‹ Traité historique et pratique de la syphilisChapitre 26 sur 98 · AFFECTIONS DES ORGANES GÉNITO-URINAIRES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DES ORGANES GÉNITO-URINAIRES

Les testicules, de même que le foie, n’échappent pas à l'influence de la syphilis secondaire. Ces organes, en effet, sont quelquefois affectés dans l'année qui suit l'infection primitive, et leur altération coexiste, soit avec certaines éruptions précoces, l'érythème par exemple (un cas de Bassereau), soit avec une iritis ou des périostites; d’autres fois, au contraire, ils ne présentent que des lésions tardives survenant trois, cinq où même dix ans après l'accident primitif et en même temps que les affections tertiaires. À l’une et à l’autre de ces deux époques, l'affection dont il s’agit est quelque peu

(4) Voy. Blachez, De l'ictère grave. Thèse de concours d'agrégation, Paris, 1860, p. 62. — Faligan, Thèse de doctorat, Paris, 1863, p. 57. (2) Virchow’s Archiv für pathologische Anatomie, 1855,

lifférente dans son siége, dans sa marche et dans son aptitude à céder aux renèdes. En général, plus elle est rapprochée du début de la maladie, plus son léveloppement est rapide, plus elle manifeste de tendance à envahir l'épidi- Lyme. S'il est vrai que cette portion de la glande spermatique n’est jamais imitivement affectée dans la période tertiaire, il n’en est pas de même lans la période secondaire. Quelques auteurs pensent que la syphilis peut léterminer dans l’épididyme des modifications tout à fait indépendantes de ‘elles du testicule, et ils admettent, parallèlement à l’orchite syphilitique, une ipididymite de même nature. Le docteur Dron (1) a tout particulièrement inisté sur ce point. Après avoir résumé les opinions des auteurs sur la matière, Lrapporte un nombre d'observations assez imposant pour qu'il y ait lieu de 1 plus mettre en doute l’épididymite syphilitique. Un premier point ressort leces observations, c'est que l’altération atteint d'ordinaire les deux épidilymes à la fois et qu’elle a son siége le plus habituel au niveau du globus najor. Un autre point non moins important est l’époque d'apparition de ette lésion des épididymes par rapport aux manifestations diverses de la yphilis. C'est en moyenne trois mois et demi après l'accident primitif que se nontre cette altération, en même temps par conséquent que les éruptions uperlicielles précoces. On constate au niveau de l’épididyme l'existence d’une umeur ferme, résistante, solide, inégale et bosselée, appliquée contre le testiule sans jamais l’emboîter, et par conséquent distincte de la glande séminale. ndolente, cette tumeur passe souvent inaperçue pour le malade, et, après ne durée en général fort longue, elle finit par se résoudre sans avoir entravé es fonctions de l'organe lésé. Sigmund (2) conteste que cette affection ‘observe dans la période secondaire et qu’elle soit indépendante d'une lésion les testicules.

Les reins eux-mêmes ne sont peut-être pas toujours exempts des atteintes lela syphilis secondaire. Perroud a rapporté les observations de deux malades lèvenus albuminuriques quatre et six mois après l’apparition d’un chancre nduré (3). Jai moi-même été appelé à soigner deux confrères atteints d’albuninurie dans des conditions semblables. L'un et Pautre, arrivés à la période econdaire de la syphilis, avaient usé d’un traitement mercuriel prolongé; ils endaient une faible quantité d'urine, et ce liquide, traité par la chaleur et acide nitrique, se prenait pour ainsi dire en masse; ils étaient œdématiés t me présentaient aucun trouble de la vue. Un autre cas m’a présenté des les phénomènes analogues. Les faits de ce genre doivent être soigneusement tudiés, c’est le seul moyen d'arriver un jour à déterminer avec précision nfluence qu'il convient d'attribuer à la syphilis, au traitement mercuriel xagéré, ou à toute autre condition étiologique, dans la production de ce. enre d'affection.

(4) Dron, De l’épididyme syplilitique, Archives de médecine, t. II, 1863, p. 513 et 724.

(2} Sigmund, Ueber de syphilit. Erkrankung der Nebenhoden, Wien. med. Presse, IX, 2. 868, et Schmidt’s Jaresb., t. CXLI, p. 184.

(3) Perroud, De l’albuminurie de la période secondaire de la syphilis (Journal de médecine e Lyn, février 1867). — Comparez Guiol, Essai sur l'albuminurie syphilitique. Thèse de aris, n° 429, 14867.

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