‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 206 sur 292 · RAC · texte numérisé non relu

RAC

QUAL. Nom qu'on donne, sur les côtes de h Hollande, au frai des astéries, lequel est un poison pour l'homme et pour les animaux. C'est lui qui rend les moules dangereuses pendant l'été* Voy. Moule*

QUAPERVA. V. Guaperva.

QUARANTEN1ER. Petite corde grosse comme le doigt, qui sert à raccommoder les manœuvres, et à beaucoup d'autres usages.

QUARRE. Métier à faire à -la -fois plusieurs peilles ou piles. V. Corde.

QUENOUILLE. On nomme ainsi, sur la côte de Haute-Normandie , des bateaux qui sont d'un grand usage pour la pèche ; il y en a de différentes grandeurs.

QUÊTE DE L'ÉTAMBOT, est la quantité dont l'étambot s'éloigne par en haut de la perpendiculaire à la quille , se portant en dehors.

QUEUE. V. Guideau.

QUILLE. On nomme ainsi , dans le lac de Joux, en Franche-Comté, des morceaux de bois figurés comme des quilles, qui servent de signaux pour connaître les haims où les poissons ont mordu.

QUILLE. On nomme aussi de la sorte la pièce qui fait le fond du bâtiment, et sur laquelle sont assemblées les varangues.

QUINQUE-PORTE. Verveux dont le corps est comme cubique, et qui a quatre ou cinq entrées.

QUINZE-VINGTS. Filet du col du boulier, qui a des mailles de 6 lignes d'ouverture en carré t ainsi on pourrait l'appeler ma jour. V. Boulier.

QUIOULETTE. Manche de filet qui termine l'espèce de parc qu'on nomme pantanne ou paradière. V. Parc*

RABANS. Ce sont de petites cordes faites ordinairement de vieux chanvre. 11 y en a qui n'ont que 6 fils, et d'autres plus gros. Ces cordages sont d'un grand usage pour la garniture dus vaisseaux. Les pécheurs s'en servent aussi.

RABOT. C'est une perche à- peu-près semblable à l'instrument dont on se sert pour remuer et détremper la chaux, et que les pécheurs emploient pour troubler l'eau et prendre plus facilement le poisson. L'ordonnance de 1669, *'** XXXIf art* 11, défend de se servir de rabots pour troubler l'eau, à peine de 5o fr. d'amende. Y. Bouille.

RACINE. On empile ordinairement les hameçons sur crin 5 boyau de ver à soie vulgairement appelé racine; fil de pite formé de filamena d'une espèce d'aloès qui croît en Amérique ; fil de laiton simple et double. V. Hameçon*

RACLARES. Filet de pèche en nappe simple, très-clair, pierre et flotté. Uaa5 brasses dé long sur 3 de large : on le tend la nuit depuis le commencement de novembre jusqu'en avril.

RAI

RACCOMMODAGE DE FILET. Y. Filet.

RADEAU. Assemblage de plusieurs pièces de bois léger 9 fortement iiées les unes aux autres , et qui forment un corps flottant , sur lequel on peut naviguer. On en fait en Chypre avec des tiges de fenouil | qui servent à pécher aux lignes simples. V. Lime.

RAF. Poisson, le même que le Fie t. Y. ce mot.

RAFLE. Yerveux à plusieurs entrées. Y. Verveux.

RAGUETS. On appelle ainsi de petites morues.

RATE, raia. Genre de poissons de la division des chondroptérygienS| qui renferme trente -deux - espèces connues.

Caractère du genre. — Les raies ont cinq ouvertures branchiales de chaque côté du dessous du corps \ la bouche située dsns la partie inférieure de la tête ; le corps très-aplati.

Ce genre se rapproche beaucoup de celui des squales, et se compose comme lui de poissons cartilagineux) qui ont le plus . communément cinq ouvertures branchiales ; mais les squales ayant le corps rond « ces ouvertures sont des deux côtés , tandis que dans les mies elles ne peuvent se trouver qu'en dessous. Comme il y a des raies moins aplaties que les autres , et qu'il y a des squales qui le sont un peu | quelques espèces de ces deux genres sont assez peu caractérisées pour qu'on soit souvent embarrassé dans leur classification. Y. Squale.

La. plus grande partie des raies ont un corps de forme carrée , très-aplati, et qui se présente antérieurement par un de ses angles; cet angle est la tête t. qui. ne ae distingue pas du seste du corps dans la plupart des espèces, mais. qui est indiquée en dessus par les deux yeux , les évents et les deux narines, et en dessous par la bouche » derrière laquelle sont les ouvertures branchiales ; les nageoires pectoiales , dont chacune est presque toujours plus large que le corps proprement dit, sont presque triangulaires , et la partie la plus éloignée du corps forme les angles intermédiaires entre la tête et la

Sueue ; la poitrine, en dessus, se distingue assea mal u ventre, mais en dessous leur séparation est bien prononcée.

Beaucoup de raies ont le corps garni- en dessus d'épines recourbées , implantées dans leur chair , chacune par l'intermédiaire d'un mamelon plus ou moins gros. Quelques auteurs ont voulu établir des distinctions spécifiques sur le nombre de ces épine*; mais Lacépède s'est assuré qu'on ne pouvait faire usage , pour cet objet, que de leur arrangement* U est asses difficile de rendre raison de l'usage de ces épines. . • .

Les raies ont l'ou\?ertare de la bouche transversale > garnie de plusieurs rangées de dents, pointues chex les unes, émoussées ches les autres $ les ouïes dirigées obliquement $ les yeux longs et gsrais.dWe membrane clignotante, .en avant les narines ressemblant à use large fente entourée d'une peau qui e l'aspect d'un réseau, couverte d'une membrane en forme de soupape , et sur laquelle on remarque des plis (rangés; cette membrane est divisée par une cloison mitoyenne : aussi les raies jouissent - elles du sens de l'odorat à un degré trèe-eminent ; en ar-

RAi

rière, deux ouvertures en forme de croissant* et terminées chacune par deux canaux , dont l'un se rend à la bouche et l'autre aux ouïes. Ce sont les évents qui servent à rejeter l'eau que l'animal avale en saisissant sa proie et celle qui entre continuellement dans ses ouïes. Ces ouvertures sont pourvues intérieurement d'une soupape , pour empêcher l'eau d'entrer dans la bouche et les alimens d'en sortir. Les ouïes sont conformées comme celles des autres poissons de cette classe*

Les nageoires pectorales qui entourent le corps , excepté à la tête et à la queue, sont couvertes d'une peau épaisse qui empêche de compter leurs rayons; les ventrales sont réunies à celles de l'anus.

La queue est longue , souvent quadrangalaire et épineuse , toujours diminuant de grosseur jusqu'à la pointe, qui est garnie d'une ou de deux petites nageoires verticales.

. Habitation. — C'est dans l'immensité des mers , loin des côtes , qu'habitent les raies pendant la plus grande partie de l'année « là, elles attirent l'attention du navigateur par le vaste espace qu'elles couvrent de leur .corps, Lorsque, dans le câline, elles se promènent à la surface des eaux \ mais à l'époque du frai, elles se rapprochent des cotes, et c'est alors que l'on en prend le plus.

Nourriture. — Les raies, comme les squales, sont de$ poissons très-voraçes. Elles se nourrissent de crustacés , de coquillages , de poissons , et, dit-on, devarecs. Elles attendent leur proie, cachées dans la boue ou dans le sable, ou la poursuivent avec rapidité à travers les flots. Quelques espèces , telles que la raie-batis, et qui ont la queue terminée par une pointe cornée et aiguë , se servent de cette arme redoutable par sa force et sa flexibilité, pour percer les poissons dont elles veulent s'emparer , ou pour se défendre contre ceux qui cherchent à les dévorer. Des voyageurs ont même rapporté que les raies attaquaient les hommes, le* étouffaient en les pressant avec leur large corps, et les rongeaient après leur mort.

Propagation. — L'ouverture de l'anus est à l'extrémité du ventre 9 près de la queue. C'est derrière cette ouverture qu'on remarque, dans les mâles, deux corps saillans qu'on a long-temps pris pour les organes de la génération , mais que Bloch a prouvé, par le raisonnement et la dissection, ne servir qu'indirectement à cet acte. Ce sont des espèces de pieds

glutineuse qui sort d'une glande et s'amasse dans une bourse située entre les os.

Cependant , comme les raies sont vivipares , U fallait qu'il y eût un accouplement réel, et Bloch a encore prouvé que cet accouplement avait lieu, mais sans intromission d'organes saillans. Dans cette opération , le mâle se cramponne avec force contre la femelle, fixe l'ouverture de ses vésicules séminales contre l'ouverture des ovaires de la femelle » et la féconde sans doute par suite d'un frottement extérieure

Les femelles des raies sont beaucoup plus grosses que les mâles. Elles ont deux ovaires, dans les-

4fe

HAÏ

Îuelsit y a dés cenft à dlfférens degrés èti maturité ; e sorte qu'il n'en sort jamais qu'un à-la-fois : aussi, pendant le temps du frai , qui dure 3 mois sur nos côtes, y a-t-il de fréquens acconplemens.

Les ceurs des raies sont gros comme ceux des pttuies, et renfermés dans un cartilage quadrangtfîttire, terminé par quatre filamens de même nature. Ces œufs, qui ressemblent à un coussin allongé, sont souvent, lorsqu'ils sont vides * rejetés sur le rivage , où ils sont connus sous le nom de souris* de- mer.

' On observera san * doute avec surprise que l'on parle d'oeufs, quoique l'on ait dit que les raies étaient vivipares; mais il est difficile de s'exprimer autrement. Ce ne sont point de véritables œufs, ce sont des matrices oviformes que portent les raies. Quel" que temps après le premier accouplement , il sort de leur ovaire un de ces œufs ou une de ces matrices, qui' reste attachée à la mère, et dans laquelle se développe un foetus jusqu'à l'époque où il est assez fort pour briser les enveloppes qui le tiennent enfermé, -nager et se pourvoir de nourriture. Quel* ques auteurs, et Lacépède soit leur avis , prétendent' que les petits éelosent dans le ventre même de leur mère, comme œuxdes sqaàles ( roy. Squafe) ; mais il est facile de croire que ces d'eux manières peuvent avoir lieu dans la même espèce , selon les circonstances. Cet œuf n'est pas plutôt débarrassé de son fœtus , qu'il se sépare de la mère , et qu'il s'en présente un autre déjà fécondé avec le premier, du qu'il se fait un nouvel accouplement, qui donne la vie à un nouvel œuf pourvu d'an blanc ou d'un jaune comme le premier, et ainsi de suite.

Eh général, lès raies peuplent peu, quand on les compare aux autres poissons; car on ne peut pas présumer qu'il en naisse plus d'une ou deux douzaines de chaque femelle par année.

Qualités. — La chair de la raie est saine et savoureuse, quoiqu'en général un peu coriace. Celles qui tout transportées loin de la mer acquièrent de la qualité par les secousses du voyage r aussi en mange^t-on de très-bon neé à tfaris. Le foie de ce poiêeon est regardé comme un mets très-délicat, et en conséquence très-recherché des gourmets.

On a attribué aux œufs des raies de grandes vertus , uniquement à raison de leur forme extraordinaire ; et encore aujourd'hui , selon Porskal , * les habitant des lies de ta Grèce en font respirer la fumée à ceux qui sont attaqués de fièvres intermittentes.

Pêche. — C'est, comme nous Pavons dît, à l'époque du frai que les raies se rapprochent des côtes et qu'on en prend le plus. On les prend à l'hameçon amorcé de crustacés, de coquillages oti.de poissons. On les prend aussi, lorsqu'elles viennent sur les côtes et qu'elles nagent à la surface de l*eau, avec des fouanes et autres engins pointus. À leur sortie delà mer, elles ont toutes une odeur désagréable , qui fait soulever le cœur à ceux qui n'y sont pas accoutumés ; mais ils la perdent peu à peu à- l'air Cette pêche estasses lucrative sur nos côtes.

Préparation. — On prépare la raie de plusieurs manières dans les cuisines françaises. La plus commune est de la faire cuire simplement dans l'eau

RAI

avec son foie, après l'avoir lavée et avoir ôtéle fiel , et de la servir avéd une sauce blanche aux câpres , une sauce au beurre noir , une sauce à l'huile ou une sauce piquante, dans laquelle on aura écrasé le foie. On la fait aussi frire ou cuire dans un courtbouillon semblable à celui des carpes* V» Carpe.

histoire des raies dans l'ancien et le. moyen â<ge. — Les Grecs distinguaient les principales raies de la Méditerranée, autant que le permettaient les observations faites avant le siècle d'Alexandre et sous ses successeurs. Aristote^se contenta de les diviser en raies pourvues d'aiguillons sur le corps et en raies lisses, et il ne décrivît aucune d'elles avec précision. m Ce naturaliste n'eut d'ailleurs sous les yeux que lés raies de la Méditerranée orientale, de teile sorte qu'il ne put'décrire celles de l'Ofcéan.

La puissance électrique de la raie-torpille était connue des Grecs. A ri s to te et Oppîen en ont parlé. Us connaissaient aussi l'effet de la piqûre occasionnée par le dard de la raie-pastenaque désignée sous le nom de trygon par Aristôte. Cet effet est exagéré par Élfen, qui prétend qu'il est toujours mortel.

IL parait que les Grecs ne recherchaient point la chair des raies comme aliment. Elle rut également peu estimée des Romains , si l'on en excepte peutêtre celle de la pastenaqne et de la torpille. Bu reste , les raies , ai rapidement indiquées par Aristote , ne furent pas mieux décrites par Pline , aux se contente de les citer en faisant l'énumération des poissons' cartilagineux.

Les raies ne sont point citées dans les ordonnances des rois de France avant le XIV". siècle. Nous* savons seulement qu'on salait alors les raieaet qu'on les faisait sécher, ainsi qu'on le fait aujourd'hui sur quelques rivages de la France occidentale. Dans les' contrées , en Islande , par exemple , oh les raies s'introduisent dans des pièces d'eau qui communiquent' avec la mer , et où elles sont en quelque sorte sous* la main de l'homme , la pêche de ces poissons , devenue extrêmement facile et n'exigeant que les instrumens les plus simples, était exploitée avec succès par tous ceux qui voulaient s'y livrer. Les raies multiplient avec là plus grande facilité dans les eaux où elfes n'ont point à redouter les espèces vo races qui ne se plaisent 'due dans les eaux salées , et où , à raison de la grande surrace que présente leur corps, elles sont à l'abri des atteintes de tous les poissons' d'eau douce. Nous savons aussi que la pêche des raies avait lieu en Angleterre sous les rois de la dynastie saxonne i un acte de 866 fait une donation de 6,000 raies à l'abbaye de Barton.

L'ordonnance de iS5o défendait de mettre le* chiens de mer ou squales et les raies avec d'autres poissons dahtt lés paniers de marée destinés pour la capitale ; et cette ordonnance était empruntée du règlement de police de ia6ft, pour la vente du poisson à Rouen. L'espèce de raie appelée pocheteau sur les côtes de la Vendée est déjà citée sous ce nom dans un acte du monastère de Tàlmont , de i366.

Page 1