BAH
nourriture , ils sucent la queue les uns des autres , au point que les plus gros ont bientôt exténué les plus- petits*
Nourriture. — Le barbeau se nourrit de plantes aquatiques , de limaçons , de vers , de petits poissons , d insectes, et même de cadavres qui sont jetés dans Peau , et de la matière extractive des plantes qui s'y décomposent, telles que le Un en rouissage.
Propagation, — Il ne produit que vers sa quatrième ou sa cinquième année ; le printemps est la saison pendant laquelle il fraie ; il remonte alors dans les rivières et dépose ses œufs sur des pierres , à l'endroit où la rapidité de Peau est la plus grande. Sa croissance est aussi rapide que celle de la carpe, lorsque la nourriture ne lui manque pas, et, comme elle, il rit fort long-temps.
Qualités. — Sa chair est blanche et de bon goût; elle est meilleure pendant l'hiver qu'après le frai ; on dit que ses œufs sont très-malfaisans ; cependant des personnes dignes de foi assurent en avoir mangé sans inconvénient. Il parait que la nature des eaux et l'âge du poisson ont une grande influence sur la qualité de la chair : les jeunes barbeaux et ceux qui vivent dans les étangs fangeux et les rivières bourbeuses ont la chair plus fade et plus molle.
On mange le barbeau cuit en é cuvée comme la carpe | ou simplement cuit sur le gril, avec une sauce blanche aux câpres. .
Pêche du barbeau.
Le barbeau est de tous les poissons celui qui donne le plus facilement dans les pièges qu'on lui tend. On Je pèche à la ligne, avec toutes sortes de filets, principalement avec l'épervier et leverveux, et on le prend aussi à la nasse, avec la fouane, le harpon etl'épée.
Appâts. — On indique comme appât propre à l'attirer, un mélange de vieux fromage de Gruyère, de jaunes d'œufs et d'un peu de camphre, placé dans un petit sachet de toile , que l'on dépose dans l'eau à Pendroit où l'on veut pécher et la veille de la pêche. On amorce les lignes avee des vers de terre , des sangsues , de petits poissons et des insectes vivans. Ce dernier genre d'appât est indiqué, par M. Bosc , comme étant le meilleur, sur-tout si l'on emploie le bombic* du saule , qui est blanc et se ▼oit de loin. M. Kresz, auteur du Pécheur français, indique comme appâts la viande, le fromage de Gruyère , les vers â queue de rat que l'on trouve dans les latrines , et les vers de viande.
Pêche à la ligne. —-Voici , d'après M. Kresz, la manière de pêcher le barbeau à la ligne. On emploie la Ligne à barbillons ( V. ces mots ) , dont le plomb doit être d'une pesanteur proportionnée à la . force du courant dans lequel on doit le jeter. On amorce avec l'un des appâts indiqués plus haut, et l'on cherche une eau courante , vive et 'profonde, où l'on îette le plomb le plus loin que l'on peut , tenant le brin de baleine de la main droite. Au moindre mouvement que l'on ressent, il faut redoubler d'attention pour saisir à propos le moment de piquer le poisson. Tant que l'on ne ressent que des secousses peu prononcées et â intervalles inégaux , on doit présumer que c'est un petit barbillon qui ronge l'amorce à l'en tour , ou un gros barbeau qui cherche
BAR
â s'en emparer ; dans ce cas , il faut rester tranquille ; mais dès que l'on sent que le brin de baleine est tiré d'une manière non équivoque et continuelle, ou qu'il éprouve un tremblement sans secousses interrompues , c'est l'instant de piquer ferme , sans crainte de déchirer la lèvre du barbeau , qui esjt fort dure. Ce poisson est vigoureux , et tient extrêmement au fond lorsqu'il est piqué ; mais comme la ligne à sou* tenir est très- solide , on peut le tirer hors de l'eau sans ménagement.
On pêche encore le barbeau avec la ligne appelée ligne â pêcher dans les pelotes, qui est la même que la ligne à soutenir, â l'exception que l'hameçon doit être empilé sur la soie de la ligne , et que le plomb n'en est éloigné que de 2 pôjuçes,, parce que l'on renferme l'un et l'autre dans une pelote de terre grasse garnie devers. On forme ces* pelotes avec de la terre crasse que l'on trouve au bord des rivières, et dans laquelle il ne doit y avoir ni sable ni gravier j on la pétrit de manière qu'elle ne soit pas trop dure et qu'elle ait néanmoins assez de consistance pour descendre au fond de l'eau sans se séparer.
On choisit un grand fond d'eau, dont on mesure la profondeur. Si elle est , par exemple , de 1 5 pieds, on donne ao pieds de longueur à la ligne , afin de conserver une pente de 5 pieds depuis l'extrémité du brin de baleine jusqu'à la surface de l'eau flans laquelle on jette le plomb. La. règle générale de cette pêche est que la ligne soit très - peu flottante sans être cependant tendue, afin que le pêcheur puisse ressentir plus promptemen t et plus sûrement le moindre attouchement du poisson.
On a, dans une calotte de chapeau, des vers de viande bien nettoyés, pour en garnir les pelotes.
Cette pêche ne se fait point dans le grand jour , parce que les petits poissons viendraient dévorer les pelotes et nuiraient au succès ; on la commence ordinairement â 5 heures du soir, et on la continue jusqu'à 4 heures du matin.
M. Kresz la pratique de la manière suivante, qu'il assure être la meilleure s
Muni de tout ce qui lui est nécessaire , et ayant choisi la place où il veut pêcher, il commence par faire descendre au fond de l'eau une pelote de terre grosse comme les deux poings , et qu'il a eu soin de garnir d'une quantité suffisante de vers* Il s'occupe ensuite jusqu à 6 heures â préparer la terre et â nettoyer les vers. A 6 heures, il commence â pêcher, et pour cela il prend une, pelote de terre delà grosseur d'un œuf, également garnie de vers^ dans iquelle il place le plomb et l'hameçon amorcé de vingt â trente vers. Il roule la pelote dans ses mains et la laisse descendre à fond avec le plomb et l'hameçon. Cette pelote dure environ 10 minutes; au bout de ce temps, il relève la ligne et enveloppe l'hameçon dans une nouvelle pelote , et ainsi de suite tant que dure la pêche.
A mesure que la pelote se dissout , les vers que l'eau entraîne font monter les poissons ; s'ils trouvent la pelote entière, ils la remuent pour manger les vers qui en sortent, etJ&niseent par la casser ; et aussitôt qu'ils aperçoivent la quantité de vers qui enveloppent l'hameçon, ils se jettcfnt dessus, et, avalant tout d'un coup , ils se font accrocher.
BAR
Il faut avoir soin de tenir toujours le scion bien ferme dans la main ; car , lorsque le barbeau arrive à la pelote , il la secoue avec assez de force pour la faire échapper; mais ce n'est pas le moment de le piquer; il faut attendre qu'il appuie fortement et fasse sentir un tremblement : c'est alors qu'il tient toute l'amorce et qu'il faut tirer vivement la ligne. Il est rare de ne rien prendre à cette pèche , où l'on amorce continuellement, et cependant, observe M. Kresz, il arrive quelquefois que l'on demeure 3 ou 4 heure* sans sentir un poisson, après quoi l'on fait une pêche heureuse. Il faut donc que le pêcheur s'arme de patience et ne se décou/age point.
• Pêche avec la ligne de fond , ou jeu. — On prend des Jeux n°. i5, des plombs d'une livre, et des hameçons n°. 3, empilés sur deux racines. On amorce les hameçons avec de petits morceaux de fromage de Gruyère qu'on a fait tremper une demiheure dans l'urine avec deux gousses d'ail. On tend les jeux, l'un après l'autre, dans une eau courante ; on les y laisse une demi-heure ; au bout de ce temps, on les relève ; on ôte les poissons qui y sont pris , et on remplace les morceaux de fromage qui ont été emportés. On tend de nouveau les jeux, et on les relève ainsi de demi-heure en demi-neure. On peut amorcer aussi avec des vers à queue , sans changer les hameçons ; mais si l'on veut se servir de vers rouges, il faut prendre des hameçons n°. i; et ne tendre les jeux qu'à la nuit.
Lignes à cardons. — On peut pécher aussi le barbillon avec la ligne à gardons , même avec celle à goujons ; mais dans ce cas , il emporte souvent la Ijgne.
Pêche à V hameçon dormant. — Dans cette pêche, on tend plusieurs hameçons à-la-fois, qui ont un pouce de longueur, et on attache à chacun d'eux une ficelle longue d'environ 2 pieds. On amorce les hameçons avec des vers de terre ou de petits poissons, et ensuite on attache tous les hameçons à une longue corde , en les éloignant les uns des autres de a pieds. Après ces préparatifs, on se rend à l'endroit où l'on sait qu'il y a des barbeaux.
Arrivé sur les lieux , on fixe le bout de la grosse corde à un piquet ou à quelque branche ou grosse pierre , et l'on attache l'autre bout à quelque pierre. On prend ensuite cette corde de la main droite , et on la jette dans l'eau le plus loin que l'on peut; on laisse ainsi les hameçons jusqu'au lendemain matin, où l'on va retirer la corde pour prendre les poissons. Il faut observer que , dans le lieu où l'on jette les hameçons, il ne doit y avoir ni herbes ni racines d'arbres.
Pêche du barbeau à lafouane. — Cette pêche doit se faire dans des endroits où l'eau est claire et pas très -profonde, afin qu'on puisse découvrir le poisson. On se promène doucement, et sans faire de bruit, dans un petit bateau ; et lorsqu'on aperçoit un barbeau immobile, on prend la fou an e de la main droite, et, visant droit dessus , on la lance sur le poisson, qui s'y accroche , et on l'enlève.
Pêche avec tes filets, — On prend le barbeau avec les filets que nous avons indiqués; mais on ne fait pas avec ces filets de pêche particulière pour le poisson. On le prend pèle- mêle avec les autres espèces.
BAR
Dispositions réglementaires m
Les pécheurs doivent, suivant l'art. 1 2 du tit.XXXI de l'ordonnance de 1669, rejeter dans l'eau les barbeaux qui n'ont pas 6 pouces entre l'œil et la queue, à peine de 100 fr. d'amende et de confiscation.
Nous devons observer que, parmi les moyens que nous avons indiqués pour pêcher Le barbeau , il en est plusieurs qui sont prohibés par les réglemens ; que, par exemple, il est défendu , par l'art. 5 du tit. XXXI de 1 ordonnance de 1669, de pêcher pendant la nuit ; par Part. 10 du même titre, de se servir de l'épervier dans les rivières navigables et non navigables; et par l'art* 14 > de jeter dans l'eau aucun appât.
BARBEAU DE MER. V. Rouget.
BARBE LET. Outil qui sert à faire les haims , et qui est fixé sur l'établi. V. Haim.
BARBET. On donne ce nom, dans plusieurs contrées de la France , au poisson appelé rouget,
BARBILLON. Diminutif de Barbeau. Y. ce root.
BARBILLON ou DARD1LLON. C'est aussi la petite languette de l'haim , qui sert à empêcher le poisson de se débarrasser,
BARBILLONS. Ce sont des appendices qui garnissent les mâchoires de quelques espèces de poissons. V. Poisson.
BARBILLONNER. C'est relever la languette, ou le barbelet, ou la petite lèvre des haims. V.
BAR BOT (PETIT). V. Loche.
BARBOTTE. On donne ce nom à la loche, poisson du genre cobie , et à la lotte, poisson du genre des gades. V. Loche et Lote.
BARBOTEAU ou BARBOITEAU. L'un des noms de la Chevanne. V. ce mot.
BARBUE. V. Carrelet.
BARGES. Ce sont de très - petits bateaux du port de 6 à 8 barriques , dont le fond est plat, qui portent un mât et. une voile, etc., dont on fait usage à l'entrée de la Loire.
BAR1GUE. Nasse de figure conique , qui sert dans la Garonne à prendre des lamproies.
BARIOSTE. On nomme ainsi en Gascogne une pièce de bois qui se met à l'arrière des petits bateaux nommés filadières , et ce morceau de bois sert à supporter le Haveneau. Y. ce mot.
BAROTTER. C'est élever des piles.de morues jusqu'au-dessous du pont. Y. Morue.
BARQUE , du latin barca. Nom générique que l'on donne à de petits bàtimens propres à naviguer, soit sur les rivières, soit sur la mer. Chaque pays a des barques de différentes façons et de différentes grandeurs ; les plus grandes n'excèdent pas le port de 100 tonneaux; elles sont pontées, et portent trois mâts et un beaupré ; mais il y en a de petites qui ne sont point pontées , qui ne vont qu'à la rame pour le service des rades : on les nomme souvent barquettes. Les pêche urs-cordiers de la Manche se servent des barques longues de Dunkerque , . qui sont réputées bonnes pour la pêche; elles ont un. demi -pont, qui s'étend jusqu'au pied du grand mât s souvent on les appareille en brigantin. Les barques lamaneuses du Havre sont de petits bâti-