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avec leurs fanons lés petits animaux dont elles se nourrissent. La langue est presque la seule partie du corps que les matelots puissent manger, car la chair de la baleine est très-dure et cornée 9 ses fibres sont extrêmement grossières et imbibées d'une huile dégoûtante. On observe des marques noirâtres sur les cotés de la langue de ces animaux , qui a une forme arrondie et souvent 18 pieds de longueur sur 10 de largeur : on en peut remplir plusieurs tonneaux.
Derrière les yeux sont placés les tuyaux des oreilles sans pavillon extérieur : c'est par ces trous que les pêcheurs adroits lancent le harpon , afin que , pénétrant dans l'os pierreux des oreilles, il y adhère plus fortement. L'os de l'oreille in térienre est, en effet, très-dur dans la baleine ] il a la forme d'une coquille uni valve; les parties qui servent à l'ouïe sont renfermées dans cet os , de même que chez les Quadrupèdes , car l'oreille intérieure des cétacés ne diffère point essentiellement de la nôtre. Aussi leur ouïe est très -délicate. La nature leur a donné cet avantage , afin qu'ils puissent reconnaître de loin leurs nombreux ennemis. Ordinairement l'os de l'oreille est enfoncé de 3 à 4 pieds sous les ohairs , le lard et la peau; il est d'une substance extrêmement compacte, et fait feu avec l'acier.
Les nageoires pectorales de la baleine sont deux larges membres de forme ovale, aplatie, échancrée. Dans leur intérieur , on ne trouve pas des rayons comme chez les poissons , mais toits les os de l'épaule , du bras et de la main ; seulement ils sont tous raccourcis, couverts d'une chair tendineuse ou demicartilagineuse , et revêtus d'une peau épaisse. La baleine franche n'a point de nageoires -sur le dos ; celle de la queue est formée de deux lobes éch ancrés et posés horizontalement. Dans leur intérieur , on trouve les ru di mens des os du bassin. Avec ces seules nageoires , la baleine fend l'eau avec la plus grande vitesse; sa graisse abondante allège son corps, le fait surnager , et la plus légère impulsion lui suffit pour glisser rapidement sur la plaine des mers. Si elle veut plonger, elle resserre son corps $ et pour remonter sur l'eau , elle •'étend. Les cétacés ne sont pas des animaux véritablement aquatiques; ils ne vivent pas au sein des eaux , mais seulement à leur surface \ ils sont plutôt habitans de l'air , puisqu'ils le respirent par les poumons.
Les baleines et les autres cétacés n'ont pour voix qu'une sorte de mugissement assez fort, ou de grognement qu'ils font entendre lorsqu'ils sont dans les souffrances -de l'agonie.
Il y a, dans les baleines et les cétacés les mêmes os que dans la charpente des quadrupèdes , à l'exception de ceux du bassin et des extrémités inférieures, qui manquent dans tous. Leurs muscles sont aussi les mêmes et leur substance est coriace , trèsfibreuse $ ils sont environnés d'un tissu cellulaire extrêmement abondant , dont les cellules sont remplies de graisse ; leur surface extérieure est enveloppée d'un lard très-épais et en plusieurs couches ; au-dessus du lard et immédiatement sous la peau , se trouve une couche d'huile renfermée dans une membrane réticulaire On trouve cinq grandes poches dans l'estomac des baleines ; elles ont aussi un
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cœcum et de très-longs intestins , parce qu'elles vivent de nourriture moins animalisée que les cétacés pourvus de dents.
Nourriture. — On serait tenté de croire d'abord qu'un aussi puissant animal dévore les plus gros poissons; mais en considérant que la baleine n'a point de dents , que ses fanons sont de nature assez flexible, que les muscles de ses mâcboires sont trèsfaibles , on reconnaîtra qu'elle ne peut se nourrir que des plus petits animaux. Ses alimens ordinaires sont composés de vers, de mollusques , de zooj'hites, tels que les actinies , le planorbe boréal, l'argonaute arctique , la clio à deux bras, les petits crabes (pedatus et oculatus} Linn.J, les méduses, etc. Comme ces petits animaux sont en nombre infini dans les mers polaires , la baleine n'a , pour ainsi dire , qu'à ouvrir sa gueule pour les engloutir par milliers ; elle les brise facilement sous ses fanons tranchans, tandis qu'une proie plus dure et plus osseuse résisterait à leur compression. Les zoo phi tes que dévorent les baleines ont l'instinct de se jouer avec les barbes effilées de leurs fanons , qu'ils prennent pour une proie ; ils viennent eux-mêmes se faire prendre entre ces barbes 5 le vaste animal , fermant sa gueule et rejetant l'eau en soufflant , écrase ces frêles nourritures vivantes et les engloutit dans l'énorme caverne de son estomac. On nomme walfisch - a as , amorce de baleine, ces zoophites, qui sont gros comme des fèves et ont l'odeur de- la mélasse.
La nature a très -bien proportionné la quantité des alimens, et leur nature avec la conformation de ces animaux gigantesques. Ce n'est point aux poissons que les vraies baleines font la guerre , elles se contentent de leur menue nourriture, comme le bœuf se contente de l'herbe des champs. Ce sont des animaux doux et paisibles, qui n'ont rien d'impétueux et de féroce dans le caractère.
Les excrémens des baleines sont un peu solides , d'une couleur jaune rougeàtre et comme aafranée; ils n'ont point de mauvaise odeur. Les pêcheurs en amassent, et on en fait usage pour teindre la toile en rouge. Cette couleur est de bon teint et assez agréable. «
. De la propagation . —Le mâle de la baleine a un membre génital long de 7 à 8 pieds, qu'on appelle balénas, et qui est renfermé dans un double prépuce comme un couteau dans une gaine. On trouve un 04 dans cette longue verge > qui a 7 pouces de diamètre à sa racine. Les testicules paraissent à l'extérieur dans le temps du rut seulement, et rentrent ensuite dans la cavité abdominale. Toutes ces parties génitales sont à- peu -près conformées comme celles des quadrupèdes ruminans. On observe, dans la femelle, une vulve placée près de l'anus, et pourvue d'un clitoris; des grandes lèvres et des nymphes. De chaque côté du vagin , on voit uue mamelle enfoncée dans un sillon de la peau. A l'époque de l'allaitement, les deux mamelles sont gonflées de lait; elles ont alors un pied de largeur et à-peuprês autant de longueur; mais elles diminuent et se rident lorsque le baleineau ne tète plus.
Lorsque les baleines veulent s'accoupler, elles s'apparient , voyagent de compagnie vers quelque rive déserte. Le mâle et la femelle s'approchent , se
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laissent tomber perpendiculairement sur leur queue, et n'ayant que fa tête hors de l'eau , ils se pressent amoureusement et s'embrassent étroitement en entrelaçant-leurs nageoires : alors s'accomplit l'acte de la génération. «Selon Dudley , la femelle se couche sur le dos et reçoit le mâle entre ses nageoires latérales; c'est de cette manière aussi que s'accouplent les marsouins. On prétend que l'union sexuelle n'a lieu que tous les 2 ans chez les baleines. Le couple demeure fidèle, et les différentes espèces ne se mélangent jamais. La femelle porte seulement 9 ou 10 mois son fœtus; rarement elle accouche de deux baleineaux ; c'est vers le mois d'avril qu'elle met bas son petit, qui a déjà i5 à 20 pieds de longueur. Lorsque le baleineau veut téter, la mère se place sur le côté et présente sa mamelle à l'air, afin ue le petit puisse respirer. On assure que le lait es baleines est gras et nourrissant; celui de la femelle du nésarnak ressemble au lait de vache, auquel on aurait ajouté de la crème. Les baleineaux sont très-gras pendant l'allaitement, et donnent près de 5o tonneaux de graisse, tandis que les mères maigrissent beaucoup. Ils tètent pendant un an,' et on les nomme alors shortends ou courtes têtes en anglais. A 2 ans, ils sont comme hébétés après avoir été sevrés, et sont appelés^&z/iAs ( bêtes) ; leur graisse est moins abondante à cette époque , car ils n'en fournissent qu'environ 24 tonneaux.
On observe que les baleines ont le plus grand attachement pour leurs pelits, et ne les quittent jamais de vue. Avant de songer à sa sûreté , la baleine n'a soin que de son petit ; elle le protège, le défend de sgs ennemis en exposant sa propre vie. Cet animal si timide , quoique si puissant , devient terrible pour défendre son baleineau» S'il échoue sur les rivages , la mère s'expose à échouer pour le remettre à flot.
La couleur des baleineaux est brune et quelquefois
{>anachée de blanchâtre, tandis que celle. des baeines est communément d'un beau noir ; on y voit quelques raies blanchâtres et comme marbrées ou veinées. De loin , et lorsque le soleil brille , ces on* dulations de couleurs sont assez agréables ; le dessous du corps est d'un très-beau blanc argenté. Dans les mers du nord-ouest, on rencontre des baleines toutes blanches, suivant £ilis, et les vieilles portent quelquefois une bande transversale d'un blanc sale sur le dos. Les cicatrices des blessures des baleines restent blanches.
Des lieux où se trouvent les baleines > .et de leurs voyages.— Autrefois les baleines se répandaient sur presque tout l'Océan , et descendaient des mers glaciales jusque dans les plages tempérées, avant que l'audace et la cupidité des hommes eussent porté le ravage et la mort parmi ces animaux tranquilles. Plusieurs fois elles ont pénétré dans la Méditerranée ; elles entraient même dans les ports. Leur présence près de Saint-Jean-de-Luz avait excité les Basques 4 en faire la pêche avant le douzième siècle , car Guillaume Breton, poëte qui vivait vers l'an 1140, en, fait mention. Poursuivies dans nos mers, les baleines se sont réfugiées peu-à-peu vers le nord , leur patrie naturelle. On les trouve dans la mer Baltique > mais principalement dans la mer Glaciale , sur les
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côtes d'Islande et du Groenland , au détroit de Davis, auprès du Spitzberg, de l'Ile de Mayen, à Terre- Neuve, etc. Elles se retirent de plus en plus vers le pôle et entre les'glaces inaccessibles qui encombrent les mers du Nord. On en rencontre aussi dans la mer qui sépare l'Asie de l'Amérique septentrionale. Mendès-Pinto en vit tuer une sur les côtes d'une île du Japon. L'Océan central nourrit aussi un grand nombre de baleines qui viennent quelquefois échouer sur les côtes du Cap de Bonne -Espérance. Aujourd'hui la baleine franche se pèche entre le 77e. et le 79e» degré de latitude nord ; il est dangereux de les poursuivre plus près du pôle, à cause de l'abondance des glaces. Les cachalots se tiennent- dans des régions plus tempérées , et s'avancent en troupes jusque dans les mers les plus chaudes*
Au temps de l'accouplement , les baleines émigrent. Selon quelques marins, vers le mois de novembre , les baleines franches quittent les mers du pôle et entrent dans le fleuve Saint-Laurent, vers Québec , pour y faire leurs petits. Au mois de mars, elles retournent dans leurs glaces. La faim, les tempêtes, la poursuite acharnée des pécheurs, les déterminent aussi à changer de demeure \ cependant ce sont des animaux assez stationnâmes, tandis que les cachalots se répandent dans toutes les mers.
Des mœurs, habitudes et combats des- baleines contre leurs ennemis. — loua les animaux cétacés ont un caractère assez pacifique , et plutôt grossier que méchant ; ils ne deviennent farouches qu'à force d'être tourmentés. Les baleines sur-tout étant privées de dents , n'ayant aucune arme défensive , et embarrassées le plus souvent de la masse énorme de leur corps , ne sont point capables de se défendre avec succès contre des ennemis robustes et agiles. Cette conscience de leur faiblesse les rend timides et craintives ; cependant l'amour maternel , le désespoir, les rendent furieuses, et leur font employer tonte leur force pour se défendre ou pour échapper à leurs implacables persécuteurs.
• Dans l'état tranquille 9 la baleine se promène avec assurance au milieu des mers , se joue au milieu des tempêtes , cherche sa nourriture au fond des abîmes et- se livre à l'amour. C'est un animal assez vorace et qui mange presque continuellement; sa vue est faible, mais son ouïe est excellente , et il fuit aussitôt qu'il entend quelque bruit inquiétant ; sa nage est extrêmement rapide , et lorsqu'il frappe de la queue sur l'eau, il produit un fracas pareil à celui d'un coup de canon. La baleine nage ordinairement en droite ligne. Quelquefois elle caracole autour des vaisseaux, qu'elle parak prendre pour certains animaux d'une taille extraordinaire. Elle souffle trèsfort et rejette quelquefois avec tant de. violence l'eau qui entre dans sa gueule , qu'elle retombe en pluie fine ou en brouillard. Elle se meut avec vitesse, mais se tourne assez difficilement; ce qui lui donne beaucoup de désavantage vis-à-vis d'un ennemi agile.
* C'est une prévoyance assez remarquable de la nature-d'avoir rendu, .pacifiques et timides les plus grands animaux, et de les avoir mal armés, de crainte qu'ils ne détruisissent trop d'espèces et ne devinssent redoutables à tous les êtres vivans. Ce-
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pendant les baleines sont , par leur seule masse et la violence de leurs chocs, des adversaires redoutables ; elles se ^défendent avec une vigueur impétueuse contre les attaques de leurs ennemis.
Un grand nombre de poissons déclarent la guerre à la baleine} et de tous ses ennemis, il n'en est point de plus acharné et dé plus cruel que la vivelle, qu'on nomme aussi espadon ou poisson-scie ; c'est une grande espèce de chien de mer, dont le museau est* prolongé en lame plate, garnie de chaque côté de fortes dents ( squalus pristis^ Lin.). En hollandais 011 la nomme zaag-vich. Lorsqu'une vivelle aperçoit une baleine, elle court dessus et l'attaque avec une grande vigueur ; la baleine , à l'aspect de son implacable ennemi, saute de furie, mugit, frappe les eaux , s'agite avec des mouvemens extraordinaires, et cherche à atteindre la vivelle d'un coup de queue. Si elle peut lui en asséner un seul coup, elle l écrase; mais la vivelle est agile, adroite; elle se retourne , prend la baleine par-derrière, fond sur elle , bondit , s'élance sur son dos et la déchire de ses dents.
On dit aussi que le narwhal et la baleine ont beaucoup d'antipathie entre eux: aussitôt que 1 éprenne r aperçoit la baleine, il lui porte de rudes coups avec sa dent, longue de 8 à 1 o pieds, qui sort en avant et toute droite de sa mâchoire supérieure. (V. Narwhal, ) Cet animal s'appelle aussi licorne de mer* Lorsqu'il rencontre des vaisseaux , les prenant pour des baleines, il fond quelquefois sur eux et enfonce sa dent d'un grand coup dans la quille du bâtiment.
Mais il est un autre ennemi plus redoutable et plus cruel : c'est le cachalot mierops, espèce de cétacé dont la gueule est armée de dents pointues et crochues. ( Y. Cachalot, ) A l'aspect des baleines , sur-tout de la jubarte, de la baleine à bec, des bélugas, des marsouins et des phoques, il entre en fureur, s'approche la gueule béante, s'acharne à sa proie, la déchire toute vivante en . lambeaux, qu'il arrache et dont il fait sa nourriture.
L'épée-de-mer (qu'il ne faut pas confondre avec le xiphius gladias (Lin.) ou V empereur) est une espèce de dauphin long de 20 à 3o pieds, dont la gueule est armée de dents aiguës, et qui porte sur le dos une nageoire longue de 5 à 4 pieds, semblable à un sabre recourbé. 11 n'y a point d'ennemi plus féroce et plus acharné contre les baleines ; Anderson assure que « c'est plutôt par la gueule que ces animaux sont dangereux ; et comme ils marchent ordinairement par petites troupes ( de cinq ou six) , ils attaquent la baleine tous à-la-fois et emportent de gros morceaux de son corps , jusqu?à ce qu'étant échauffée à un certain point, elle ouvre la gueule et en .fait sortir sa langue. Ils se jettent aussitôt sur cet organe, qui est presque la seule partie qu'ils mangent ; et s'étant à la fin introduits dans la gueule, ils l'arrachent tout entière. x> A Ja vue de ces animaux voraces et très-forts > la baleine fuit avec une grande vitesse $ mais ils la. poursuivent et lui font de larges entailles .avec leurs sabres. On les nomme killars, c'est-à-dire assassins.
Il est encore un autre ennemi des baleines : l'ours blanc du Spitzherg et du Groenland y qui est très** friand . de .leur graisse et de leur, chair , et qui , , se
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tenant, en sentinelle sur des bancs de glaces, saute suc la baleine et enfonce ses griffes dans sa chair , qu'il dévoue toute vivante.
Une multitude d'autres animaux vivent aux dé-
Eens. de la baleine* 11 s'attache sur elle des vers qui i rongent; des animalcules se logent dans ses chairs ; les oiseaux de mer les plus voraces fondent sur son dos et enlèvent des lambeaux de sa graisse sans pouvoir être atteints. Les goélands, Les lummes, les albatros, les grands pétrels , les pufSns ou fuimars, accourent en nuées et poussent d'horribles clameurs , s'attachent comme des harpies insatiables, sur la baleine prise , échouée ou mourante , se gorgent de sa chair, et la vomissent pour en dévorer encore. Rien n'égale l'audace et la rapacité de ces oiseaux ; ils viennent jusque sous la main des pécheurs leur disputer le lard de la baleine , et l'on a mille peines à les chasser ou à les tuer ; car ils se défendent avec les griffe* et le bec , et dégorgent sur les assaillans des flots d'huile rance et fétide. Leur nombre immense obscurcit les airs, couvre les monts de glaces, et leurs cris importuns assourdissent l'oreille.
DiverT coquillages s'attachent sur le dos des ba«leines , comme le lepas balœnaris (Lin.) sur la jubarte ; des chitons sur la baleine franche , et des espèces de pous. s'enfoncent et se cramponnent dans la peau des lèvres, des organes de la génération, et de toutes les parties où l'animal ne peut pas se frotter.
Baleine a aossns , balœna gibbosa , de Un. et de Bonnaterre, se distingue de la baleine franche par les six bosses qu'elle porte sur le dos près de la queue , et par la couleur blanche de ses fanons. Du reste , sa couleur est la même; elle donne à- peuprès autant d'huile, proportionnellement à sa taille, qui est moins considérable que celle de la grande baleine* Ses barbes, toutes blanches, se fendent plus difficilement. Quelquefois cette espèce est maigre ; on la trouve dans les mers qui baignent les Etats-Unis d'Amérique. Les Anglais la nomment scrag+whale, et les Hollandais knobbel-visch $ il paraît que cet animal est peu différent de la baleine franche*
Balezice - Tampon , le bunch 9 ou humback- •whale des Anglais, lepensvich des Hollandais, ou le pflockfisch, est une autre espèce de baleine, balœna nodosa de Bonnaterre. On la rencontre aussi dans les mers de la Nouvelle- Angleterre. Elle diffère de la précédente par une bosse de la grosseur.de la tête , qu'elle porte près de la queue sur le dos. Les nageoires de la poitrine sont longues de 18 pieds et de couleur blanche. Comme la tête de cet animal est longue de près du tiers de tout son corps , ses nageoires sont situées presque au milieu du corps. On estime peu ses fanons, quoique meilleurs que ceux du gibbar ( balœna phisalus, Lin. ). Sa graisse ressemble au lard de cette dernière. Sa bosse a la figure d'un pal penché en arrière.
Baleine a bec, balœna rostmta* (Lin.) Cette espèce ressemble beaucoup à IsJubarte. (Y. ce mot.) Vu de côté, son corps est ovale, trèfi*allongé ; sa tête, conique, fait à-peu»près le quart de la longueur totale du corps; ses mâchoires sont longues, étroites
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et amincies en forme de bec. Cette baleine a de petits yeux placés aux angles des mâchoires et les deux évents au sommet du crâne ; les fanons trèscourts et de couleur blanche $ les nageoires latérales de figure ovale, aplatie ; sur le dos, une autre nageoire arrondie et penchée vers la queue, et dont la position sur le dos correspond à l'anus; la poitrine couverte de plis parallèles et longitudinaux $ le dos d'un brun noir, qui s'écisircit sur les flancs , et le ventre d'un blanc marbré de rougeâtre. Ce cétacé nage avec une vitesse extraordinaire . Son lard , épais et dur , produit peu d'huile ; aussi les pécheurs donnent rarement la chasse à cette espèce; mais les Groenlandais , qui trouvent sa chair délicate,. l'attaquent fréquemment et la tuent à coups de flèches sans l'approcher. La baleine à bec ne devient jamais très-grande; elle se répand quelquefois dans nos mers d'Europe; il en échoua une, en 1786 , sur les côtes d'Angleterre , et qui n'avait que 17 pieds.de longueur. Elle se nourrit des petits poissons qu'elle poursuit avec ardeur, et principalement d'une espèce de petit saumon qui est commune vers le pèle arctique , le salmo artlcus de Linné.
Y., pour les autres espèces de baleine, les mots Nord-Caper, Jubarte, Gibbar, Rorqual , et bout les autres cétacés les mots- Cachalot, Narwhaî, et Dauphin.
OJB LA PKCKE DE L>A BAUUltE.
Histoire de la pêche de la baleine et encouragemens
accordés à cette pêche.
Noël de la Morinière , dans son histoire générale des Pêches , observe qu'il n'est pas probable que la pêche de la baleine ait été la première dont se soient occupés les Grecs, et qu'il a dû en être de môme chez tous les peuples. On sait, dit+il , qu'il dut s'écouler une longue suite d'années avant que l'homme osât mesurer ses forces avec ces énormes habitans des eaux. On manquait d'armes assez fortes pour les attaquer avec avantage ; et ceux-qui les premiers osèrent s'en approcher firent peut-être une épreuve fatale de l'infériorité de leurs moyens, et payèrent de leur vie la peine de leur témérité.
Il parait que les Tyriens en faisaient la pêche ; et il est certain que , de leur temps, la baleine était commune dans les mers de -la Phénicie.
Aristote a très-bien distingué la baleine du dauphin , d'après la situation de son évent.
Les Grecs se plaisaient à croire que les mers de l'Inde nourrissaient des cétacés cinq fois plus gros que le grand éléphant. Ils pensaient que r Atlantique avait, comme elles, le privilège d'en posséder dont la taille énorme et gigantesque remportait sur celle des baleines de la mer Egée. Cette opinion, fondée sur le récit de quelques marchands grecs qui avaient pénétré dans l'Orient jusqu'aux bouches de l'Indu* , fut confirmée par la relation de Néarque, qui commandait la flotte d'Alexandre dans le golfe Arabique. En effet, Néarque y trouva une grande quantité de baleines, qui s'opposèrent en quelque sorte à la navigation de sa flotte , qui cinglait vers le midi. Néarque s'étant assuré que le bruit des instrumens de guerre produisait une impression decrainte et de terreur sur ces monstrueux animaux,
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eut recours à cet expédient t il tlouna l'ordre de -sonner de toutes les trompettes comme s'il se fût agi d'un combat} et se portant à pleines voiles vers fa partie de la mer occupée par les babines, elles rompirent leurs rangs et lui laissèrent le champ libre. U parait que les habitans du golfe Arabique en détruisaient beaucoup chaque année, et qu'ils se nourrissaient de leur chair; car du temps de Strabon , elles étaient déjà moins nombreuses. Les os» semens de celles qui étaient poussées mortes et venaient s'échouer sur les côtes , leur servaient de solives pour la construction de leurs cabanes. Strabon cite d'autres nations barbares de la côte d'Afrique qui se revotaient de peaux de serpens et de poissons , et il est évident que par ces derniers il faut entendre les baleines et les grands squales.
A cette époque, où la Grèce comprenait plusieurs républiques 7 celles dont le territoire s'étendait sur les bords de la mer, ou se composait d'Iles, pratiquaient la poche de la baleine, qui s'y soutint pendant plusieurs siècles avec succès, puisque Elien rapporte que , de son temps , non-seulement on employait les nerfs (sans doute les fanons) des baleines péchées auprès de l'île de Cytnère à faire des cordes d'instrumens de musique , mais qu'on s'en servait aussi dans la composition des machines de guerre. Néanmoins cette pèche et celle des poissons, si utiles, si variées, si multipliées dans les mers de la Grèce , n'acquirent d'importance qu'à l'époque des rivalités politiques qui s'élevèrent entre Athènes et Sparte , entre les Grecs et les Perset , parce que la nécessité de réunir le nombre d'hommes de mer nécessaire à l'équipement des flottes dut tourner l'activité des gouvernemens grecs vers cette branche d'industrie si favorable à leurs vues guerrières.
Suivant un passage de Xénocrate , nous voyons qu'en Grèce on mangeait de la chair de baleine après ravoir salée; mais c'était un aliment peu recherché à l'époque où il écrivait*
Lorsque les Romains eurent porté leurs armes dans les contrées maritimes de l'Afrique et de l'Asie, et qu'ils eurent ouvert des relations de commerce avec l'Inde par la mer Rouge , ils apprirent des peuples de ces contrées l'art de prendre la baleine, si déjà ils ne l'avaient reçu des Grecs. Cet art, transplanté chea eux , s'y perfectionna quand ils eurent soumis les Gaules, la Germanie inférieure et la Grande-Bretagne. Le golfe Cantabrique, la Manche , et en général la partie de l'Océan septentrional qui entoure les lies-Britanniques, abondaient en ba-
On confondait toujours les grands squales avec les baleines, puisque les Romains, à l'imitation des Grecs , désignaient par le nom de cetus tout poisson d'une taille remarquable. •
Du temps d'Oppien, on croyait que les baleines avaient un chef, qui , nageant à k tète de ces cétacés , leur servait de guide 5 et suivant Elien , les pêcheurs pensaient que s'ils parvenaient à s'emparer de ce cernée conducteur, remarquable par sa force et sa grande taille, par la blancheur de son cuir et la longueur de sa tête, la capture des autres deviendrait plue Sicile.
Oppien a décrit cette pêche très au long. U in-
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diqueles instrutnens dont on se semait, et il cite le foie de bœuf comme l'un des meilleurs appâts. Il mit mention de grandes outres remplies d'air que l'on fixait au «âble rapidement filé, pour s'assurer de la route que tenait l'animal, qui emportait avec lui l'hameçon et l'appât.
11 décrit sur-tout les mouvemens brusques et terribles auxquels se livre ce oétacé , lorsqu'il entraîne au fond de la mer les outres , qui lui opposent une résistance incalculable, ou que, -cédant à leur farce on perdant insensiblement la sienne , il se voit contraint de nager près de la surface de l'eau. Alors les pécheurs , à la vae des outres, montent sur des barques légères, s'avancent armés de lances garnies d'un fer à deux pointes, attaquent de nouveau la baleine, la mettent à mort malgré ses coupe de queue qui menacent de faite chavirer leurs barques et l'amènent à terre , au milieu des crie de joie des vainqueurs.
Nous ne trouvons pas que les Romains aient connu l'art d'extraire l'huile de ceux des cétacés dont ils parvenaient à s'emparer sur les côtes de leur vaste empire.
La pèche de la baleine , dans -le Nord , a une origine très -ancienne. Dans l'Burope moderne, les Basques ont passé jusqu'à présent pour être les premiers qui osèrent attaquer les grands cétacés , et qui réussiront à s'en emparer ; mais il est certain que les Normands avaient , depuis plusieurs siècles , précédé les Basques dans ce genre d'industrie , et c'est ce qui est établi par les documens -historiques rapportés dans l'ouvrage de Noël, p. a 18, où ce savant observe d'ailleurs que dès le XIIe. siècle les Norwégiensetles Islandais distinguaient déjà vingttrois espèces de baleines par des noms différens , et d'après leurs habitudes particulières*
Lorsque les Norvégiens abordèrent ou Groenland, ils purent s'assurer que les Skrelings ou naturels du pays, ne vivant guère que do chair de baleine et de phoque, n'allaient jamais en mer dans leurs barques de cuir sans avoir avec oux tous les instrutnens nécessaires pour la pèche de ces animaux. Les Norvégiens en mangeaient aussi la chair.
Depuis que le christianisme eut été prêché dans le Nord , la chair des baleines fut assimilée à celle des poissons, et l'on en mangeait les jours maigres, tandis qu'on s'abstenait de celle des phoques et des morses : on en mangeait aussi en Angleterre , en France > en Allemagne*
L'huile de baleine était une substance extrêmement recherchée par les habitans du Nord. Celle de la baleine-Twfer passait pour avoir une odeur agréable-et une saveur particulière.
Albert et Vincent de Beauvais nous apprennent que dans le XIIIe. siècle les pécheurs de la Basse- Allemagne faisaient la pêche des baleines , quoique les actes diplomatiques ou réglementaires n'en fassent pas mention. On les prenait par deux procédés différens. Le premier consistait à les harponner , ainsi qu'on le pratique de nos jours. Les barques destinées à agir de concert étant rassemblées, on faisait retentir l'air du son des timbales et autres instruirons; et au moment où lecétacé imprudent y prétait son attention, on lui lançait le harpon at-
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taché à une longue corde. Le second procédé consistait à lancer de loin un harpon au moyen d'une forte batiste , machine de guerre qui a précédé Pusage du canon; d'où il faut conclure que les Anglais, en employant la poudre pour lancer le harpon comme un boulet, n'ont fait que changer la puissance motrice- Outré l'huile, la chair, les dents, les fanons qu'on obtenait des baleines à l'époque dont nous parlons , les nerfs étaient une cinquième substance qui rendait la capture de ces cétacés avantageuse aux pécheurs, parce qu'ils en composaient des cordages plus déliés, renommés par leur force , et spécialement employés pour la pêche du requin, du brygd et du flétan.
Relativement à la pèche faite dans le Nord , nous observerons que toute baleine prise en mer appartenait aux pêcheurs 5 mais que blessée ou morte, si elle échouait et n'était pas réclamée dans un délai fixé, elle appartenait au roi. Ce droit lui était acquis d'après le principe reçu que le roi étant seigneur du rivage de la mer , toute chose naufragée qui échoue sur son territoire devient sa propriété. Pour que le souverain pût jouir de cette prérogative royale , il fallait que la baleine , ou tout gros poisson échoué, fut d'un tel poids, qu'un homme seul ne pût le porter. Cependant les lois avaient assuré une prime à celui qui trouvait une baleine et en donnait avis à l'officier du roi. D'après celles du Jutland, par exemple, si l'homme était à pied au moment où il avait fait cette découverte , il prenait du lard de baleine autant qu'il en pouvait porter ; s'il était à cheval, autant que le cheval pouvait en porter; s'il était en charrette, la quantité qu'elle en pouvait contenir 5 s'il était sur un bâtiment , autant qu'il en fallait pour remplir une barque montée de six rameurs. Nous allons voir le droit de baleine et de poissons royaux passer du Nord dans l'Europe occidentale, et s'y maintenir conformément au principe qui l'avait fait introduire en Norwege , en Suède , en Danemarck, etc.
A l'époque de l'invasion des Normands en France, la Manche possédait encore des baleines , et il est parlé de la pêche de ces cétacés sur les côtes de Flandre , en 87S , dans le livre de la Translation de saint WaasU Une Vie de saint Arnould , évéque de Soissons dans le Xl«. siècle, fait mention delà pêche de la baleine au harpon. Les baleines se montraient dans la Manche en assez grande quantité vers Pan 1402 ; et il en est parlé à l'occasion d'une violente tempête où périrent plusieurs bâti mens, dont on leur attribue en partie le naufrage. Les côtes de Flandre étaient encore fréquentées par ces grands cétacés au commencement du XV«. siècle, puisqu'en i4o4 il s'en échoua près d'Ostende huit qui tombèrent au pouvoir des habitans.
On confondait souvent les baleines avec les marsouins , et c'est de ces derniers qu'on doit entendre ce qui est rapporté dans plusieurs actes du moyen âge, où il est dit qu'on mangeait de la chair de baleine dans les monastères de France; que plusieurs églises jouissaient d'un droit de baleine, etc.
Dans le golfe de Gascogne, la pêche y était pratiquée par les Basques à une époque où ils étaient
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pirates comme les Normands; ils la faisaient sur leurs propres côtes quand les femelles des baleines s'y. réunissaient dans la saison où elles produisent leurs petits. Lorsque ces animaux devinrent plus rares^ les Basques se portèrent sur les côtes d'Espagne et y établirent une nouvelle pêche avec d'autant plus de facilité, que, suivant Cerqueyra, dès 9999 ils avaient occupé la ville de Porto à titre de conquête et fondé des colonies dans son voisinage. Ils étaient dans l'usage de donner à l'église, par dévotion, les langues des baleines et des baleineaux1, comme la partie la plus délicate: ces offrandes étaient volontaires.
Les rois d'Angleterre s'attribuèrent depuis des droits de baleine et les incorporèrent à leur domaine. Une charte du roi Jean, de 11991 relate ceux que les pêcheurs acquittaient au port de Biarritz. En i3i59 Edouard II se réserva Péchouement des baleines sur les côtes de Biaquarosse et de Sart, terre de Labourd 5 et en 1 338 , Edouard III , voulant dédommager Pierre de Puyanne des dépenses qu'il avait faites pour équiper à Bayonne l'escadre dont il était amiral > lui délégua les droits qu'il percevait au port même de Biarritz (6 livres sterling sur chaque baleine qu'on y amenait). H fallait que la capture annuelle de ces cétacés fût considérable pour que les droits seigneuriaux s'élevassent à une somme telle qu'Edouard l'affectait aux frais de l'équipement de ses bâtimens de guerre : ce fait seul doit nous donner une grande idée de la pêche de la baleine dans le golfe de Gascogne , vers le milieu du XTV>. siècle.
II. paraît, d'après d'anciens manuscrits > que les baleines n'habitaient point ce golfe pendant -toute l'année ; elles ne s'y montraient que depuis i'équinoxe du printemps jusqu'à celui d'automne : ainsi ce ne fut d'abord qu'une pêche côtière et saisonnaire que firent les Basques. Il leur était réservé de pousser leurs expéditions dans le cours des siècles suiyans, vers le nord du Nouveau-Continent, et d'être, en matière de pêche , les modèles et les maîtres des autres nations de l'Europe. On vendait alors la chair de ces cétacés dans les marchés de Bayonne , de Ciboure et de Biarritz; on regardait la langue sur-tout comme un mets très-sain. Cette chair, salée, était un objet de commerce et faisait partie des approvisionnemens de bouche des armées de terre et de mer.
Les Anglais et les Ecossais ne paraissent pas s'être occupés à cette époque de la pêche de la baleine; on voit seulement d'après un acte d'Edouard II, de i324, et un autre de Henri Y, de i4*5, 4ue ces princes réclament ou concèdent la dime de la baleine \ mais , observe M. Noël , il n'était peut-être question dans ces actes que des baleines .capturées par échoue ment et par suite de tempête. Les Islandais faisaient'cette pêche avec un avantage soutenu et sans interruption ; et ils apportaient dans le XV*. siècle, à Bergen, l'excédant de leurs huiles. Enfin la pêche n'était pas encore l'objet des arméniens des villes anséa tiques et hollandaises, quoique la chair et les fanons.de baleine fussent pour elles des matières de commerce.
L'usage de ces fanons en France y était également répandu dès le commencement du XIIIe. siècle. Ea
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120a, les hommes de guerre portaient, au lieu de plumets , des panaches de fanons de baleine effilés, dont ils ornaient leurs casques. Il ne faut donc pas s'étonner si ces fanons étaient une matière de commerce en i3j5, quand une ordonnance de Lodis-le- Hutin annonce que les cent baleines qui sont transportées à Paria par la Seine doivent 7 sous au roi. Les ordonnances des rois de France ne nous apprennent point si l'importation des fanons dé baleine à Paris était alimentée par les produits d'une pèche étrangère ou. nationale;. on est porté à croire qu'au moins la pèche française y contribuait pour une part, fin effet, à cette époque, et même antérieurement, on donnait en France, comme en Angleterre, les noms de balenger, de baleinier (balenger us, balcenarius) à certains bâtimens bons voiliers*
\a Histoire des Pêches, par £ioël; dont nous avons tiré l'extrait qui précède , «'arrêtant au commencement du XVe. siècle, nous tâcherons de compléter par d'autres documens celle de la pèche de la haleine. . Les baleines franches étaient, dans les £Ue. , XIIIe. et XIVe. siècles, répandues auprès dnaxôtes de France , et la pèche, de. ces animaux devaBy être lucrative 5 mais harcelées avec acharnement , elles se retirèrent vers des latitudes plus septentrionales.
L'historien des pêches des: Hollandais .dans les mers du Nord dit que les baleines franches trouvant plus de repos et une nourriture abondante auprès des côtes du Groenland, de l'Ile de Saint- Mayen et du Spitzberg, y étaient très-multipliées. Elles abandonnèrent ces parages que les pêcheurs des différentes nations vinrent se partager , et elles se réfugièrent vers les glaces du pôle. Voilà pourquoi plus on approche de. ces régions glacées, plus on trouve de grosses baleines chargées. de graisse, et faciles à prendre, et voilà pourquoi encore les grandes baleines que Ton voit en d$cà 4« <k)e« dg&ré de latitude , vers Labrador, par. exemple, et «ers le Canada, paraissent presque toutes blessées, pardes harpons lancés dans les parages polaires.
Ou assure néanmoins que, pendant l'hiver, elles quittent le voisinage des pôles .pou* s'avancer dans, la aone tempérée, où, jusqu'au retour du printemps, elles trouvent dans les pas-fonds une nourri fcu*e qu'elles ne pourraient cherche*. $&mà#9 masses de glaces, et où d'ailleurs elle* peuvent; respirer à la surface de l'Océan. .\ 8<-
Les Basques, qui pêçbaienfc la baleine ,, avant le XIK siècle, sur la côte de, .Biscaye, du golfe de Gascogne et de Saint- Jean~deTt»U£>.aniin& par le succès qu'ils avaient obtenu, affrontèrent. les dangers de l'Océan glacial^ et ;pacyinrent jusqu'au» côtes d'Islande et à celles du, Groenland ; ils équipèrent des flottes de cinquante à soixante navires, et aidés par les Islandais, ils trouvèrent dansune pêche abondante le 4^dommagement de Jeups peines et la récompense dpdeurs efforts*. *- ;, • -
Dès la fin du XVIe- siècle-, eu,. ^98 >.sous le règne d'Elisabeth , les Anglais , qui avaient été obligés, jusqu'à cette époque, fle se servir daa^Basques pour ia pêche de la haleine, envoyèrent dans }e Groenland des navires destinés à cette pêche \ et en 1608 , ils s'avancèrent jusqu'au 80e. degré de latitude septentrionale^ et prirent possession [de l'^le de May en*
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et du SpUzberg, que les Hollandais avaient découvert en i5o6.
.On vit, dès 161 a, ces mêmes Hollandais, aidés par les Basques, se montrer sut les côtes du Spitebexg , sur celles du Groenland et dans le détroit de Davis , et résister aux efforts des Anglais pour leur interdire les parages .fréquentés par les haleines .
'D'autres peuples, encouragés par les succès des Anglais et des Hollandais, les Bréniois, les Hamibourgeois , les Danois arrivèrent dans, les -mers du JNord, et se partagèrent les rivages lés plus. favorables à leur entreprise. Les Hollandais particulièrement, réunis en compagnies, formèrent de grands établissemens sur les rivages du Spiuberg , de l'île de Saint-Mayen, de l'Islande, du Groenland et du détroit de Davis, lia fondèrent dans l'Ue d'Amsterdam le village de Smeerenbourg (bourg de la Fonte).
C'était dans ces établissemens et dans les fourneaux des autres nations que l'on faisait fondre; le lard des baleines, et quîon préparait l'huile que donnait cette fonte. l'
En 167?, le gouvernement anglaisencouragea par une prime la pêche de la baleine, et en i6o5 la compagnie anglaise formée, pour cette- pêche était soutenue par des souscriptions dont la valeur montait à 83,600 livres sterling.
Le capitaine hollandais Zorgdrager, qui commandait le vaisseau nommé les Quatre- Frères , rapporte qu'en 1697 il se trouva dans .une baie du Groenland avec quinze navires brémois, qui. avaient pris 190 baleines \ quinze bâtimens de Hambourg, qui en avaient harponné 5oo\ et cent vingt et un vaisseaux hollandais, qui en avaient pris îaSau
Depuis 1669 jusqu'en 1778 inclusivement, les suels Hollandais ont pris, sur les côtes du Groenland, 57,589 baleines 5 et depuis 1719 jusqu'en 1778, aussi inclusivement, ils en ont pris 7,586 au détroit de Davis \. ce qui fait un total de 65,1/5 baleines.
Fendant près d'un siècle, on n'a pas eu besoin, pour trpuyer de^gijandçs troupes de ejes cétacés , de toucher aux plages de glaces : 0* ?e contentait de faire voile vers le, Spitzberg. et les autres îles du Nord ; et l'on fondait dans les fourneaux de ces .contrées une si grande quantité d'huile de baleine, que \es navires-pécheurs ne suffisaient pas pour là rapporter , et qu'on était obligé d'envoyer chercher une partie considérable de cette huile par d'autres bâtimens.
Les baleines, fatiguées enfin d'une guerre si longue et si opiniâtre, s'éloignèrent des côtes, des baies et des. bancs fréquentés par les pêcheurs, et se réfugièrent sur les bords des glacés , où elles furent encore poursuivis par leurs ennemis. Elles disparurent de nouveau., s'enfoncèrent sous les glaces ifixes et choisirent particulièrement leur, asile sous cette croûte immense et congelée qu* les Bataves ont notnmée westit (la glace de l'Ouest).
Les» pécheurs allèrent jusqu'à ces glaces immobiles , au travgr*, de glaçons mouvans', et épièrent les momens où les . baleines étaient contraintes de sortir de dessous leur v«Û te alecée pour respirer. ,
Avant la guerre' de 1 774 , leé Basques- se livraient encore à la pêche de la baJkiwe; mais cette guerre et les rencouragemens considérables, que les Anglais accordèrent pour cette pêche j forcèrent les Basques
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seë deux «Vents* On ose alors s'approcher de pins près du- colosse 5 on le perce avec la lance; on le frappe à coups redoublés ; on tâche de faire pénétrer Parme meurtrière au défaut des côtes. La baleine, blessée mortellement, se réfugie quelquefois sous des glaces voisines : mais la douleur que ses plaies lui font éprouver , les harpons qu'elle emporte et dont le mouvement agrandit ses blessures , sa fatigue extrême, son affaiblissement, tout l'oblige à sortir de cet asile. Elle ne suit plus, dans sa fuite, de direction déterminée; bientôt elle s'arrête, et, réduite aux abois , elle ne peut plus que soulever son énorme masse , et chercher à parer avec aes nageoires les coups qu'on lui porte encore. Redoutable cependant lors même qu'elle expire, ses derniers xnomens sont ceux du plus grand des animaux. Tant qu'elle combat contre la mort, on évite avec effroi sa terrible queue, dont un seul conp ferait voler la chaloupe en éclats ; on ne manœuvre que pour l'empêcher d'aller terminer sa cruelle agonie dans des profondeurs recouvertes par des bancs de glace , qui ne permettraient d'en retirer son cadavre qu'avec beaucoup de peine.
Lorsqu'on s'est assuré que la baleine est morte , ou si affaiblie qu'on n'a plus à craindre qu'une blessure nouvelle lui redonne un accès de rage dont les pêcheurs seraient, à l'instant les victimes , on la remet dans sa position naturelle par le moyen.de deux cordages fixés à deux chaloupes qui s'éloignent en sens contraire, si elle s'était tournée sur un de ses. côtés ou sur son dos. On passe un nœud coulant par-dessus la nageoire de la queue , ou on percé cette queue pour y attacher une corde ; on fait passer ensuite un funin au travers des deux nageoires pectorales qu'on a percées : on les ramène sur le ventre de l'animal ; on les serre avec force , afin qu'elles n'opposent aucun obstacle aux rameurs pendant la remorque de la baleine , et les chaloupes se préparent à l'entraîner vers le navire ou vers le rivage où l'on doit la dépecer.
Si l'on tardait trop à attacher une corde à l'animal expiré, son cadavre dériverait, et, entraîné par des courans ou par l'agitation des vagues, pourrait échapper aux matelots, ou, dénué d'une assez grande quantité de matière huileuse et légère , s'enfoncerait, et ne remonterait que lorsque la putréfaction des organes intérieurs 1 aurait gonflé au point d'augmenter beaucoup son volume.
L^uteur de V Histoire des pèches des Hollandais dans les mers du. Nord fait observer avec soin que si l'on remorquait la baleine franche par la tète, la gueule énorme de ce cétacé , qui est toujours ouverte après la mort de cet animal , parce que la mâchoire inférieure n'est plus maintenue contre celle d'en haut , serait comme une sorte de gouffre qui agirait sur un immense volume d'eau, et ferait éprouver aux rameurs une résistance souvent insurmontable.
Lorsqu'on a amarré le cadavre d'une baleine franche au navire, et que son volume n'est pas trop grand relativement aux dimensions du vaisseau, les chaloupes vont souvent à la recherche d'autres individus avant qu'on ne s'occupe de dépecer la première baleine.
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Dépècement des baleines, — Mais enfin on pré-
Ere deux palans, l'un pour tourner le cétacé, et utre pour tenir sa gueule élevée au- dessus de l'eau , de manière qu'elle ne puisse pas se remplir. Les dépeceurs s'habillent de vétemens deenir, garnissent leurs bottes de crampons , afin de se tenir fermes ou de marcher en sûreté sur la baleine, s'attachent une corde par le milieu du corps, et, la hache à la main , ils se disposent aux opérations du dépècement : elles se font communément à bâbord. Avant tout, on tourne un peu l'animal sur lui-, même par le moyen d'un palan fixé par un bout au mât de misaine , et attaché par l'autre à la queue de la baleine. Cette manœuvre fait que la queue du cétacé , laquelle se trouve du côté de la poupe , s'enfonce un peu dans l'eau. On la relève, et un funin serre assez fortement une mâchoire contre une autre, pour que les dépeceurs puissent marcher sur la mâchoire inférieure sans courir le danger de tomber dans la mer, entraînés par le mouvement de cette mâchoire d'en bas. Deux dépeceurs se placent sur la tête et sur le cou de la baleine ; deux harponnëurs se mettent sur son dos; et des aides , distribués dans deux chaloupes , dont l'une est à l'avant et l'autre à l'arrière de l'animal , éloignent du cadavre les oiseaux çl'eau , qui se précipiteraient hardiment et en grand nombre sur la chair et sur le lard du cétacé. Cette occupation a fait donner à ces aides le nom de cormorans. Leur fonction est aussi de fournir aux travailleurs les instrumens dont ces derniers peuvent avoir besoin. Les principaux de ces instrumens sont des couteaux de bon acier, nommés tranchans f dont la longueur est de a pieas, et dont le manche a 6 pieds de long; d'autres couteaux , des mains de fer, des crochets , etc. •
Le dépècement commence derrière la tête , trèsprès de l'oeil. La pièce de lard qu'on enlève, et que l'on nomme pièce de revirement , a 2 pieds de largeur; on la lève dans toute la longueur de la baleine. On donne communément un pied et demi de large aux autres bandes qu'on coupe ensuite, et qu'on lève toujours de la tête à la queue, dans toute 1 épaisseur de ce lard huileux. On tire ces différentes bandes de dessus le navire par le moyen de crochets; on les traîne sur le ttllac, et on les fait tomber dans la cale , où on les arrange. On continue alors de tourner la baleine, afin de mettre entièrement à découvert le côté par lequel on a commencé le dépècement, et de dépouiller la partie inférieure de ce même côté, sur laquelle on enlève les bandes huileuses avec plus de facilité. que sur le dos , parce que le lard y est moins épais.
Quand cette dernière opération est terminée , on travaille au dépouillement de la tête : on coupe la langue très-profondément, et avec d'autant plus de soin que celle d'une baleine franche ordinaire donne communément 6 tonneaux d'huile. Plusieurs pécheurs cependant ne cherchent à extraire cette huile que lorsque la pêche n'a pas été abondante : on a prétendu qu'elle était plus sèche que les huiles provenues des autres parties de .la baleine; qu'elle était assez corrosive pour altérer les chaudières dans lesquelles on la faisait couler , et que c'était principalement cette huile extraite de la langue, que les
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ouvriers employés à découper le lard prenaient garde de laisser rejaillit sur leurs mains et sur leurs bras, pour ne pas être incommodés au point de courir le danger de devenir perclus.
Pour enlever plus facilement. les fanons , on soulève la tête avec une armure fixée au pied de l'artimon , et trois crochets attachés aux palans dont nous avons parlé , et enfoncés dans la partie supérieure du museau , font ouvrir la gueule au point que les dépeceurs peuvent couper les racines des fanons.
On s'occupe ensuite du dépècement du second côté de la baleine , qu'on achève de faire tourner sur sa longueur, et on enlève le lard du second côté comme on a enlevé celui du premier; mais comme, dans le revirement de l'animal, la partie inférieure du second coté est celle qui se présente la première, la dernière bande dont ce même coté est dépouillé est la grande pièce dite de revirement. Cette grande bande a ordinairement 10 mètres (3o pieds) de longueur , lors même que le cétacé ne fournit que 2,800 livres d'huile, en environ 1,200 livres de fanons.
H est aisé d'imaginer les différences que l'on introduit dans les opérations que l'on vient d'indiquer, si on dépouille la baleine sur la côte ou près du rivage , au lieu de la dépecer auprès du vaisseau.
Lorsqu'on a fini d'enlever le lard , la langue et les fanons , on repousse et laisse aller à la mer la carcasse de la baleine. Les oiseaux d'eau et les ours marins s'attroupent sur ces restes immenses et en font curée.
Lorsqu'on veut arranger le lard dans les tonneaux , on le sépare de la couenne ; on le coupe par morceaux de 3 décimètres (11 pouces ) carrés de surface ou environ , et on entasse ces morceaux dans des tonnes.
Fonte du lard. — Veut -on le faire fondre, soit à bord du navire, comme lès Basques le préféraient , soit dans un atelier établi à terre , comme on le fait dans plusieurs contrées, et comme les Hollandais l'ont pratiqué pendant longtemps à Smeerenbourg, dans le Spitzberg? On se sert de chaudières de cuivre rouge ou de fer fondu. Ces chaudières sont trèsgrandes s ordinairement elles contiennent chacune environ 5 tonneaux de graisse huileuse. On les pose sur un fourneau de cuivre 9 et on les y maçonne pour éviter que la chaudière , en se renversant sur le feu , ne cause un incendie. On met de Peau dans la chaudière avant d'y jeter le lard , afin que la graisse* ne s'attache pas au fond de ce vaste récipient , et ne s'y grille pas sans se fondre. On le remue d'ailleurs avec soin, dès qu'il commence à s'échauffer. Trois heures après le commencement de l'opération, on puise l'huile toute bouillante avec de grandes cuillers de cuivre : on la verse sur une grille qui recouvre un grand baquet de bois 5 la grille purifie l'huile en retenant les morceaux, pour ainsi dire infusibles, que l'on nomme lardons (1).
(1) On remet ces lardons dans les chaudières , pour tirer une colle qui sert à différens usages : et après 1 extra
tirer une colle oui sert à différens usages : et après' l'extraction de cette colle , on emploie a nourrir des chiens le marc épais qui reste a a fond de la cuve.
L'huile encore bouillante coule du premier baquet dans un second baquet, rempli aux deux tiers d'eau froide , et ayant communément un mètre de profondeur sur 2 mètres de largeur et 5 à 6 mètres de longueur. L'huile surnage dans ce second baquet , se refroidit , et continue de se purifier en se séparant des matières étrangères , qui tombent au fond ; on la fait passer du second baquet dans un troisième , et du troisième dans un quatrième; Ces deux derniers sont remplis, comme le second , d'eau froide jusqu'aux deux tiers 5 l'huile achève de s'y perfectionner, et du dernier baquet on la fait entrer , par une longue gouttière , dans les tonneaux destinés à la conserver ou à la transporter au loin.
Au reste , moins le temps pendant lequel on garde le lard dans les tonnes est long , et plus l'huile qu'on en retireMoit être recherchée.
De l'huile de baleine, — Une baleine produit aujourd'hui environ 40 tonneaux d'huile, de t36 pintes chacun ; autrefois les baleines» étant plus fortes , en produisaient jusqu'à 60 Ou 80 tonneaux. Cette huile est employée très-utilement, soit à brûler', soit à préparer du savon', soit pour corroyer les cuirs , pour enduire les vaisseaux de brai , pour détremper les couleurs et pour une foule d'autres usages.
De quelques produits utiles que dorme la baleine , indépendamment de l'huile et des fanons.
Les Groenlandais , et d'autres h a bit an s des contrées du Nord , tirent plus de profit que nous de la baleine : ils en mangent là chair cuite , séchée ou à demi corrompue ; et ils trouvent la peau , la queue et les nageoires de ce cétacé, qu'ils mangent presque toujours crues , très-agréables au goût. Le lard sert à leur nourriture et à brûler ; la chair fraîche et salée de la baleine a souvent servi à la nourriture des équipages basques. Le capitaine Colnet rapporte que le cœur d'une jeune baleine qui n'avait encore que 5 mètres de longueur, et qui fut prise en 1 793 , parut un mets exquis à son équipage. Avec les in tes* tins de la baleine franche , les Groenlandais façonnent des espèces de rideaux pour boucher les fenêtres des cabanes , et des vétemens pour les pêcheurs. Les tendons et les nerfs fournissent des fils propres à faire des filets ; on fait de très-bonnes lignes avec les poils qui terminent les fanons 5 et on emploie , dans plusieurs pays , les côtes et les grands os de la mâchoire pour composer la charpente des cabanes, ou pour enclore des jardins et des champs. Enfin , on fabrique différens ustensiles propres à la chasse , à la navigation et au ménage, avec les os de la baleine.
De quelques façons particulières de pécher la
baleine*
L'industrie particulière de chaque nation a déterminé l'emploi de plusieurs procédés pour prendre les baleines.
L Les habitons de plusieurs Iles voisines du Kamtschatka vont , pendant l'automne , à la recherche des baleines franches, qui abondent alors près de leur» côtes. Lorsqu'ils en trouvent d'endormies ? ils s'en approchent sans bruit , et les percent
ayec des .dard* empoisonnés* La blessure , d'abord légère 9 feit bientôt éprouver à l'animal des tourmens insupportables ; il pousse , dit -on , des mugissemens horribles , s'enfle et périt.
IL Dans l'Amérique septentrionale j près des rivages de la Floride, des sauvages aussi exercés à plonger qu'à nager , et aussi audacieux qu'adroits , ont pris des baleines franches en se jetant sur leur tête , enfonçant dans un de leurs évents un long cône de bois , se cramponnant à ce cône , se laissant entraîner sous l'eau , reparaissant avec l'animal , faisant entrer un autre q6ne dans le second -évent 9 réduisant ainsi les baleines à ne respirer que paT l'ouverture de leur gueule, et les forçant à se jeter sur la côte ou à s'échouer sur des bas-fonds , pour tenir leur bouche ouverte sans avaler un fluide qu'elles ne pourraient plus rejet&r par des évents entièrement bouchés.
III. Les pécheurs de quelques contrées sont quelquefois parvenus à fermer, avec des filets très-forts , l'entrée très-étroite d'anses dans lesquelles des baleines avaient pénétré pendant la haute mer, et où, laissées à sec par la retraite de la marée , que les filets les ont empêchées de suivre, elles se sont trouvées livrées sans défense aux lances et aux harpons.
IV. Sur les côtes nord-ouest de l'Amérique, les naturels de Nootka déploient une grande adresse à tuer la baleine et à la transporter jusqu'à leur habitation. Voici , à cet égard, un bref extrait de ce que rapporte le capitaine J. Meares , dans son royage de la Chine à la côte nord-ouest de V Amérique y traduction française, /.///,/?. 21 : a C'est le chef de la peuplade qui conduit l'expédition , accompagné de ses sujets les plus forts et les plus braves. 11 s'y prépare par des cérémonies religieuses, se revêt d'une peau de loutre de mer , et se frotte tout le corps d'huile et d'ocre rouge. Les canots dont on fait usage peuvent contenir dix-huit ou vingt hommes ; les harpons sont faits avec une habileté merveilleuse. Le chef lui-même est le principal harponneur et le premier qui frappe la baleine ; il.se fait accompagner de plusieurs canots remplis d'hommes et de harpons. Lorsque la baleine sent la pointe du premier crochet du harpon , elle plonge , emportant avec elle la perche à laquelle le harpon est attaché , et toutes les vessies qui y tiennent. Les canots suivent ces vessies , et chaque fois que l'animal reparaît à la surface , les harponneurs continuent de fui enfoncer leurs crochets dans le corps, jusqu'à ce que le nombre des bouées flottantes qui y sont attachées le mette dans l'impuissance de replonger sous l'eau. La baleine expire bientôt , et est traînée sur le rivage au milieu des cris de joie des assaillans. On la coupe sur-le-champ en morceaux : une partie est destinée pour le repas qui termine ce jour de triomphe, et le reste se distribue entre les pêcheurs. »
Y. Les Groenlandais , à l'approche des lunes du -printemps, se parent de leur grande jaquette de peau de chien marin , qui est bien cousue et qu'on peut remplir d'air en soufflant dedans. L'homme est renfermé dans cette jaquette enflée comme dans une vessie; mais ses jambes et ses bras sont libres. 11
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est armé d'un grand couteau, qui pend à son côté avec une pierre à aiguiser, die grands harpons , de lances et de flèches ; et après quelques cérémonies religieuses , il entre dans son canot , qui est formé de peaux de phoques ou veaux marina, bien cousues et remplies d'air ; il embarque sa femme et ses enfans avec lui, et leur fait courir tous les dangers de cette pèche. Sur cette frêle embarcation . il glisse légèrement sur les eaux, s'approche de la baleine avec une hardiesse étonnante , l'attaque avec intrépidité , et lui enfonce des harpons attachés à des Ïieaux enflées comme des ballons et qui empêchent a baleine de plonger , à cause de leur légèreté spécifique. Ce gros animal , arrêté sur l'eau , est entouré des canots de Groenlandais, qui, la lance à la main, le percent de coups* Quand la baleine est morte, ils se jettent à la nage avec leur jaquette , oui les soutient dans l'eau ; ils s'approchent, et, flottant d'eux-mêmes sur la mer , ils dépècent l 'animal avec leurs couteaux, en jetant la graisse dans leurs canots. Malgré leurs mauvais outils , ils savent détacher les tenons de sa gueule. Leur nourriture ordinaire est composée de cette graisse et de la chair de la/baleine.
Oppien nous apprend que, de son temps, les pêcheurs de l'Océan atlantique attachaient aussi des peaux enflées aux baleines pour les empêcher de plonger.
VI. Notes sur la pêche de la baleine dans le grand Océan, recueillies par M* Pellion, enseigne de vaisseau , et extraites du Journal des Voyages , 8e. année , février 1826.
Quoique les procédés indiqués dans ces notes aient beaucoup de rapport avec ceux dont nous avons parié en traitant de la pêche de la baleine dans les mer6 du Nord, nous croyons devoir, pour compléter les renseignemens acquis sur cette pêche importante , les insérer dans notre ouvrage.
La pêche de la baleine et l'extraction de l'huile qu'on en retire ne se pratiquent point de la même manière dans les mers boréales que dans celles du sud. Les baleiniers qui se rendent dans les parages septentrionaux , ne se trouvant ordinairement pas trop éloignés descontinens, ont en général l'usage de découper le corps des baleines par morceaux pour les encaquer dans des barils , et ils les rapportent ainsi jusqu'au lieu de leur destination , où l'on procède à l'extraction de l'huile. Les baleiniers du grand Océan, dont les campagnes sont beaucoup plus longues , partent munis de tout ce qui est nécessaire pour exécuter à bord l'opération tout entière , et , par ce moyen , ne se chargeant que de l'huile qu'ils ont obtenue , en rapportent une plus grande quantité que les autres.
C'est de l'appareil et de l'instrument à l'usage de ces derniers que nous donnons ici la description z M. Pellion l'a recueillie dans son voyage autour dix monde, sous le commandement de M. de Freycinet^ et le mérite de cet officier distingué ne laisse aucun doute sur son exactitude. Elle a un but utile , c'est de donner l'idée et de fournir les moyens A 'a— dopter généralement cette manière d'équiper les navires baleiniers, qui paraît présenter réellement;
BAL
plue d'avantages que l'autre. (Note du rédacteur Su Journal des Voyagea. )
Le canot cherche à prolonger lVinxmal de la queue à la tète; le harponneur est de l'avant, les avirons sont levés , le timonier est attentif; le harponneur salait sur la fourche le premier harpon; il juge l'a distance, commande au patron , et marque de l'osil la place 9 qu'il frappe à l'instant avee son fer de toute la force de son hrae ; la tète est la partie qu'il doit toucher de préférence.
La baleine est quelquefois si bien touchée, qu'elle tourne à l'instant et reste sur le coup.
Si elle demeuro un moment à la surface, entraînant le canot après elle f le harponneur, qui a promptement saisi le deuxième fer, le lui lance de même que le premier.
Mais le plus souvent la baleine plonge verticalement T c'est ce que les pécheurs appellent sonder* Alors la ligne est filée autant qu'il le faut , pour ne point compromettre l'embarcation. Si elle s engageait , elle serait coupée de suite , de môme que si elle décapelait de sa goujure, en venant sur le travers; ce qui pourrait faire chavirer.
On a presque toujours deux lignes , qui font 480 brasses de filin. 11 arrive qu'on est forcé de tout filer : on met alors la bouée avec son pavillon sur le bout.
Lorsqu'on prévoit le dernier cas par la rapidité avec laquelle sonde d'abord le cétacé , on a soin, pour le fatiguer, de ne filer qu'à retour, de manière que l'avant do canot sur lequel passe la ligne soit maintenu à fleur d'eau. On est également attentif à abraquer lorsqu'il y a un peu de mou , et il ne faut pas oublier d'arroser la ligne.
Cependant la baleine , épuisée , remonte bientôt à la surface pour respirer; la ligne s'abraque, et le canot se haie ainsi sur le monstre ; un des nageurs prend le double du filin par le travers et s'accoste de plus près; le harponneur , armé de la lance, le frappe à coups redoublés au défaut de la tête ; le cétacé ne tarde pas à vomir le sang par son soupirail, signe certain de ses derniers efforts; enfin il tourne sur le coté; sa nageoire latérale semble , par des mou vente ns précipités, posséder sesderniers principes de vie. Elle s'abat ainsi en peu de minutes, et l'animal est mort.
La baleinière prend le long de son bord ou à la remorque, si elle le peut, cet énorme corps; on l'élonge à un des côtes du navire , et on l'élingue de la manière suivante :
Deux caliornes sont affalées du grand mât ; à l'une d'elles est fixé un croc , lequel se croche fortement à un trou pratiqué près de l'œil de la baleine, et cela en Tenant de dehors en dedans , c'est-à-dire la caliorne passant en dehors du corps et venant crocherau trou du dedans : l'autre se fixe à une élingue, qui suspend le corps.
Le croc fait tourner le poisson , et de dessus une planche placée extérieurement, le harponneur découpe la graisse à mesure avec le couteau fait exprès. Cette graisse se coupe d'abord en spirale , et , par des incisions faites dans le sens de sa longueur, on en détache des quartiers en forme de paraliélipipèdes. Un homme pique ces quartiers avec la four-
chette , et les donne à bord , où ils sont de suite placés sur le chevalet pour être hachés à l'aide du croc et du couteau.
Lorsque les morceaux de graisse sont hachés , ils sont de suite jetés dans la chaudière , et lorsqu'ils ont rendu toute leur huile, il* servent à faire du feu.
L'huile clarifiée est prise dans le deuxième réservoir et mise en pièces.
Le blanc de baleine ou sperma-ceti est mis d'abord dans de grandes caisses en cuivre étamé , qui sont placées dans l'entrepont , de chaque côté du grand mât y et dont les ouvertures donnent sur le pont. Ce blanc est fondu à loisir et avec soin , et mis dans des caisses en cuivre pour être arrimé.
Armement d'une baleinière*
Sept avirons, dont un en gouvernail ; cinq harpons, dont deux en bataille sur la fourche et gréés de leurs lignes ; les trois autres dans des étuis, le long du vaigrage ; trois lances, dont une en bataille , Tes deux autres en étuis comme les harpons; une hache , un couteau dans une graine de l'avant; une bouée avec son signal ; une ou deux lignes (d'un filin de 2 pouces et demi à-peu-près) ; chaque ligne , de 240 brasses, placée dans une baille , bien lovée et couverte d'un prélart; un mât, une voile, un bidon, un gaine lot.
Appareil pour fondre la graisse.
Deux chaudières en cuivre placées dans ira four* neau en briques , qui lui-même repose sur un ré* servoir d'eau pratiqué dans le pont.
Deux réservoirs en cuivre sont sur les faces latérales du fourneau ; la graisse fondue ou l'huile coule dans ces réservoirs par les ouvertures pratiquées dans la partie supérieure de l'appareil et y corres-, pondant.
Le plus pur de cette huile s'introduit par une grille fermée par un robinet extérieur , et placée au haut d'une des faces de chaque réservoir; 3 s'introduit, dis-je, dans d'autres grands vases de fonte, où on le prend avec la cuiller pour le vider dans la manche.
Les morceaux de graisse qui sont jugés ne plu» rendre* d'huile sont enlevés avec une fourchette et mis au feu , que , seuls , ils entretiennent : les
plus petits sont enlefés avec l'écumoire.
VIL Emploi des fusées à la Congrève pour la pêche de la baleine , et description de ces fusées. ( Extrait d'une lettre datée du 7 septembre 1822, adressée au lieutenant Colguhoun , de l'artillerie royale 7 par le capitaine Kay y commandant le navire baleinier la Marguerite, de Londres. t/ovi*nal des Voyages.)
ce Je vous adresse le récit de quelques essais que j'ai faits avec des fusées à la Congrève. Craignant que les harponneurs ne tirassent pas juste, je voulus essayer par moi-même l'effet des fusées; mais ce ne fut que te 8 juin que l'occasion s'en présenta. Ledit jour, de grand matin, une baleine d'une énorme dimension se montra près de mon bâtiment : je la poursuivis, et lorsque j'en fus assesprèsj je tirai une fusée, que je dirigeai contre son flanc. L'effet
BAR
Propagation. — Il fraie à l'embouchure de§ rivières quelquefois deux fois par an. Ses œufs ont souvent été employés 9 comme ceux des autres poissons, à faire une préparation que l'on nomme boutargue ou botargo.
Qualités. — Sa chair est très - délicate , et on la préfère même à celle du mulet ; mais elle a beaucoup d'arêtes. Les anciens Romains la recherchaient beaucoup et payaient ce poisson très- cher, lis aimaient sur-tout à montrer sur leurs tables les loups que Ton prenait dans le Tibre entre les deux ponts de Rome. Cependant on a toujours du préférer, suivant Rondelet, ceux de ces poissons qui vivent auprès de l'embouchure des fleuves à ceux qui remontent dans les rivières ; ceux que Ton trouve dans les étangs salés à ceux que l'on prend auprès de l'embouchure des fleuves , et ceux que l'on rencontre dans la haute mer à ceux qui ne quittent pas les étangs salés. On dit que sa chair se corrompt prompte ment.
Pêche. — Quoique le bar ne soit point un poisson de passage , la vraie saison de le pécher est dans les mois d'août , septembre et octobre , quand les potssons de cette espèce se rassemblent par troupes dans les anses où il se rend quelque ruisseau d'eau douce : en ce cas , on en enveloppe quelquefois un nombre avec des filets d'enceinte. On en trouve dans les parcs, les filets tournans, et l'on en prend entre les roches avec des filets travers an s ou avec la seine à la traîne : pour cela 9 on fixe un bout du filet à terre, et on traîne l'autre avec un bateau : les mailles de ces filets ont 2 pouces d'ouverture en carré ; ht tête est garnie de flottes de liège, et il n'y a point du peu de lest au pied , le poids du filet suffisant pour le faire caler'; et comme on ne se propose que de prendre des poissons qui nagent entre deux eaux, on 'ne cherche point que le filet porte sur le fond. On tend ces 'filets d'enceinte ou étentes lorsque la mer commence à perdre; et quand l'eau est tout-àfait basse , on trouve le filet à sec avec les poissons qui se sont maillés, et ceux qui se sont embarrassés dans les replis des filets. On dit que le bar ne mord
£olnt aux haims ; néanmoins on en prend avec les aims quand on les amorce avec des vers de mer ou de terre, même avec les crabes, qu'on nomme poU trons.
BARANDÀGE. On appelle barandage une manœuvre qui se fait au moyen d'un grand filet qui barre tout le lit' d'une rivière. A une grande distance de ce filet, les pêcheurs, portés par des bateaux , remontent la rivière , en y jetant des pierres et? eh faisant beaucoup de bruit. Lorsque les poissons , ainsi chassés , se trouvent assez rapprochés du filet, on le replie en demi-cercle vers le rivage, et on pêche avec des éperviers le poisson ainsi rassemblé.
Autrefois les pêcheurs , et même les officiers des maîtrises, se donnaient ainsi le plaisir de la pêche. Cela arrivait ordinairement au mois de mai , et cette partie de plaisir, très -nuisible à la population des rivières, se nommait aussi la f are.
Cette façon de pêcher est défendue par l'ordonnance de 1669, tit. XXXI, art. 10. V. Barrage.
BARAUD-GODE. L'un des noms du tacaud.