LÉSIONS DES NERFS OPTIQUES ET DES RÉTINES (AMAUROSES SYPHILITIQUES
Les lésions syphilitiques tertiaires qui ont pour conséquence l'abolition plus ou moins complète de la vision peuvent se rattacher à trois chefs, suivant que le système osseux, les nerfs optiques ou les rétines et l’encéphale sont plus particulièrement intéressés. J. de Vigo, Botal, citent des cas d’amauroses syphilitiques consécutives à des lésions des os. « Visum fuit, dit Boerhaave, lmellam ossis cuneiformis quæ ibi crassa est, exostosi laborasse, unde compressus fuit nervus opticus, et unde etiam amorosis orta fuit, integris licet cerebro et nervis (1). » Janin rapporte une observation d’ulcère rongeur Syphilitique des yeux (2), et Delpech a vu un cas où la carie du sphénoïde produisit la cécité. Ces faits d’amaurose consécutive à une altération du Système osseux (3) ne sont pas sans intérêt. Les accidents qu’on y observe différent suivant que la localisation anatomique, une exostose ou une périostose, a son siége dans l'orbite ou à l’intérieur du crâne. Les tumeurs osseuses dé l’orbite se révèlent par des douleurs ostéocopes et une exophthalmie habitüelle ; la douleur surtout les distingue des tumeurs gommeuses du contenu dé l'orbite. La pression exercée par les tumeurs osseuses ou gommeuses intratraniennes sur le nerf optique détermine une névrite secondaire qui ne dif- (ère pas de toutes les névrites par compression (4).
Indépendamment de cette modification, le nerf optique s’altère quelquefois ébs’atrophie consécutivement à une altération des hémisphères. Notre obser- Vation XXX est un exemple de cette affection plusieurs fois méconnue. Mais, ën outre, la syphilis est su sceptible d’une action plus directe sur l'appareil nerveux optique. Nous avons vu plus haut que ces nerfs étaient tantôt le siége d’une inflammation simple, comme dans les observations de Bayle et
(1) Prælectiones publicæ de morbis oculorum. Parisiis, 1748, pars IT, cap. 11, p. 97. (2) Mém. et obs. sur l'œil, p. 354. Lyon, 1772. (3) Consultez sur les lésions syphilitiques du crâne et de l'orbite : Demours, Sardaillon, Baillou, Tacheron, Prost, Lallemand et Verdier, Ch. Bedel, Guérard, Hérard et Baudot, etc. dans les ouvrages cités de G. Lagneau, de Gros et Lancereaux. — Demarquay, Traité des fumeurs de l'orbite. Paris 1861. #
(4) Consultez sur les amauroses syphilitiques, indépendamment des traités classiques : Dupré, Des affections syphilitiques de l'œil. Thèse de Paris, 14857. — Denonvilliers et Gossein, dans Compendium de chirurg. pratique. Paris, 1855. — Sichel, Sur les diff. formes de lamaurose, et spéc. de lamaurose syphilitique (Gaz. méd., n°5 28 et 29, 1859). — Deval, Amaurose syphilitique (Union méd., s. II, p. 307, 1859).
Kergaradec, de Courtin, de Dittrich, tantôt le siége de nodosités vraisemblablement gommeuses, comme dans les faits rapportés par Portal, Dixon, éte,, et qu’ainsi on y retrouvait les deux formes d’altération propres à la syphilis (2}:
Les désordres qui se rattachent à ces diverses altérations se traduisent par des signes physiques assez semblables et par des troubles fonctionnels fortpeu différents. Au début de l'affection, alors que le malade ne s'aperçoit que d’une faiblesse légère de la vision, l'examen ophthalmoscopique révèle déjà une mo dification dans la papille optique : les veines sont gonflées, tortueuses, les vaisseaux capillaires sont plus abondants, 1l y a une injection manifeste, une sorte d’æœdème; plus tard, les artères diminuent de volume, le champ papil= laire, un peu agrandi, à bords mal circonscrits et grisâtres, se rétrécit, sa colo= ration change; de rosée ou grisàtre, elle devient blanche, c’est ce qu’on appelle l’'atrophie blanche de la papille. Cette atrophie secondaire peut reconnaître beaucoup d’autres causes que la syphilis; néanmoins son existence doit éveiller l’idée de la possibilité d’une lésion syphilitique des nerfs optiques ou de lencéphale. L’hémiopie, comme nous l’avons vu dans un cas (tumeur intra-cérébrale, obs. XXX), pourra servir à différencier l’amaurose consécutivé à une tumeur cérébrale de celle qui est l’effet d’une altération primitive du nerf optique. |
Savoir distinguer chacune des manifestations dont il vient d’être question, affirmer d’après l'examen ophthalmoscopique et le désordre fonctionnel qu'il s’agit d’une lésion directe ou indirecte, d’une altération primitive des os, dé l’encéphale ou des nerfs optiques, n’est pas toujours chose facile ; heureuse= ment, cette distinction a peu d'utilité, puisque la même indication thérapeu= tique répond à chacun de ces cas. L'important, dans ces conditions, est dé savoir remonter à l’origine syphilitique du mal. Pour y arriver, il faut unê étude approfondie du malade, des antécédents, des lésions concomitantes, et bien connaître la marche suivie par l'affection oculaire. Alors un diagnostie, sinon précis, du moins très-probable sera possible. Le pronostic des amau= roses syphilitiques est grave. Ces affections étant à peu près incurables lorsqu'il y a atrophie de la papille optique, il importe de faire intervenir de bonne heure un traitement approprié.
$ 3. — Appareil de l’audition.
La surdité syphilitique est depuis longtemps connue : Paré en fait mention (2) ; Boerhaave rapporte le cas d’un individu qui, sous le coup de la sy= philis, fut frappé tout à la fois de surdité et de cécité; Van Swieten indique la cophose comme résultat de certains ulcères du pharynx causés par le mal vénérien, et il ajoute : « Quelquefois ces ulcères, qui s'étendent lentement, suivant leur coutume, parcourent toute la longueur de la trompe d’Eustache et dé-
1) La rétine elle-même sente è oi ) ne peut présenter des tumeurs gommeuses en même temps que d'autres membranes oculaires :
res mer ; cette lésion rétinienne, dont nous connaissons quelques faits, est très-différente de celles qui nous occupent. Voyez : Hippel, Fall von gummose Neubildung, Archiv für Ophthalm., XIE, p. 55, 1867. — A, Rudnew, Ueber eine syphitit. Erkrankung des Auges, Archiv für pathol. Anat. und Physiologie, t. XLV, p. 1497, 4868...
(2) Œuvres complètes, lix. XIX, ch. x1, p. 467. Lyon, 1652. <
» truisent complétement l'oreille interne. Un ichor dégoûtant s'écoule par l'oreille interne chez les malheureux dont la gorge a été rongée à ce point par cette cruelle maladie (1). »
Astruc écrit : « La vérole cause quelquefois la dureté d’ouïe et même la surdité, soit parce que les osselets ont été détruits par la carie, ou du moins parce qu'étant enflés 1ls sont devenus incapables d'exécuter leurs fonctions ordinaires, soit parce que les nerfs acoustiques sont obstrués par des esprits trop prossiers, ou comprimés par des artères trop gonflées, par des nodus et des ganglions formés auprès, par des exostoses survenues dans les os qu'ils traversent, etc. (2).» Leschevin (3) a publié sur ce sujet une observation qui, sans “tre absolument démonstrative, mérite d’être rappelée. « Un jeune homme de vingt-sept ans, après avoir eu des chancres vénériens, traités au commencement de l’année 1757, commença à sentir, dans l’oreille droite, des douleurs fort aiguës ; quelque temps après parut un écoulement sanieux par le conduit aumditif, et, la douleur diminuant, le malade se crut guéri. Quelques mois s'étant écoulés, les douleurs se renouvelèrent et devinrent même plus fortes qu'elles
Navaient encore été. Enfin elles furent suivies de délire, ou plutôt d’une véritable manie que rien ne put apaiser, et que la mort termina en janvier 1758. Le conduit auditif était sain, mais le fond de la caisse était percé et comme criblé par la carie ; toutes les cavités du labyrinthe et une grande partie de la face du rocher dans l’intérieur du crâne étaient cariées et vermoulues. »
La surdité syphilitique, au dire de Swediaur, serait causée par des altéfations des os, par des abcès du cerveau, ou par des ulcères qui affectent les orifices des trompes d’Eustache. A ces lésions B. Bell ajoute l’éruption pustuleuse du méat et du conduit auditif externe. Larrey (4), Itard (5), ont cité des observations de surdité syphilitique tenant à l’altération de l'oreille interne. Vering (6) et Frank disent avoir vu des faits du même genre. « Il résulte des observations d’otite interne recueillies par moi, écrit ce dernier, que cette affection atteint le plus ordinairement les individus syphilitiques qui sont exposés aux injures extérieures et au refroidissement (7). » D'un autre côté, Kramer (8) prétend qu'il n’est pas prouvé que la syphilis soit jamais une cause
active d’altération des nerfs acoustiques. Lagneau et Gibert ont rapporté des
(1) Commentar. in Boerhaavri Aphorism., t. V, p. 369. — Comparez : Al. Traj. Petronius, De aurium atque oculorum læsione, (De morbo gallico, lib. VIT, cap. vit, et Aphrodisiacus de Luisinus, p. 4337). — Plenk, De morbt venerei doctrina. Venise, 1793. — Swediaur, Traité complet de la maladie vénér. ou syphilitique. Paris, 4801. — Cullerier neveu, Journ. de méd. de Sédillot, 1814, XLIX, p. 202. — tard, Traité des mal. de l’oreille, 1821, t. IL, p. 185. — Dominel et Leprestre, Arch. de méd., mars 1830. — Deleau, Rech. sur les malad. de l'oreille. Paris, 1838 (obs. 12). — Davasse, dans Thèse de Dumoulin, Paris, 1848, p. 44. — Ricord, Clinique iconograph., 1851, pl. XXIV, obs. et fig. III. — Lasègue, Arch. de méd., mai 1858, p. 603. — Lagneau père, obs. rapportée par Lagneau fils, dans Maladies syphilitiques du système nerveux, p. 511.
MDoc. cil:, 1. LV,
. (3) Sur la théorie des maladies de Poreille, etc., 1763, dans Prix de l'Académie royale de Chirurgie, t. IV, p. 115. Paris, 1819.
(4) Mémoires de chirurgie militaire, À. Il, p. 444.
(5) Traité des maladies de l'oreille, 1821, t. I, p. 283 et 400.
(6) Aphorismes, etc., p. 16, 22, 34.
… (7) Traité de patholog. interne, trad. fr., t. IN3 P- 22. | (8) Traité des maladies de l'oreille, trad. fr. de Ménière, p. 34. Paris, 1848.
exemples de surdité syphilitique, sans spécifier quel pouvait être le point de départ de ce désordre. Dans un article intéressant sur les maladies de l'oreille, | Triquet (1) admet une forme d’otite syphilitique, à début imsidieux et à évolu- | tion lente, caractérisée par la présence de pustules ayant leur siége sur R | membrane du tympan, dont elles produisent dans quelques cas la perforation: | Des douleurs nocturnes et un état cachectique accompagneraient cette affee : tion; mais il y a lieu de croire que cet auteur a confondu la chloro-anémie secondaire avec la cachexie de la période tertiaire, car la description qu'il donne paraît se rapporter uniquement aux éruptions de la muqueuse du conduit auditif externe. Comme la plupart de ses devanciers, Tri quet ne fournit du reste aucune observation; ainsi, les acquisitions tous chant la syphilis de l'oreille consistent à peu près uniquement en des asser” tions qui, malgré le grand mérite de leurs auteurs, ne peuvent suffire à là construction de l'édifice scientifique. Ce qu'il faut en pareil cas, ce sont des faits, preuves matérielles sans lesquelles l'édifice ne pourrait s'élever. Le champ des lésions syphilitiques de l'appareil de l’audition n’est donc pas suff= samment exploré; mais en attendant de nouvelles recherches, voici un résumé de l’état des connaissances actuelles.
Lésions de l'oreille externe. — B. Bell, Vidal, Triquet, ont constaté la pré sence de pustules syphilitiques à la surface de la membrane du tympan ou l’intérieur des conduitsauriculaires.Baumès et plusieurs autres auteurs signalent l'existence, dans ces mêmes canaux, d’écoulements d’un jaune verdâtre et d’ul cérations ayant le caractère syphilitique : les unes, faciles à voir, occupaient l'entrée du conduit auditif; les autres, plus profondément placées, ne pou= vaient être découvertes qu’à l’aide du speculum auris; elles ont pu quelquefois amener la perforation de la membrane du tympan (2). Ainsi le conduit auditif externe peut devenir le siége de la plupart des manifestations cutanées de la syphilis, sans en excepter les plaques muqueuses, qui de toutes ces manifes= tations sont les plus fréquentes, et qui se couvrent parfois de végétations molles et fongueuses. |
Lésions de l'ureille moyenre. — Indépendamment des cas d'extension dés lésions syphilitiques du pharynx à l'oreille moyenne, celle-ci peut subir l’'ac= tion directe de la syphilis. Dans un fait rapporté par Betz(3), la membrane du tympan est épaissie, perforée dans presque toute sa moitié inférieure: le mar= eau, à peine reconnaissable, adhère par son extrémité inférieure, à l’aide d'une fausse membrane, à la paroi de la caisse : le promontoire est déformé, Ja cavité de l'oreille moyenne renferme du pus, la muqueuse est partout épaiss'e et imfiltrée, mais elle n’est pas ulcérée. Quoique ce fait laisse quelque doute sur le point de départ de l’altération, il y à lieu de penser que la cavité de l'oreille moyenne, en raison même de la texture de ses parties, est favorablement dis-
(1) Journ. de méd. et de chirurg. prat., juillet 1863, p. 306. (2) Kramer traduit par Ménière, loc. cit.
7 ? <' 7. « ; ; < os 9 TAC Taubheit nach Syphilis NE de Vill, 5, 4863, et Schmidt’s Jahrb.,
osée à être influencée par la syphilis, et qu'aux lésions consécutives il conrient d'ajouter des lésions directes pouvant amener la surdité.
Lésions de l'oreille interne. — Soit difficulté d'examen, soit défaut d’observajon, on ignore jusqu'ici les modifications que peuvent subir les parties molles le l'oreille interne dans la syphilis : on sait seulement que les lésions »sseuses, exostoses ou caries, sont les causes habituelles de la surdité. Signaées par Astruc, ces causes ont été indiquées par Valsalva et par d’autres teurs (1). Ménière cite de plus des cas de lésions syphilitiques de l'oreille aractérisées par un épaississement du périchondre ou par l’hypertrophie du emporal (2).
À part les influences que lui fait subir le système osseux, le nerf auditif st parfois directement atteint, souvent même avant sa sortie de la boîte crànienne. Chez un malade de Raver (3), la surdité avait pour cause originelle rès-probable une tumeur lardacée du volume d’un œuf de pigeon, qui s'était léveloppée dans la fosse du rocher. Une semblable cause paraît exister dans es observations CIX et CXXIX de notre Traité des affections nerveuses syphihtiques. En résumé, le conduit auditif externe et la trompe d’Eustache devienent quelquefois le siége d’éruptions papuleuses ou ulcéreuses pouvant gêner lus ou moins les fonctions de l'organe. Ces éruptions, qui appartiennent à la période secondaire, ne diffèrent pas des manifestations syphilitiques de la peau des muqueuses. L’oreille moyenne, l'oreille interne et le nerf auditif, bien que susceptibles de modifications primitives et directes, sont plus souvent peutire affectés par suite d’une altération du rocher. Cette conclusion est du moins la conséquence des faits connus. |
Des lésions aussi diverses donnent nécessairement lieu à une symptomatoogie variable.Le tintement d'oreilles déjà signalé par Gabriel Fallope, qui prétend l'avoir observé le premier, a été noté depuis par A. Paré et beaufoup d’autres auteurs. Il n’est en général que le commencement de la Surdité, comme dans un fait rapporté par Ad. Genselius (4); c’est plus fard que se produit la diminution ou l’abolition de loue. Unilatérale quand y a altération des os ou du pharynx, la surdité se manifeste d’autres fois des deux côtés; elle est dans quelques cas accompagnée de douleurs plus où moins violentes avec exacerbations nocturnes au niveau de la région des Oreilles. À ces symptômes ajoutons ceux que déterminent les lésions maté-
(1) Valsalva, De aure humana tractatus, 1707. — Comparez : Al. Trajan Pétrone, Aurium et oculorum læsiones, dans De morbo gall. tract., 1728. — Fabre, Traité des maiad. vénér., Paris, 1783, p. 185. — John Pearson, Observ. on the effects of various art. of the maleria Med. in the lues venerea. London, 1807. — Larrey, Mém. de chirurg. et Camp. milil., t. IT, 442, 1812. — Delpech, Chirurg. cliniq. de Montpellier, t. 1, 1823. — Courty, Clinique de Montpellier, 1° février 1844. — Landry, Gazette hebdomad. de méd. et de chirurg., 11 mars . (2) Bedel, Thèse de Strasbourg, 1851. sé (3) Ann. de thérapeutique et de toxicologie, déc. 1847. — Comparez : Briquet, tbed., avril 4847. — Guarinoni, Consilia medicinalia, Venetiis, 1610, p. 27 à 44. AXE: (4) Academiæ Cæsareæ Leopoldino-Carolinæ nat. cur. Eph. 1717. À propos d'un vénérien qu’il soignait, cet auteur dit : «Incipit laborare cum cephalalgia imprimis nocturna lancinante contumacissima, tinnitu aurium continuo et tandem surditate. » Centuria XI,
obs. 84, p. 349.
rielles osseuses et pharyngées : tuméfaction, trajets fistuleux au niveau de l’'apo. physe mastoïde, destruction plus ou moins étendue du pharynx et de la tromp: d'Eustache.
Ces différents désordres sont à peu près les seuls signes capables de dirige le médecin dans le diagnostic des affections syphilitiques des oreilles ; ces dire que le diagnostic se fonde, non sur le trouble fonctionnel de l’ouie, mais sur la connaissance exacte des manifestations concomitantes. En l’absence de ces manifestations, lorsqu'il s’agit de surdités dépendantes d’une lésion profonde des os ou d’une modification des nerfs auditifs, les douleurs ostéocopes et la coexistence de points névralgiques ou de paralysies localisées’ sont dés circonstances qui pourront éclairer le médecin. Mentionnons l'existence d’une suppuration habituelle propre aux affections scrofuleuses, l'absence de suppu: ration et d'ulcères des muqueuses comme signes de la nature rhumatismalede ces mêmes affections. à
Le pronostic des lésions syphilitiques de l’oreille varie nécessairement ave le siége, l'étendue et la nature de la modification organique. Limitées au cons duit auditif externe, ces lésions sont peu sérieuses, et n’ont d'autre inconvén'ent que de pouvoir amener la perforation du tympan ; elles sont plus graves quand l’inflammation, venant à s'étendre à l'oreille moyenne, produit l'exfo= lation des osselets. L'ouïe est toujours compromise avec une otite profonde; elle ne l’est pas moins lorsque le nerf auditif est primitivement ou secondai rement affecté. En somme, lorsqu'il s’agit d’un appareil aussi délicat que l’appa: reil de l'audition, c’est de la célérité qu'il faut dans le traitement : sinon, On risque d’y voir apparaître des lésions irrémédiables. Ce qu'on appelle le coup d'œil médical est donc quelque chose en pareille occurrence. F4