‹ Traité historique et pratique de la syphilisChapitre 55 sur 98 · IL. — SYPHILIS HÉRÉDITAIRE · texte numérisé non relu

IL. — SYPHILIS HÉRÉDITAIRE

La syphilis héréditaire, bien qu'entrevue par quelques-uns des syphiligraphes des premiers temps, n’a été réellement étudiée que depuis la fin du siècle dernier. Paracelse (1529) parle en termes clairs de l’hérédité de la syphilis, mais il connaît peu les désordres qu’elle produit : « Est morbus fœdus {(morbus gal licus), se ad alios propagans, alios contaminans, et magis hereditarius, quam lepra.'Quiqui luem gallicam partu accipiunt, ut infantes, non possunt ab hoc contagio liberari, crescit morbus cum infante, et pro miasmatis virtute modo cius, modo tardius erumpit. » Augier Ferrier (1553) n’est pas plus avancé sur ce point : « Cum in utero morbus contrahitur, tanquam hæreditarium fit malum , et tanquam corruptum elementum una cum paterno vel materno semine infunditur ; aut, si mater a die conceptionis in morbum inciderit, communicalis fœtui vitiosis infectisque humoribus, primæ conformationis fa= cultates, actiones, organa, corrumpi necesse est. » Pierre Haschard (1554) reconnaît une double origine à la syphilis, la contagion et la génération, et à propos de ce dernier mode de transmission il écrit : « Per generationem vero, quoniam hic morbus humores vitiat et corrumpit; unde semen corruptum qui sic affecti sunt, et ex hoc proles vitiata ac Corrupta procreatur.…. » G. Fallope est plus explicite, il dit : « Præterea videbitis puerulos nascentes ex femina. infecta, ut ferante peccata parentum, qui videntur semicocti. » Quoique le cha= pitre où se trouve ce passage n'ait d'autre but que celui de faire connaître les parties du corps qui peuvent être primitivement affectées, cependant, ainsi que le remarque Diday, l'épithète semicocti dit assez que déjà à cette époque le virus exerçait son influence sur l'enfant dès la vie intra-utérine. Voici enfin une observation, elle est de Rondelet (1560) : « Ego vidi, écrit cet auteur, puerum nasci totum coopertum pustulis morbi gallici. »

La pensée de Paré sur ce sujet est d’une interprétation facile, on lit dans un passage de son livre (chap. XXII) : « Souvent on voit sortir les petits enfants du sein de leur mère, ayant cette maladie, et, tôt après, avoir plusieurs pustules sur leur corps. » Au xvir* siècle » L. Guyon Dolois, de Blegny, Musitano, Garnier, admettent la transmission héréditaire de la syphilis, et ce fait est accepté des principaux syphiligraphes du xvure siècle , Fabre, Boerhaave, Van Swieten, Astruc, Brunner, Raulin, etc. Cependant, malgré

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la description symptomatique de la syphilis héréditaire donnée par Rosen et malgré les indications thérapeutiques formulées à cet égard par Levret, les connaissances acquises allaient sans doute, grâce aux exagérations de Sanchez, tomber dans l'oubli, lorsque, en 1780, on créa à Vaugirard un hôpital spécial pour les femmes enceintes affectées de syphilis et pour leurs enfants. Dès ce moment commence dans l’histoire de la syphilis une ère nouvelle à laquelle se rattachent les noms de Faguer, Doublet, Pelletier, Leblanc, Bertin, Mahon, Cullerier, et qui nous a valu la connaissance des principales manifestations extérieures de cette maladie. À notre époque il était réservé de faire connaître les lésions plus profondes ou viscérales. Trousseau et Lasègue, Depaul, Gubler, P. Dubois, Desruelles, Nat. Guillot, Diday, Putegnat, etc., sont venus nous renseigner sur ce dernier point.

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