GUE
la première dorsale aiguillonnés ; ceux des pectorales très -longs. On le trouve dans toutes les mers d'Europe. Sa chair est dure et maigre, ce qui fait qu'il n'est pas recherché ; cependant il arrive souvent qu'on le paie fort cher à Paris, parce qu'on le vend sous le nom de rouget, et qu on le confond avec le grondin, dont la chair est très-délicate. On en prend quelquefois plus qu'on ne veut, parce qu'il va en troupes. 11 fait entendre, lorsqu'on le touche, une espèce de sifflement.
GROS-YEUX ou CALET. Duhamel a donné, dans son Traité des Pêches, t. III, p. 3i , et PL 8 , la description d'un poisson du genre des spares, que les pêcheurs de Cette nomment grosyeux, et qui est appelé calet par les pêcheurs catalans. Cette description, qui lui a été fournie par des officiers généraux de la marine , lui a fait penser que ce spare ne pouvait être nile pagel, ni le pagre, ni le bogue, ni le poisson nommé acarne par Rondelet. Ce ne peut être non plus le gros-œil, décrit et figuré par BlocL , et dont on ignore la demeure , ni le grand-œil, qui se trouve dans la mer Rouge.
Quoi qu'il en soit , voici la description que Duhamel en a donnée : c'est un fort beau poisson , qui a le corps allongé et charnu; la tête grosse; les yeux très-grands et très-brillans; l'iris argenté ; les opercules aussi argentés , principalement auprès des yeux; la gueule assez grande, et dont l'intérieur est d'un rouge de vermillon très- vif ; le dessus de la tête de couleur pourpre, avec des reflets jaunes, couleur d'or, bleus ou verts; le dos pourpre audessus de la ligne latérale, avec quelques grandes écailles argentées qui paraissent encadrées dans un réseau pourpre, ce qui fait un très-bel effet, et les lignes latérales fort rouges. Cette couleur s'éclaircit peu à peu, et les côtés deviennent d'un blanc argenté, ainsi que le dessous du corps. On aperçoit auprès des ouïes une grande tache noire tirant au vert, traversée par les lignes latérales avec d'autres taches brunes sur les côtés. Les nageoires , ainsi que l'aileron de derrière l'anus, celui de l'anus et celui de la queue, sont rouges. Ce poisson se tient dans les grands fonds , et ne s'approche du rivage que quand il veut déposer ses œufs. Sa chair est agréable au goût.
GUAPERVA. Nom vulgaire de deux poissons : l'un du genre silène, le silène argenté'; l'autre du genre chétodon, le chétodon lancéolé, et qui se trouvent à l'Ile-de-France.
GUATTE. Nom des jeunes aloses à Bayonne. Y. Alose*
GUATABLE ou GUÉABLE. Passage facile appelé gué, que l'on trouve dans les petites rivières et ruisseaux que Ton peut traverser sans bateau , surtout à la fin de l'été.
GUÉ. On nomme ainsi l'endroit d'une rivière ou d'un ruisseau que l'on peut traverser sans bateau et sans nager.
GUELDRE , GUILDRE , GUILDILLE , GUI- LIDIVE ou GUILD: Appât qu'on fait avec des poissons du premier âge , de petites chevrettes , ou de la chair de quelques poissons cuits.
Il est défendu de pêcher les petits poissons connus sous la dénomination de guildre, blanchemalie ,
GUI
mentisse j saumonelle, manne , semence, etc. V. le met Blanche , article Pèche maritime , § 2 ; et la Déclaration du roiy du 23 avril 1726, <ir/. 28.
GUELK. C'est ainsi qu'on appelle lesjeunes morues sur les côtes septentrionales de France. V. Morue*
GUELLEKENS. Nom qu'on donne en Flandre à YAnon. V. ce mot.
GUERAGNON. Fond de la manche du gangin^ qui est fait de gros fil qu'on nomme de six. Y. GanguL
GUIDE AU. C'est un filet qui a la forme d'une chausse , dont l'embouchure est large , et qui va toujours en diminuant jusqu'à son extrémité, qui est fermée de différentes façons. (V. la PL 26, N°. VI, fig. 1 . ) Son embouchure A est fixée à un châssis cdef. Le filet se termine par une pointe b.
Comme les chausses ont quelquefois 6 ou 7 brasses de longueur , on ne pourrait pas les retourner pour en retirer le poisson. On laisse donc ouverte l'extrémité de la chausse , et on la lie avec une corde y, JV«. III 9 qu'on dénoue pour secouer le poisson sur le sable ; ou bien on ajuste au bout de la chausse un panier d'osier £•, dans lequel se ramasse le poisson , d'où on le tire aisément en ouvrant une porte qui est au bout.
Dans tous les guideaux, les mailles de l'embouchure sont assez larges : elles ont au moins 2 pouces d'ouverture en carré. Leur grandeur diminue à mesure qu'on approche du fond : elles devraient avoir à cet endroit 2 pouces, pour laisser au petit poisson la liberté de s'échapper; mais souvent on les réduit à 3 ou 4 lignes. Ainsi, elles retiennent le frai et les poissons du premier âge, qui s'y accumulent avec la vase et sont entièrement perdus.
Tente des guideaux*
Si l'on tendait des guideaux dans une eau dormante, comme rien ne déterminerait le poisson à entrer dans la manche , on n'y prendrait rien. C'est pourquoi on tend toujours ces filets dans un courant, auquel on oppose la bouche du filet, afin d'arrêter au passage le poisson qui fuit ou qui est entraîné par la force de l'eau. 11 faut donc que la bouche du filet soit disposée à recevoir le courant; et l'on fait ordinairement cette embouchure fort évasée , pour qu'elle admette une plus grande masse d'eau. On conçoit qu'il est nécessaire que cette embouchure soit tenue ouverte. Four cela, on la tend quelquefois sur un châssis d'assemblage; d'autres fois, on l'attache sur des piquets qu'on a enfoncés dans le sable à la basse mer, et auxquels on ajuste une traverse haut et bas, ce qui forme un châssis moins solide.
Dans les environs de Ma rennes , les pêcheurs tendent l'embouchure de leurs guideaux sur des perches qui ont depuis 4 jusqu'à 6 brasses de hauteur; la manche est longue de 4 à 5 brasses, et elle a autant d'ouverture : ils divisent cette ouverture en quatre , et attachent à la corde qui la borde quatre anneaux de bois , dans lesquels ils enfilent les perches. Comme ils tendent quelquefois leurs guideaux dans des endroits où il y a certaine épaisseur d'eau , ils font descendre jusque sur le terrain les deux an-
GUI
neaux d'en bas , au moyen d'une perche terminée par tme petite fourche, et ils amarrent les deux anneaux du haut aux perches , 1 pied et demi ou 2 pieds au-dessus de la surface de l'eau.
On prend avec les guideaux tous les poissons qui suivent le courant.
Tente des guideaux à hauts é tôliers.
Les guideaux dits à hauts étaliers, et qu'on nomme en différens endroits dideaux, quidiats, tiriatSy etc.? sont des chausses qui ont 3 Drasses et demie ou 4 brasses de longueur. Ils s'évasent à leur embouchure jusqu'à 7 ou 8 pieds de diamètre : cette embouchure est bordée d'une corde assez forte. Les mailles auprès de l'embouchure ont 1 pouce ou 18 lignes en carré; au tiers de la longueur , elles ont seulement 9 lignes. On continue à les faire de plus en plus étroites , de sorte que dans la dernière* demi -brasse elles ont souvent moins de 3 lignes. Pour tendre ces guideaux, Pi. 26, 2Vtf. /, on plante dans le terrain , vis-à-vis de quelque courant ou de l'embouchure d'une rivière, le plus près qu'il est possible de la laisse de basse mer, des pieux ou forts piquets aaa, qu'on nomme chèvres , qui ont 9 à 10 pied s de longueur. Ils sont enfoncés de 2 pieds dans le terrain ce, et ils doivent l'excéder au moins de 7 à 8 pieds. On met tous ces pieux sur une même file , au nombre quelquefois de vingt-cinq ou trente : c'est ce que les pêcheurs appellent étaliers. Pour les affermir contre l'effort de la marée, chaque pieu est retenu par une corde be , qui forme un étai , frappée d'un bout à la tête des pieux , et de l'autre aux piquets qui sont enfoncés dans le terrain, à une petite distance des pieux c c, du côté par 011 l'eau vient avec rapidité. On affermit encore les deux pieux qui terminent les files de chèvres , par un étai qui est à-peu-près dans l'alignement des pieux 5 et cette corde d b se prolonge dans toute la longueur de l'étalier, étant bien tendue et attachée par une boucle à la tête de chaque pieu. Cette manœuvre affermit les pieux; elle en assujettit les tètes à des distances proportionnées à la largeur de l'embouchure des guideaux. On tend à 18 pouces au-dessus du terrain en g un «pareil cordage , qui assujettit les pieux par le bas.
L'embouchure des guideaux est bordée d'une corde assez forte, à laquelle on pratique des œillets pour pouvoir les attacher bien tendus à des anneaux de fer qui sont amarrés aux pieux. En ten*dant des guideaux au bord de la mer, les pêcheurs mettent toujours l'ouverture du côté de fa terre , afin de recevoir l'eau lorsque la marée baisse. On conçoit que ces étaliers doivent être solidement établis , pour résister à l'effort que Peau fait sur une rangée de filets qui s'oppose à son cours.
L'embouchure des guideaux est fort grande, et comme ils se joignent tous les uns aux autres , ils forment, par leur réunion, une file de manches toujours prêtes à recevoir les poissons qui suivent le courant, gros et petits; mais on les y trouve toujours morts , quand même on les tirerait du filet peu de temps après qu'ils sont pris.
Les pécheurs préparent leurs guideaux, de basse
îr; c est aussi de basse mer qu'ils vont en retirer
mer
GUI
le poisson. Pour cela, comme il n'y a point de panier au bout des guideaux* ils délient une ligne qui ferme le bout du sac* et secouent la manche sur le aable pour en faire sortir le "poisson .
La pèche des guideaux à hauts étaliers est une des plus considérables qu'on fasse à pied sur plusieurs côtes : elle est en usage vers le Havre , Caen , et particulièrement sur les côtes de Touque et Dive ; de sorte qu'en certains endroits toute la plage est traversée de chèvres à guideaux.
Le fort de cette pêche est depuis le commencement d'octobre jusque vers la fin du mois de mars : on est obligé de la discontinuer quand les chaleurs se font sentir , à cause de la quantité d'orties de mer et de crustacés voraces qui se portent à la côte.
Tente des guideaux à bas étaliers.
Lee pécheurs étaliers, riverains du mont Saint- Michel , tendent des guideaux evec trois piquets , dont deux servent à tenir l'embouchure ouverte au moyen d'anneaux d'osier qui sont 4e chaque côté, et dans lesquels on passe les piquets ; la queue du guideau est amarrée sur un troisième piquet , et ils tiennent le guideau le plus tendu qu'il leur est possible. Parce moyen, ils ferment les mailles, qui sont déjà fort étroites. On nomme ces guideaux à petits étaliers, PL a6 , N°. I; mais ce nom convient encore à d'autres , dont nous allons parler.
Ceux qu'on appelle en Normandie bâches volantes ou guideaux à petits étaliers > sont ainsi nommés , parce que les piquets sur lesquels ces filets sont tendus ne s'élèvent que de 3 ou au plus de 4 pieds au-dessus du terrain. On les appelle aussi volons , parce que les pécheurs les changent souvent de place et de disposition d'une marée à l'autre , suivant l'état des bancs de sable, qui assez fréquemment sont mouvans»
Ces piquets ne sont point retenus par des cordes, comme le sont les pieux des grands étaliers. Les chausses de ces guideaux n'ont que 2 ou 2 brasses et demie de longueur, au lieu que celles des grands en ont quelquefois 6 ou 7. Enfin, les petits étaliers se placent sur les grèves sableuses et vaseuses , ainsi que dans toutes les plages où il se forme des courans.
On a donc jugé à propos de diminuer la longueur des chausses des guideaux et d'en augmenter la largeur; mais en les tenant larges et courtes, les poissons auraient pu s'échapper. C'est ce qui a fait imaginer un moyen très-ingénieux d'empêcher le poisson de sortir du filet sans former aucun obstacle à son entrée. On a rempli cette intention en plaçant un goulet avec un cerceau, qui tient ouverte l'embouchure du filet a d,jîg. 2 , PL 26.
Ce goulet est un filet figuré comme un entonnoir, dont l'ouverture du pavillon est attachée au cerceau a a. La pointe de ce filet se termine vers b, et est soutenue dans l'axe du filet principal par quelques fils déliés ; et pour que le poisson entre aisément dans le filet a a, ce par des fentes qu'on pratique à la pointe du goulet, ces fils sont tendus mollement. 11 est sensible que le poisson entre sans effort dans le corps du filet par ces fentes , et que se trouvant à l'aise dans l'intérieur du filet, il ne
■- **- e » ■ <*sjl.t
HAI
s'avise point de chercher à s'échapper par les fentes qui lui ont permis d'entrer. V. Verveux et JDiguiaux. V. aussi, à la fin de ce Dictionnaire , la -Déclaration du roi, du 18 mars 1827.
GU1GNARD. On donne ce nom , dans quelques cantons, au Salmone~Lavaret. V. ce mot.
GUIGNES. Nom que les pécheurs donnent aux ouïes des poissons. V. Branchies.
GUINGUENASSE. Filet de pèche qui est prohibé par l'art. 2 du chap. X du règlement pour la maîtrise d'Orléans , du i5 avril 1671 .
GUIRON. Terme provençal, qui signifie deux pièces de filets qui forment une partie de la manche de la tartane et autres. Le guiron du subre est celui où sont attachés les lièges ; le guiron du plomb est au bas de la manche. V. Tartane.
GUITEAU. L'un des noms du Tacaud. Y. ce mot.
GUNEL. Poisson du genre Blennie. V. ce mot.
GUKNEAU, triglus gurnardus. (Lin.) Poisson du genre des trigles , que l'on connaît dans plusieurs contrées de la France sous les noms de bellicant, de gourneau, de grondeur. Ce poisson, qui parvient à une longueur de 2 ou 3 pieds, a les nageoires pectorales courtes 3 celle de la queue fourchue; la ligne latérale large et garnie d'aiguillons; d es * taches noires et des taches rouges sur le dos : ces taches manquent souvent sur les individus qu'on prend dans le Nord. Le gurneau habite dans toutes les mers d'Europe; il se tient dans les fonds , et vit de crustacés et de coquillages. Il fraie au printemps, s'approche des côtes, et alors on le prend au filet. Sa chair est ferme et de bon goût. Lorsqu'on le touche, il fait entendre une espèce de sifflement, comme les autres poissons du même genre.
GYMNO-THOBAX , gymno- thorax. Genre de poissons qui renferme, d'après Bloch, quatre espèces, dont une seule , la murène-hélène de Linné, habite les mecs de l'Europe. Y. Murène.
HABILLER. Ce mot se dit du poisson qu'on apprête pour le saler , en lui ôtant la guigne et les ouïes.
HABILLEUR. Synonyme de trancheur : c'est celui qui apprête les morues pour les saler. V. Morue.
HABILLEUSE. V. Caqueuse.
HABITATION. On entend par habitation le climat que préfère chacun des êtres vivans (plantes ou animaux) , et le lieu particulier que chacun d'eux s'approprie dans la même contrée.
HAI ou HA¥E:'G'est, pour les pêcheurs, le nom qu'ils donnent 'à >un retour de l'eau, qui, arrêtée dans son courant par un corps capable d'une forte résistance , revient sur elle-même à droite et à gauche dans la direction de ce corps, après qu'elle l'a dépassé. Pour mieux comprendre ceci, on peut examiner l'effet de l'eau après avoir passé sous les arches d'un pont : on la voit revenir dans la direction de la pile, et dans un sens opposé au cours de la rivière.
Les hayes sont aussi des files de pieux qu'on met
HAM
sur les bords des rivières pour diminuer le courant de Peau , et qui occasionnent le tournoiement dont nous venons de parler. V. Verveux.
HAIM. On dit aussi ain : on l'écrit dans quelques ouvrages hain$ mais il parait préférable de l'écrire haim, parce qu'il dérive de namus. C'est un crochet fait ordinairement de métal, avec lequel on saisit le poisson. Il y en a de petits, d'autres fort grands : les uns n'ont qu'un crochet , d'autres en ont deux. On en fait avec des épines et même avec des os. V, Hameçon*
HALAGE, dHEMIN DE H AL AGE. V. Halage dans notre Dictionnaire des Forêts.
HALBOURG (HARENG). On appelle halbourg le hareng que l'on pèche au printemps et en été dans la Manche et sur les côtes de France, et qui est très-gras. M. Noël pense que le mot halbourg, employé dans le moyen âge , n'est autre chose que la traduction de halex burgensis, hareng bourgeois, hareng du lieu, hareng sédentaire, parce qu'on supposait que cette espèce était indigène dans les eaux de la Manche , bien qu'elle eût beaucoup de rapports avec le hareng ordinaire , présumé venir du Nord , et qui se péchait en automne.
HALE-AVANT. On appelle ainsi àes mitaines de grosse étoffe dont se servent les pêcheurs pour préserver leurs mains d'être blessées.
HALEC. V. Hareng.
HALER. Tirer à force de bras et avec une corde. Il ne se dit guère que d'un bateau : haier un bateau. Les bateliers crient haie ! haie !
H A LEURS. Ce sont ceux qui remontent des bateaux sur une rivière avec une corde.
HAL1NS ou BRAS. Corde qu'on ajuste aux extrémités des filets pour les traîner. En Provence et en Languedoc, ces cordages sont ordinairement d'auffe , et on les appelle sartis : chaque pièce est assez souvent nommée maille. V. Aissaugue. H ALLACHIA. C'est le nom dé l'alose à Marseille. HALLIER. \. Engin.
HAM AUX. Nappe des tramaux à larges mailles. V, Filet et Tramait.
HAMBURGE. Poisson du genre cyprin, qu'on appelle plus ordinairement Carassin. V . ce mot.
HAQUB (A LA). On appelle harengs à la haque ceux qui sont préparés et salés pour servir à amorcer les haims des pêcheurs.
HAMEÇON, du latin hamus. Les crochets de métal qu'on attache au bout des lignes ou des piles se nomment communément hameçons ; mais, observe Duhamel, c'est improprement que les pécheurs de l'Océan les appellent haims , et les Provençaux mouscleaux. Les pécheurs réservent» k nom d'hameçon pour désiguer un haim garai)de.son appât; dans ce sens , on peut dire péchera l'hamc'çon, puisque, pour prendre du poisson , il faut que l'haim ait son appât." Quoi qu'il en soit , nous emploierons indifféremment le mot hameçon ou celui de haim.
Le poisson , attiré par l'appât , et voulant le dévorer , s'accroche à l'hameçon, et reste ainsi au pouvoir du pécheur. La partie inférieure de l'hameçon est recourbée et armée d'un dard en forme de languette, dont la pointe est opposée à celle qui termine l'hameçon, de telle sorte que lorsque celle-
HAM
ci a pénétré dans la chair, le dard empêche qu'elle ne se dégage. La branche supérieure de l'hameçon es t d'une longueur ordinairement triple de celle de la branche inférieure ; elle est quelquefois terminée par un anneau , et le plus souvent par un aplatissement de son extrémité , qui forme alors un évasement suffisant pour maintenir le nœud qui doit fixer l'hameçon à la ligne.
La grandeur et le poids des hameçons varient suivant la force des poissons que l'on veut prendre.
La PI. 1 1 présente un assortiment complet d'hameçons simples, pour différentes espèces de poissons de rivière, avec les numéros qu'ils portent dans le commerce. Le plus faible a le n°.. 16 , et le plus fort est désigné par cinq zéros.
La fia. ai est un gros haim , dont on se sert sur le grand banc pour la pêche à la morue : on y a joint son empilage et une portion de sa ligne.
hesfig. 22 et 23 sont deux haims en usage pour la pêche de la morue à l'île de Terre-Neuve; ils sont moins gros que le précédent : leurs empilages sont à la française.
Njous ferons connaître l'emploi de ces différentes espèces d'hameçons à l'article consacré à la description des Lignes (Y. ce mot), et plus spécialement dans les articles qui traitent de chaque espèce de poisson.
Les hameçons doubles représentés par iesfig. i et 2 , qui sont principalement destinés à la pèche du brochet , ne sont autre chose que deux hameçons adossés l'un à l'autre , et qui forment , par la courbure de la tige commune , à la partie supérieure une ouverture pour recevoir l'empile. Cet empile est ordinairement de fil de laiton , formé de deux brins roulés l'un sur l'autre. On préfère le fil de laiton au crin ou au chanvre , que le poisson cou-
J»erait avec ses dents. Y., pour la manière d'empiler es hameçons, le mot Ligne f et pour la manière de les amorcer , le mot Appât.
De quelques termes particuliers à la pèche aux
hameçons.
Il est assez ordinaire de dire indifféremment péchera la ligne ou à l'hameçon ; cependant ces termes ne sont point synonymes, et pour prendre une juste idée de leur signification, il faut savoir que les marins appellent ligne une corde menue : c est dans ce sens qu'ils disent une ligne de pèche , une ligne de loc, une ligne de sonde, une ligne d? amarrage , etc. Ainsi , exactement parlant , la ligne est la corde ou ficelle à laquelle on attache le crochet qu'on a coutume d'appeler hameçon, et c'est pour cela qu'on dit péchera la ligne lorsqu'on pêche avec un hameçon, prenant dans ce cas la ligne pour la partie principale de cette pêche ; mais pour que cette expression fût exacte , il ne faudrait l'employer que quand on tient à la main une corde simple , au bout de laquelle est un hameçon.
Si l'on tient à la main une perche à laquelle est attachée une ligne garnie d'un hameçon , cette manière de pécher se nomme à la canne ou cannette , parce que l'on compare la perche à une canne , d'au • tant que cette perche est souvent faite avec un roseau , qui s'appelle en latin canna*
HAM
Quelquefois , sans se servir de perche , on tient à la main une ligne garnie d'an hameçon , c'est ce qu'on appelle exactement pécher â la ligne* Les palpeurs de rivière nomment bricole cette même ligne lorsqu'elle est amarrée à un pieu dans une rivière. Quand on attache plusieurs lignes à un corps pesant qu'on laisse tomber au fond de l'eau , cette façon de pêcher s'appelle pécher par fond , et elle prend différons noms, suivant qu'on dispose différemment les hameçons, ou autour d'un cerceau , ou au bord d'un panier, qu'on appelle en Provence couffe de palan gre, ou à une croix de fer , que les Etovençaux nomment/burquette, ou aune baguette recourbée et chargée d'un plomb, qu'on nomme Y archer y ou de plusieurs autres façons, qui sont àpeti'prôs semblables. V. Ligne »
Des lignes garnies d'hameçons, qui sont attachées à une pierre au bord de la mer , s'appellent petites eâblières dans l'Océan, parce que les pierres dont on se sert pou*r faire caler les cordes se nomment aussi eâblières,
A l'égard de la pêche aux grosses eâblières , elle consiste en une corde qui répond à deux grosses pierres, et qui, dans sa longueur, est garnie de cordes menues, auxquelles sont attachés les hameçons.
Quand les cordes menues garnies d'hameçons se trouvent distribuées en nombre sur une corde principale , cette corde s'appelle dans l'Océan bauffe ou maîtresse corde, et dans la Méditerranée maistre
HAM
nnéepalangTi
cordier, et dans la Méditerranée un pêcheur-pa-
langrier.
Atsex souvent, au lieu de tendre les bauffes sur le sable avec des eâblières aux bouts, on les attache sur des piquets : c'est ce qu'on nomme tendre sur pelote.
A l'égard des lignes fin es, qui partent de la maitresse corde, on les nomme dans l'Océan lignes ou lannes , quelquefois semelles. C'est au bout de ces lignes latérales que sont attachées celles qui portent les hameçons ; et celles-ci se nomment piles ou empiles dans l'Océan , et bresseaux dans la Méditerranée. Il est assez ordinaire d'attacher les hameçons immédiatement aux lignes qui partent de la maîtresse corde ; en ce cas, elles tiennent lieu de piles , et en portent quelquefois le nom.
Une pièce de cordes, garnie d'empilés et d'hameçons , se nomme souvent dans l'Océan une pièce a" appelé t , et un nombre de pièces d'appelets ajoutés bout à bout forme ce qu'on nomme une tessure. Cette dénomination conviendrait mieux aux filets ; mais les pêcheurs-cordiers se la sont appropriée. C'est par un semblable abus de dénomination que les pêcheurs-cordiers disent qu'ils tendent leurs rets lorsqu'ils mettent une tessure à la mer.
On varie encore de plusieurs autres manières la disposition des cordes : d'où résultent différentes façons de pêcher, auxquelles on donne des noms particuliers, comme quand on dit pécher par fond ou à corde flottante , qu'on nomme la belée ou au libouret, etc.
11 faut savoir que certains poissons ne quittent guère le foud de l'eau , et qu'on ne peut les prendre qu'avec une tessure étendue sur le fond. Pour cela, on la charge de corps pesans r c'est ce .qu'on nomme pécher par fond.
D'autres poissons se tiennent, entre deux eaux , et pour les prendre on met quelques cailloux sur la, mal tresse corde , que l'on empêche d'aller au fond , en la soutenant de distance en distance par des lignes garnies de. flottes de liège qui nagent sur l'eau. Il est sensible qu'en tenant des lignes plus ou moins longues, on fait en sorte que la tessure soit plus ou moins éloignée de la superficie. Quelquefois encore on met les flottes de liège sur la maîtresse corde, et on charge les empiles de petits morceaux de plomb : c'est ce qu'on pratique dans les chaleurs de Tété quand les poissons s'approchent de la surface de l'eau , y étant attirés par des insectes , qui s'y trouvent quelquefois en grande quantité : ces pêches se nomment entre deux eaux, ou la belée.
Pèche aux hameçons.
La. pêche aux hameçons peut se faire sur toutes sortes de fonds, même au milieu des roches. Elle est praticable dans toutes les saisons de l'année, et presque par toute sorte de temps ; car il faut que la mer soit bien grosse pour être obligé de suspendre cette pêche.
De plus, elle esta portée des plus petits pêcheurs, quoiqu'elle puisse s'étendre jusqu'à former une des grandes pêches qu'on fasse à la mer.
Hlle est , sans contredit, celle qui contribue le moins à la destruction du poisson ; elle ne bouleverse et ne gâte pas les fonds et les herbiers où les poissons déposent leur frai , et oit se retirent les plus petits pour se tenir à l'abri des courans et à couvert, des gros poissons, qui leur donnent la chasse. Ainsi, cette pêche ne porte aucun préjudice aux endroits qui facilitent l'empoissonnement de la mer et des rivières.
Enfin , si l'on, ne pratiquait que cette pêche , on aurait toujours du poisson en abondance : aussi estce presque la seule façon dépêcher en usage au Mexique , où la mer est toujours très-poissonneuse , et à Cadix c'est celle qu'on pratique principalement en été pour la pêche du poisson frais. «
Quantité d'autres façons de pêcher blessent et meurtrissent une infinité de poissons, qui, dans cet état , ne peuvent être transportés aux lieux où Ton en fait la consommation : ainsi , il en résulte une destruction énorme , qui ne tourne ni au profit des pêcheurs , ni à l'avantage du public.
Quand on pêche avec les hameçons , le poisson qui mord aux appâts est presque toujours assez grand pour entrer dans la vente 5 il est très-frais, et pour ainsi dire encore vivant quand on le débarque, parce que souvent les hameçons ne restent que quelques heures à la mer \ et la plupart des pêcheurs, ne se servant que de petites parques, s échouent fréquemment à la côte pour y décharger leur poisson , et recommencer aussitôt leur pêche. Les chasse-marées , qui en sont prévenus , s'y rendent 5 ils chargent le poisson , et peuvent le transporter fort loin dans l'intérieur du royaume.
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il n'en *A *p&* 4e même de celui qui a été meurtri et fatigué par les filets; il est souvent mort et oyé quand on le retire de la mer , et s'il est resté longtemps dans les £lets , il est presque gâté avant qu'on puisse l'exposer en vente*
Les poissons les mieux conditionnés sont donc ceux que fournit la pêche aux hameçons : c'est pourquoi les chasse- marées les paient beaucoup plus cner que ceux qui ont été pris aux filets.
S'il y a un -reproche à faire à cette pêche aux hameçons, c'est qu'elle consomme une grande quantité de poissons pour les appâts. Quand on emploie à cet usage de petits poissons de toute espèce, comme il en faut quelquefois jusqu'à six pour un seul hameçon , c'est un grand préjudice pour l'empoissonnement de la côte, et attendu qu'il arrive souvent que les pécheurs sont obligés d'en acheter de gros , ce sont des frais considérables , dont quelquefois le produit de la pèche ne les dédommage pas.
mais on peut dire , à l'avantage de cette pêche , qu'on y prend de presque toutes les espèces de poissons. Dans les eaux douces , outre les goujons , les ablettes, les éperlans de rivière , les loches , les gardons , on prend des brèmes , des barbeaux , des lottes, des anguilles, des perches, des tanches, des brochets, des carpes, des truites, des saumons, quelquefois des esturgeons.
On prend aussi à la mer toutes sortes de poissons
filats , des soles , plies , barbues , limandes , carreets , turbots, raies , etc. , et de presque toutes les espèces de poissons ronds, tels que merlans, maquereaux , vives , bars , mulets , morues , quelquefois des thons, des esturgeons, des marsouins, et encore des crustacés de plusieurs genres. Ainsi, on peut dire qu'on prend avec les hameçons des poissons de tous les genres et des espèces les plus estimées.
Des appâts.
Pour déterminer Le poisson à se prendre aux hameçons , il faut les attirer par des appâts de leur goût. Il y en a d'un grand nombre d'espèces : les lins naturels 9 tels que les vers, la chair des animaux, différentes sortes de grains et plusieurs espèces de pâtes; les autres artificiels, tels que des imitations d'insectes. Nous avons décrit ces diverses amorces et leur emploi à l'article Appât. Y. ce mot.
>. Saisons et temps de pécher.
Toutes les saisons, tous les temps, ne sont pas également favorables à la pêche aux haims. Les pêcheurs des rivières l'abandonnent presque entièrement pendant l'hiver , pour ne plus pêcher qu'aux filets , et quand les fraîcheurs de l'automne commencent à se faire sentir , ils sont obligés d'amorcer leurs haims avec du poisson frais ou même vivant; au lieu que, durant Tété, les poissons mordant plus volontiers , les pécheurs se contentent d'amorcer avec de la viande ou même avec du fromage.
 la mer ainsi que dans les rivières , la pêche est rarement abondante quand le ciel est clair et serein .
Lorsqu'il neige et qu'il fait un vent froid du nord, les poissons de rivière se retirent dans les
HAM
crônes, et ceux de mer gagnent la grande eau , où la fraîcheur de l'air pénètre difficilement.
La pêche n'est presque jamais aussi bonne quand les eaux sont claires et pures que lorsqu'elles sosjj; troubles; comme cela arrive quand le temps est dis* posé à l'orage par les vents du sud-est, ou À la mer après une petite moture. Dans ces circonstances , les poissons, qui sont agités, rencontrent les appâts, et ils se jettent dessus. C'est par cette même raison que les temps sombres et les petites pluies douces sont très-avantageuses, sur- tout pour la pèche à la mer.
Le froid engage les petits poissons à quitter le rivage de la mer ; bientôt les gros sont obligés de se porter au large pour y trouver leur subsistance. Ces remarques indiquent aux pêcheurs où ils doivent aller chercher leur proie : ainsi , quand il fait froid , les petits pêcheurs sont obligés de dérader et de prendre des bateaux assez forts pour - pouvoir tenir te large et pêcher dans les grands fonds.
Choix du lieu pour la pèche à la ligne.
Il est bon qu'il y ait une profondeur d'eau asses considérable ; que le fond soit uni, sans pierres, bois ni herbiers, et point vaseux, non- seulement pour que le poisson puisse apercevoir l'appât , mais encore pour que, se sentant piqué, il ne se retire point dans des endroits d'où l'on aurait de la peine à lé tirer.
Il est nécessaire que Peau soit abordable , et que les bords ne soient point trop escarpés. Le mieux serait que la terre et l'eau fussent de même hauteur ou en pente douce, telle qu'un abreuvoir. Comme le poisson fait les plus grands efforts pour s'échapper quand on le tire hors de l'eau , il faut être habile pécheur pour ne pas perdre sa proie; et les gros s'échapperaient toujours si on négligeait de prendre des précautions , sur- tout si la berge est escarpée et considérablement élevée au-dessus de l'eau.
Rarement Peau est de niveau avec la terre ; on peut y suppléer au moyen d'une grande table de l'épaisseur d'un pouce et demi ou 2 pouoes de terre â potier; on enfonce un bout de cette table dans l'eau , et on retient l'autre bout sur le bord du terrain ; ce qui forme un plan incliné , sur lequel on conduit le poisson pour le tirer hors de l'eau.
Cette table peut encore servir , dans des terrains vaseux , pour poser l'hameçon ; mais pour que le poisson ne s'en effarouche pas , on la met en place quelques jours à l'avance , et on pose dessus quelques appâts qui attirent le poisson. C'est en général une très-bonne précaution que de les attirer dans les endroits où l'on se propose de pécher par des appâts dé fond. Y. Appât.
De la pèche à la perche ou à la canne.
Cette pêche consiste à attacher au bout d'une perche une ligne garnie d'un haim , et quand le poisson a mordu à l'appât , à le tirer promptement de l'eau en soulevant la perche.
On donne différens noms à cette façon de pécher : les uns la nomment pêche à la perche, parce qu'ils attachent leur ligne à l'extrémité d'une perche lé-* gère et pliante ; d'autres la nomment pèche â la
HAR
canne , parce qu'au lieu de perche ils ajoutent des roseaux les uns au bout des autres , et que ces roseaux se nomment canna en latin. Y. les articles Canne et Ligne , où se trouvent les détails relatifs à leur confection et usage.
Des lignes*
Ce sont des ficelles, ou des tissus de crin , de soie, de pite , de racine , ou de racine et de crin , auxquels on attache un ou plusieurs hameçons pour prendre le poisson. V. l'article Ligne, où nous parlerons : i°. des lignes en général et de la manière de les faire ; a . des différentes sortes de lignes, et de- leurs usages spéciaux 5 des lignes à ablette, à goujon, à gardon, à vandoisc, à perche, à chevesne , à brochet, à truite ; des lignes dormantes , des lignes attachées à des plombs , des cordes dormantes et sédentaires , des cordes flottantes , et de différentes sortes de pêches à la ligne. V. aussi Bricole, Cerveau.
Manière d'amorcer les hameçons pour la pèche à la ligne. — Nous en parlons au mot Appât. V. ce mot.
HARACHE. Poisson qu'on pèche sur le**€Ôtes de Marseille, et qui a beaucoup de ressemblance avec le hareng et la sardine. On ne sait pas à quelle espèce il doit être rapporté.
HARACHIE. Poisson que Rondelet croit être le célerin , qui a de la ressemblance avec l'alose , mais qui ne remonte pas les rivières.
HARANGUELLE ou HARANGUELLB DB CAEN. Poisson qui parait ressembler à l'esprot du Havre.
HARENG, clupea harengus. (Lin.) Poisson du genre dupé, dont la pêche et le commerce sont d'une haute importance pour les peuples de l'Europe.
Ce poisson , qui appartient principalement aux mers du Nord , ne paraît pas avoir été connu des wecs ni des Romains. Nous donnerons quelques développemens à l'article que nous allons lui consacrer.
Dénomination et qualités des harengs. — Le hareng se nomme en allemand heering; en anglais, herringi en hollandais, harring. Il a reçu aussi diverses dénominations, suivant les lieux et les saisons où on le prend , et les préparations qu'on lui a fait subir.
Les harengs , dit Duhamel , qu'on prend dans les mers du Nord, vers les Orcades, se nomment harengs pecs, non pas à cause de la partie de l'Océan où on les a péchés, mais pour la manière dont on les a préparés. Le mot peckle-haring est hollandais et ne signifie autre chose que harengs salés. Les harengs pecs, ou du Nord, sont ceux que l'on pêche les premiers dans le Nord, et à une époque où leur laite et leurs oeufs sont à peine formés ; ce qui les avait fait prendre pour des harengs gais ou vides. Us sont très-gras et aussi gros que les harengs les plus forts que l'on prend sur nos côtes. Leur chair est délicate et de bon goût , et on en fait de bonnes salaisons , mais, à raison même de leur graisse, ils exigent plus de soins pour être conservés. Leur chair n'est pas aussi blanche que celle des harengs
HAR
qu'on sale sur nos côtes. Comme ce sont des harengs de primeur et excellent, ils se vendent à un prix très-avantageux et aussitôt qtre les bâtimens sont rendus sur les ports. Les Hollandais les distribuent non-seulement dans toutes leurs provinces , mais encore dans toute l'Allemagne. On en fait le plus grand cas en Hollande , où on les mange souvent crus avec de l'huile, comme nous mangeons les anchois. Ils sont tellement estimés en Allemagne, qu'on peut dire que ce sont les sardines du nord. Mais à mesure que l'on avance dans la pêche du nord , ces poissons deviennent plus communs et moins chers: alors les armateurs en emploient beaucoup pour a vi tailler leurs navires.
On nomme harengs a? Yarmouth ceux qu'on prend dans les mers d'Angleterre , et harengs du Canal ceux qu'on prend dans la Manche.
Les harengs dTarmouth, ou ceux qui arrivent à Yarmouth après avoir parcouru les parages du Nord, sont moins gros et moins gras que les harengs pecs qu'on a pris dans le Nord $ ils ont la chair plus ferme , et leur laite et leurs œufs sont plus formés. Us sont, en cet état, plus propres à faire de bonnes salaisons. Les pêcheurs en sont si persuadés , que les Anglais même et les Ecossais n'établissent guère leur pêche dans les endroits éloignés de quelque distance d' Yarmouth, et où ils savent que les harengs sont fort gras. On avait prétendu que les petits harengs péchés dans la Manche, à mi-canal et en bonne saison , avaient plus de goût que ceux d' Yarmouth 5 mais Duhamel observe que ces derniers étant peu mêlés de harengs gais ou vides, tandis qu'il s'en trouve beaucoup de cette qualité parmi les harengs de la Manche , il paraît certain que ceux dTarmouth doivent avoir la préférence.
Il y a des saisons où les harengs sont remplis d'œufs et de laite; on les nomme alors harengs pleins. Presque tous ceux qu'on prend dans la Manche , depuis le commencement de la pêche jusqu'aux derniers jours d'octobre , sont de ce nombre, et les harengs pleins, de quelque endroit qu'ils viennent, sont réputés les meilleurs , soit pour manger frais , soit pour saler en blanc, ou pour fumer.
Dans d'autres saisons , les harengs sont presque tous vides de laite et d'œufs ; on les nomme harengs gais : quelques personnes pensent qu'on leur donne ce nom , parce qu'étant menus et allongés , on les a comparés à une gaine; d'autres veulent que ce soit parce qu'ai osé ils sont vifs et presque dans un mouvement continuel. En général, on les estime beaucoup moins que les harengs pleins.
Ceux qui ont frayé nouvellement, qui ne sont pas remis de la maladie du frai, et qu'on nomme boussards ou à la bourse, parce que leurs ovaires ou les enveloppes de leur laite ressemblent à une bourse à demi remplie, sont les plus mauvais : ils sont maigres « et le peu de chair qu'ils ont n'a ni bon goût ni délicatesse ; mais quand ils ont eu le temps de se rétablir de cette maladie , et qu'ils ont pris chair, ils sont très-bons à manger frais, et quoiqu'ils soient vides, comme ils sont en chair et point trop gras, ils souffrent l'habillage et s'affermissent dans le sel. Quelques personnes prétendent que ce sont ces harengs rétablis qu'on doit nommer