‹ Traité historique et pratique de la syphilisChapitre 33 sur 98 · ARTICLE IL —— APPAREIL DE LA LOCOMOTION · texte numérisé non relu

ARTICLE IL —— APPAREIL DE LA LOCOMOTION

ET Die Ostéites syphilitiquer,

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" La connaissance des affections syphilitiques des os remonte au xvr siècle. Vidus Vidius, Fernel, Gab. “allope, J. de Vigo sont les auteurs de cette épo= que qui nous ont laissé sur ce sujet les données les plus importantes, Après avoir parlé des douleurs ostéocopes, G. Fallope mentionne comme il suit les altérations des 0$ : « Verum accidit ut post dolores vel cum doloribus tumores infestent . circa articulos. internodia, in media fibula, in medid cubito, et his caput sæpe coronatur, ut regni gallici insignia præ se ferat. Isti tumores, quum contineant materiam crassam, quæ est veluti gummi eliquas tum, ideo gummata gallica vocantur a medicis. Hi tumores duorum su generum, alter tophaceus est, alter autem minime. Tophacei sunt constantes ex materia penitus lapidosa et videntur veluti tophi ossei, vel materia illa, qua ligantur ossa fracta. Secunda species tumorum est, quando materies est mole lis, quæ tripliciter apparet, nam aliquando est veluti laridum, aliquando est minus crassa et est similis polentæ, et est ather est sicut mel et dicitur meliceris gallica. In capite ut plurimum sunt vel subs stantia laridi vel mellis, vel polentæ. Circa pedes sunt majori ex parte lapidosi et tophaceï, ita in tibiis, in intermediis, nunc tophacei, nune molles existunt.

oma gallicum. Tertia species

joca sunt ligamenta articulorum, corpora ossium, periostia, in quibus tumoes dolorosissimi sunt; aliquando in superficie ossis crescit affectus iste. Ma- -ria est ut plurimum pituitosa, tenax et melancolica, quum natura béne oncoquere non potest : aliquando miscetur bilis, et ita fit meliceris : alimando crassa est, et melancolica, et fit tophus, vel steatomata .… » Fernel iWidus Vidius ne sont pas moins explicites en ce qui concerne les tumeurs ommeuses sous-périostiques, à l'étude desquelles Fabrice d’Aquapendente, inpeu plus tard, consacre tout un chapitre de son livre De Chirurgicis operaionibus. Howard et Sandifort ont laissé des dessins des lésions syphilitiques du râne. Bertrandi, Astruc, d. L. Petit, Hunter et beaucoup d’autres syphiligrajhes décrivent plus ou moins longuement les altérations spécifiques du système sseux. Dans ces derniers temps, Ricord a figuré la tumeur gommeuse des os ongs, et Virchow s’est particulièrement appliqué à faire connaître celle des os arges.

Étude anatomique. — Les ostéites syphilitiques tertiaires, différentes des ésions osseuses de la période secondaire, sont fixes, localisées, peu étenlues, profondes et persistantes, susceptibles de récidive après un espace de emps plus ou moins long. Les os superficiellement placés, comme le tibia, la lavicule, le cubitus, les os du crâne et du nez, y sont particulièrement prélisposés, en raison sans doute de leurs accès aux chocs extérieurs. Ces altéations présentent deux modes anatomiques caractérisés, l’un par un processus liffus assez semblable à celui de linflammation simple (ostéite diffuse), autre par un processus nettement limité, circonscrit (ostéite gommeuse). Vous décrirons simultanément les altérations du périoste et de l'os, à cause de intime union de ces parties qui concourent à la formation d’un même organe.

L'ostéite diffuse débute tantôt au voisinage du périoste qui y prend part, antôt dans la profondeur de l'os; elle est dite périphérique ou superficielle lans le premier cas, tandis qu’elle est profonde ou parenchymateuse dansesecond. Dans l’ostéite périphérique, le périoste devient le siége d’une njection et d’une tuméfaction que produit la formation de cellules petites rondes dans sa partie ostéogénique, et jusque dans les espaces méduldires du voisinage. Dans l’ostéite profonde, los injecté présente à la coupe ine teinte rouge ou rosée, grisètre et même jaunâtre sur quelques points. examen microscopique révèle qu’à ces différents aspects correspondent des modifications particulières des éléments de la moelle. Au niveau des portions lun rouge vif, les médullocelles sont plus abondantes, globuleuses, et eurs noyaux deviennent apparents seulement au bout de quelques mstants bar l’action de l’acide acétique ou de l’eau. Les portions gristres et comme Hlutineuses renferment des cellules beaucoup plus petites que les précédentes, tqui, au lieu d’être libres, sont plongées, en même temps que de nombreux noyaux, au Sein d'une substance amorphe ou fibrillaire. Vient-on à suivre ce Processus, on constate que le tissu osseux se résorbe progressivement et fait place au produit pathologique, et que cette résorption est précédée sur quelques points d’un agrandissement des ostéoplastes, de sorte qu'au bout d’un certain temps les canalicules osseux et les espaces médullaires sont élargis et comblés par un tissu embryonnaire. Les parties jaunâtres contiennent ce

méme tissu en voie d'atrophie et de transformation graisseuse. Ces cham gements n'ont pas entièrement échappé aux observateurs, qui n'avaient pa entre les mains les moyens d'investigation fournis par l'emploi du microscop Vidal de Cassis écrit à propos de l’ostéite syphilitique : « L’os est d’abord tacheté ses canalicules se développent, ils contiennent du sang rouge et un liquid transparent semblable au suc osseux ; ce qui du reste se remarque dans toute les ostéites condensantes, quelle que soit leur nature. Puis il se produit un su plus épais ressemblant à celui du col; ou bien, c’est une matière plastique orga nisable comme celle de certaines périostoses. » Effectivement, le tissu jeune qu comble les espaces médullaires (suc osseux de Vidal de Cassis), s’iln’est modifi par l'action d’un traitement spécial qui favorise sa transformation graisseus et amène sa résorption, tend généralement à s'organiser en tissu osseux façon à produire des scléroses des os, des hyperostoses ou des exostoses D raréfiante qu'elle était tout d’abord, l’ostéite devient condensante par la forma lion de couches osseuses à l’intérieur des canaux: de Havers, qui sont ai rétrécis, sinon oblitérés, où dans les espaces médullaires à la périphérie de Pos qui devient le siége de saillies plus ou moins considérables. La sclérose Te litique des os, notamment celle des os cräniens, avait déjà attiré l’attenti0 de Babington, qui note l’épaississement de ces os, leur densité et leur pesa teur ; plus récemment nous avons été à même de signaler la fréquence de cetli altération dans la syphilis tertiaire (1). L’os qui en est affecté est lourd et pesant son tissu, serré et parfois comme éburné, se rompt en éclatant; les espact médullaires, commé les canaux de Havers, sont rétrécis ; de la sorte, la cireu lation du suc nutritif est gènée ou empêchée, et on s’explique comment, dam quelques cas, les os ainsi altérés peuvent être le siége de nécroses plus @ moins étendues. | |

Les exostoses syphilitiques sont des productions dures, osseuses, “t volume d’un pois, d’une noisette ou d’une noix, généralement divisées @ exosioses parenchymateuses et épiphysaires, ou bien en exostoses inter nes et externes, selon qu'elles font saillie à l’intérieur ou à lextérieu des cavités osséuces. L'exostose parenchymateuse s’observe après lostéitt profonde, par suite d’un dépôt osseux, dans l'épaisseur même de l'os. H& nouvelle ossification peut revêtir le caractère du tissu aréolaire ou celui dt tissu compacte, Constituée par des lames ou des lamelles entre lesquellés existent des aréoles plus ou moins larges, elle à reçu de quelques auteur! l’épithète de celluleuse ou laminée ; formée de tissu compacte, elle est dit éhburnée lorsqu'elle produit, avec l'accroissement de volume, l'augmentatiot de poids et de densité du tissu osseux. L’exostose épiphysaire est le plus sour vent le résultat d’une périostite; elle est ordinairement multiple, accolée à P@: auquel elle finit par adhérer, d'où l’idée de la comparer à une sorte d'épiphyse, Tantôt hémisphérique, elle est d’autres fois conique, allongée ou aplatie où bien cest une crête qui affecte la disposition annulaire de certaines syphiè lides (Ricord). À part cette disposition, à laquelle on ne peut cependant attri buer qu'une faible valeur diagnostique, il faut reconnaître que les tumeur! osseuses syphilitiques manquent encore de caractères précis et distinet

(1) L. Gros et Lancercaux, Traité des affections nerveuses syphilitiques. Paris, 1861.

les descriptions qu'on en a données semblent, du reste, avoir été en grande hpartie calquées sur celles des tumeurs de même structure, mais d’origine “différente. D'un autre côté, l’ostéite diffuse ne diffère guère de lostéite simple que par la lenteur de son évolution. Au contraire, l’ostéite cir- “conscrite où gommeuse se distingue nettement par son produit pathologique composé de masses jaunes, opaques, entourées d’un tissu jeune et vivace.

… L'ostéite circonscrite ou gommeuse se caractérise par un néoplasme “exubérant, généralement disposé sous forme de nodosités plus ou moins “olumineuses, dont la partie centrale a la plus grande tendance à se nécroser. Elle coexiste fréquemment avec l’ostéite diffuse, et, comme “cette dernière, elle siége tantôt à la périphérie, tantôt dans la profondeur “lu tissu osseux, affectant à peu près indistinctement les os longs et les os “larges.

L'ostéitte gommeuse superficielle est caractérisée par des. saillies ou “tumeurs à basé fixe, plus ou moins bien circonserites, quelquefois molles, “semi- fluctuantes, composées d’une substance analogue à une solution de “omme, d’autres fois fermes, consistantes, élastiques, d'aspect lardacé, for- “nées aux dépens de la couche interne du périoste et de la partie la plus superficielle de l'os. Ges tumeurs sont constituées non par un exsudat, mais par un tissu mou, gélatineux, rosé, qui rappelle, dans le principe, les phénomènes de l’accroissement physiologique ; plus tard, ce tissu prend une “consistance plus grande, devient opaque. puis Jaunâtre. Il est composé de nombreuses cellules globuleuses, ou fusiformes, disposées le plus sou- Vent par couches concentriques au pourtour des vaisseaux restés libres ébqui, dans l’état normal, se rendent du périoste à l'os. Cette substance décolle le périoste, presse sur l'os dont elle infiltre les mailles et les Ganaux, d’où usure et perte de la substance osseuse. Au bout d'un espace de temps relativement court, ce nouveau tissu cesse de s'étendre, puis il Sarrête dans son développement et dépérit peu à peu; les éléments cellulures se modifient et s’atrophient par métamorphose graisseuse; la nodosité, tout d'abord grisâtre, devient opaque et prend une teinte jaumâtre. Cette transformation a pour conséquence la résorption plus ou moins complète du nouveau produit; rarement celui-ci est le point de départ de Suppuration et d’ulcération des parties voisines. A la limite de ce processus de nouvelle formation, l'os enflammé se comporte comme dans l'ostéite diffuse ; il devient dur, sclérosé, hérissé de saillies, ostéophytiques, et ce phénomène contribue à accroître d'autant la dépression qui résulte de là disparition du produit gommeux et de l'usure de los à son niveau. Assez commune dans les os du crâne, où elle a été à tort désignée sous le nom de carie par Bertrandi, Babington et Virchow, l’ostéite gommeuse superlicielle se développe d’abord sous le périoste épicranien, ou au-dessus de la dure-mère, quelquefois en même temps dans ces deux points pour de là S'avancer sous la forme d’un cône dans le tissu osseux, dont elle détermine la raréfaction progressive. De cette disposition résulte, par la disparition du nou- Veau tissu, une dépression stellaire dont le centre revêt la forme d'un enton-

LANCEREAUX. — La Syphilis, 2° édit. 15

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