‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 23 sur 292 · BAC · texte numérisé non relu

BAC

BABILLARD. On a donné ce nom à un poisson du genre Pleuronecte ( V. ce mot ) , fort voisin de la petite sole, et qu'on trouve dans la Méditerranée. L'origine de cette dénominatiou-gient du bruit continuel que fait ce poisson, et qivon peut comparer à celui que fait une personne qui parle vite.

BAC* Mot qui vient de l'allemand bac A, qui signifie rivière. C'est une espèce de grand bateau plat qui sert à faire passer du bord d'une rivière à l'autre les personnes , les animaux , les voitures j etc. Les seigneurs riverains ne pouvaient tenir ni établir des bacs sur les rivières navigables, s'ils n'y étaient fondés en titres.

^ L'ordonnance de 1669, en déclarant, art. 41 du lit. XXVII , que la propriété de tous fleuves et rivières navigables faisait partie du domaine, a maintenu dans les droits de bacs les particuliers qui avaient titres et possession valables.

Les droits de bacs appartenant à des particuliers ci-devant seigneurs et autres, sur les rivières , avaient été maintenus par l'art. i5 du tit. II de la loi du \5 mars 1790; mais ils ont été supprimés par l'art. 9 de la loi du a5 août 1 792.

V. , à l'égard de ces droits et du droit de pèche sur les rivières navigables, le mot Pêche, a«. sect., $ 3.

BAC AILLAI). Nom que les- Basques donnent à la morue franche.

BACHE TRAINANTE. C'est un filet en manche que l'on traîne sur les sables, dans des endroits où u y a peu d'eau, pour prendre de la menuise ou du frai de poisson. Ce filet se compose d'un sac de grosse toile, dont l'embouchure a 2 brasses de largeur. On ajuste au milieu , quand il est monté sur deux morceaux de bois de 3 pieds et demi de hauteur, qu'on nomme canons, une traverse de bois de 2 brasses de longueur, qui, eu tenant. écartés les deux canons posés verticalement, roidit le haut et le bas du sac, qui , de cette &con, est tenu ouvert. Au haut et au bas de chacun de ces canons est frappé un cordage de 2 ou 3 brasses* de longueur, que les pécheurs mettent à leurs épaules comme les bretelles d'une hotte 5 et en halant sur ces cordages, ils traînent la bâche dans des endroits où il reste 6 pouces ou un pied d'eau , même quelquefois 2 pieds, ainsi qu'on le voit Pi. 20 , N*. II.

Le but de cette pêche, qu'on peut regarder comme une drague, est de ramasser dans le sac du frai et de la menuise.

BACHOT. Petit bateau qui est fort en usage sur la rivière de Seine, pour conduire par eau ou passer d'un bord à l'autre les gens de pied , ou pour porter les cordages des grands bateaux. On appelle bachoteurs ceux qui conduisent ces bateaux. V. la loi du 6 frimaire anj.

BACHOTTJE. Espèce de baquet qu'on emplit ' d'eau et qui sert à transporter, à dos de cheval, une petite quantité de poisson d'eau douce en vie.

Les bachottes sont attachées debout à coté du bât, PI. 2i9N°.III. Le fond d'en haut est percé d'une grande ouverture , qu'on ferme avec une trappe ou un tampon de jonc de marais.

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B AD AIL. C'est une vraie drague, qu'on nomme aussi gangui à la voile. V. G an gui.

BAGBB, nom spécifique d'un poisson du genre silure, qu'on trouve dans les rivières d'Amérique-

BAGUE ou BOGUE. Nom spécifique d'un poisson du genre spore » qui vit principalement dans la Méditerranée* Y. Bogue.

BAIE. Plage , rade , espèce de golfe où les vaisseaux sont à l'abri de certains vents.

BAISÉS ( HARENGS ). On appelle harengs baisés ceux qui sont collés l'un contre l'autre à la saurisserie.

BALADOU. On donne ce nom en Provence aux chambres des bourdigues. 11 y a le grand et le petit baladou.

BALANT1N. Pèche aux haims qui se fait à la côte de Valence en Espagne > elle, ne diffère pas beaucoup de celle du libouret.

Trois ou quatre hommes se mettent dans un petit bateau et vont jusqu'à 4 lieues au large chercher 40 brasses d'eau , tenant chacun à la main une ligne de 5o brasses de longueur, au bout de laquelle sont attachés avec des empiles 3 ou 4 haims amorcés de chevrettes , avec un plomb pour faire caler la ligne. Us font cette pêche toute l'année , par toute sorte de temps, pourvu qu'ils puissent tenir la mer. Elle se fait de jour, et les poissons qu'ils prennent le plus communément sont des pajets. Cette pèche diffère peu du libouret , dont nous parlerons dans la suite.

• BALAOU. Nom d'un poisson de la Martinique, qu'on croit être le cent risque- bécasse.

BALEINE. Ce nom dérive, suivant Boch art, du phénicien baalnun. On le fait dériver aussi du grec phalaina, dont les Latins ont fait balcena. C'est le plus grand des animaux connus.

Les baleines forment le premier genre du premier ordre des cétacés. Elles sont vivipares; elles respirent par des poumons ; elles ont le sang chaud , deux ventricules au cœur, et des fanons ou lames de cornes à la mâchoire supérieure, en place de dents. C'est ce dernier caractère qui distingue éminemment les vraies baleines des autres espèces de cétacés , tels que les cachalots , les dauphins et les narwhals.

Les baleines , à raison de leur grandeur prodigieuse , de leur vitesse , de leur force et du grand intérêt qui s'attache en général à l'histoire de ces dominateurs des mers, ont été l'objet de pompeuses descriptions.

Nous nous bornerons à présenter les principaux traits de l'histoire de ces énormes cétacés; mais nous nous attacherons à rapporter tout ce qui peut intéresser la pêche qu'on en fait. Le Traité des Pêches r par Duhamel ; le Dictionnaire d'Histoire naturelle, édition de Déterville , et V Histoire des Ce" tacês, par Lacépède , seront les sources où nous puiserons les matières de notre article.

Genre des baleines,

- Description. — - Les baleines sont en général des animaux d'une taille monstrueuse, d'une forme elliptique, à peau nue et de couleur noirâtre ou brune. Leur tête, qui est fort longue et aplatie sur les côtés,

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finit en pente vers le museau ; près du front sont deux évents ou trous qui pénètrent dans l'arnèrebouche et près de la tractée - artère de l'animal ; c'est par -là qu'il reçoit l'air qui s'insinue dans aeê poumons lorsqu'il vient respirer à la surface des eaux, et il rejette avec force, par ces orifices, l'eau qui pénètre dans sa gorge et sa bouche lorsqu'il se plonge dans la mer. Les baleines lancent deux jets à-la-fois , parce qu'elles ont deux trous , tandis que les autres cétacés n'ont qu'un seul orifice pour leurs narines, et ne lancent qu'un jet d'eau à chaque expiration.

Il n'y a jamais de dents chez les véritables baleines. On trouve, en place, de grandes lames composées de fibres cornées que l'on connaît sous le nom de baleine ou buse ; on les appelle fanons : ils •ont disposés transversalement, et dans une direction oblique, sur les côtés de la mâchoire€upérieure. Leur base est appuyée sur l'os du palais. Ces fanons •ont échancrés en feux , et leur bord est frangé, un peu coupant 5 ils sont d'une couleur noirâtre dans ïa baleine franche et \a.jvbarte9 d'une nuance bleuâtre chez le gibbar, et blanchâtre dan* le baleine à ■bec. La mâchoire inférieure de ces baleines n'a ni dents ni fanons, mais un sillon, une rainure ou gouttière sur son bord pour recevoir les fanons et broyer les alimens mollasses dont se nourrissent les baleines. Toutes ont des yeux très-petits à proportion de leur taille , car ils surpassent à peine la grandeur de ceux du bœuf; ces yeux sont garnis de paupières et sont placés très-bas , presque à l'angle aes mâchoires. Derrière eux est le conduit auditif, qui est fort étroit et sans conque extérieure. Il y a deux nageoires pectorales, qui tiennent lieu des pattes de devant des quadrupèdes , et qui contiennent le même nombre d'os, mais plus raccourcis à proportion. Il n'existe aucun vestige de pieds do derrière. La queue est aplatie horizontalement, au contraire des poissons chez lesquels la nageoire caudale est toujours placée verticalement.

De même que les autres cétacés , les baleines respirent l'air par des poumons, s'accouplent, produisent des petits' vivans , et les allaitent. Ces animaux sont assez doux et tranquilles-; leur ouïe est, dit-on, excellente , mais leur vue est faible. Il parait que leur toucher, leur goût et leur odorat sont presque entièrement oblitérés. Quelques espèces ont des plis nombreux sur la poitrine. La verge du mâle , qu'on nomme balénas, est renfermée dans une sorte de fourreau. Près des organes de la génération ou de la vulve des femelles , sont placées deux mamelles non loin de l'anus. Il y a des espèces de baleines qui portent une nageoire sur le dos; d'autres ont des bosses , et quelques autres ont un dos entièrement uni : tels sont les baleines franches et les nordcapers.

Des espèces de baleines.

On connaît aujourd'hui huit espèces distinctes, oui sont $ la baleine franche, ou la baleine dk Groenland , balœna mysticettts ( Lin. et Bonn. ) ; le nord-caper, balœna glacialis ( Bonn. ) (c'est la baleine d'Irlande) ; le oibbar, ou finn-fisck, balœna pkisalus (Lin. et Bonn.) ; la baleine a bosses,

balœna gibbosa ( Lin. et Bonn.) \ la baleine-tampon , balœna nodosa ( Bonn. ) ; la jubarte , balœna boops*(\An.. et Bonn. ) j le Rorqual, balœna musculus ( Lin. et Bonn. ), et la baleine a bec, balœna rostrata (Lin. et Bonn. ). Nous traiterons ici de la baleine franche, de celle à bosses, de la baleine-tampon f etsde celle à bec. On pourra consulter les articles des cachalots pour le blanc de baleine ou sperma-ceti, et pour l'ambre gris , parée que ces productions leur appartiennent plutôt qu'aux véritables espèces de baleines.

Baleine franche ou du Groenland j baleine de grande baie ; baleine vulgaire ou ordinaire, balœna mysticetus (Lin.) , en irlandais, slettbakr) en danois, slichteback, c'est-à-dire dos uni, ou sandhual; en anglais, wbale$ en allemand, whallfisch ; en hollandais, -whallvisch$ en norwégien, huafîsch; en espagnol , vallena* Les Hottentots la connaissent sous le nom de tkahe, car elle se trouve aussi dans l'Océan austral.

Description. — La baleine du Groenland (P/. a , jîg. 3 ) est le plus grand des animaux connus. On a vu des baleines de ioo et même de tao pieds de longueur, et on prétend même qu'il a dû «'en trouver, à certaines époques et dans certaines mers , de près de 3oo pieds ; mais aujourd'hui que les Européens en détruisent chaque année un grand nombre , elles n'ont plus le temps de parvenir à la même taille. Elles sont d'ailleurs obligées de se réfugier jusque ' sous les glaces des pôles, où le froid extrême qu'elles y éprouvent peut arrêter leur développement, tandis qu'une température plus douce le favoriserait. Les baleines que l'on prenait il y a trois siècles étaient bien plus grosses que celles d'aujourd'hui, parce qu'elles étaient plus vieilles et vivaient plus tranquille*. En 1 620, une baleine échoua dans l'île de Corse ; elle était longue de plus de 100 pieds : un homme à cheval pouvait entrer dans son énorme gueule. Four retirer le grand intestin de son ventre, il fallut plus de dix-sept hommes ; elle Fournit 1 35 ,000 livres de lard. C'était une femelle pleine \ son fœtus avait déjà 3o pieds de longueur et pesait i,5oo livres \ la mère devait peser plus de 5oo,ooo livres» La force des muscles doit être proportionnée à cette masse gigantesque ; et quels efforts prodigieux ne faut-il pas à la baleine pour remuer avec vitesse un corps de cette taille \ lui faire fendre les eaux; le faire bondir à leur surface; soulever des dômes énormes de glaces sur son dos, et parcourir comme un trait la vaste plaine des mers ?

La baleine doit vivre très-long-temps , de même ue les poissons ; mais on ne connaît pas la durée e sa vie : on sait seulement que le développement des baleines s'opère lentement, et l'on a jugé , d'après le volume que ces animaux présentaient lors des premières navigations et des premières pèches dans les mers polaires, que la vie de la baleine pouvait être de bien des siècles. BufTon a dit qu'une baleine pouvait bien vivre 1000 ans; puisqu'une carpe en vit plus de 200.

On ne trouve guère à présent que des baleines de 4o , de 5o à 80 pieds au plus; elles se tiennent dans les mers polaires et s'enfoncent très-avant entre les

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glace* y où les navires pécheurs ne les poursuivent qu'avec beaucoup de périls et de peines*

Le corps de la baleine peut être comparé à une forme de cordonnier renversée $ sa tête, d'une taille énorme, fait environ le tiers de la longueur totale ; son sommet est incliné comme un toit ; au milieu , les deux évente sont placés sur une éminence. L'ouverture de la gueule est extrêmement vaste, et a la figure d'un S. Chaque mâchoire a la même longueur, mais l'inférieure est la plus large, sur- tout dans son milieu ; elle a des lèvres charnues et creusées en gouttière large et profonde, pour emboîter les barbes ou fanons de la mâchoire supérieure.

Ces fanons , ces barbes sont en lames fibreuses de diverses longueurs ; les plus petits ont 3 pieds de long , et les plus grands en ont i5 5 ils sont placés transversalement et dans une direction oblique qui tourne du côté de la gorge; leur grandeur va en décroissant successivement, et leurs bords sont effilés, larges vers l'une de leur extrémité; ils s'amincissent à leur autre bout. Vers les deux extrémités de ces rangs de fanons y se trouvent des lames carrées, petites comme des tuyaux de plumes*, et de 4 pouces de longueur; leur substance est plus tendre ; elles sont moins rapprochées aussi • Le tranchant effilé èeê fanons pose verticalement sur la langue et sur la mâchoire inférieure.

Ces lames ou fanons occupent tout le palais et la gueule des baleines; ils sont épais d'un pouce ou même moins, et tranchans à leur bord, avec des fibres effilées. Cette réunion touffue de fanons placés en ordre fait paraître la surface du palais des baleines comme la peau d'un animal tïbuverte de crins 011 de soies très-rudes : le développement de ces fanons est analogue à celui des cheveux ou de la corne des animaux.

Chaque fanon est composé de fibres longitudinales de la nature de la soie de cochon ; ces fibres sontcollées ensemble, mais peuvent se séparer. Lorsque les pêcheurs ont détaché ces barbes de la mâchoire des baleines , ils les fendent et les débitent peur en^faire des buses, des rayons de parapluie, etc. Cette matière est très-flexible et de la nature de la corne, car elle se ramollit dans l'eau chaude $ mais elle ne s*y dissout pas. On appelle cette matière de la baleine; elle sert dans plusieurs arts, et forme des ressorts doux et très-élastiques.

La peau de la baleine est épaisse d'un pouce environ , brune ou noire en dessus , et blanchâtre en dessous du corps. Son épiderme est analogue à celui de la plante des pieds dans l'homme, et son tissu est composé de couches successives* Le tissu de la peau ae confond presque avec le tissu cellulaire graisseux, sous-cutané dans la baleine franche. Communément la peau de cet animal est très-lisse, sans écailles, polie et brillante , parce qu'elle est huileuse j souvent on y remarque des marbrures de diverses couleurs.

Dans tous les cétacés , la langue est courte , attachée à la mâchoire inférieure, et d'une nature graisseuse comme tout le corps. Celle des baleines tranchée est une masse de chaire molle , spongieuse et presque sans mouvement , parce qu'elles ont seulement besoin d'ouvrir leur gueule pour écraser

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