‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 58 sur 292 · DOR · texte numérisé non relu

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moigné le désir de voir propager les dorades dans les eaux douces , qui perfectionnent leurs qualités. Mais M. Bosc observe que ce poisson meurt dès qu'il est sorti de l'eau , et que par conséquent le transport en deviendrait fort coûteux; il ajoute toutefois que les Romains ne craignaient pas d'en faire la dépense | et que le fameux lac Lucrin était peuplé artificiellement chaque année de ce poisson. Il faut encore observer que , dans l'eau douce , les dorades sont exposées à périr lorsque les hivers sont rigoureux, comme on l'a vu, en 1766, en Sardaigne.

Qualités. — La dorade passai t, dans l'antiquité , pour un des meilleurs poissons de mer, et aujourd'hui on l'estime encore beaucoup. Nous avons dit qu'on

f>référait celles qui avaient vécu dans les étangs sa* es ; il paraît qu'on préfère aussi celles de la Méditerranée à celles de l'Océan. On fait cuire ce poisson au court-bouillon , c'est-à-dire dans du vin assaisonné de sel, poivre, thym, laurier, etc., ou dans de l'eau vinaigrée avec les mêmes assaisonnemens. On le fait aussi rôtir sur le gril, et on le sert avec une sauce blanche aux câpres ou une sauce à la moutarde ; enfin on le mange en friture. On le fait saler pour l'envoyer au loin , ou le carder pendant l'hiver; et alors on l'apprête comme la morue.

Pêche. — On pêche les dorades au filet, à la ligne et avec la fouène. Comme elles remontent les rivières, on les arrête, à leur retour, dons des enceintes de filets ou de branches entrelacées. Sur les côtes de l'Océan , on en trouve quelquefois dans les parcs qu'on tend à la basse eau , et quand la mer est retirée on les prend à la main. Dans la Méditerranée, on en trouve dans les bourdigues; on en pêche l'hiver avec le bregin : on sait que c'est une grande seine qui a une manche au milieu ; on la trame avec des gondoles, qu'on nomme en Provence spionif ces barques^ sont montées de 10 à 12 hommes. On en prend aussi avec les verveux , ainsi qu'avec le filet formé de trois nappes, qu'on nomme tramail. On en prend encore avec des haims , qu'on amorce avec la chair des coquillages nommés pétoncles , ou des crustacés } écrivisses, chevrettes, crabes } etc. »

DORADE D'AMÉRIQUE, ou simplement DO- RADE, coriphcsna hippurus (Lin.), en allemand gold-jisch; en hollandais delpkin, et en anglais dolphin. C'est un poisson du genre coryphène et de la division des thoraciques.

Description. — - a De tous les poissons qui habitent la haute mer , dit Lacépède , aucun ne parait avoir reçu de parure plus magnifique que les coryphènes. Revêtus d'écaillés grandes et polies; réfléchissant avec vivacité les rayons du soleil ; brillant des couleurs les plus variées ; couverts d'or , pour ainsi dire , et resplendissant de tous les feux du diamant et des pierres orientales les plus précieuses, ils ajoutent d'autant plus, ces coryphènes privilégiés , à la beauté du spectacle de l'Océan , lorsque , sous un ciel sans nuages, de légers zéphirs commandent seuls aux ondes, qu'ils nagent fréquemment à la surface des eaux; qu'on les voit, en quelque sorte, sur le sommet des vagues ; que leurs mouvemens, très-agiles et très-répétés, multiplient sans cesse les aspects sous lesquels on les considère, «î^î que les reflets éclatans qui les décorent} et que* vo-

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races et audacieux ," ils entourent en grandes troupes les vaisseaux qu'ils rencontrent , et s'en approchent d'assez près pour ne rien dérober à Peeîl du spectateur de la variété, ni de la richesse des nuances qu'ils étalent. »

Le nom àïhyppurus (queue de cheval)^ donné par les naturalistes à la dorade d'Amérique, l'une des plus belles espèces du genre , vient de la conformation de sa nageoire dorsale, dont les rayons très-nombreux ont quelques rapports avec les crins du cheval. Ce poisson parvient quelquefois jusqu'à la longueur d'un mètre et demi (4 pieds et demi). Il a le corps et la tête comprimés ; l'ouverture de la bouche très-grande; les lèvres épaisses; quatre rangées de dents aiguës et recourbées en arrière; un opercule composé d'une seule pièce et couvrant une large ouverture branchiale ; la ligne latérale fléchissant vers la poitrine ; la nageoire caudale fourchue ; les écailles minces, mais fortement attachées. Lorsque ce superbe coryphène est vivant dans l'eau et en mouvement, il brille d'une couleur d'or trèséclatante , mêlée à une belle teinte bleue ou de vert de mer. Le dessous du corps est argenté ; les nageoires pectorales et thoracines présentent un jaune très-yif et qui est encore relevé par la teinte brune de leur base ; la nageoire caudale , qui offre la même nuance de jaune, est bordée de vert; celle de l'anus est dorée , et une dorure des plus riches fait remarquer les nombreux rayons de la nageoire dorsale , au milieu de la membrane d'un bleu céleste qui les réunit.

Habitation» — Le coryphène*hyppurus se trouve' dans les mers des climats chauds, et particulièrement dans celles de l'Amérique méridionale , d'où lui est venue la dénomination de dorade d'Amérique^ on le voit aussi dans une grande portion de l'Océan atlantique et jusque dans la Méditerranée.

Nourriture. — La dorade est très-vorace; elle poursuit sans relâche les ttigles et les exocets, dont elle aime à se nourrir, contraint ces poissons volans» à s'élancer hors de l'eau, et les reçoit, pour ainsi dire , dans sa gueule lorsqu'ils retombent. Feu difficiles dans le choix de leurs alimens , les dorades* voguent en grandes troupes autour des vaisseaux, et saisissent avec tant d'avidité tout ce que les passagers jettent dans la mer , qu'on a trouvé dans l'estomac d'un de ces poissons jusqu'à quatre clous de fer, dont un avait plus de i5 centimètres (5 pouces et demi) de longueur. Un navigateur hollandais rapporte que son équipage pécha une dorade longue de 5 pieds , dans l'intérieur de laquelle on trouva un poisson volant de i5 pouces de longueur.

Pêche. — On profite de leur gloutonnerie pour les prendre ayec des hameçons qui sont amorces de poissons volans, dont elles sont très -friandes; et il suffit même 4e: "garnir l'hameçon d'un leurre qui imite ces poissons. Alors on fait sautiller l'hameçon au-dessus de la surface de l'eau , et les dorades s'élancent pour l'attraper. On les prend aussi en pleine m^r^ en couvrant d'un peu de toile blanche un hameçon auquel on a attaché deux plumes de poule en croix, et qu'on laisse traîner à l'arrière du vaisseau; mais plus fréquemment on met à l'hameçon un morceau de couenne de lard, taillé en poisson volant.

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