‹ Traité général des eaux et fort̂s, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches; avec un atlas pour chaque dictionnaire. [In four volumes] Quatriéme partie. Dictionnaire des pêches ... Avec un Atlas composé de 44 planchesChapitre 61 sur 292 · DUE · texte numérisé non relu

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qu'ils se retirent dans les fonds de roche, où la dreige ne peut aller les chercher : de sorte que quand on répète plusieurs fois cette pêche dans un même endroit, on n'y prend guère que de petites morues , qui ne s'effarouchent point par ce filet. Mais le filet lui-même court de grands risques, parce une ces poissons ne s'écartent guère des tonds de roche.

On prend aussi à la dreige une grande quantité de petites roussettes ou petits chiens de mer; mais les pêcheurs redoutent cette capture , parce que ce poisson est peu estimé , et sur- tout parce qu'il déchire le filet lorsqu'on rencontre un lit ou bouillon de poissons, de cette espèce, qui vont toujours en troupes. H y a d'autres chiens de mer plus grands, qu'on nomme pu ans , et qui paraissent vers le mois de mars , quand les eaux commencent à s'échauffer ; les pêcheurs sont obligés de laisser mourir ceux-ci dans le filet , qu'ils déchireraient entièrement si on voulait les en tirer vivans.

Le poisson pris à la dreige est réputé assez bon , parce que le filet étant tin trémail , le poisson n'y est pas autant fatigué que celui qu'on prend à la grande seine , ou dans les manches et guidaux ; mais il est bien inférieur à celui qu'on prend avec les filets sédentaires et avec les haims. Un poisson qui a été traîné pendant 2 ou 3 heures est toujours fatigué.

Quand on examine avec attention la dreige que nous venons de décrire , on ne peut s'empêcher d'admirer l'industrie des pécheurs , qui parviennent à tenir au fond de la mer , à 25 ou 3o brasses , un filet d'une grandeur immense dans une situation verticale ; et à le traîner toujours grattant le fond , dans un espace de 2 ou 3 lieues , aussi exactement que s'ils le traînaient à bras, comme ils le pratiquent pour plusieurs pêches.

Mais cette pêche , toute belle et toute industrieuse qu'elle est , a le défaut de détruire beaucoup de poisson, au point de rendre infructueuses les autres pêches et la dreige même. Le pied du filet, qui gratte et rague ie fond dans une grande largeur et dans l'étendue de plusieurs lieues , détruit beaucoup de petits poissons.

Les dreigeurs rapportent souvent sur la grève une multitude de raies si petites , qu'elles sont à peine mangeables; et en vidant leur filet à bord, ils en rejettent un grand nombre à la mer, qui, ayant été fatiguées dans le filet, ne peuvent reprendre eau et sont' perdues. D'ailleurs , comme nous l'avons déjà dit, les gros poissons de cette pêche ne sont jamais aussi sains que ceux qu'on prend a^ec les rets sédentaires.

Enfin ce filet bouleverse les fonds et détruit les bancs d'algues , où s'élèvent les jeunes poissons.

On remédierait en partie à ces inconvénicns, si , au lieu de mettre les plombs sur la ralingue qui tient à la tessure , on mettait le lest à l'extrémité de lignes qu'on attacherait à la ralingue du pied du filet, en laissant 5 ou 6 pouces de distance entre cette ralingue et le fond de la mer, pour faciliter à la menuise le moyen de s'échapper. Alors on ne ferait que diminuer le mal et prévenir l'entière destruction des soles, des carrelets, des barbues, des

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turbots très-petits qui &e trouvent en immense quantité dans le nlet de la dreige. L'avidité des pêcheurs ne s'accorde pas avec de telles précautions : on en a vu qui ajoutaient au bas de leur filet des barres de fer pour labourer encore mieux le fond. Il en a résulté une telle destruction , que les dreigeurs, ne prenant presque plus rien , ont abandonné cette façon de pêcher, qui leur occasionnait de grands frais dont ils n'étaient pas remboursés. Le nombre des grands dreigeurs est même beaucoup diminué.

Du temps de François 1er., il n'existait à Dieppe que deux dreigeurs , et qui n'avaient pas de fort grands filets. Les gouverneurs, qui retiraient du profit de la pèche , en ont porté le nombre à cinq , puis à huit, et peu à peu jusqu'à seize. Louis XIV ayant permis à tout le monde la pêche a la dreige, le nombre des dreigeurs a encore beaucoup augmenté , et l'on a vu toute la mer couverte de ces pêcheurs. Il est vrai que leur nombre se réduit de lui-même; mais c'est, comme nous l'avons dit, à cause de la disette du poisson.

J'ajouterai à ces détails, puisés dans le Traité des Pèches, de Duhamel,. que d'après ce que j'ai en* tendu dire tout récemment à Dieppe , cette ville est menacée d'une ruine prochaine par l'impossibilité où elle sera de faire la pêche , si le gouvernement ne fait exécuter les réglemens rendus pour la conservation du poisson .

Réglemens.

L'ordonnance de 1681 , art. 4 y avait prescrit que les mailles des filets employés pour la pêche à la dreige auraient 1 pouce 9 lignes en carré $ que celles des tramaux ou hamaux, qui sont attachés des deux côtés du filet, auraient 9 pouces en carré, sans que ces filets pussent être chargés de plus d'une livre et demie de plomb par brasse.

Mais dans la suite, on fit cette pêche d'une manière si abusive , que l'on enlevait tout le frai du poisson , et l'on reconnut qu'elle ne pouvait plus être exercée sans qu'il en résultât les plus grands préjudices pour la pèche maritime. Il s'éleva un cri général à ce sujet sur les côtes du Ponant.

Pour remédier à ce mal et rétablir la pêche du poisson de mer, le roi donna, le 23 avril 1726, une déclaration qui défendit la pêche à la dreige. Le préambule porte que la disette du poisson de nier ne peut être attribuée qu'à la pratique de la pèche avec ce filet , qui , traînant sur les fonds avec rapidité, les gratte et laboure, de manière qu'il déracine et enlève les herbes qui servent d'abri et de réduit aux poissons , détruit leur frai , fait périr ceux du premier âge, et fait fuir ceux qu'il n'arrête pas.

L'article ier. de cette déclaration fait défenses de pêcher avec les rets, filets et tramaux nommés dreige ou drague , à peine de confiscation des bateaux , filets et poissons, de 100 liv. d'amende, etc.; les art. 2 à 18 contiennent des exceptions dont l'effet a dû cesser çn 1734 ; l'art. 19 défend de traîner àvla mer, le long des côtes et aux embouchures des rivières, des seines , collerets, corets , traînes, dranets, draignans , dravenets, et autres semblables filets et instrumens traînans, sous les peines portées par l'art. icr.$ l'art. 20 défend , sous les mêmes

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peines, aux pêcheurs qui se servent de rets nommés picots y de traîner leurs filets à la mer pour faire la

Eêche , ni de se servir, pour battre l'eau , piquer et rouiller les fonds, de perches ferrées et pointues , de câblières , pierres , boulets, chaînes de fer et tous autres instrumens $ l'art* 21 fait aussi défenses de se servir de muletières et de tramaux dérivans à la marée 7 comme aussi de faire la pêche de la petite traîne 9 dreige ou drague f nommée couche ou chausse, et celle de la dreige ou drague, armée et montée de fer ; l'art. 22 ordonne de démonter tous les filets , engins et instrumens traînans ; l'art. 23 défend d'en fabriquer $ les art. 24 et 25 ordonnent d'en faire la recherche et de poursuivre les délinquans ; et l'art. 26 permet de continuer la pêche de l'huître avec la dreige armée de fer. V. cette Déclaration k sa date , à la fin de ce Dictionnaire.

DREIGEUR. Bateau qui sert à la pêche à la dreige. Y. Dreige.

DRELIGNE ou DRELIGNY. C'est un des noms du poisson que nous avons décrit au mot Bar. V. ce mot.

DRIVONNETTB. V. Manet.

DROGUES. Y. Appât et Noix vomique.

DRGGUEURS. Bâtimens pêcheurs du Polie t.

DROIT DE PÊCHE. Le droit de pêche appartenait à tout le monde chez les Romains. Ce droit , en ce qui concerne les fleuves , fut ensuite attribué au domaine royal des souverains, tant en France qu'en Allemagne et en Italie. Y. le Discours préliminaire et l'article Pèche.

DROME. On emploie ce terme, dans quelques ports, pour signifier le cordage qu'ailleurs on nomme orin, et qui sert à tenir la bouée arrêtée sur les filets des pêcheurs.

DROU1LLET. Petit filet monté sur des perches, qu'on présente à l'opposite du cours de la marée pour prendre de petits poissons , particulièrement le harangue t.

DUMES. Elévations qui bordent la mer; il y en a d'assez élevées pour former des montagnes : on donne volontiers ce nom à celles de sable qu'on voit aux environs de Dunkerque. Y. Dunes dans le Dictionnaire des Forêts.

DURDO. Poisson du genre scienne , qu'on appelle aussi corbeau» Y. Vmbre.

ÉCAILLE. De l'allemand schale, dont les lia* liens ont fait squaglia, les Anglais scale, et que nous avons nous-mêmes Ion g- temps écrit schaue, puis escaille , et enfin écaille.

Histoire naturelle. — C'est une partie dure et ordinairement transparente , d'une figure ronde et plate, qui couvre la peau de presque tous les poissons et de certains reptiles. Y. Poisson»

ÉCAILLE ou GRANDE-ÉC AILLE. On donne ce nom à un poisson d'Amérique long de 2 pieds 9 dont le dos est assez rond, le ventre gros et la. queue fort large. Il est couvert d'écaillés argentées^ larges de plus djnn pouce. La chair de V écaille est fort blanche , ferme , grasse , délicate et d'un boui.

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Eht* On pèche ce poisson au fond des ports et dans étangs qui communiquent à la mer*

ECHAFAUD. C'est un établissement qu'on fait au bord, de la mer pour décoller , trancher, élanguer et saler les morues. V. Morue*

ÉCHANLATTES. V. Chanlattes.

ÉCHARDE. V. Épinoche*

ÉCHAUDJÉS ( HARENGS ). Ce sont ceux qui ont été poussés à un feu trop vif dans les roussables*

ÉCHIQUIER. V. Carreau.

ÉCHOUER. Se dit quand un vaisseau, manquant d'eau , porte sur le fond.

ÉCLAIRE. Ouverture pratiquée à la table à habiller la morue verte , pour faire tomber le poisson dans la cale du vaisseau.

ÉCMSSBS. Ancien instrument de pèche prohibé par les ordonnances de i3a6, i388, i4oa» i5i5 et i55o, citées dans Saint- Yon, p* 224» et auxquelles se réfère l'ordonnance' de 1669, *-*** XXXI, art. 10. • ECLUSE. Les pêcheurs-parquiers nomment ainsi les parcs de pierre. Y. Parc*

ECOREUR. Homme chargé par l'équipage de tenir compte du poisson qu'il livre aux marchands.

ECREVISSE , astacus. Genre de crustacés de la division dospédiocles à longue queue* Ce genre, à raison de l'espèce fluviatile qui se trouve dans toute l'Europe et que l'on mange par - tout , est un des plus généralement connus et des plus étudiés parmi ceux des crustacés.

Description. — Les écrevisses ont le corcelet àpeu-près cylindrique, le devant de la tête prolongé en pointe aplatie et armée d'épines ; les yeux placés à côté de cette partie , et ayant la forme d'un demiglobe, porté sur une espèce de fourreau cylindri- 2 ne attaché à un muscle fort et nerveux, et au moyen aquel ils sont mobiles , et peuvent rentrer et sortir à volonté d'une cavité où ils sont situés; les antennes placées entre les yeux; les antennes supérieures fort déliées à leur pointe > et ordinairement aussi longues que le corps , et entre ces antennes et un peu au-dessous de leur base se voient les petites antennes, que quelques auteurs ont mal-à-propos appelées antennules : elles sont presque de même forme que les antennes, mais considérablement plus courtes.

Les instrumens du manger sont : une lèvre supérieure osseuse , petite , triangulaire ; quatre paires d'anlennuies , accompagnées de mâchoires, et deux grosses dents osseuses, qui se meuvent latéralement, sans compter les bras, qui ont leur attache plus bas. Toutes ces différentes parties concourent à l'action du manger ; mais il est difficile de déterminer à quoi , dans cette opération , est employée telle ou telle pièce. Il paraît cependant que les antennules servent à tàter les alimens , les bras à les porter à la bouche , et les mâchoires à les atténuer.

La queue de l'écrevisse fait la moitié de l'animal, elle est composée de six pièces ; les anneaux ont en dessous des parties remarquables attachées près de leur bord extérieur, et- qu'on nomme Jltets : c'est à ces filets que l'écrevisse femelle attache ses œufs , et il est probable que ceux du mâle servent à quelque chose dans l'acte de la génération 5 mais comme on n'a pas encore bien observé l'accouplement des

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écrevisses, on ne sait rien de positif à cet égard. La queue est terminée par cinq pièces plates, minces, ovales , un peu convexes en dessus et concaves en dessous , articulées au dernier anneau de la queue : ce sont de véritables nageoires. C'est à la base de celle du milieu , en dessous , qu'est l'anus.

Les écrevisses respirent l'eau et l'air par des ouïes assez semblables à celles des poissons. L'ouverture de ces ouïes est placée au - dessous de la tête , sous la partie antérieure et latérale du test du corcelet.

Les pattes des écrevisses ont leur attache, le long du dessous du corps, à une peau duve et écailleuse; les deux antérieures ou les pinces sont fort longues, grosses et divisées en cinq parties articulées entre elles par des membranes : la plus éloignée du corps, ou la cinquième , s'appelle la main ou la serre* C'est avec les pinces que l'écrevisse prend sa proie , et qu'elle se défend ; elle serre avec tant de force que pour lui faire lâcher prise il faut lui casser la patte ou lui brûler la queue.

Les huit autres pattes sont longues, effilées et -divisées, chacune, en cinq articles un peu aplatis.

Propagation. — Les pattes des écrevisses de l'un et de l'autre sexe ont une particularité des plus remarquables, c'est d'être le siéee des organes de la génération. On peut distinguer le sexe d'une écrevisse en la regardant en dessous.

Les organes du mâle sont placés à la base du premier article des deux pattes postérieures, et indiqués par une cavité arrondie remplie par une masse charnue, où se terminent les vaisseaux spermatiques.

L'écrevisse femelle présente , au* même article des deux pattes de la troisième paire , une grande ouverture ovale , qui est faite pour donner passage aux œufs : les deux ovaires aboutissent à cette ouverture. Entre les pattes de la troisième et de la quatrième paire y on voit, au - dessous du corps , une plaque écailleuse, élevée, formée par deux pièces triangulaires, mises bout par bout. Dans la femelle, cette plaque se trouve couverte, au temps de la ponte ,^1'une matière calcaire, jaunâtre, qui y tient fortement, et que Roesel a soupçonné être la semence du mâle.

Baster rapoorte , sur la foi d'autrui , que l'accouplement se fait ainsi : lorsque le mâle attaque la femelle , elle se renverse sur le dos , et alors ils s'embrassent très-étroiteroent par le moyen des pattes et de la queue; après quoi, au bout de 2 mois, la femelle se trouve chargée d'œufs.

Les écrevisses pondent une grande quantité d'œufs, qu'elles ont l'art d'attacher aux filets mobiles oui se trouvent au-dessous de leur queue , et qu'elles y portent constamment jusqu'à ce que l'es petits éclosent. A cette époque, les petits sont transparens, mous , mais en tout semblables aux grosses écrevisses ; ils restent quelque temps ainsi' abrités sous la 3ueue de leur mère. 11 n'est personne qui n'ait été ans le cas de manger des écrevisses garnies de petits. Lorsque la mère est tranquille dans Peau , on voit sortir ces petites écrevisses d'entre ses jambes, et se hasarder à ramper autour d'elle, et puis * au moment du danger, se retirer tous ensemble dans leur asile. Elles abandonnent cependant leur aère peu à peii, à mesure qu'elles grandissent, et Ton

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n'en, voit plus guère avec elle vers la fin de la première quinzaine de leur naissance.

Mue des écrevisses. — - Lee écrevisses, comme tous les autres crustacés , changent de peau au commencement de Pété; il se forme, entre leur test et leur chair ,. un intervalle vide , qui augmente de manière que si , à cette époque, on presse leur dos , on s'aperçoit qu'il fléchit sous, le doigt , et peu après on les trouve avec une peau moue 9 et l'on voit dans les environs les reste» de l'ancienne»

Lorsqu'une écre visse veut changer de peau , elle frotte ses pattes Tune contre l'autre, et se donne de grands m ou ve mens. Àprèsces préparatifs, elle gonfle son corps plus qu'à r ordinaire j et le premier des segmens de sa queue parait plus écarté de son corcelet; la membrane qui les unit se brise, et son nouveau corps parait.

Les écrevisses ne travaillent pas à se débarrasser de leur, test immédiatement après que la rupture précédente a été faite; elles restent quelque temps en repos ; et ce n'est qu'à diverses reprises qu'elles se dépouillent de leurs jambes et de toutes les autres parties recouvertes par le corcelet. Ge travail est très-fatigant pour les écrevisses , et Réaumur en a vu souvent mourir dans l'opération , sur-tout parmi les jeunes. Lorsque les jambes sont dégagées, l'écrevisse se débarrasse de son corcelet; elle étend brusquement sa queue 9 et par ce mouvement s'en débarrasse aussi. Après cette dernière action de vigueur , l'écrevisse tombe dans une grande faiblesse; ses jambes sont si molles , qu'elles se plient comme un papier mouillé. Si pourtant on appuie le doigt sur ,son dos, on sent ses chairs beaucoup plus solides qu'elles n'étaient auparavant : l'état convulsif des muscles est peut-être la cause de cette dureté contre nature.

Quand le corcelet est une fois soulevé et que les écrevisses ont commencé à dégager leurs pattes , rien n'est capable d'arrêter l'opération.

L'écrevisse, après s'être débarrassée de ees parties extérieures , est couverte d'une membrane molle , qui prend en a ou 3 jours , et quelquefois même en 24 heures , la consistance de l'ancienne.

Les écrevisses prêtes à muer ont toujours deux pierres connues sous le nom d1 yeux cPécrevisse, qui sont placées aux côtés de l'estomac , mais qui ne se voient plus à celles qui ont mué. 11 résulte encore des expériences de Réaumur que ces pierres sont destinées à fournir la matière ou partie de la matière du test; car , ai le lendemain de la mue 9 lorsque le test n'est encore qu'à moitié durci , on ouvre une écrevisse , on remarque que ces prétendus yeux sont diminués de moitié, et si on rouvre le troisième jour, on n'en voit plus qu'un atome, ensuite plvis du tout.

Réaumur a mesuré des écrevisses avant et après la mue, et a acquis les preuves qu'elles augmentaient environ d'un cinquième ; mais il est probable que cette augmentation n'est pas la même à tous les âges, et qu'elle est décroissante dans les âges plus avancés. On en peut conclure que ces animaux croissent avec lenteur : et en effet Y les pêcheurs rapportent qu'une ésrevissede 7 àô ans «s ta peine marchande. On cite des écrevisses qu'on a supposées de l'âge de 5o ans.

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. ' Un fiait très-étonnant, que présente encore l'hii toire naturelle des écrevisses et des autres crustacés, c'est que, quand leurs pinces ou leurs pattes sont rompues ou arrachées par quelque accident , il leur en repousse de nouvelles au même endroit.

Habitation* — Les écrevisses de rivière se plaisent

Srincipalement dans les eaux courantes et pierreuses es montagnes. On les trouve aussi dans les lacs et les étangs- ; mais là, leur chair, à. moins que ces amas d'eau ne soient alimentés par des sources voisines, n'est pas aussi bonne. Elles se cachent pendant le jour dans des trous qu'elles se creusent , ou* sous des pierres, des racines d'arbre , etc.

Les écrevisses de mer aiment les cotes pierreuses, où il y a des rochers dans les fissures desquels elles puissent se cacher. Elles se trouvent dans toutes les mers, et ne sont point rares sur les côtes de l'Europe.

Multiplication artificielle des écrevisses* — AL Bosc, dans son article Ecrevisse du Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle ^ où nous avons puisé la matière de ce que nous venons de rapporter, observe qu'il est extrêmement difficile de peupler à? écrevisses un ruisseau, etencoreplus un réservoir où il n'y en avait pas. Peu d'animaux aquatiques sont plus délicats sur la nature de l'eau où elles doivent viv ce. On les a vues, à la suite de ces transplantations , sortir de l'eau et venir mourir sur la terre ; cela arrive sur-tout lorsqu'on les prend dans une eau vive pour le^s mettre dans une eau stagnante , quoique cette eau ne leur soit pas. mortelle , et qu'if n'y ait que les eaux en état actuel de putréfaction qui les fassent périr : ce n'est donc qu'à force de sacrifier des individus qu'on parvient à en accoutumer quelques - unes à leur nouvelle habitation.

Nourriture. — Les écrevisses, comme tous les autres crustacés, ne vivent que de substances animales ries petits poissons, les petits coquillages, les larves d'insectes, et tout ce qui se noie dans les eaux , forment la base de leur subsistance pendant l'été, et en cas de disette, sur-tout quand elles changent de peau , elles se mangent entre elles ; l'hiver, elles restent sans manger ou sans presque rien manger.

Ennemis.— Elles ont pour ennemis presque tous les animaux qui fréquentent les eaux f tels que les loutres , les rats d'eau , les oiseaux aquatiques , les poissons voraces , les larves d'insectes, etc.; cependant , comme elles multiplient beaucoup , et que le nombre de leurs ennemis diminue à mesure qu?eUes avancent en âge et acquièrent de la force , il suffit de ne pas pêcher pendant quelques années un ruisseau épuisé , et de veiller sur les loutres et les hé* rons, pour qu'il y en ait entant qu'auparavant; cependant leur nombre se borne d'après la quantité de subsistance qu'elles peuvent se procurer.

Pèche des écrevisses de rivière,

La pêche des écrevisses de rivière se fait de plusieurs manières.

Pêches simples lies écrevisses de rivière. — x°. On se met dans l'eau • et avec le bras on furette dans les endroits où se logent les écrevisses : cette pêche est

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dangereuse , parce qu'au lieu d'écrevisses on prend quelquefois des serpens.

a°. On tue un vieux chat ou un vieux lièvre , qu'on laisse pourrir 8 jours dans le fumier $ on le lie ensuite avec une corde, et on le jette dans Peau : le lendemain , on retire son cadavre couvert d'écrevisses. On ajoute une précaution pour empêcher les écrevisses de s'échapper quand on retire l'appât , c'est de mettre le chat ou le lièvre au milieu d'un ttgot d'épines ou de bois tortu t la pêche est alors plus sûre et plus lucrative.

3°. Une morue salée fait le même effet que le chat ou le vieux lièvre. Quand on enlève sa proie , il faut avoir soin de passer au-dessous un panier oui reçoive les écrevisses qui se laissent conler au tond de l'eau. Le sel est si fort du goût de ces animaux, que quelques pêcheurs se contentent de laisser tremper dans l'eau de vieux sacs qui ont servi à le renfermer , et ils prennent avec cet appât un grand nombre d'écrevisses. *

Méthode ordinaire pour la pêche des écrevisses de rivière* — Avez une douzaine de petites perches longues de 5 pieds , et grosses comme le pouce ; rendez-les par le petit bout , et mettez-y pour appât une grenouille ou de la chair corrompue \ prenez ensuite ces perches par le gros bout , et portez l'autre à l'entrée des trous où vous soupçonnez que' se retirent les écrevisses. S'il y en a réellement , elles sortiront pour s'attacher à votre appât $ si vous voua en apercevez , vous prendrez une petite truble ou on panier attaché au bout d'une perche, et vous le glisserez dessous les écrevisses sans les toucher; vous lèverez en même temps votre appât , et l'écrevisse ne le quittera que pour tomber dans le filet.

On attache aussi un filet au pourtour d'un cercle de fer ou de toute autre matière pesante, et on fixe au milieu de ce filet un morceau de viande quelconque, la plus corrompue est la meilleure; le cercle estattaché â un long bâton par le moyen de trois ficelles : on le met dans l'eau â la brune , moment où les écrevisses quittent leurs trous. Bientôt après , on les voit accourir , attirées par l'odeur et par la vue de l'appât , sur lequel elles se jettent avec avidité : alors, onlève le bâton, on retire le filet, et on choisit les plus grosses écrevisses. Cette pêche est très-productive.

On peut remplacer le filet dont nous venons de

Srler par un panier plat , ou même par un morceau! toile, au milieu duquel on place l'appât. Il faut observer que c'est dans les sources d'eaux vives qu'on trouve en abondance les écrevisses, et

£e pendant le jour elles se retirent ordinairement as les trous, sôusles racines d'arbre ou en tre les gros cailloux ; c'est aussi l'asile d'une espèce de serpent.

Pêche des écrevisses de rivière au moyen d'un bmésudeau. — Cette pêche demande le concours de plusieurs personnes : on fait provision de bêches et de pioches, et avec cet attirail on va dan* l'endroit où l'on soupçonne le plus d'écrevisses.

On plante des piquets en travers du ruisseau., et quand il y en a un nombre suffisant , on les entrelace par une grosse perche pour soutenir le fil de Peau : on coupe ensuite des gazons , et on les met oestre las pieux , pour fermer le passage* l'eau et l'obliger à prendre son cours ailleurs.

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Le batardeau n'est donc qu'une légère digue qui

it à sec une partie du lit du ruisseau 5 l'écrevisse, qui se sert enlever son élément , sort de sa retraite, et l'on n'a que la peine de choisir les plus dignes de paraître sur la table : outre les écrevisses , on prend quelquefois de cette façon des anguilles.

Pécherettes des Tatars pour prendre les écrevisses en hiver lorsque les eaux sont gelées. — Les Tatars font, dit PaUas, avec de l'osier des plateaux ronds ; ils attachent au milieu une pierre assez pesante pour fixer le plateau au fond de l'eau , et à ce même milieu un morceau de viande.

Après avoir fait â la glace des trous assez grands pour passer leur plateau , qui a environ un pied de diamètre , ils le descendent au fond de Peau au moyen de deux cordelettes ou ficelles en osier attachées à ses bords $ enfin de temps en temps ils les retirent pour prendre les. écrevisses qui s'y trouvent.

Comment on conserve les écrevisses. . — Les écrevisses peuvent «être conservées pendant plusieurs jours, lorsqu'il ne fait pas trop chaud, dans des paniers où l'on a mis des herbes fraîches, telles que de l'ortie, ou dans un baquet où il n'y a que quelques lignes d'eau en hauteur. S'il y en avait assez pour qu'elles en fussent couvertes, elles périraient en peu de moment, parce que la grande consommation d'air qu'elles font ne leur permet pas de vivre dans une eau qui n'est pas en grande masse ou continuellement renouvelée.

Qualités et usages des écrevisses» — La chair des écrevisses d'eau douce nourrit beaucoup ; elle forme un aliment assez solide, maïs de difficile digestion. On prépare les écrevisses de diverses -manières : la plus simple et la plus avantageuse consiste â les mettre en vie dans un chaudron, où se trouve du vinaigre affaibli et fortement assaisonné de sel , de poivre , de thym , de laurier , de muscade , etc. Quelques personnes les font cuire dans du vin blanc. On doit les mettre sur le feu dans l'eau froide , et non dans de l'eau déjà bouillante, parce que l'impression trop vive qu'elles éprouveraient les agite* terait au point qu'elles casseraient leurs pattes, au'il est important de conserver pour les servir sur table.

On Tait aussi des coulis d'écrevisses, c'est-à-dire qu'on les pile dans un mortier , et qu'on emploie le résultat de cette opération pour les assaisonnement. Ces coulis ont une saveur et une odeur agréables , qui se communiquent très-facilement aux autres mets.

On a vanté , en médecine , les écrevisses comme propres à purifier le sang , à disposer les humeurs aux excrétions , à ranimer les oscillations des vaisseaux et le ton des solides , en uia mot comme un remède incisif et tonique $ mais il parait qu'aujourd'hui leur emploi , comme moyen médicinal , est beaucoup réduit.

ÉCR1LLE. Clôture de clayonnage , qui se pratique à la décharge d'un étang pour empêcher les poissons d'en sortir. Y. Étang.

ÉCUBLL. Rocher ou banc de sable qu'il faut éviter pour ne pas périr.

ÉGLEF1N. Aigrefin..

ÉGORGÉS (HARENGS). Ce sont ceux auxquels les femmes ont emporté la tête en les habillant.

ÉMI

ÉGRAU. Filet de la pèche àite jagude dans les chenaux de Buch. r

ÉGREFIN. V. Aigrefin.

ÉGRILLOIR. Instrument de plusieurs pieux fichés et liés ensemble en forme de grille , que l'on met dans les petites rivières ou au-dessous des étangs pour en laisser passer les eaux et empêcher le poisson de sortir.

ÉGUILLES. V. Frai de poisson et la Déclaration du roi, du 23 avril 1 726 , art. 32 , à la fin de ce Dictionnaire.

ÉGUILLIRRE. V. Aiguillière.

EIN. C'est un mot corrompu de haim. Quelques pécheurs disent eiche,

E1SSAUGUE. Il -vaudrait mieux écrire aissaugue : quelques-uns écrivent essaugue , d'autres issaugue. C'est un filet approchant de la seine, au milieu duquel il y a un sac de filet, ce qui est assez

.d'usage en Provence. Ainsi, ce filet est composé de deux ailes ou bras de filet et d'une manche, qui est au milieu. Après avoir fait parcourir au filet une

. grande enceinte , on le tire à terre pour prendre le poisson. V. Aissaugue.

ÉLANCEMENT DE L'ÉTRAVE. C'est la quantité dont i'étrave se porte en avant au-delà de l'extrémité de la quille.

ÉLANGUEUR. C'est un petit instrument de fer pointu par les deux bouts ; une des pointes entre dans une lisse , et l'autre sert à piquer les morues 'par le derrière de la tête pour leur ôter commodément la langue. V. Morue:

ÉLÉPHANT DE MER. Nom donné au morse , animal amphibie. V. Morse.

EMBALLAGE DU POISSON. On prend bien des précautions pour emballer le poisson dans les paniers lorsqu'on veut le transporter , ou , comme on dit , le chasser au loin : on emballe dans des paniers qu'on nomme deux au cheval quand deux .paniers en font la charge ; trois au cheval, quand il en faut trois, et de même quatre au cheval} il y en a de plus petits , qu'on nomme cloyères. Enfin on enveloppe quelquefois de beaux poissons simplement dans de la paille , c'est ce qu'on nomme totquette ou torche t te ,• on couvre les paniers avec de la paille longue , qu'on nomme glu , et on forme ce qu'on nomme le chaperon. V. Pêche.

EMBECQUER. C'est mettre un appât friand à JLa pointe d'un haim : quelques-uns disent abecquer .et aboi ter. V. Hameçon , Appât.

EMBOURIQUES. C'est le nom qu'on donne aux goulets qui- séparent les différentes chambres des hourdigues; d'autres goulets se nomment bouques et contre- bouques. V . Bour digue.

-- ÉMÉR1LLON. Petit crochet de fer, qui est disposé sur son manche de manière qu'il y peut tourner

facilement. V. Hameçon. . .

ÉMISSOLE, squalus mustellus. (Lin.) Poisson du genre des squales , qu'en Italie on appelle pesce columbo , et en Angleterre smooth hound , et qui se rapproche, par sa conformation, du Milandre(S '. ce mot), et de plusieurs autres cartilagineux de la

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même famille. Il a les dents' petites et très-obtuses , et semblables à celles de la plupart des raies. Elles sont très-courtes , très-serrées, et paraissent comme une sorte de mosaïque régulière , incrustée dans la mâchoire : aussi ne sont-elles pas propres à déchirer la proie , mais bien à la broyer. Sa première nageoire dorsale est presque triangulaire , et plus avancée vers la tête que les nageoires ventrales, qui sont une fois plus petites que les pectorales. Sa couleur est d'un brun cendré en dessus , quelquefois parsemé d'étoiles blanches; ce qui forme une variété qu'on a appelée étoilée ou lentillat. Il habite dans les mers d Europe et de l'Inde. Il est assez corn* mun dans la Méditerranée* Rondelet représente cette espèce avec un petit attaché à sa matrice par un cordon ombilical ; ce qui est assez dire qu'elle est vivipare comme les autres espèces du genre des squales.

' EMPERNA. Faire emperna , c'est former l'enceinte de filets pour la pêche qu'on nomme seinche ou enceinte. V. Seinche.

EMPILER LES HAIMS. C'est les attacher à une empile | et comme il y a des haims de différentes formes et grandeurs, on a aussi des empiles grosses et menues, de simples et de doubles , ae rondes et de cadenettées : il y en a de métal et de crin. V, Hameçon, Ligne.

EMPILES ou PILES. Ce sont des lignes déliées, ordinairement doubles , auxquelles on attache un haim , et qui s'ajustent aux lignes ou cannes. On les appelle, dans la Méditerranée, bresseaux. Y. ligne*

EMP1PBUR. Tonnelier qui arrange les harengs saurs dans les tonnes.

EMPOISSONNEMENT.C'est le repeuplement qui se fait d'un étang après la pêche.

L'ordonnance de 1669, tit. XXXI, art. 21, veut que, pour l'empoissonnement des étangs du roi, des ecclésiastiques et des communautés , le carpeau ait 6 pouces au moins , la tanche 5 et la perche 4. : * l'égard du brochet , on le peut mettre de tel échantillon qu'on veut j mais ce ne doit être qu'un an après l'empoissonnement. Y. Etang.

ENCEZA. Pêche de la Catalogne, qui se fait de jour et de nuit avec le fittora ou le Echoir. A Alicante , cette pêche se fait avec le feu et le filet. Y. , au mot Pêche , ce qui concerne la pêche d la basse eau.

ENCLBSTRE. Partie du filet de la Tartane. Y. ce mot.

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