‹ Traité historique et pratique de la syphilisChapitre 20 sur 98 · CHANCRE VÉNÉRIEN · texte numérisé non relu

CHANCRE VÉNÉRIEN

Incubation nulle ou seulement de quelques Jours,

Affection caractérisée le plus souvent par

irréinoculable au porteur. des lésions multiples, indéfiniment réinocu-

lable à l'individu qui en est affecté.

Se montre sous forme d’une vésico-pus tule qui se termine par une ulcération profonde à bords décollés, taillés à pic, et fournit une sécrétion purulente abondante.

Coñsiste en une papule plus ou moins volumineuse, qui s’érode ou produit une ulcération superficielle sans décollement des bords, lisse, sécrétant de la sérosité, excepté dans la période de cicatrisation.

Pour ainsi dire toujours accompagné d’adénites fermes, indolentes, multiples, non suppuratives.

Susceptible d'être influencé par des agents particuliers, tels que le mercure et l’iodure de potassium,

Accompagnée dans quelques cas seulement d’une adénite qui produit un pus inoculable.

Échappe complétement au pouvoir des médicaments altérants, si elle n’est aggravée par leur emploi.

Lorsque ces accidents sont contractés en même temps, 1ls se distinguent, par leurs caractères propres, qui apparaissent successivement et dans un espace de temps toujours en rapport avec la durée d’ineubation particulière à chacun d'eux. |

Il serait oiseux d’insister sur les différentes raisons qui attestent que le prouostic du chancre vénérien., affection toute locale, est beaucoup moins grave que celui du chancre syphilitique, expression symptomatique d’une maladie générale parexcellence. Mais la syphilisétant reconnue, quelleimdication pronostique peuton tirer des formes variées de la première manifestation de cette maladie? Indice nfallible d’une infection générale, l'accident primitif peut-il, d’après ses caactères objectifs, faire connaître le degré de gravité que présentera plus tard la yphilis qu'il révèle? En d’autres termes, y a-t-1l un rapport constant entre la orme de cet accident et la gravité des manifestations consécutives?

Agitée d’abord par Carmichaël et Rinecker, cette question a été, de la art de Bassereau, l’objet de recherches qui lui ont permis de formuler, sous orme de loi, la proposition suivante : « Après les chancres indurés bénins, urviennent les éruptions bénignes et les affections des divers tissus sans endance à la suppuration. Après les chancres indurés phagédéniques, iurviennent les syphilides pustuleuses graves, les affections ulcéreuses de la au plus tardives, les exostoses suppurées, les nécroses et les caries. » day, faisant appel aux relevés statistiques de Bassereau et à sa pratique ïersonnelle, conclut qu'un vrai chancre correspond à une vérole forte; & qu'avec l'érosion chancriforme on doit s'attendre à une vérole faible. jazin signale la fréquence du chancre phagédénique dans la syphilis maigne, et l’un de ses élèves, Dubue, fait remarquer que sur neuf cas de syphilide récoce maligne, quatre fois le phénomène initial a été un chancre phagédénilue. Îl cite, en outre, deux cas observés par Verneuil, dans lesquels ce même cident avait marqué le début de la maladie. Langlebert considère le chancre mme la pierre de touche de la constitution. Il pense que par l’action qu’exerce

cette détermination morbide sur les tissus il est facile de voir la marche des accidents consécutifs, soit prochains, soit éloignés, qui pourront se manifester. « La bénignité du chancre annoncera, dit-il, des symptômes constitutionnels peu graves; sa malignité permettra, au contraire, de prévenir des symptômes consécutifs d'une plus grande gravité. » Partant de ce fait, qui, à notre avis, demanderait des preuves nouvelles, le mème auteur ineline à croire que l’intensité de la syphilis est proportionnelle à la qualité du virus inoculé, et il ajoute : « S'ilen était ainsi, peut-être trouverait-on alors dans cette corrélation un élément pour la solution du grand problème de la vaccination syphilitique. En effet, que certaines formes légères de Ja syphilis soient sous la dépendance

exclusive du virus qui les produit, je soupçonne qu'une voie nouvelle serait

ouverte qui peut-être conduirait au but que nous signalons. »

Ce sont là malheureusement de simples vues de l'esprit que nous ne pouvons

accepter. L'accident primitif n'étant que la première manifestation de la mala-.

die, ce n’est pas, suivant nous, sa modalité particulière qui rend la syphilis plus ou moins grave; ilest nécessairement subordonné à la constitution générale du sujet, aussi bien que les manifestations ultérieures. Ainsi, de toutes ces observations, un seul fait resterait acquis, à savoir : que la lésion initiale de la syphilis indique déjà la mesure de la susceptibilité de l'organisme à l’action du virus syphilitique.

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