‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 207 sur 292 · ESPECES DE RAIES · texte numérisé non relu

ESPECES DE RAIES

On connaît, comme nous l'avons déjà dit, trente-' deux espèces de raies. Lacépède les divise en quatre '

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sections, d'après la forme des dents et la présence ou l'absence des aiguillons sur le corps ou sur la queue.

Première division. — Dents aiguës et diguiUons sur le corps et sur la queue»

La Raie -Bâtis (PL i*iJ*g; a et 3), que l'on pèche fréquemment dans la Méditerranée , où elle est connue sous les noms àejlossade, cçliart, vache marine ,et couverture, a été mentionnée par Ajristote et plusieurs autres auteurs de l'antiquité.

Elle a un eeul rang d'aiguillons sur la queue \ le museau pointu ; les nageoires pectorales latéralement obtuses ; la queue ronde. et terminée par une pointe aiguë ? le corps enduit d'une humeur visqueuse , fournie patf des canaux placés assez près .des téau* mens, sur «tout aux côtés, de la tête. Elle est d'un gris cendré et marbré irrégulièrement de noir.

On la trouve dans lès mers de l'Europe, où elle a ordinairement a à 3 pieds 4e largeur) mais on en pèche quelquefois qui ont 5 à 6 pieds de large et qui pèsent 200 livres. C'est la plus grosse et en môme temps la meilleure espèce de ce genre, sur -tout ouand elle est jeune. On la. sèche dans le nord de l'Allemagne, pour l'envoyer au loin. On fait, avec le foie de cette raie, une huile agréable au goût.

La Raie-Oxyrinque, que l'on appelle raie liste, raie, au long bec, alesne, sot, gilioro, fiossade, lentilladeet baveuse, sur les côtes de France, est d'une grandeur égale à pelle de la raie-batis. Elle a une rangée d'aiguillons sur le. corps et sur la queue ; le museau pointu ; le corps blanc en dessous, gris et varié de rouge et de blanc en dessus. Sa chair est quelquefois très-bonne , d'autres fois très-dure. Il parait qu'elle est plus tendre dans les pays chauds que dans le Nord, où Bloçh.dit qu'elle n'est pas

estimée.

Elle habite l'Océan et la Méditerranée.

La Raie-Miralet, qui est d'une grandeur médiocre, a le dos lisse,, quelques aiguillons auprès des yeux, et trois rangées d'aiguillons sur la queue ; te corps d'un brun rougeàtre , parsemé de taches de plusieurs nuances, dont une, sur chaque nageoire pectorale , est pourpre et renfermée dans un cercle noiràtce; cette dernière, ayant été comparée à un œil ou à un miroir , a fait donner à ce poisson le nom de raie ocul4e ou raie à miroir. On, la. trouve dans la Méditerranée. Elle a, dit Rondelet, la chair dure et de mauvais goût; sur quoi M. Sonnini observe que les raies qui se tiennent en haute mer et approchent rarement des rivages ont bien meilleur

Eût et. sont pins délicates que -celles qui vivent hatellement sur nos côtes limoneuses, où leur chair «entracte une mauvaise qualité et une saveur désagréable.

. La Raie-Chardon ou Raie a foulon , raiafulkmica ( Lin. ) , est petite ; elle a tout le dos garni d'épines f un rang d'aiguillons auprès des y eu» ; deux rangs d'aiguillons sur la queue. Sa. couleur est d'un blanc jaunâtre , avec des taches noires. On la pèche dans presque toutes les mers d'Europe. Sa chair est dure , et sur les côtes du Groenland ; on ne la» mange qu'à demi corrompue.

Elle a été nommée raie à foulon, parce qu'elle

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est parsemée d'àiguillona semblables à ceux du chardon à. foulon.

La Raie-Ronce, raia-mbus, ne parvient pas à une -grandeur considérable. Elle a un rayon d'ai- -gni lions *ur le corps et 3 enr la queue ; le dessus du corps, jaunâtre et tacheté de blanc. On la pèche dans toutes les mers d'Europe.

Le nom de ronce lui a été. donné, parce qu'elle est armée de piquans nombreux et trcs-fbxts.

La Raie chagrinée a le. corpa moins large, à proportion de sa longueur, que celui de .la plupart des autres raies f le museau long, pointu et garni de deux rangs d'aiguillons } des piquans auprès des yeux \ les deux.côtés de la queue armés d'une rangée d'aiguillons $ le dessous du corps blanc, le dessus d'un brun cendré et garni de tubercules) qui font paraître sa peau comme chagrinée.

On pêche cette raie sur les cotes d'Angleterre.

La Ram museau pointu est très-petite, ne parvenant guère qu'au pouls de 5 à 6 livres. Elle a le museau pointu £ le corps très-lisse ; taois rangs de piquans sur la queue ; a nageoires dorsales , petites et arrondies, auprès de l'extrémité de la queue, et point de nageoire caudale. Sa couleur est grise. Elle ressemble à. la raie - oxy rinque. On la trouve sur les côtes de France. •

La Raie -Coucou a la tète courte et petite; le dessus du corps dénué de piquans $ la partie antérieure du corps élevée ; un ou plusieurs aiguillons dentelée, longs et forts à la queue, qu^est très-déliée. «Sa couleur est bleuâtre ou reugebrun. On la trouve sur les côtes de France-, et sur-tout vers les côtes de Cherbourg. On en pèche du poids de 36 livres. Le tissu de la chair de cette raie est très-serré.

Deuxième division» -r- Dents aiguës $ point d'aiguillon sur le corps ni sur la queue*

Le Raie - Torpille (i?/. \\yfîg. 5), raiartor-

Cdo ( Lin.) , se nomme troupiîle ou. dormilliouse à arseille; tremoise à Bordeaux f poule+th-merdmna plusieurs départemens méridionaux , et «ton» sue les côtes voisines de Saint-Jean-de-Lux. Le nom de torpilée, qui. vient de torpédo, désigne l'engourdissement , la torpeur que cause ce poisson par la commotion électrique qu'il fait éprouver à ceux qui le touchent; faculté qui lui sert à s'emparer facilement de sa proie , et qui l'ont rendu l'objet de L'attention des physiciens.

La torpille ne parvient pas à une grandeur aussi considérable que la bâtis et quelques autres raies f on n'en trouve que très-rarement d'un poids supérieur à 5o ou 6o livres. Elle a le corps presque ovale $ la tête moins distinguée du corps proprement dit et des nageoires pectorales que celle de presque toutes les autres raies $ l'ourerture supérieure de ses évents ordinairement entourée d'une membrane plissée, qui a, à la partie supérieure du corps et auprès de l'épine dorsale, une grande quantité -de petits trous d'où suinte une liqueur muqueuse ; a nageoires dorsales placées sur la queue, et l'extrémité de cette partie

(garnie d'une nageoire divisée en deux lobes; la cou» leur blanche en dessous; celle du côté supérieur variant suivant l'âge, le eexe et le climat, étant ou d'un brun cendré, ou rougeàtre, ou d'une seule nuance, ou

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marquée d'un grand nombre de taches, le plus souvent cinq grandes taches sur le dos , et qui sont d'un ,brun foncé ; les dents courtes } point de piquant sur le corps*

Cette raie, nage avec moins de vitesse que les autres et combat avec moins d'ardeur) mais la nature l'a douée d'une faculté particulière bien supérieure à la force des dents, des dards et des autres armes dont elle aurait pu être pourvue ; elle possède la puissance remarquable de lancer , pour ainsi dire , la foudre ; elle accumule dans son corps et fait jaillir le fluide électrique arec la rapidité de l'éclair ; elle imprime une commotion soudaine et paralysante au bras le plus vigoureux qui s'avance pour la saisir , et à l'animal le plas terrible qui veut la dévorer ; elle engourdit les poissons, dont elle cherche à se nourrir. On donne des détails intéressans sur cette vertu singulière de la torpille , que l'on peut voir dans V Histoire des Poissons, par Lacépède.

La torpille habite la Méditerranée et la partie de l'Océan qui baigne les cotes de l'Europe ; on la rencontre encore dans le golfe Fersique , dans la mer Pacifique , dans celle des Indes , auprès du cap de Bonne-Espérance et dans plusieurs autres mers. Elle se tient dans les fonds vaseux et sablonneux, où elle se nourrit de petits poiasons et de loches de rivière. On la prend, comme les autres raies, à l'hameçon et aux filets.

La chair de ce poisson est molle, sentant la vase, et il n'y a que les gens peu aisés qui en mangent. Cependant les Anciens en faisaient cas ; mais comme ils aimaient les assaisonnemens de haut goût, ils faisaient cuire les torpilles avec de l'huile, du vin, dea herbes aromatiques et un peu de fromage.

Troisième division. — • Dents obtuses ; aiguillons sur le corps ou sur la queue.

La Raie-Aigle , raia-aquila (Lin.) , est connue sous les noms à' aigle-poisson, poisson-aigle, fauconde-mer, raie-jpatenaae, glorieuse, crapaud-de-mer et mourine. On la pèche dans toutes lés mers de l'Europe , et principalement dans la Méditerranée, où elle parvient à une largeur de 3 à 4 pieds ; mais on a pris des individus de cette espèce entre les tropiques, qui pesaient plus de 3oo livres ; ce qui range cette raie à côté de la rmie-batis pour la grandeur. Elle a un aiguillon dentelé et une nageoire à la queue , cette dernière plus longue que le corps. | Elle se distingue des autres espèces par sa tète , distincte du corps et sillonnée des deux côtés; par sa forme et la disposition de ses nageoires pectorales, terminées par un angle aigu, et peu confondues avec le corps proprement dit. Comme l'étendue de ses nageoires est très-grande, on les a plus spécialement comparéea aux ailes des aigles, dans les temps anciens. On a cru qu'elle n'avait point de nageoires ventrales; mais Lacépède s'est assuré que c'était de nageoire anale qu'elle était dépourvue. - Elle a le corps entièrement lisse , plombé en devant, brun sur le dos et olivâtre sur les cotée ; la queue deux fois plus longue que le. corps , presque ronde , trèsmince , très-mobile et terminée par un fil très-délié ; une petite nageoire dorsale près de l'origine de cette queue , et plus bas un gros et long piquant, au plu-

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tôt un dard très-fort, dont la pointe est tournée vers l'extrémité la plus déliée de la queue. Ce dard, célèbre par les dangers qu'il fait courir aux pécheurs, est un peu aplati et dentelé des deux cotés par des barbes tournées vers sa racine , et d'autant plus longues , qu'elles sont plus près de cette même racine; il acquiert quelquefois plus de 5 à 6 pouces de long, se détache du corps de la raie au bout d'un an , et il en revient un autre et quelquefois deux*

Aristote, Pline et autres anciens naturaHstea, qui ont connu cette raie, ont longuement disserté sur son dard , et ont prétendu qu'il renfermait un poison plus actif que le poison qui' rend mortelle la blessure des flèches des peuples d'Afrique. Le vrai est que , lorsque cette arme est introduite très-avant dans la main; dans le bras ou dans quelque autre endroit du corps de ceux qui cherchent à prendre cette raie, et lors sur-tout qu'elle y est agitée en différent sens et retirée avec violence, elle cause une blessure très-douloureuse , et donne lieu à des inflammations très-dangereuses* Mais Lacépède s'est assuré qu'il n'y avait point de glandes ni sur le dard , ni aux environs, qui pussent distiller un venin quelconque. Quoi qu'il en soit , puisque les blessures Eûtes avec les aiguillons de cette raie sont très-dangereuse» , et que même elles peuvent donner la mort, les pécheurs ont toute raison de les redouter , et ce n'est point sans motif qu'il est défendu , dans quelques endroits de l'Italie, de présenter ce poisson au marché avant de lui avoir coupé la queue. CYest avec ce dard, aidé de sa queue plusieurs fois contournée, quelle saisit et tue les animaux dont elle fait sa proie , et qu'elle se défend contre ee» ennemis.

La chair de la raie - aigle est dure et difficile à digérer 5 il n'y a que les pauvres qui en mangeât , encore n'est-ce que quand elle est jeune; mais le foie , qui est très- volumineux , est très-bon à manger, et il fournit une grande quantité d'huile.

On a décrit plusieurs raies,- aigles comme étant des variétés , mais qui paraissent devoir être regardées comme espèces.

La Raik-Pastehaque, raia-pastinaca (lia.) (PL \i,fig* 4)» m nomme pastinaque et ta*eronde auprès de Bordeaux; pastenaga et wstango sur les cotes voisines de Montpellier, et bruccho à Rome. Elle a la forme et les habitudes de la raieaigle ; mais elle s'en distingue par une moindre grandeur; par son museai», terminé en pointe au lieu d'être plus on moins arrondi ; par sa queue, moins longue , quoique cependant elle soit tue* étendue * mince et déliée; enfin par cette même partie, qui est entièrement dénuée de nageoires» L'aiguillon de la pastenaque est redouté par les pécheurs comme celui de la raie-aigle , et ce que l'on a dit de ce dernier convient également au piquant de la pattena- 2ue. Les Esclavone remédient à la piqûre de ces eux raies par le fiel blanc, comme ils disent, du coimar , connu d'eux sous le nom presque latin de lighna ou tfoligagn. Maie il parait que le meilleur remède est de lier fortement la partie piquée, et de scarifier la blessure pour en faire sortir le sang. La. pastenaque se sert de son dard pour blesser les pois* sons dont elle veut faire sa proie. Pline assure même qu'elle ne «raînt point le requin. •

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On trouve cette raie dans presque toutes les mers à» l'Europe et de l'Amérique; elle est fort commune dans la Méditerranée , et on la voit en si grand nombre sur quelques points de la Nouvelle • Hollande , que le capitaine Cook donna le nom de baie des pastenaques à un de ses mouillages, sur la côte de ce continent.

Ce uni a été dit au sujet de la qualité de la chair et du foie de la raie - aigle convient également à la pastenaqoe.

La Rais bouc&ee, roia clapota (Lin.) {PL u, fig. 6) • a reçu le nom de bottelée ou de douée, à cause des gros aiguillons dont elle est armée, et qu'on a comparés à des crochets. Bile habite dans tontes les mers de l'Europe , où elle parvient jusqu'à îa pieds de longueur, C'est donc l'une des plus {;randes espèces; et comme elle est en même temps 'une des meilleures à manger, elle est, ainsi que la rais- bâtis, très -recherchée par les pécheurs, et le plus souvent l'on ne voit que ces deux espèces sur les marchés de l'Europe.

La raie bouclée ressemble à la bâtis par ses habitudes et- beaucoup par sa conformation. Elle a la partie supérieure de son corps ordinairement brunâtre, avec des taches blanches et quelquefois noires; la télé allongée; le museau pointu; les dents petites, plates, en losange , disposées sur plusieurs rangs et très -serrées ; la queue plus longue que le corps | avec deux nageoires dorsales yers son extrémité , et une caudale qui la termine ; chaque nageoire ventrale organisée comme celle de la bat», et offrant également deux portions plus larges l'une

2ue l'autre ; presque toute la surface de son corps érissée d'aiguillons, dont le nombre varie suivant le sexe , l'àee et le climat, et qui sont ainsi disposés : nn rang d'aiguillons grands , forts et recourbés, qui règne sur le dos ; deux piquans semblables au-dessus et au-dessous du museau ; deux autres placés au-devant des yeux et trocs derrière; quatre autres très-grands sur le dos et représentant les quatre angles d'un carré ; une rangée d'aiguillons moins forts sur chaque coté de la queue. Ce sont toutes ces pointes plus ou moins longues, dures et recourbées , que l'on a comparées à des clous ou crochets. Mais, indépendamment de ces grands piquans, le dessus du corps , de la tête et des nageoires pectorales présente des aiguillons plus petits, de longueurs inégales, et qui, lorsqu'ils tombent, laissent à leur place une tache blanche , de même que les piquans grande et crochus. Enfin on voit, sur la partie inférieure de la raie bouclée, quelquesautres pointes encore plue petites et plus claîr-semées.

Lorsque la raie bouclée a été prise, on la conserve pendant quelques jours, ainsi que presque tous les poissons du même genre, afin que sa chair acquière de la délicatesse et perde toute odeur de marécage et de marine. Le foie, qui est très-volumineux , fournit une grande quantité d'huile, que les pêcheurs de Norwege recueillent arec beaucoup de soin. Cest principalement pour le produit qu'ils font la pêche des raies bouclées , qui sont très-abondantes dans les mers du Nord ; ils font sécher la chair, qu'ils vendent aux étrangers pour l'approvisionnement des navires. La pêche la plus abondante

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se bit dans les mois de juin et de juillet, paree qu'alors elles s'approchent des rivages pour y déposer leurs œufs au milieu des herbes marines.

Sur plusieurs côtes, on recherche beaucoup de jeunes et très-petites raies bouclées, que l'on nomme rayons, raie tons, raillions, et dans quelques ports papillons, dénominations dont on se sert aussi quelquefois pour désigner des morceaux détachés de grandes raies desséchées et préparées pour de longs voyages.

La Raie-Rhihobats, raia-rhinobatos (Lin.), habite la Méditerranée, et elle est connue à Gênes et à Venise sous le nom de squatrotin. Elle a le corps plus allongé que celui de toutes les autres espèces de raies, et les nageoires pectorales moins étendues à proportion du volume de l'animal ; ce qui la rapproche du squale -ange pour la conformation , et avait fait croire aux Anciens qu'elle était le produit de l'accouplement de l'ange avec une raie : d'où est venu le nom composé de rhino-batos; et comme le squale - ange était appelé squatine, on lui a donné aussi le nom de squatina-raia, angeraie.

Cette espèce a le corps plat en dessous ; le museau, très -allongé et étroit; deux nageoires dorsales un peu conformées comme le fer d'une faux ; une nageoire caudale ; la surface du corps revêtue d'une grande quantité de tubercules; la partie supérieure de couleur obscure, et le dessous d'un blanc rougeâtre.

QuAyiisME division. — Dents obtuses $ point d'aiguillon sur le corps ni sur la queue.

La Raib-Mobulajl, que l'on a aussi nommée raie cornue et raie-ange -ae-mer, à cause de la forme de ses nageoires appelées ailes, et aux Antilles, diable-de-mer, est supérieure en volume et en poids à toutes les espèces dont nous avons parlé. C'est Duhamel qui a fait connaître cette énorme espèce , dont un individu, du poids de plus de 600 livres , fut pris en 17*3 dans une madrague près de Marseille.

Cette raie habite le plus souvent dans l'Océan : on l'y trouve auprès des Açores , ainsi qu'aux environs des Antilles , où elle a reçu le nom de nobular.

L'individu péché à Marseille avait 10 pieds et demi de longueur totale; deux grands appendices sur le devant de la tête , et qui ressemblaient à de longues oreilles ou à des cornes : d'où sont venus les noms de raie d oreilles et de raie cornue, donnés à cette espèce ; les yeux sur les extrémités de la face antérieure de la tête ; l'ouverture de la gueule située au-dessous de la tête , ayant un pied 3 pouces de large ; de chèque côté de la tête et du corps pris ensemble, une nageoire pectorale très -grande, triangulaire ; le milieu du dos un peu élevé -et re-

E résentant une sorte de pyramide très-basse ; entre 1 face postérieure de cette pyramide et l'origine de la queue, une nageoire dorsale et inclinée en arrière ; les nageoires ventrales ayant un pied a pouces de long ; la queue très - déliée , terminée en pointe, entièrement dénuée de nageoires, et longue de 4 pieds 6 pouces ; point de- tubercule ni de piquant sur le corps.

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