‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 210 sur 292 · RAT · texte numérisé non relu

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rarement à plus d'un pied de long ; ïl a le dos brun et le ventre blanc ; la tête renfermée dans une cuirasse osseuse , très-rude au toucher , et armée de quelques épines, dont deux plus grosses sur le sommet ; l'ouverture de la bouche grande et en dessus ; la langue épaisse et hérissée de petites dents, les mâchoires garnies de dents peu saillantes, l'inférieure

nom à? uranoscope et de prêtre $ l'ouverture des ouïes très-large , couverte d'un opercule dentelé et rempli par une membrane garnie de 5 rayons ; le corps presque carpe, couvert de petites écailles et pourvu d'une ligne latérale à deux courbures; la queue cylindrique ou plutôt conique; les nageoires ventrales placées près de la gorge; deux nageoires dorsales, qui se touchent , et dont la première- a des rayons aiguillonnés ; la nageoire de la queue ronde.

Habitation , nourriture et qualité. —- Le raspecon habite les mers de l'Europe et particulièrement de la Méditerranée , où il vit auprès des rivages , se cachant sous les algues et dans la fange , et ne lais» sant paraître qu'une partie de sa tète et le filament mobile qui est attaché à sa mâchoire inférieure et qui, ressemblant à un ver, ser*à attirer les petits poissons , dont le raspecon fait sa nourriture ; sa cnair est blanche, mais quelquefois dure et de mauvaise odeur; on en fait peu de cas, quoiqu'on la mange fréquemment , sur-tout en Italie.

Pêche* — On prend ce poisson au filet et à l'hameçon.

RASOIR ou RASON, coryphœna-novacula. (Lin.) Poisson du genre des coryphènes ^ qui habite dans la Méditerranée, et qu'on a nommé rasoir, parce que sa partie supérieure est terminée par une arête aiguë. C'est un très-beau poisson comme tous ceux du genre auquel il appartient. (Y. Dorade.) Il a sur la té te et sur plusieurs de ses nageoires, des raies qui se croisent , et d'une belle couleur bleue ; il présente des nuances rouges éclatantes et relevées par des teintes dorées ; sa ligne latérale suit à-peu* près la courbure du dos, dont elle est très- voisine j chacun de ses opercules est composé de deux lames. La chair du rasoir est tendre, délicate, et assez recherchée sur plusieurs rivages de la Méditerranée.

RAT. L'un des noms du Raspecon» Y. ce mot.

RATEAU. Les pécheurs à la basse eau se servent de deux espèces de râteaux ; les uns , semblables à ceux des jardiniers, les autres, beaucoup plus grands: tous ont des dents de fer ; on s'en sert pour amasser les coquillages qui sont à la superficie , ou pour entamer le sable , comme avec les crochets. Quand on se sert du grand râteau pour prendre des touilles, on le nomme toniUière. On pêche aussi en bateau avec des râteaux qui ont de longs manches plians , et on rapporte des coquillages et des poissons qui s'ensablent. Enfin , on fait plusieurs pèches au feu avec la fouane. Y. Pêche»,

RATE-PENADE. L'une des dénominations de la Raie- Aigle et de V Hirondelle. Y. ces mots.

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HATILLON. Y. Raie bouclée.

RAYE des Basques, et rogae des Bretons et des Normands. Ce sont des œufs de morue ou de maquereau , qu'on sale pour fournir un appât pour les sardines. Ce mot est synonyme de résure. V. Résure et Sardine.

RAVOIRS. Ce sont des filets tendus par le travers des ravins ou courans d'eau. On tend en ravoir toutes sortes de filets , des seines, des manets, des folles , des demi-folles, des tramaux, etc., suivant l'espèce de poisson qu'on se propose de prendre.

Des ravoirs ou rets entre F eau.

- Les ravoirs sont de petites pêcheries qu'on établit aux embouchures des rivières , sur les écores des bancs et à la chute des marées; en un mot, dan* les endroits où il se forme des courans ou ravins , qu'on somme sur quelques côtes ravoirs , ainsi que les filets qu'on y tend.

? 1 . — Ravoirs simples.

Pour former ces pêcheries , on plante sur le fond àes piquets qui l'excèdent d'environ 3 pieds; ces piquets sont rangés en ligne droite, en forme de palissade, comme on le voit PI. a8, iV"°. V; onjes dirige toujours de façon qu'ils soient perpendiculaires au courant ou parallèles à la laisse de basse mer. ; Assez souvent on en forme plusieurs rangées

Saralleles , qu'on place à une petite distance les unes es autres , pour que le second filet puisse arrêter le poisson qui aura échappé au premier , et qu'il en soit de même du troisième à l'égard du second.

Lorsque les pécheurs plantent leurs piquets sur des sables mou vans , ils en garnissent le bas avec des torches de paille ou d'herbes sèches ; ce qui contribue à les mieux affermir.

Les filets qui garnissent les pêcheries sont de simples nappes , dont lea mailles ont assez souvent 2 pouces d'ouverture. On en arrête la bordure de la tête par un tour-mort à l'extrémité d'en haut de tous les piquets , et on n'arrête le pied du filet qu'au premier et au dernier piquet de chaque file ; mais , pour former au bas et dans toute fa longueur du filet des espèces de bourses qui retiennent le poisson, on retrousse le pied du filet du côté d'amont ou de l'endroit d'où vient le courant; observant qu'il s'en faille de quelques pouces que le filet ne porte sur le terrain.

Cette précaution est nécessaire pour que les herbes et autres immondices que le courant entraine passent sous le filet. Si ces substances étaient retenues par le filet , elles arrêteraient le cours de l'eau, et les piquets , ne pouvant résister à cet effort , seraient arrachés et le filet déchiré.

Si l'on a pris une juste idée de la disposition de ce filet, on conçoit que, quand la marée monte , le courant élève le filet presqu'à la surface de l'eau , comme on le voit dans \*fig. N°. VI, PL a8, et il ne se prend aucun poisson ; mais quand la marée se retire , le filet s'appuie contre les piquets ; l'eau , en s'entonnant dans la portion du-filet qui est retroussée , ouvre les bourses destinées à la recevoir, et ces bourses arrêtent le poisson qui suit le cours de

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l'eau. Ainsi, plusieurs poissons s'emmaillent pendant que d'autres s'engagent dans lea bourses.

Sitôt que l'eau est assez retirée pour qu'on aperçoive le haut des piquets, et avant qu'on puisse aller prendre le poisson , les pécheurs vont avec des bottines relever le bas du filet , qu'ils accrochent d'espace e* espace à la tête des piquets, et Us ne retirent le poisson que quand le filet est entièrement hors de l'eau.

En repliant ainsi le filet , les pêcheurs empêchent que quelque poisson ne se démaille , et quVil n'en sorte des bourses qu'on a formées au bas du filaty enfin on évite que les crustacés voraces n'aillent endommager le poisson qui est arrêté par le filet»

On fait cette pêche durant toute l'année f on jie l'interrompt que dans les tempe de gelée et lorsque les ri vièrea charrient des glaçons.

Quelquefois on joint bout à bout un assez grand nombre de pièces oe filets, poux traverser toute une rivière ou l'ouverture d'une baies alors il faut que les piqueta tiennent boa, et que les filets soient assez forts .pour résister. On tient aussi les mailles plus grandes | afin que l'eau les traverse plus aisément.

J a. — Des ravoirs tra maillés.

Il y a des pêcheurs qui, au lieu de rets simples, tendent des tramaux sur leurs piquets : c'est oe qu'on nomme des ravoirs traînailles*

On tend ces tramaux comme les rets simples, ne les arrêtant aux piquets que parla tête} mais le bas n'est pas retroussé , il porte contre le terrain sans y être arrêté : c'est pourquoi , à la marée montante, il se relève presqu'à fleur d'eau , PI. a8, JN°. VI.

Lors du reflux, le filet se rabat contre les piquets, et les poissons qui ont monté avec le flot s'emmaii*» lent au jusant. Quoique la propriété des tramaux soit de prendre les poissons , de quelque côté qu'ils donnent dans lé filet , il ne se prend guère de poissons dans ceux-ci à la marée montante $ mais à m marée descendante, on y trouve emmaiilés toute sorte de poissons et de toutes grosseurs*

On tend des ravoirs traînailles sur les vases du Mont-Seint*Micbel. Lee pêcheurs vont tendre ces filets, et .prendre leur poisson avec.de petits bateaux plats , carrée par-derrière, qui glissent sur la vase, et qu'on nomme acon* 1 ils se servent. aussi de ces acons pour aller battre Peau avec des perches lorsque la marée se retire, afin d'engagé» le poisson à donner dans le filet.

Les pêcheurs du Poitou et des Sables-d'Olonne pratiquent aussi cette pêche sur. les .vases de la ce te. Leurs piquets ou pâlots ont, S à 6 pieds.de longueur $ ils les enfoncent de a pieds et demi ou 3 pieds dans la vase ; • leurs tramaux ont environ une brasse de chute $ mais il n'y en a de tendu sur îles piquets qu'environ un pied et demi, ou a pieds ; ce qui leur donne lieu de faire une vaste poche*

La grandeur, des mailles varie suivant les cotes $ quelquefois les mailles des tramaux ont 7 ou £ pouces en carré , et celles de la flue 27 lignes.

Cette pèche se fait depuis la Saint- Michel jusqu'A la fin de l'année. Les pêcheurs vont, à chaque matée, prendre leur poisson , et toutes les semaines ils

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rapportent à terre leur» filets pour les tarer , le* foire sécher et les tanner*

$ 3. — Des folles tendues en ravoir t qu'on appelle quelquefois grands ravoira.

Les fileta qu'on nomme folles sont des rets simples , à larges mailles , qui, de quelque façon qu'on les tende , doivent faire un grand sac et diffère n s replis , où s'embarrassent les gros poissons.

Les filets nommés demi-folles diitèrent des folles uniquement en ce que -leurs mailles sont .moins grandes ; ce qui (ait qu'on ne prend avec les folles que des raies , des tires , des turbots et d'autres gros poissons , ati lieu qu'avec les demi-folles , outre ce poisson , On en prend de plusieurs autres espèces , pourvu qu'ils soient d'une certaine grosseur.

Comme la dénomination de filles vient en partie de ce que les filets qu'on nommarsinsi doivent, par leur essence , foire des plis et poches dans lesquels s'enveloppe le poisson , on a quelquefois nommé -filles tramuUtée* les ravoirs. tramaillés , parce que , comme nous l'avons dit, on les tend de façon qu'ils fassent un grand sac, ou, comme disent les pécheurs , "une foliée. Ces folles, tramaillées ou non , se tendent de la même manière, et 1er seul avantage que procurent les tramaillées, c'est qu'on y prend , encore plus qu'avec les demi- folles, des poissons de différentes espèces*

Les folles sont établies en droite ligne, un bout à terre et l'antre à la mer , pour que les raies* et les autres poissons plats, qui vont -en troupe suivant la cête, se prennent de flot et de jusant*

Les piquets ne sont élevés au-dessus du terrain que de a ou 3 pieds au plus , parce que les poissons plats ne s'éloignent guère du fond > et ces piquets sont à 2 ou 3 brasses les uns des -autres. La tète du filet est arrêtée au haut des piquets par un simple tour croisé. Les pêcheurs les tendent le pins ferme qu'il leur est possible. Les folles et- le» 'demi-folles ont environ a brasses de chute, et le pied est arrêté

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