande et environnée de moustaches semblables à des arêtes de poisson; les mâchoires garnies de 3a dents, dont 20 molaires, 8 incisives et 4 canines; les oreilles consistant en
deux petits trous presque cachés dafcs la peau f les pieds comme ceux du phoque commun f la queue n'ayant que 4 pouces de longueur.
PHYClS. Poisson du genre des blenmesy qu'on nomme vulgairement Jllo/e. V. ce mot.
PHYSALE CYLINDRIQUE. Lacépède a donné ce nom au cachalot cylindrique de JBonnateraef doilt il a fait un genre particulier sous le nom de physales. Y. Cachalot et Gibbar.
PHYSETBR, Nom latin du Cachalot. V. ce mot.
PHYSÉTÈRE-ORTHODON. V.Orthodon.
PICARDIE. V., pour les réglemens concernant la pêche sur les côtes de Picardie, l'article Pêche maritime , §3.
PICAREL. L'un des- noms vulgaires d'un poisson du genre spare. V. S maris,
P1CH1CHY. Nom breton d'un petit poisson que l'on pêche au Conquet.. 11 a Une nageoire, derrière chaque ouïe, une sur le dos; la, te te plus grosse .que le corps, et la queue fourchue.
P1CHLING. Nom que les Anglais donnent aux harengs saurs.
PICHON. On appelle ainsi la quatrième chambre de la Madrague. Y. ce mot.
PICOTS. Filets d'usage en Normandie, qui ressemblent beaucoup aux jets de Picardie et aux demifolles; ils sont pierres, flottés et sédentaires. On les nomme picots , parce qu'on pique le fond autour du filet , pour engager le poisson à donner dedans. On appelle poissons à picots ceux qu'on prend dans ce filet. On tend des picots à l'embouchure de la rivière de Caen. V. Folles, § 6y et pour les régie mens sur la grandeur des mailles , l'article Pèche maritime , § 1 1 .
PICOTS , PICOTEUX. Petits bateaux plats, de la côte de Basse-Normandie , qui n'ont que 1 3 pieds de longueur , et dans lesquels il ne peut tirer que deux ou trois hommes. C'est aussi un petit filet en tramail qu'on tend , et autour duquel on bat l'eau pour engager le poisson à donner dedans. Y. , pour les réglemens relatifs à l'emploi de ces bateaux, l'article Pêche maritime y § 1 1 .
PIED. La pêche qu'on nomme de pied se fait sur les grèves avec des cordes -garnies de lignes et d'haims» V. Ligne.
PIED D'UN FILET. C'est le bas du filet lorsqu'il est tendu verticalement. V. Filet.
PIERRES. On appelle ainsi des os durs, plats, d'une forme ovale allongée , qu'on trouve dans le cerveau des merlans.
PIERREES. Cailloux qui servent à assujettir les filets à un endroit , par exemple, les verveux entre les rochers. On les nomme aussi câblières. V. Verveux,
PIGEONS. Anses longues par lesquelles les mailleurs commencent quelquefois leurs filets. Y. Filet.
P1GO. Poisson semblable à la carpe, que l'on pêche , en été, dans le lac de Côme et le lac Majeur, et qui a, au milieu de chaque écaille , du côté de la tête, une espèce d'épine ou de boucle , comme celle de la raie, la queue fourchue , le ventre d'un blanc rougeâtre et le dos d'un bleu noirâtre. Lee plus grands poissons de cette espèce pèsent de 5 à 6 livres $ sa chair est délicate.
PILCHARD. L'un des noms du oéianf poisson du genre dupé. Y, Célan.
FILES (SARDINES EN). Ce sont des sardine» salées en tas , et mises ensuite dans des barils*.
PILES ou EMPILES. Lignes faites de bon chanvre filé , qu'on attache au bout des lignes latérales, qui partent de la maltresse-corde. Les piles servent à porter les hameçons. Les piles simples consistent en une seule ligne , les ovales sont doubles. Quand on pêche des poissons qui pourraient couper les empiles avec leurs dents, on les fait avec du crin on du fil de laiton* Y. Corde»
PILONÉE. Genre de pêche au fioujon, ainsi nommé parce qu'on pilonne dans le sable pour» troubler l'eau.
PILON JNEAU. Cest le même poisson que l'on nomme lagadec à Marseille. 11 a la tête d'une grosseur médiocre ; la gueule assez grande , garnie de dents fines , et bordée d'une membrane rouge; le* yeux fort grands ; les écailles brillantes j les nftigeoires et les ailerons du dos , de derrière- l'anus, et principalement de la queue, rembrunis, tirant au* roux* il parait que , proportionnellement à sa grandeur, qui est communément de 6 pouces, il est plus épais que la dorade. Lorsqu'il fait froid, les pois* sons de cette espèce se retirent dans les grands fonds : ainsi on en prend peu l'hiver, à moins que l'air ne soit fort doux. Quand ils ont séjourné sur des fonds pierreux ou sableux , ils sont assez bons , mais jamais aussi estimés que les dorades.
PILOT. On donne ce nom à une portion de tessure de folle, qui est ordinairement formée de quatre pilota. Y. Folle.
PILOTE. On a donné ce nom à plusieurs pois-* sons qui accompagnent les navires, et principalement à celui que nous allons décrire et au Rémora* Y. ce dernier mot.
PILOTE, gasterosteus ductor. (Lin.) Poisson du genre des centronQtes de Lacépède , qui est connu aussi sous les noms de conducteur, d& poisson d'ordures, qui se trouve dans toutes les mers, et qui suit les vaisseaux et les requins pour profiter Aw matières corrompues que l'on jette des vaisseaux, et du reste des victimes- des requins» Ce poisson, qui ne parvient qu'à 7 ou 8 pouces de longueur, a le corps aplati v le dos brun avec des bandes plus foncées; le ventre doré, l'intérieur de la boucha garni de petites dents ; quatre aiguillons au devant de la nageoire du dos, sept rayons à la membrane des branchies et 27 à la nageoire dorsale.
M. Bosc, qui donne cette description, dit que la chair de ce poisson est très- bonne, mais qu'il est difficile de le pécher , parce que sa bouche est si étroite et si allongée, que très-souvent il enlève l'appât de l'hameçon sans être arrêté par le crochet de cet instrument.
Le pilote est un poisson qui a quelque renommée , à cause de son assiduité à suivre les vaisseaux. Je vais rapporter ce que Duhamel en a dit.
Comme il suit volontiers les vaisseaux, et /pie souvent on l'aperçoit vers l'avant, on a imaginé qu'il guidait leur route, et même qu'il les conduisait jusque dans le port. De cette idée, qui n'est rien moins que vraisemblable , on a jugé à propos