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qui agissent autrement ont bientôt perdu leur tassure. Les pécheurs attendis à la conservation de leurs filets ont, de plus, le eoin de les tanner de temps en temps ; mais il y a des pêcheurs paresseux et négligeas qui les laissent long-temps à la mer sans les relever) et il en résulte qu'une partie de leurs meilleurs poissons se trouvent endommagés par les poissons voraces , ou bien que ceux qui restent entiers sont morts et meurtris à force de s'être tourmentés dans le filet. C'est une perte réelle nonseulement pour les pêcheurs, mais encore pour le public; et elle est d'autant plus fâcheuse, que les poissons pris aux folles , quand on les relève fré-
Suemment, sont meilleurs que ceux qui ont été pris ans les guideaux, ou qu'on a péchés à la traîne , parce que ^opération de traîner ne peut guère manquer de fatiguer le poisson.
Cest pour ces raisons qu'il est ordonné aux pêcheurs-iolliers de rester sur leurs filets et de les relever presqu'à toutes les marées : ceci regarde principalement les pêcheurs qui tendant leurs folles à la mer.
§3. — De la pêche avec les folles, d la mer et sur
les grands fonds.
Nous avons dit que les mailles des folles doivent avoir au moins 5 pouces d'ouverture en carré $ mais les pêcheurs les font souvent beaucoup plus grandes, parce qu'ils se proposent de ne prendre avec ce filet que de gros poissons; que dans ce cas le filet coûte moins, est plus léger, plus souple, et enveloppe plus aisément les poissons.
Chaque pièce de filet a io, ta, i5 ou 18 brasses de longueur, et 5 , 6 ou 8 pieds de chute. Comme , en joignant beaucoup de ces pièces les unes au bout des autres, on forme de très-grandes tessures, ces pêches se font toujours par un nombre de matelots qui se réunissent et se mettent à la part) ils sont quelquefois seize dans un bâtiment, PL d&yftg- N*. VII* Chacun d'eux fournit depuis dix jusqu'à vingt pièces de folles , et le maître ordinairement le double : de sorte que si chacun des seize matelots a fourni dix-huit pièces de filet et le maître trentesix , la tessure entière est de trois cent vingt-quatre pièces , et elle a bien plus que 3,ooo brasses de longueur. Quelquefois les flottes sont enlacées entre deux fortes lignes , et ces lignes forment la ralingue de la tête du filet, que quelques pêcheurs nomment bouchet. Les flottes sont petites , mais il y en a une au milieu de chaque maille. Les pierres qui garnissent la ralingue du pied du filet sont à a pieds et demi ou 3 pieds les unes des autres.
Le propriétaire de la barque n'a point de filet; cependant il retire trois lots pour cette barque, et il est tenu de l'entretenir bien gréée.
Quand le maître pécheur a fourni une fois plus de filets que chaque matelot, il a deux parts : chaque matelot qui fournit des filets en a une , et ceux qui n'ont point de filet ont une demi -part pour la récompense de leur travail.
C'est ordinairement le propriétaire du bateau qui fait la vente du poisson : il a pour cela le sou pour livre du produit.
Lorsqu'on fait une chaudière commune, elle passe
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en frais de pèche , comme avarie ; mais chacun se fournit de boisson et de petits rafrafchisseraens.
Nous avons dit que la folle étant un filet sédentaire , on en tendait de petites entre les roches ; niais pour les grandes folles, on évite les fonds où il y a beaucoup de grosses roches , de crainte que les filets ne s'y accrochent , et ne soient ou perdus ou considérablement endommagés. Quand les filets restent engagés entre les roches , on essaie de les débarrasser avec des grapins, comme on en voit un au-dessous de la bouée fig* N°. VI $ mais il n'est pas rare que les grapins restent avec le filet.
Les meilleurs fonds pour cette pêche sont ceux de rocaille, de galet , et où il croit des plantes marines 5 car, comme il est difficile de pécher à la traîne dans ces fonds, on y trouve ordinairement beaucoup de poissons et de la meilleure qualité. Ajoutons qu'il s'y rencontre moins qu'ailleurs de poissons voraces , qui endommagent beaucoup le fruit de la pêche.
Comme les poissons se retirent dans la grande eau lorsqu'il fait froid , les pêcheurs vont les y chercher. Les gros temps sont fort incommodes pour tendre et relever les filets : ainsi le calme et les mortes-eaux sont les circonstances les plus favorables pour la pêche aux grandes folles en mer. Quand les pécheurs sont surpris du mauvais temps , ils laissent leur tessure à la mer jusqu'à ce que le calme soit revenu. -Les filets en souffrent, ainsi que le poisson qui est pris ; mais ce sont des inconvéniens • inévitables.
Les poissons qu'on pêche ordinairement aux folles sont les raies, les anges, les turbots, quelques marsouins, de grands chiens de mer, de grosses crabes et des ho mars. Les grosses raies blanches, qu'on nomme tires, se pèchent ainsi durant toute l'année , et il en est de même des turbots; mais la vraie saison pour prendre les bonnes espèces de raies est le printemps et l'automne.
Les pêcheurs redoublent d'activité pendant le carême, non-seulement parce que le débit du poisson est alors plus certain, mais encore parce que la fraîcheur de -l'air permet de le transporter fort loin.
Voilà ce qui doit déterminer les pêcheurs sur les saisons et les lieux les plus favorables pour leur pêche. Lorsqu'ils veulent partir, ils mettent dans leur bateau leurs filets et tous les ustensiles qui sont représentés sur la PL tâ^fig. N°* VI
Les pécheurs feraient bien de mettre de distance en distance, dans toute la longueur de leur tessure, de petites bouées , pour en retrouver les morceaux lorsqu'elle a rompu , au lieu de les aller chercher avec des grapins, qui l'endommagent nécessairement.
Etant pourvus de tous ces ustensiles , ils vont se rendre au lieu de la pêche, ou, comme ils disent, ils s* établissent sur leurs signaux; c'est-à-dire qu'ils prennent des à-mers sur la côte pour reconnaître leur position et retrouver leurs filets , quand ils ont été obligés de les abandonner.
Si le vent est fort , ils amènent le grand mât , et ne conservent qu'une petite voile à l'avant, ne prenant de voilure que ce qu'il en faut pour filer la tessure, comme on le voit PL 33,/tf. 2V«. IV.