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PLAQUES SYPHILITIQUES

SYNONYME : Syphillde pustuleuse humide (Bassereau). —— Pustules plates, — Pustules iuqueusés, Tubercules plats, — Plaques cutanées, — Papules humides, — Pustulæ fœdæ ani.

La description exacte de ces éruptions est de date toute récente; ce qui peut s’y rapporter dans les écrits des syphiligraphes du xv° et du xvr° siècle né se distingue, du reste, qu'avec difficulté. Cependant il est bien permis de penser qu'il s’agit de ces accidents dans ce passage de N. Massa, relatif aux pustules ? « Apparent rubeæ, elevatæ, magnæ, humidæ et tumid}e (1): G: Fallope (2) Sylvius de Boe (3) et Forestus (4) signalent aussi ces effets de la syvphilis, dont Ricord (5), Legendre (6), Davasse et Deville (7), Bassereau:

(4) Nicolas Massa, Aphrodisiacus.

(2) Gabriel Fallope, Aphrodisiacus.

(3) Sylvius de Boe, Prax, med. Appendix, tract, Lit, art, 140, 143, Oper, omt., Amstel 1695, p. 673.

(4) Forestus, De lue venerea, t, XXXIE, obs; xx:

(5) Ricord, Notes à Hunter, p, 573.

(6) Thèse de Paris, 1841.

(7) Davasse et Deville, Archi, génér, dé médecine, dét, Ê8%3:

© NOSOGRAPHIE. 151 . Bazin, Hardy, etc., ont donné récemment une description qui laisse peu à | désirer.

Manifestations tout à fait spéciales, les plaques syphilitiques sont de plus l'un des premiers symptômes de la maladie ; mais, en raison de leurs nom- » breuses récidives, elles peuvent être l’un des derniers accidents dé la période » d’éruption générale. Du reste, il est rare qu’elles soient isolées et qu’elles ne coïncident pas avec une des variétés de syphilides déjà décrites {1}. Elles affectent la peau et les membranes muqueuses, et présentent des aspects variés suivant la structure propre à la région du tégument envahie.

Les plaques cutanées décrites par certains auteurs sous le nom de fuber- » cules plats nous donnent toutes les phases de transition qui existent entre les syphilides exanthématiques et les syphilides énanthématiques. Constituées par une élévation le plus souvent circulaire du derme, de l'étendue d’une pièce de 20 à celle d’une pièce de 50 centimes, elles présentent une coloration d'abord rose, qui dans la suite devient plus foncée et rouge cuivré. Ordinai- » rement en petit nombre, ces plaques sont plemes, nummulaires; mais, parmi elles, 1l en est qui ne sont bien dessinées qu’à la circonférence et qui forment seulement des demi-cercles ou des trois quarts de cercle. Complètes, elles sont déprimées en godet à leur centre et enchässent une croûte jaune transparente ou opaque de façon à simuler un ecthyma. Souventelles sont recouvertes d’une sinple squame au niveau des parties exposées à l'air extérieur. Au contraire, sur toutes les surfaces cutanées humides, dans les points où la peau est amincie chez les Jeunes enfants, les plaques cutanées, souvent couvertes d'un exsudat séreux où purulent, se rapprochent des plaques muqueuses : où peut même dire qu'elles en ont tous les caractères. Du reste, elles peuvent, comme ces dernières, s’ulcérer et se présenter dans quelques endroits sous la forme de saillies mamelonnées humides, de fissures plus ou moins allonsées, de fentes profondes appelées rhagades. Les plaques sèches se rencontent principalement sur le front, à la racine des cheveux ou des sourcils, à la nuque, sur le dos, sur les épaules, sur la poitrine, au niveau du pli du coude, sous les aisselles et dans les jarrets,

Lésions éminemment contagieuses, les plaques muqueuses proprement dites sont caractérisées par des élevures des membranes muqueuses, dont les bords sont nettement circonscrits et la surface plus où moins humide et blanchâtre, D'une coloration blanche, rosée ou violacée, elles n’ont pas la teinte particulière des éruptions cutanées. Leur forme est celle d’une grosse papule où d’un tubercule aplati, circulaire, ovoïde ou ellipsoïde. Leur surface, plus ou moins saillänte, est recouverte d’une pellicule blanchâtre en tous points semblable à leschare légère produité par la cautérisation avec le nitrate d'ärgent, Ces papules, qui ont reçu le nom de plaques opalines, sont entourées d’une müqueuse saine où d’un rouge foncé qui leur forme une sorte d’auréole

(1) Les papules humides ont été trouvées par Bassereau sur :

198 cas de syphilide érythémateuse. ......,..... 88 fois. 50 = papuleuse sèche ........... 14 — 12 — vésiculeuse.,. ....... Pre vis E —- 74 — MOULE Off ENARNSNSS ESS SN 37 —

54 — MDELCULES SE Ne en chine € —

inflammatoire. Partout où s’'exercent des frottements, la pellicule blanchatre opaline disparait, et alors les plaques muqueuses deviennent saignantes, s’érodent, s’ulcèrent où se couvrent de plaques diphthéritiques ; de là des différences symptomatiques qu'il importe de connaitre. Ces lésions sécrètent un liquide sale, fétide, qui est pour les parties voisines un agent tellement irritant qu'il provoque parfois le développement de nombreuses végétations (1). Leur consistance est ordinairement molle, et ce n’est que rarement qu’elles sont accompagnées de douleur et de prurit. Le développement de ces manifestations s'opère spontanément à la surface des tissus sains, ou par suite de la transformation in situ d’un ulcère chancreux (Davasse et Deville). Dans le premier cas, paraît d’abord un point rouge dû à la congestion de la membrane muqueuse. Pea à peu ce point s'étale circulairement, lépiderme qui le recouvre est soulevé par une petite quantité de sérosité ; mais bientôt, la lamelle épithéliale se déchirant, une surface d’un rouge vif, entourée parfois d'une collerette blanchâtre, est ainsi mise à nuet ne tarde pas à se couvrir d'une pellicule blanche grisätre et humide. Dans le second cas, la surface grisètre et souvent déprimée du chancre devient rouge, granulée et saillante de la circonférence au centre. Puis, au moment où les bourgeons rouges du centre annoncent que la cicatrice va se former sur toute la surface, on voit apparaitre la sécrétion plastique blanche qui caractérise la papule humide. Quelquefois le bourgeonnement marche si vite que la cicatrisation n'est pas commencée à la circonférence du chancre quand la sécrétion plastique se produit sur toute la surface ; alors la papule humide se trouve brusquement lunitée par un liséré déchiqueté {Davasse et Deville). La condition de cette transformation, c’est que l’ulcère soit dans un état continuel d'humidité, ce qui arrive lorsqu'il y a frottement ou contact de la partie qui en est le siége avec une autre partie.

Les plaques syphilitiques sont des productions du derme plutôt que de l'épiderme. Effectivement, sur des coupes de ces lésions pratiquées après durcissement dans l'acide chromique et examinées au microscope, on observe que l’épiderme est conservé, que les papilles ont subi une légère augmentation de volume et que la tuméfaction est due surtout à une production abondante de, cellules et de noyaux arrondis embryonnaires groupés en îlots dans le chorion. Les vaisseaux présentent un épaississement de leurs parois, et souvent leur tunique externe se confond avec le tissu de nouvelle formation, Les glandes sébacées restent normales; au contraire, les canaux des glandes sudoripares peuvent être distendus par des cellules épithéliales au point de pré senter sur une coupe des cavités disposées au hasard et remplies de cellules granuleuses. Les gaines des poils sont ou normales où encombrées de cellules épithéliales, dans lequel cas les poils n'existent plus. Dans le principe, la plaque syphilitique est sèche, mais peu à peu les papilles se remplissent de jeunes cellules, il se fait une transsudation séreuse, l'épiderme se détache, il en résulte une surface dénudée qui fournit une véritable suppuration, et dont plus

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(L) D’autres causes d'ifitation, par exemple les sécrétions muqueuses des femmes enceintes, peuvent développer ces mêmes végétations, Voyez Thibierge, Archives de médecine, mai 1856, j

lard le tissu tombe en déliquium. La résorption dès lors peut avoir lieu, et la plaque syphilitique disparaît rapidement: mais quelquefois aussi cette plaque | S'ulcère et une cicatrice lui succède.

Siége des plaques muqueuses. — Les plaques muqueuses peuvent envahir les “diverses régions du corps, mais la région génito-anale est, chez l'adulte, leur \siége de prédilection. Après la vulve et l'anus, on Îles trouve le plus souvent à la partie interne et supérieure des cuisses, sur les amygdales, dans la bouche, sur les lèvres, dans les espaces interdigitaux, aux mamelles (chez les femmes), “dans les aines, au pourtour des oreilles. Il est à remarquer d’une façon générale qu’elles occupent de préférence les membranes muqueuses qui subissent l'influence de l'air et les parties de la peau exposées par leur contact à un certain degré de chaleur et d'humidité, et qu’elles sont le plus souvent subordonnées à des habitudes contractées par les malades, à un manque de propreté. Ainsi, elles sont relativement fréquentes dans la bouche chez les fumeurs, aux parties génitales chez les femmes qui transpirent beaucoup et qui se soignent mal. La persistance et les récidives de ces accidents tiennent en général à ces diverses circonstances, et ce n’est qu’en en tenant compte que l’on parvient à “les combattre d’une facon définitive. Dans quelques circonstances ils acquièrent une grande ténacité sans qu'il soit possible d'en rapporter la cause à autre “chose que la constitution même du sujet. Ordinairement multiples, les plaques muqueuses se rencontrent chez l’homme et chez la femme, mais plus souvent chez celle-ci, sans doute à cause de la conformation spéciale de ses organes génitaux.

Davasse et Deville, sur 186 femmes, ont trouvé :

Plaques muqueuses siégeant à la vulve................. 174 fois, — — ri rer EN ERE 59 — — au périnée........ SÉNRIANE 40 — — aux fesses et à la partie supérieure et intérieure des cuisses. ... 38 — — AUS ADINEIES PR A ere me els 9 —— =": QUO ZE AA TS ie Le 8 — — à FH lANOUC SEL NN, 6 — — AUX LÉO or a nr id) —— — à laface. #20 MR A TS dis 5 — —- à, L'ombiliene recto #14 — — au pourtour des ongles, ..,... 2 — — aux oreilles, au voile du palais. 7 eu au pli inguinal........... 4 2 — — au cou, au mamelon, au col de ; PULÉTUS MER Aie ue 1 —

Une statistique de Bassereau donne la distribution suivante chez cent trente -sujets du sexe masculin :

Plaques muqueuses siégeant à l’anus...,..... Pur Nes 110 fois. = un sur les amygdales ........... 100 — sur le scrotum......... RE 60 — — à la bouche, sur les lèvres. .... 59 su — sur le gland et la face interne du prépncé, 206 45e ei 28

+ — sur les piliers du voile du palais, la langue et la face interne des FOUR SA MES ee te ns 73

Plaques muqueuses siégeant dans les espaces interdigitaux

CAPI LRU sr. Et 11 fois.

— — au pli scroto-crural.......... 11 — à l’orifice des narines....,... 2 —— — sur la paroi postérieure du pha- EYURRMANE rot CRE ONE 2 — — à l'insertion d’un ongle du pied, 2

— — au méat urinaire, sous l’aisselle, sur la gencive, à la face interne des cuisses, .

Des caractères assez particuliers répondent à ces différences de siége. Ainsi, à la peau, les plaques sèches s’observent principalement là où il n’y a pas con: tact de deux surfaces, tandis que les papules humides se rencontrent dans les régions où le tégument est mince et soumis à des frottements, par exemple dans les espaces interdigitaux (1), les plis des régions articulaires, le scrotum. Les fissures occupent de préférence les replis cutanés et en particulier ceux qui avoisinent l'anus. Dans cette dernière région, les plaques muqueuses sont par lois nombreuses, larges et saillantes, au point de former un bourrelet qui peut obturer plus ou moins l'orifice anal et gêner la défécation par les dou leurs que détermine sa présence.

Les plaques muqueuses du tégument interne sont, à la vulve (2), larges, aplaties, granuleuses, recouvertes d’une exsudation blanchâtre abondante qui répand une odeur fétide repoussante ; elles occupent presque toujours les deux faces correspondantes des grandes lèvres, cachant quelquefois au milieu d’elles l'accident primitif. Au contact de leur produit de sécrétion se développe, sur les parties voisines et principalement à la face interne et supérieure des cuisses, une rougeur érythémateuse qui est elle-même le point de départ d’une nouvelle éruption de tubercules muqueux. A la surface du col utérin, elles se pré= sentent sous forme d’érosions arrondies, dont la surface d’un rouge vif sécrète une matière muco-purulente ténue pouvant faire croire à un écoulement blennorrhagique en dehors de l’intervention du spéculum. Assez rares sur le gland et le. prépuce, elles ont le plus souvent la forme d’érosions superfi= cielles arrondies ou ovales et d’un rouge très-vif, qui sécrètent une humeur muco-purulente et se recouvrent d’une exsudation plus ou moins abondante.

Dans la bouche (3), les caractères des plaques muqueuses varient avec l’épos que à laquelle on les examine. Simples taches arrondies dès l’abord, elles sont d’un violet foncé, mais bientôt l’épithélium détruit se trouve remplacé par une sorte de fausse membrane molle et jaunâtre ; plus tard, ulcérées dans une pars tie de leur étendue, elles présentent des bords irréguliers, une surface inégale, parsemée de granulations fines et abondantes. Dans ces conditions, le mouvement des lèvres est gêné, l'introduction des aliments cause une ardeur conti nuelle dans toute la cavité buccale. Très-fréquent au niveau des lèvres chez les fumeurs qui font usage de la pipe, cet accident commence par une tache seme

(1) Ed. Zeis, Ueber die Zwischen den Zehen und Fingern vorkommenden syphil, Geschwre, Deutsches Archiv f. klin. Med. II, p. 271, 1866.

(2) Consultez, P. Spillmann, Des syphilides vulvaires. Thèse de Paris, 1870,

(3) M. Kohn, Die Syphilisder Schleimhaut der Mund-Rachen, Nasen- und Kehlkopfhühle, Erlangen, 1866.

blable à celle que produit le nitrate d'argent; peu à peu cette tache s'entoure d’une auréole violacée au centre de laquelle on constate bientôt une érosion résultant de la fonte de l’épithélium. Les papules muqueuses de la langue (1) se montrent de préférence sur la face supérieure et le long des bords ; elles débutent par des plaques violacées arrondies ou ovales à grand diamètre antéropostérieur, elles sont lisses et déprimées ; mais, abandonnées à elles-mêmes, elles se recouvrent de granulations, atteignent le niveau des parties saines et finissent par le dépasser en faisant quelquefois une saillie arrondie en forme de tête de clou. Là aussi elles revêtent la forme de fissures. Au voile du palais et sur les amygdales, ces mêmes accidents gènent plus ou moins les mouvements de déglutition, elles prennent à une certaine période une teinte cendrée ou blanchàtre, se recouvrent enfin d’une sorte de pseudo-membrane jaunâtre au-dessous de laquelle existe souvent une légère érosion. En même temps, les amygdales sont le plus souvent tuméfiées, et les ganglions sous-maxillaires correspondants sont le siége d’une modification jusqu'à un certain point subordonnée aux diverses phases d'évolution des plaques muqueuses.

La membrane muqueuse des voies respiratoires n'échappe pas tout entière à cet ordre d’altérations. Des plaques muqueuses ont été vues à la surface interne du larynx, au niveau de la partie sus-glottique et des cordes vocales supérieures ou inférieures. Sur 54 malades atteints de syphilis secondaire et vus au laryngoscope par Gerhardt et Roth, huit fois l’enrouement était dû à l’existence de plaques muqueuses (2). Cinq fois sur seize cas, Gusco a signalé la pré- Sence de ces lésions, quatre fois à la partie interne des cartilages aryténoïdés, une seule fois à leur sommet (3). Une légère tuméfaction avec changement de coloration indiquait leur présence. Plus rarement on voit les plaques muqueuses affecter les organes des sens. |

A l'oreille, elles siégent ordinairement en arrière de la conque ou en avant du lobule, quelquefois dans le conduit auditif externe. Leurs caractères sont du reste ceux que nous avons assignés aux plaques muqueuses en général.

Au nez, les plaques muqueuses occupent l'entrée des narines, et le plus souvent leur angle externe, où elles constituent un bourrelet en forme de CTOISsant, qui, à l'exemple du tubereule muqueux des commissures labiales, peut se fendiller et même se recouvrir de croûtes. On les retrouve encore, à l’aide du laryngoscope, à la partie postérieure des fosses nasales. Un coryza fétide est le signe de cette lésion, et lorsqu'à ce coryza vient se joindre du larmoïement, cest que la maladie a envahi le canal nasal. Enfin on a vu dans quelques cas des plaques muqueuses occuper les angles palpébraux et s'étendre même jusque sur la conjonctive ; leur aspect n’a encore ici rien de particulier.

Quel que soit leur siége, les plaques humides peuvent réagir sur les ganelions voisins, et en amener la suppuration par suite de la résorption qui s'opère à leur surface, Toutefois il ne faut pas oublier que souvent les adénopathies

(1) Consultez C. Saison, Des manifestations secondaires de la syphilis sur la langue. Thèse de Paris, 1871.

(2) G. Gerhardt et F. Roth, dans Archiv für patholog. Anatomie und Physiolog., À. XXI

(3) Voyez Dance, Éruptions du larynx, ete. Thèse de Paris, 1854, p. 28.

devancént l'apparition de ces accidents. La fièvre qui les accompagne où les précède peut, dans certains cas, chez les femmes malpropres surtout, être la conséquence d’une infection secondaire que révèlent des frissans plus ou moins violents.

Marche.— La marche des tubereules muqueux est chronique, malgré certains phénomènes d'apparence aiguë. La durée de leurs éruptions successives est de plusieurs mois, mais elle peut être d’une année si l'affection est abandonnée à elle-même, En tout cas, un traitement général ou même de simples soins de propreté en ont promptement raison. La résolution est leur terminaison la plus ordinaire ; à mesure qu’elle s'opère, ces accidents cessent de sécréter, et souvent il arrive que les parties centrales s’affaissent avant les bords, et finissent par ne plus présenter que des segments de cercles plus où moins complets. Enfin, ces tubercules s’effacent sans laisser de cicatrices durables, mais parfois seulement un relief qui peu à peu disparait totalement.

Les plaques muqueuses sont sujettes à récidives : celles de la bouche et de la langue, tout à fait remarquables à cet égard, se représentent quelquefois plusieurs années après la disparition du chancre, J'en ai vu qui se montraient rois ans après l’accident primitif, Elles constituent en pareil cas l’un des meilleurs signes indicateurs de l’âge réel de la syphilis; tant qu’elles existent, en ellet, on peut affirmer que cette maladie n’a pas dépassé Ja période d’éruption générale ou des accidents secondaires.

Diagnostic. — Les caractères objectifs de la plaque muqueuse et surtout sa consistance molle, sa surface humide recouverte d’une pellicule blanchâtre, permeltent d'en établir facilement le diagnostic. Du reste, 1l n’est guère facile de confondre cette lésion avec les ulcérations chancreuses. Le chancre mou, en effet, n'est pas saillant, il est taillé à pie, et le pus qu'il sécrète est inoculable au malade qui le porte. Le chancre infectant est taillé à l’évidoir, il présente une induration chondroïde caractéristique, il a pour satellites constants, comme l'érosion chancreuse, des adénopathies indolentes, fermes et mobiles. L'herpes præputialis, qu'on pourrait prendre pour des plaques muqueuses ulcérées du gland, se distingue par le groupement d’ulcères toujours précédés de vésicules. L'eczéma, d’une autre part, diffère des tubercules muqueux de l'anus par l'absence de saillies, la présence de croûtes jaunâtres ou de squames grisâtres sur une surface rouge suintante.

La difficulté du diagnostic des plaques muqueuses est surtout dans la multiplicité du siége, et sous ce rapport il est facile de se représenter les nombreuses erreurs auxquelles ces accidents peuvent donner lieu. Les plaques muqueuses de la bouche et de la face inférieure de la langue, par exemple, celles de la face interne des lèvres qui se montrent pendant des années entières, seraient facilement prises pour des aphthes si l’on ne tenait compte de leur durée, de leurs caractères objectifs et de la concomitance habituelle des ù éruptions exanthématiques. Ces dernières circonstances pla'deront dans tous les cas en faveur des tubercules muqueux des autres régions, et surtout des régions des organes génitaux.

Le pronostic de la papule humide est relativement peu grave, Cette affection

est, en effet, l’une des manifestations les plus bénignes de la syphilis constitulionnelle. Suivant Bassereau, dont je partage entièrement la manière de voir. elle est presque une garantie contre des accidents syphilitiques ultérieurs le nature grave (1). Si elle a été précédée d’un chancre bénin et si elle est la seule éruption existante, elle indique une faible disposition de l’économie à a production des accidents syphilitiques, puisque l'éruption ne se manifeste que sur les points de la peau les plus prédisposés,

DE QUELQUES AFFECTIONS OCCASIONNÉES OU ENGENDRÉES PAR LA PRÉSENCE DES ACCI- DENTS SYPHILITIQUES PRIMITIFS OU SECONDAIRES. — VÉGÉTATIONS. — HYPERTROPHIES 3LANDULAIRES, ETC.— L’ulcère syphilitique primitif et, parmi les accidents de la période d’éruption générale, les plaques muqueuses surtout, modifient dans zerlains cas, par leur sécrétion, la nutrition des parties qui les avoisinent, au soint d'y déterminer des altérations toutes spéciales. Les plus fréquentes de es altérations sont les végétations (qu'on nomme encore choux-fleurs, poireaux, fics, crêtes de coq, condylomes acuminés, ete.), sorte d’hypertrophie su mieux d'hyperplasie des éléments des papilles et de leur revêtement épihélial. Ces lésions, qui ont leur siége habituel chez l’homme sur le gland, hez la femme sur les grandes ou les petites lèvres (2), s’observent encore la marge de l’anus et dans le larynx (3). |

Ajoutons qu'il est d’autres désordres nutritifs sous la dépendance de la mème cause: telle est, par exemple, lhypertrophie des amygdales qui succède à l’angine syphilitique, principalement lorsqu'il existe des plaques muqueuses concomitantes ; tel est l'allongement et l’hypertrophie du prépuce avec rétrécissement de son ouverture, se manifestant après l’apparition d’un hancre; telle est encore l’hypertrophie des grandes lèvres que l’on observe issez souvent à la suite des chancres ou des plaques muqueuses, et qui, lorsqu'elle envahit en même temps les nymphes et quelques-unes des caroncules nyrtiformes, peut simuler les diverses formes d’esthiomène de la vulve. Tel érait enfin pour le professeur Gosselin (4), qui a, avec raison, insisté sur la laison de ces divers accidents avec la syphilis, le rétrécissement dit syphiliique du rectum, affection sur laquelle nous aurons à revenir plus loin. La lupart de ces désordres consistent dans la simple hypertrophie du tissu ou de organe influencé par le produit de sécrétion syphilitique, mais de plus ils

(4) Mon observation personnelle est confirmative de celle de Bassereau ; mais si les individus ffectés de plaques inuqueuses sont peu disposés aux accidents ultérieurs, c’est un tort l’admettre avec Thiry et Sorésina (De la nature des tubercules muqueux, etc., Milan, 1864) jue les tubercules muqueux développés dans les régions génito-anales chez les prostituées sont les lésions indépendantes de la syphilis constitutionnelle, Agir de la sorte, c’est méconnaître "évolution naturelle de cette maladie, et ignorer que les manifestations qu’elle détermine peuent guérir sans l'intervention du prétendu traitement spécifique.

(2) Costilhes et Boys de Loury, Rem. pratig. sur les végét. (Gaz. méd., p. 314, 1849). omparez : Kranz, Beiträge zur Kenntniss der Schleimhaut-papillon (Deutsche. Archiv f, klin. Med., 11, p. 79, 1866).— G. Wertheim. Wien. med. Wochenschr., XVII, 19, 20, 4867. — E. OEdemanson, dans Nord med. Ark. III, 2, n° 41, p. 4, 1871. — M. Kohn, Archiv für Dermatol. und Syphilis, 1, 3 p. 403, 1869 ; Auspitz, 1b#d., I, 2, p. 246, 1869, et Schmidt's lahrh., t. 152, p. 165.

(3) Huguier, Gaz. des hôpitaur, 1859. — Turck, Recherches sur les maladies du larynx. Paris, 1862. -

(4) Archiv. gén. de médecine, p. 685. déc. 18514.

offrent cette particularité qu'ils se développent sur les téguments aussi bien lorsque ceux-ci ont été contaminés par le pus blennorrhagique que lorsqu'ils ont été souillés par le pus virulent syphilitique,

SYPHILIDES ÉRYTHÉMATEUSES (ANGINES, BRONCHITES SYPHILITIQUES, ETC.).

Nous comprenons sous cette appellation des éruptions syphilitiques carac= térisées par l'apparition de simples taches dont les membranes muqueuses buccale, pharvngienne et laryvngée sont le siége ordinaire, et dont les bronches et l'intestin ne sont peut-être pas toujours exempts. Voici quels sont, dans ces divers points, les caractères propres à ces déterminations morbides,

Membrane muqueuse de la bouche et du pharynx. — SwWediaur nous a laissé de l’érythème syphilitique bucco-pharyngé une description détaillée que voici. « Quand le virus svphilitique, dit cet auteur, est absorbé dans la masse du sang, il porte le plus souvent sa première action sur la gorge. malade accuse peu de douleur, ou simplement du malaise et une déglutition pénible. En examinant la gorge, on ne trouve parfois qu'un gonflement con: sidérable des amygdales et de la luette, accompagné d’une rougeur vive qui s'étend aux parties environnantes. Le malade, ne soupconnant pas la cause de son mal, croit avoir pris froid, et le mdéecin inattentif s'y trompe souvent avec lui. Mais le mal persiste, et ce n’est que plus tard qu’il prend la forme ulcéreuse., » Cullerier et Ratier (1), Babington (2), Ricord (3), Alph. Cazenave (4), Bassereau (5), ont également signalé l'existence de lérythème syphilitique du pharvnx. Très-explicite à ce sujet, Baumès (6) écrivait” « Ilest une forme d'affection syphilitique de la gorge qui correspond à de syphilide exanthématique : ce sont des plaques plus ou moins irrégulières: d'un rouge plus ou moins vif, quelquefois blanchâtres au centre, sans gonflement ou avec gonflement de Ja muqueuse, se confondant insensiblement avec le reste de la membrane. Ces plaques apparaissent sur Île palais, le voile palatin, le pharynx, et même sur la surface interne des lèvres et des joues ; elles durent peu et disparaissent presque en même temps que l’éruption correspondante, » Mac-Carthy (7) insiste sur cette éruption à laquelle Martellière (8) et Pillon (9) consacrent la plus grande partie de leurs thèses si justement estimées. Sur 114 observations de syphilis par lui relevées, Pillon a trouvé l’énanthème pharyngé 65 fois, et l'apparition de cette manifestation a coïncidé, le plus souvent, avec celle de la roséole. Dans tous les cas, s’il ne précédait ou accompagnait l’exanthème cutané, l’érythème du

(4) Dict. de méd. et de chirurg. pratiques, art. Syrnicines, t. XV, p. 157. Paris, 1836.

(2) Notes à Hunter, Œuvres complètes, trad, française de Richelot, Paris, 1839-1842.

(3) Ibid, Même volume.

) Traité des malad. de la peau.

(5) Traité des affections de la peau symptomatiq. de la syphilis, P re 1892.

6) Traité des maladies de la peau, t. I, p. 447.

) Thèse de Paris, 1844.

8) De l'angine syphilitique. Thèse de Paris, 1854.

9) Des exanthèmes syphilitiques. Thèse de Paris, 1857.— Comparez M. Kohn, Die Syphilis der Schleimhaut, Erlangen, 1866.

NOSOGRAPHIE, 139 pharvnx coexistait du moins avec des piques muqueuses de la peau ou du légument interne.

À peine prévenus du début de cette ecuo les malades accusent moins une douleur qu'un sentiment de sécheresse cuisante qui rend toute déglutition pénible, même celle de la salive. Une rougeur uniforme groseille, non violacée, d'intensité médiocre, règne sur le voile du palais, sur les piliers et sur les amvyedales, parfois même sur la paroi postérieure du pharynx, mais sans jamais offrir de saillie ni de solution de continuité appréciable. Diffuse tout d'abord, cette rougeur ne tarde pas à se localiser à l’isthme du gosier ou à une partie seulement de son étendue. Le plus souvent, elle s'arrête à la limite externe des piliers et présente en quelque sorte la forme de la base d'un cœur de carte à jouer, beaucoup plus rarement elle s'étend sur toute la partie supérieure du pharvnx accessible à la vue ; mais toujours ses délimitations sont brusques et tranchées. Ge caractère, sur lequel on ne peut trop insister, n'est pas sans importance ; il sert à distinguer cette affection de angine érythémateuse simple. Comme cette dernière, l’érythème syphilitique se propage quelquefois à la muqueuse des trompes d’Eustache ; mais, en vénéral, il ne trouble pas l’audition.

Cullerier et Pillon prétendent que l’érythème svphilitique du pharynx n'a pas toujours un aspect lisse et uniforme ; ils lui ont trouvé une surface inégale ou granulée. Plusieurs observations rapportées par Martellière indiquent que cette éruption est susceptible de prendre une teinte grisâtre diffuse qui résulterait d’une modification particulière de l’épithélium. Cette teinte, circonserite sous forme de taches non saillantes, mais cependant bien délimitées, apparaît d'ordinaire sur les piliers du voile du palais et sur les amygdales. Plus tardive dans son apparition, cette variété d'érythème coïncide aussi avec des éruptions plus avancées que la roséole.

Quoique l’érvthème pharyngien se montre en dehors des causes connues de langine inflammatoire ordinaire, dans quelques cas il se manifeste avec une telle intensité que la confusion avec cette dernière affection serait possible, si les antécédents du malade ne venaient en aide au diagnostic. D’autres fois, il affecte une allure plus calme, son début insidieux est à peine remarqué des malades, et toute la sagacité du médecin est nécessaire pour le reconnaitre. Sa 118 comme celle de la roséole cutanée, qu'il accompagne assez souvent, est de plusieurs semaines, ses récidives ne sont pas tellement rares que Pillon n'ait pu en observer plusieurs cas. Son pronostic, on le conçoit, est sans gravité. :

La svphilide érythémateuse du pharynx pourrait être confondue avecles angines rubéolique ou même scarlatineuse. Mais elle se distingue de ces affections par son peu d'intensité et une faible réaction fébrile, par une disposition en plaques n’occupant, en général, qu'une partie de la gorge, enfin par la concomitance habituelle des symptômes syphilitiques et particulièrement d’une éruption cutanée. Ajoutons que souvent, au moment même de l'apparition de l’érythème syphilitique du pharynx, l'accident primitif, ou tout au moins la cicatrice qui lui succède, sont encore là pour témoigner que le malade est sous Pempire de l’infection vénérienne.

Membrane muqueuse intestinale, — Savoir si l’exanthème érythémateux syphilitique peut franchir la limite inférieure du pharynx et se manifester à la surface de la membrane muqueuse intestinale, est une question qui n’est pas encore parfaitement élucidée. « Chez quelques filles de mon service, mortes d’affections aiguës intercurrentes et chez lesquelles on avait constaté, entre autres symptômes, des plaques muqueuses de la gorge, je n’ai jamais trouvé, dit Cul: lerier (1), la trace de ces lésions au-dessous de la limite inférieure du pharynx ; de même, je n’ai rien vu au-dessus du sphincter anal chez celles qui portaient à l'anus le même symptôme secondaire, » Ce chirurgien ne nie cependant pas d’une façon absolue la possibilité d’une entérite syphilitique. Pillon, son élève {2), rapporte trois observations dans lesquelles il n’hésite pas à admettre une entérite secondaire. Ces faits, toutefois, manquant du contrôle anatomique, ne peuvent donner de preuves absolues. Mais, quoi qu'il en soit, l'apparition fréquente de troubles gastro-intestinaux au début ou dans le cours d’un certain nombre de cas de syphilis secondaire est un fait qu'il n’est pas possible de contester. À ce point de vue, l'observation suivante ne manque pas d'intérêt; elle est, du reste, un bel exemple de la multiplicité des mani= festations syphilitiques secondaires,

Douleurs rhumatoides, désordres gastro-intestinaux, syphilide varioliforme, plaques muqueuses et angine Syphilitique.

Os, X, — P. Héloïse, âgée de dix-neuf ans, blanchisseuse, est une jeune “fille robuste qui à toujours été bien portante, sauf un gonflement non douloureux des articulations tibio-tarsiennes qu’elle eut, il Ya un an, et qui persista durant plusieurs mois. Son père est mort de la poitrine, Sa mère et son frère unique, âgé de huit ans, jouissent d’une bonne santé.

Vers le 15 mai 1860, elle est prise de douleurs de reins qui l'empèchent de marcher; ces douleurs, qui s’irradient de la colonne vertébrale vers les flancs, s’exaspèrent le soir vers six heures, et continuent toute la nuit pour cesser à l’approche du jour. En même temps, malaise, courbature générale, perte de l'appétit. —— Dans le cours du mois de juin, diminution dans l'intensité des douleurs ; mais l'insomnie persiste avec la céphalalgie, et il survient de la fièvre le soir. Vers la fin du mois, à tous ces phénomènes s'ajoutent un mal de gorge et des douleurs de cou, en même temps que l'embarras gastrique se prononce davantage : état saburral de la langue, anorexie complète. Un vomitif est administré, et dans la soirée apparait une éruption qui envahit bientôt presque fout le tégument et qui fait croire à une variole,

Le A juillet, deux jours après le début de l'éruption, la malade entre à l’'hôpital de la Pitié {salle Saint-Charles, no 50); elle présente : embarras gastrique très-proñoncé ; langue saburrale, anorexie complète, dégoût des aliments, digestions difficiles, diarrhée ; céphalalgie et en même temps insomnie, Il existe de plus une éruption papulo-pustuleuse disséminée, abondante surtout au niveau de l'abdomen et du dos, peu prononcée sur les membres et qui manque complétement sur les régions habituellement découvertes. Cette éruption, très-analogue à une éruption miliaire, se compose de petites papules portant à leur sommet des pustules plus petites encore. Ces papulo-pustules ne tardent pas à se couvrir de pelites squames qui tombent bientôt laissant à leur place une tache circulaire de teinte cuivrée. La malade porte en outre des plaques muqueuses à l’anus et à la vulve ; elle est atteinte d’une angine caractérisée par une coloration brunâtre ou

(4) De l'entérile syphilitique (Union médicale, 1854). 2) Des exanthèmes syphilitiques, Thèse de Paris, 1857.

NOSOGRAPHIÉ. ; tal brouzée de la muqueuse pharyngée. Vomitif, et, quelques jours plus tard, liqueur de Van Swieten, à la dose de 10 et 15 grammes par jour.

En peu de temps l’éruption s’efface, les plaques muqueuses se cicatrisent, la diarrhée cesse, l’angine disparait, les fonctions digestives se rétablissent. La liqueur est supprimée. Six ou sept jours plus tard, la malade est prise de douleurs très-vives aux avant-bras et aux jambes. IL y a de la fièvre. A la partie antérieure des tibias on observe des plaques rouges, légèrement empâtées, très-douloureuses à la pression : périostite syphilitique ; proto-iodure de mercure, opium, vésicatoire.

Le 15 août, l’état de la malade est sensiblement amélioré, lorsqu'elle est de nouveau prise de malaise, de courbature, de céphalalgie, d'oppression, de palpitations et de fièvre (100 puls.); somnolence le jour, insomnie la nuit.Même état les jours suivants ; en même temps surviennent des épistaxis qui se répètent à peu près chaque jour pendant une semaine. La malade à complétement perdu l'appétit; elle accuse la sensation d’un corps étranger qui remonterait vers la gorge. L'emploi de l'iodure de potassium amène un mieux rapide, et la malade quitte l'hôpital le 8 septembre.

… En résumé, dans ce fait, des troubles gastro-intestinaux précèdent et accompagnent une syphilide papulo-pustuleuse et une angine syphilitique ; un traitement approprié a bientôt raison de tous ces accidents, puis les inêmes troubles reparaissent avec une périostite, pour cesser ensuite sous linfluence du traitement qui combat l’altération du périoste. Iei se pose une double question. Est-ce à la syvphilis qu'il convient de rapporter le dérangement des fonctions digestives, et, dans ce cas, doit-on l’attribuer à une lésion de la membrane muqueuse gastro-intestinale comparable à celle de la muqueuse pharyvngée? La marche simultanée des désordres digestifs et des manifestations cutanées et périostiques dispose certainement à ne voir, dans ces différents symptômes, que des localisations diverses d’un même acte morbide. Mais ce fait et quelques autres ne sont pas suffisants pour permettre d'affirmer que les membranes muqueuses de l’estomac et de l'intestin peuvent, à l'exemple de celles du pharvnx, devenir le siége de manifestations secondaires. De sorte que, même en tenant compte des données que fournit l’analogie, il est prudent d'attendre de nouvelles observations avant de porter, sur ce point, un jugement décisif (1).

Membrane nuqueuse du nez, du larynx et de la trachée. — La menibrane de Schneider n'échappe pas toujours aux atteintes de la svphilis secondaire ; quelquefois rouge et boursouflée, elle sécrète une matière jaunâtre, épaisse, peu abondante, il v a de l’enchifrènement, l’odorat s’affaiblit, et, n'était l’absence d’éternument, on pourrait croire à un Corvza ordinaire.

Semblables modifications se retrouvent sur la muqueuselaryngée. L’érythème Svphilitique du larynx n’a été véritablement étudié que depuis l’invention du laryngoscope. Les recherches de Czermak et de Ludwig Turck (2) tendent à établir que cet érythème ne diffère pas sensiblement de celui qui, sous la

(1) Une femme atteinte de plaques muqueuses avec éruption rubéolique mourut . récemment dans mon service, par suite d’un étranglement interne, présentant sur la muqueuse inteslinale, au niveau de l’os iliaque seulement, une éruption de taches analogues à des taches de purpura. |

(2) Voyez, plus bas, Bibliographie des affections syphilitiques du larynx,

mème influence, envahit quelquefois la bouche et le pharvnx ; les observations intéressantes de Cusco, consignées dans la thèse de Dance, son élève (4), laissent pas le moindre doute sur cette manière de voir. En même temps quel roséole, apparaît en général l’érythème laryngé syphilitique ; partant de l’isthot du gosier, il s’avance vers la glotte et l'épiglotte, au lieu de se porter vers pharynx, etil envahit rapidement toute la portion sus-glottique de la muqueui laryngée ainsi que celle des cordes vocales supérieures et inférieures. La rot geur sombre ou violacée qui le caractérise est tantôt sous forme de plaque parfaitement distinctes et bien délimitées ; tantôt, au contraire, elle est tout fait diffuse et sans limites bien appréciables. À cette rougeur s'ajoute parfois léger gonflement de la muqueuse, le plus souvent limité à la région sus-2lot tique, aux cartilages aryténoïdes et aux cordes vocales supérieures. La rougeur selon Ferras (2), est toujours peu accusée au niveau de la commissure pos térieure, où la muqueuse se fait remarquer par son aspect velouté. La parti antérieure des cordes vocales inférieures est, au contraire, le siége d’une viw injection. Chez une femme morte d’étranglement interne dans le cours d’un roséole avec angine syphilitique, je trouvai la muqueuse de la face postérieur! de l’épiglotte rouge, injectée et parsemée dans ses deux tiers inférieurs di taches blanchâtres, légèrement saillantes. La muqueuse du larynx et de trachée était normale.

Ilest très-admissible que la muqueuse trachéale puisse devenir le siége d'a lérations semblables, mais il n'existe encore, à cet égard, aucune donnée hier positive,

Les symptômes de la laryngite syphilitique secondaire sont objectifs où fon tionnels ; nous connaissons déjà les premiers. Relativement aux seconds, si ke respiration est généralement peu gênée, il n’en est pas toujours de même de phonation. Les malades, en parlant, ont la sensation d’un corps étranger ; | ümbre de la voix, plutôt que le ton, se trouve affecté, la voix est enrouée ot rauque. Cette modification, au rapport de Dance, se serait montrée 3 fois su 13 cas de syphilide érythémateuse, 7 fois sur 16 cas de syphilide papuleuse Diday, de Lyon, nous paraît avoir très-bien décrit ce trouble de la phonation mais c'est à tort, croyons-nous, qu'il l’a rattaché à une paralvsie des muscle: du larynx. « Du troisième au sixième mois à partir de Paccident pranitif, K malade, sans être exposé aux causes, ni présenter les symptômes du coryza n de l’angine, ni de la bronchite, s'aperçoit qu'il ne peut plus faire entendre ll même volume de son qu'à l'ordinaire ; la voix a perdu de son timbre, cettt altération augmente rapidement, en quelques jours elle est arrivée à ce poin: que, lorsqu'il veut forcer la voix, il ne parvient qu’à produire un souffle à peint perceptible à l'oreille. À part l’altération de la sonorité, les autres fonctions dé l'appareil vocal demeurent intactes ; la prononciation est claire et distincte, ke respiration parfaite ; iln°y 4 ni douleur, ni toux, ni dyspnée, ni fièvre (3), »

L'évythème syphilitique du larynx à üne marche plus lente que celle de K plupart des phlegmasiés catarrhales de cet organe, Îl a une terminaison totijouts

(4) Éruptions du larynæ Survénant dans la période Secondüire dé la syphilis. Thèse di Paris, 4864.

(2) P. Ferras; De la laryngité Syplilitique, Thèse de Paris, 1879, p. 45.

(3) Gaï. méd, de Lyon, n° 2, 4860. Note sur üné forme peu connue d’aphonie syphilitique

eureuse, contrairement aux affections plus profondes. Cette manifestation ne ésente en général, même à l'examen laryngoscopique, aucun caractère spéifique, et ainsi la sûreté de son diagnostic repose, avant tout, sur la connalssance des affections antérieures et concomitantes. Ajoutons que les laryngites ranchement inflammatoires se distinguent facilement par l’état fébrile qui les compagne, tandis que les laryngites chroniques les plus fréquentes, effets, oit d’excès alcooliques, soit d’une diathèse tuberculeuse ou dartreuse, ont Jour éléments de diagnostic, dans le premier cas, les antécédents spéciaux du malade, dans le second les manifestations diathésiques concomitantes de ‘affection laryvngée.

Membrane mugueuse des bronches. — Des auteurs d’ane grande autorité s'acsordent à reconnaître l'existence d’une bronchite syphilitique secondaire. Stokes (1) prétend que la bronchite syphilitique se montre sous la forme aiguë :t sous la forme chronique. Dans la première circonstance, elle est analogue aux irritations bronchiques des exanthèmes, tandis que dans la seconde il y a ie irritation chronique qui, venant à se combiner avec la cachexie syphililique, ressemble parfaitement à la phthisie. La forme aigué, la seule dont nous avons à nous occuper ici, s’observe après un temps plus où moins long à la suite de l'infection ; le malade présente de la fièvre avec tous les symptômes d'une irritation bronchique, et, après quelques jours, une éruption confluente dé taches d’un rouge brun apparaît sur la peau, et l'affection interne se dis- Sipe souvent complétement. Byrne, médecin de Lock-Hospital (hospice des vénériens de Londres), dit avoir vu fréquemment des malades qui, entrés à Phôpital après une première infection, étaient pris d'une bronchite intense avec fièvre. L’invasion était subite, et l’incommodité parfois si grande qu’une Sdignée devenait nécessaire. On voyait presque aussitôt survenir une éruption abondante, ayant tous les caractères du lichen et de l'affection squameuse : la bronchite cessait à ce moment. Graves {2} ne sait pas au juste quelle est la partie du poumon qui subit en pareil cas l'influence du virus syphilitique ; Mais il pense que c’est plus particulièrement la muqueuse bronchique, bien que la syphilis puisse, à l'exemple de la scarlatine et de la rougeole, produire quelquefois la pneumonie.

Observée à peu près uniquement en Angleterre, la bronchite syphilitique : été jusqu'ici l’objet d’une étude trop incomplète pour qu'il soit possible de l'admettre sans réserve. Je dois avouer cependant que j'ai vu survenir et se développer tous les signes d’une infläâmmation subaigué des bronches, y combris la dyspnée, chez une jeune personne qui, quelques jours plus tard, fut htteinte d’une éruption manifestement syphilitique. Mais ce fait isolé, bien que cotiparäble à ceux des médecins anglais, ne peut autoriser à regarder comme certaine l’existénce d’un énanthème syphilitique dé là trächée et des bronches.

(1) Stokes, On the Diagnosis and Treatment of Diseases of the chest, p. 93. London, 1837: (2) R. J. Graves, À System of Clinical Medicine, Dublin, 1843, p. 246,

SYPHILIDES PAPULO-PUSTULEUSES OÙ ULCÉREUSES SUPERFICIELLES.

Contemporaines des éruptions exanthématiques, ces manifestations débu: tent par des lésions élémentaires en tout comparables aux papules ou aux pustules cutanées. La membrane muqueuse de la conjonctive est bien placée pour nous permettre de saisir ce rapprochement, Là, en effet, nous pouvons suivre les différentes phases du processus. | Suivant Lawrence (1), les paupières peuvent devenir le siége d’ulcérations syphilitiques qui, tantôt, à la facon d’un orgelet, débutent par une petite dus reté au niveau du bord ciliaire pour de là s'étendre sur l’une ou l’autre des surfaces cutanée où muqueuse, et qui tantôt apparaissent sous forme d’une pustule à l’angle externe de l'œil. Kirschler (2) signale l'existence, sur le bord libre des paupières, d’une éruption de papulessemblables au chalazion, survenant pendant la période secondaire de la syphilis. Ces élevures, qui s’accompagnent de Ja chute des cils, sont bientôt suivies d’ulcères auxquels succèdent des cicatrices blanches nettement limitées portant à la fois sur la peau et la conjonctive palpébrale, Pas plus que les lésions des paupières, les éruptions de la conjonctive oculaire ne peuvent être contestées, bien que, d'après John France (3), il n’en ait été observé que trois cas, pendant l’espace de seize années, dans lun des plus grands établissements hospitaliers de Londres. Ces éruptions, dans quatre cas rapportés par cet auteur, se traduisent par de petites taches circonscrites, saillantes, non vasculaires, et d'un gris rougeâtre, jauntre ou cuivré, sans différence tranchée avec les éruptions cutanées concomitantes. Les narines, la langue, les piliers antérieurs du voile palatin, les amygdales et la surface interne du pharyvnx, tel est le siége le plus habituel des éruptions, qui finissent en ulcérant la membrane muqueuse. Les ulcérations de la langue occupent la pointe et les bords, de préférence à la face supérieure ; elles ont l'aspect de petits points jaunâtres disséminés, qui peuvent causer aux malades un picotement lrès-incommode. Elles succèdent parfois aux plaques muqueuses, et ilest assez difficile, dans certains cas où elles se montrent sous forme de fissures, de les distinguer sûrement de ces déterminations morbides. Connus de Hunter, qui les désignait sous le nom d’excoriations ulcéreuses et les regardait comme étrangers à la syphilis, les ulcères superficiels du pha: rynx furent confondus par Babington avec les plaques muqueuses. Envisagés: à leur véritable point de vue par Baumès et Cazenave, ils ont été bien étudiés par Martellière. Nombreux au niveau du voile du palais et de ses piliers, ils sont précédés quelquefois d’un érythème uniforme avec sécheresse et douleur au moment de la déglutition (4). Ils se montrent à leur début sous la forme de petites saillies qui paraissent n'être que des glandules augmentées de vo= lume, À ces saillies succèdent bientôt des ulcérations entourées d’une auréolé

(1) Sur les éruptions syphilitiques de la conjonctive, dans Guy’s hospital Reports, t. NIL 109, 1861. — Comp. Smée, London med. Gaz. et Ann. d’ocul., t. XIV, xp. 31, 1845,

(2) Kirschler, Das sekundür syphilitische Geschwür des Augentides, Wien. med. Wochenschr., XVI, 72, 73, 74. 1866, et Schmidt’s Jahrb , t. 19 D 020,

(3) À Treatise on the Venereal diseases of the Eye, London, 1830, el Arch. gén. de méds t. XXIX, p. 554, 1832.

(4) Voyez Rufr, De l'angine sypholitique (Journ. hebdomad,, &, NW, 1832)

d'un rouge foncé et recouvertes d’une matière jaunâtre pultacée. Superficiels, arrondis ou sous forme de fissures allongées, les ulcères ont un fond grisâtre où blafard couvert de bourgeons aplatis. Souvent douloureux au contact des corps étrangers, ils donnent une sensation continue de chaleur et de cuisson, plus intense le soir (Martellière). Baumèes les compare, pour leur aspect et leur forme irrégulière, à une brûlure du premier ou du second degré. Lorsqu'ils approchent de la guérison, l’auréole inflammatoire pâlit, l’épithélium se reforme des bords vers le centre, et ils s’effacent sans laisser d’autres traces qu'une teinte brunâtre ou grisâtre, qui persiste un certain temps à leur place avant que la muqueuse revienne complétement à son état normal.

Les aphthes, la stomatite et l’angine mercurielles sont les affections qui se tapprochent le plus des lésions ulcéreuses secondaires de la muqueuse buccopharyngée. Les aphthes, dont l'analogie avec les affections vésiculeuses de la peau est telle qu’elle à conduit Bateman à comparer ces lésions à l’eczéma, forment de petites élevures blanches qui peuvent bien présenter de légères excomations, mais dont le volume ne dépasse pas ordinairement celui d’une grosse tête d'épingle. Leur durée d’ailleurs est courte, et leur guérison toujours rapide. La stomatite mercurielle, par l'odeur qu’elle exhale et le sonflement des gencives auquel elle donne lieu, ne peut prêter à l'erreur, On ne saurait en dire autant de l’angine mercurielle, affection rare sans aucun doute et qui est généralement rejetée, mais à tort.

Dans un mémoire sur les maladies produites par le mercure, Colson (1) décit des ulcères mercuriels du pharynx dont les caractères se rapprochent de ceux des ulcères syphilitiques. G. L. Dietrich (2) n'hésite pas à admettre Pexistence d’une pharyngite mercurielle caractérisée par une rougeur violacée disposée par plaques isolées avec une apparence de taches sombres, et où l’on voit, parsemés çà et là, des points jaunes, pisiformes, un peu élevés, dus au développement des follicules muqueux. Mais, malgré la légitime autorité de cet auteur et de plusieurs autres que je pourrais citer, le doute règne toujours ù sujet de l’angine mercurielle. Cependant le fait qui suit ne me paraît pas propre à justifier l’opinion de ceux qui refusent au mercure toute action sur la membrane muqueuse du pharynx. Il peut servir, du reste, à faire coniaître les différences symptomatiques qui séparent l’angine mercurielle de angine syphilitique.

Angine ét stomatite mercurtelles,

Ops. XI. — P..., chapelier, âgé de dix-huit ans, admis à l'Hôtel-Dieu le 3 jui 864, est un jeune homme brun, lymphatique, de petite taille, ordinairement bien ortant. Son père a succombé à une maladie du péritoine. Sa mère et quatre sœurs ont bien portantes. Il y a trois mois, P... s'aperçoit qu'il porte à la partie inféieure de la muqueuse de la verge une petite ulcération ; aujourd hui cette ulcéalion, disparue depuis peu, est remplacée par une cicatrice qui n’est ni indurée, 11 déprimée, ni colorée. L'absence de ces trois caractères et la courte durée de ulcère portent à croire qu'il ne s'agissait pas là d’un chancre syphilitique.

Toutefois, à l’occasion de son ulcération, P.. consulta un pharmacien qui fit anser la plaie avec une pommade et donna des pilules à l’intérieur. Le malade

(1) Journ. hebdomad., 1831, p. 36.

(2) Die mercurial Krankheiten, p.267 et suiv. Leipäig, 1837, el Martellière, /oc. cet, p. 64, LANCEREAUX, — Syphilis, 2° édit. 10

en prit 40, et il avait cessé ce traitement depuis quelques jours, lorsque se manis festa dans la gorge et la bouche une affection, laquelle, au moment de l'entrée à l'hôpital, datait de trois semaines et se traduisait par Les symptômes suivants : odeur! fétide de l’haleine, gonflement douloureux des gencives ; sur la paroi buccale gaus| che, exsudation jaunâtre de l’étendue d’une pièce de un franc; exsudations de, même nature sur les amygdales, surtout à droite. Adénopathies multiples sous: maxillaires. Un gargarisme avec 4 grammes de chlorate de potasse est continué, pendant plusieurs jours.

Bientôt les concrétions pseudo-membraneuses se détachent, et l’on aperçoit trois! ulcérations peu profondes et de l’étendue de 1 centimètre environ; l’une siége à la, partie postérieure de la langue, l’autre sur l’amygdale droite, la troisième sur la paroi buccale gauche ; celle-ci n’est pas encore complétement débarrassée de sa, concrétion pseudo-membraneuse. L'amélioration, à partir de ce moment, est on ne peut plus rapide sous l'influence du chlorate de potasse, au point que le malade, sort presque complétement guéri, le 13 juin. | | La muqueuse laryngée n’est pas entièrement à l'abri des ulcérations syphE, litiques secondaires. Celles-ci succèdent à une éruption papuleuse, et quel quefois n'arrivent au larynx qu'après avoir envahi les amygdales, le voile, du palais et l’isthme du gosier. D’autres fois elles débutent par le larynxs, où l’on aperçoit des papules d’un aspect grisätre, limitées par une ligne rouge, exulcérées de manière à revêtir la forme des plaques muqueuses! Leur siége d'élection est à peu près le même que celui de lérythèmes c’est-à-dire la ‘portion sus-glottique du larynx et les cordes vocales supé= rieures et inférieures. Au niveau de ces dernières parties, on constaté une légère tuméfaction, en même temps qu'un épaississement plus où moins marqué des bords de l’épiglotte. L’enrouement, la raucité de la voixs une toux peu violente, sont les principaux symptômes qui correspondent à ces ulcérations ; mais comme ces symptômes ne diffèrent pas notablement de ceux de l’érythème syphilitique, il en résulte que, si lon n’a recours au laryngoscopes il est difficile de séparer ces deux lésions, ce qui heureusement nnporte peu et pour le pronostic et pour les indications thérapeutiques. arr

$ 3. — Affections viscerales secondaires.

Le

Sous ce titre, nous groupons toutes les manifestations syphilitiques des organes profonds qui, tant par l’époque de leur apparition que par la lésion qui les caractérise, se rapprochent des syphilides exanthématiques et énanthémas= thiques, et qui, pour ce motif, méritent d’être rattachées à la période secondaire. Ces manifestations sont en eflet caractérisées par des lésions plutôt généralisées que circonscrites, diffuses, n’ayant aucune tendance à M destruction des éléments normaux des tissus, et peu ou pas différentes des syphilides généralisées quant à leur composition histologique. Elles se révès lent par des symptômes assez semblables à ceux des inflammations subaë ouës, à savoir, rougeur, douleur, tuméfaction de la partie affectée, mouves= ment fébrile habituel. Ces caractères appartiennent non-seulement aux affections des os et dés articulations: mais encore à celles des viscères splänchniques. Aucun organe n'est, en réalité, complétement à l'abri des modifications propres à la période secondaire, mais tous n’y sont pas également exposés ; quelques-uns sont l’objet d’une prédilection plus partieu=

lière; de ce nombre sont les glandes lymphatiques superficielles, le foie, etc.

Nous groupons sous plusieurs chefs ces premières manifestations viscérales :

Affections des glandes lvmphatiques ;

Affections du foie ;

Affections des organes génito-urinaires ;

Affections des systèmes musculaire et fibro-osseux :

Affections du système nerveux ; ;

Affections oculaires, ophthalmies secondaires.

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