TRAITEMENT PAR LE MERCURE
Le mercure, tombé dans le discrédit après l'essai qui en fut fait par les premiers syphiligraphes, ne fut pas pour cela entièrementabandonné. Nicolas Massa, Thierry de Hery et plusieurs de leurs contemporains continuèrent de le prescrire. J. de Bethencourt (4) traita par ce moyen l'épidémie vérolique de Rouen Co: Alp. Ferri (6) (1538) voulait qu'après avoir employé vainement le bois saint, on en vint aux frictions mercurielles, et Fallope (7), racontant qu’un jeune homme dont la syphilis avait résisté à tous les remèdes étrangers avait été guéri par un empirique, ajoutait : « Je me sers du mercure dans les véroles rebelles et
(1) Gherardini, Appendice à sa traduction italienne du Traité des maladies vénériennes de Fabre. ; | (2) Pasta, Nuove Ricerche della facollà dell oppio nelle malattie veneree. Bergamo, 1788, in-S0 ÿ () Cruikshank, An account of two cases of the diabetes mellitus by J. Rollo ; with the results of the trials of various acids and other substances in the treatment af the lues venerea. London, 14797, trad. franc. par GC. Ph. Alyon. — Comparez : Th. Beddoes, On the Effects of the nitrous acid in the venereal diseases, 1797. — Adam penis Beiträge zu den Resultaten der Versuche mit der Salpeter-saure bei syphilit. K rankheiten. W ien, 1 802. (4) J. de Bethencourt, Nova pœnilentialis quadragesima, etc. Parisiis, 1957, | (5) Dans un poëme satirique composé par Georges Summaripa, praticien de Vérone, il est déjà question de l’emploi du mercure dans la syphilis en 1496. . (6) Alp. Ferri, De ligno sancto liber (Aphrodis., t. 1, p. 404). (7) Fallope, Lib. de morbo gallico, cap. 67.
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désespérées, surtout lorsque J'ai essavé à autres 2: 10 ss RE . à peu les avantages de cet agent sur les préparatio ET hd le mercure fut emplové uniquement à l'extérieur ; il Y avait plusieurs manières de s’en servir, savoir : en emplâtre ou cérat, en lavage, en onguent ou liniment (méthode des frictions) “OL aie D des [unes gations). Dans la matière de l’emplâtre ou cérai mercuriel, il entrait du met cs éteint à la dose d’un sixième ou d’un huitième, des graisses et de la cire. Proposés par Angelus Bologninus, les emplâtres jort vantés de J. de Vigo, dont le nom est resté à l’un des plus fameux, tombèrent rapidement en désuétude à cause de l’irritation cutanée qui était la conséquence obligée de leur emploi. Les lavages mercuriels se composaient, d’après Augier Ferrier, un des premiers qui en aient parlé, de drogues dessiccatives et de sublimé Corrosif dissous dans l’eau distillée (2 onces par 5 ou 6 livres d’eau distillée). Le sublimé servait aussi à laver et à frotter dans un lieu chaud toutes les parties du Corps, excepté la poitrine, la tête, l'estomac et les aisselles, et cela pendant dix jours, une, deux ou trois fois le jour, suivant les forces du malade et autres conditions. Mais, de même que les emplâtres, les lavages ne tardèrent pas à être regardés comme dangereux, et ils furent bannis de la thérapeutique. Le mercure éteint à la dose d’un sixième ou d’un huitième constituait la base de l’'onguent, auquel on mêlait des graisses, des huiles de camomille, de rue, etc., du styrax, de la litharge, du soufre vif, etc. L’onguent une fois préparé, on en frottait les jointures, les membres jusqu'aux aisselles ou aux aines, et même le tronc, à l'exception toutefois du ventre et de la poitrine; on réitérait les frictions jusqu'à la salivation, qui trop souvent prenait de grandes proportions et causait des ravages considérables. |
Les fumigations, employées à la même époque, produisaient des accidents du même genre entre les mains malhabiles ; mais il faut dire qu'elles avaient l'approbation de Massa, de Rondelet, etc. Elles étaient de deux sortes, les unes bénignes, les autres malignes, suivant la qualité des drogues dont on les composait. Les premières contenaient des matières grasses et résineuses, des baumes. Les autres étaient faites avec les mêmes substances, auxquelles on ajoutait de l’arsenic ou des préparations mercurielles, telles que le cinnabre, le précipité rouge, le turbith minéral ou même le sublimé corrosif. Ces drogues pilées séparément et réduites en poudre très-fine étaient employées de deux façons, en forme de poudre dont on répandait quelques pincées sur des charbons, et en forme de pastilles ou de trochisques dont on usait de la même manière. Le malade qui devait être soumis à la méthode des fumigations était d'abord saigné et purgé, puis on le plaçait nu dans une espèce de pavillon bien chauffé et nommé communément l'archet. On mettait à ses pieds un réchaud plein de braise, et par un trou fait exprès on y jetait à diverses reprises quelques trochisques ou tablettes de parfums, de facon qu'il fùt exposé depuis les pieds Jusqu'à la tête à la fumée qui s'en exhalait, Jusqu'à ce qu’il suât abondamment. Si par hasard On voyait qu'il fût près de se trouver mal, on tâchait de prévenir la défaillance dont il était menacé, en lui faisant mettre la bouche à un trou pratiqué à cette intention, ou respirer un air pur et frais par un tuyau dont le bout sortait au dehors. Les malades élaient tenus plus ou moins long-
temps sous l'archet, suivant le degré du mal, la violence des symptômes et l’état des forces; la fumigation durait une heure, une demi-heure ou trois quarts d'heure. Sitôt retiré de l’étuve, le malade était placé dans un lit bassiné, et on le recouvrait bien pour le faire suer abondamment, pendant une heure ou deux ; après quoi, l’ayant essuyé, on lui donnait un verre de vin à boire, et au bout de deux heures on lui servait à manger. On pratiquait d'ordinaire ces sortes de fumigations tous les jours, ou seulement de trois en trois ou de quatre en quatre Jours, eu égard à la violence de la maladie et à l’état des forces ; on les réitérait six, sept, huit ou neuf fois, jusqu’à ce que la salivation ou le flux de ventre parût, ou que les symptômes de la maladie disparussent entièrement.
Vers l’année 1535 seulement, Pierre-André Matthiole osa le premier donner le mercure à l'intérieur; il Padministrait sous forme de précipité rouge, précipité per se, oxyde rouge, deutoxyde de mercure. Bientôt cet agent fut employé sous forme de mercure cru et devint la base des fameuses pilules de Barberousse dont François [:', dit-on, se servit l’un des premiers en France (1540) ; puis, avec les découvertes chimiques, on vit surgir successivement le mercure doux (aguila alba, calomelas, protochlorure de mercure), Fæthiops minéral (sulfure noir de mercure), le précipité blanc (nitrate de mercure), etc., etc. Cette fois encore, médecins et empiriques surtout se livrèrent à des excès regrettables ; convaincus que la salivation était chose nécessaire, le prix du salut, la seule voie d'élimination du virus, ils cherchaient avant tout à la produire.
Ce fut en 1718, dit Yvaren (1), c’est-à-dire deux cent quatre-vingt-quatre ans après l'apparition de la syphilis, que Chicoyneau, chancelier de l'Université
de Montpellier, s’efforça de démontrer l'inutilité de la salivation et de lui sub-
stituer, dans la cure complète de la maladie, la méthode dite par extinction. Cette salutaire réforme ne triompha à Paris que longtemps après, et il s’est à peine écoulé soixante ans depuis qu’elle est devenue la règle commune. Cependant, malgré l'emploi de doses plus modérées, le traitement mercuriel ne fut point encore cette fois à l'abri de toute réaction. Les mercurialistes Vigo, Fracastor, Brassavole, Massa, Botal, Rondelet, etc., et les antimereurialistes Torella, Montanus, Fernel, Fallope, Tomitanus, etc., reparaissent sous des noms différents. Les incertitudes thérapeutiques du xvi° siècle se représentent au xix° siècle comme pour attester notre ignorance et nos faibles progrès. Les observations intéressantes de quelques médecins anglais, les attaques passionnées de Broussais contre la spécificité morbide de Ja svphilis, les craintes un peu exagérées des préparations mercurielles vinrent, au commencement de ce siècle, remettre sur le tapis la question du traitement de la syphilis sans mercure et faire douter des bons effets de l'emploi des mer- CUrIAUXx. ER À
Le traitement sans mercure fut une sorte de révolution dans LR ne de la svphilis, et à ce point de vue il mérite de fixer notre attention. C'était l’époque
10 rÔ | ° i — Voyez, concernant l'historique 4) La Syphilis de Jérôme Fracastor, trad. fr. Paris, 1817. Voyez, AE es CRE mercure contre la syphilis, Virchow, Zur Geschichte der Quecksilber Behand
lung in der Syphilis (Archiv, t. XIX, p. 238).
où les idées de Balfour, Hunter, Adams, Carmichael, touchant la pluralité du virus, commençaient à prendre racine en Angleterre. La France était en guerre avec l'Espagne ; le docteur Fergusson, chirurgien de l’armée anglaise en Portugal, ayant eu l’occasion d'observer dans les grands hôpitaux de ce pays, remarqua que le traitement mercuriel était fort peu en usage chez les vénériens. Les ulcères primitifs n'étaient combattus que par des moyens locaux, et c'était seulement dans la pratique civile qu'on associait quelquefois aux topiques la décoction des racines ou autres moyens semblables. Les affections de la gorge n'étaient traitées qu'avec des gargarismes irritants, et souvent elles Quérissaient aussi vite que les chancres. On n’avait enfin recours au mercure à l’intérieur que dans les affections des os; mais celles-ci étaient fort rares, et la plupart du temps si légères qu’on les considérait comme rhumatismales et qu'on les guérissait par de légères doses de calomélas, de poudre de Dower, de gayac, par les bains chauds, ete. La maladie, toutefois, montrait plus d’intensité chez les Anglais, ce à quoi paraissait surtout contribuer un état fébrile causé par la chaleur inaccoutumée du climat, la débauche et les excès de tous genres. La maladie, chez ces derniers, prenait presque toujours un caractère phagédénique, elle débutait par une violente inflammation avec fièvre, et elle exigeait un traitement actif et surtout antiphiogistique. Ces diverses circonslances remarquées par Fergusson le conduisirent à supposer, ou que les végélaux ont des propriétés antisyphilitiques plus prononcées dans les climats chauds que dans les climats froids, où que la maladie s'est tellement adoucie en Portugal qu’elle peut s’épuiser d’elle-même après avoir accompli une cerlaine évolution. Ce chirurgien, d’ailleurs, constatait la même bénignité relative touchant la petite vérole. Bien que convaincu de la guérison de la syphilis sans traitement mercuriel, Fergusson (1) ne pensa pas que ce qui se passait en Portugal püt être applicable à l’Angleterre; mais ses observations firent germer l’idée du traitement de la syphilis sans mercure. Les observations de Thomson (2), Rose (3), Guthrie {4), ne tardèrent pas à démontrer la possibilité de la réussite d’un traitement non mercuriel. Thomson traita tous les malades qui lui étaient confiés, tant à l'hôpital qu’en ville, à l'aide des antiphlogistiques et des topiques adoucissants, et il remarqua qu’un dixième seulement de ceux qui étaient sou- MIS à sa méthode présentaient des accidents consécutifs. Rose n’observa de Symptômes constitutionnels que sur un tiers de ses malades traités sans mercure. Il ne vit Jamais survenir de caries, et jamais la maladie ne lui montra cette transition uniforme et non interrompue d’un symptôme à un autre, carac-
F D L Observ. on the venereal disease in Portugal (Medico-chirurgical Transact.,
a FRE Thomson, Obs. on the treatment Of Syphilis without mercury. Edinburgh, 1817. Mi RE Obs. on the treatment Of Syphilis with an account of several cases of that
se 12 WluCh à cure was effected wit/ t/ Na ENV Re MU L: 1817, t. VII), Î ‘ ne Use of mercury (Medico-chirurgical Transact., jé ; ) fe Guthrie, Obs. on the treatment of the venereal diseases without mercury (Med.-chir. 7 LR L Eure > — Comparez : Jacques Bartlet, Dissert. med. inaug. de syphilidis tracne ié di garargyro. Edimbourg, in-80, — J. Hennen, Principles of military Surgery, A A Pt of the Arrangement, police, and practice of Hospitals, and of the . 1 007, eromalies of Variola and Syphitis, 2%. edit. Edinburgh, 1820,
in-$o. ST 3 ; ; à L An nn On the simple treatment of syphilis (Edinburg med. and Surg. Journal,
«ère de la syphilis à laquelle on n’a pas opposé de mercure. Les observations de Guthrie s’accordèrent, quant au fond, avec celles de Rose ; la proportion des symptômes consécutifs lui parut encore moindre ; mais il avoue n'avoir pu suivre longtemps ses malades.
D'un autre côté, sur 417 cas de svphilis traités sans mercure, Hennen observa
46 fois seulement des symptômes consécutifs. Un rapport médical sur l'armée anglaise par J. Mac-Gregor et W. Franklin est encore plus décisif; il nous apprend que, du mois de décembre 1816 au mois de décembre 1818, 1910 individus furent traités pour des ulcérations primitives du pénis. Dans ce nombre étaient compris non-seulement les ulcérations simples, mais aussi les - chancres syphilitiques de Hunter. Or, sur ces 1940 malades, 66 seulement eurent des symptômes secondaires, et encore, sur ce chiffre de 96, 12 malades avaient pris du mercure pour des motifs particuliers consignés dans le rapport. Parmi ces 1940 individus atteints d’ulcérations primitives, 65 furent soumis à un traitement mercuriel. Par conséquent, si l’on retranche du total les nombres 65 et 12, il reste 4863 cas dans lesquels il y eut guérison complète sans mercure. La durée moyenne du traitement fut de 21 jours pour les malades qui n'avaient pas de bubons, et de 45 jours pour ceux qui en avaient. Pendant les deux mêmes années, 2827 malades atteints d’ulcères de la verge furent traités avec le mercure; la moyenne du temps qu'ils mirent à guérir fut de 33 jours quand il n’y avait pas de bubons, et de 50 jours lorsqu'il y en avait : 51 d’entre eux furent atteints d'accidents secondaires.
Tandis qu’en Angleterre s'opérait cette révolution, en Amérique, Harris, Stevens et d’autres répétaient les mêmes expériences et arrivaient aux mêmes résultats. En France, où la doctrine physiologique commençait à s'établir, Vidée de traiter la syphilis sans mercure fut nécessairement bien accueillie. Jourdan, Broussais, Richond des Brus, Dubled, Bobillier, Desruelles et Devergie aîné s’en montrèrent les principaux défenseurs. Des publications nombreuses furent faites en faveur du traitement simple; mais les statistiques qui y sont consignées sont en général moins complètes que celles des médecins anglais. Comme en Angleterre, le repos, des applications émollientes, des soins de propreté, des boissons délayantes et un régime plutôt débilitant que tonique constituaient tout le traitement. En Allemagne, ce même traitement, d’abord appliqué par Brünninghausen (de Wurzbourg), fut plus tard employé sur une plus grande échelle par le docteur Fricke (de Hambourg). Après avoir suCCesSIvement fait usage des deux méthodes, ce médecin déclara que les symptômes étaient plus graves et la durée du traitement plus longue avec le traitement par le mercure. De même que les médecins anglais, le docteur Fricke tenait ses malades au lit: chacun d’eux recevait tous les jours 64 grammes de pain, 1425 grammes d’eau de gruau et six cuillerées de végétaux cuits (1). Chez les femmes ce régime était continué pendant toute la durée de la maladie; chez les hommes, au bout de quinze jours ou trois semaines, on augmentait un peu es aliments, à mesure que les symptômes diminuaient d'intensité. Rarement une saignée générale était prescrite, mais on administrait tous les jours trois
(1) Voyez Graves, Leçons de clin. médic., traduction franc. du docteur Jaccoud. 2e édit., COLLENp. 072.
cuillerées à bouche d’une solution de 16 grammes de magnésie dans 192 grammes d’eau de fenouil. Ce traitement était opposé aux accidents pranitifs et secondaires par le docteur Fricke, qui, loin de répudier complétement le mers cure, le considérait, au contraire, comme un bon et puissant remède. Toute: fois, il prescrivait aussi, dans la syphilis secondaire, la décoction des bois sudorifiques et l'acide nitrique. Handschuh et plusieurs autres médecins alles mands expérimentèrent de même letraitement sans mercure et arrivèrent à des résultats analogues. Ces essais furent imités en Italie, en Danemark, en Suède, et partout on prétendit que l'emploi de la nouvelle méthode rendait les affections syphilitiques plus bénignes et moins nombreuses. Ajoutons pourtant qu'on ne méconnut jamais complétement l'utilité du mercure administré à petites doses et joint à un régime léger.et adoucissant.
De toutes ces observations, qui n’eurent pas toujours lieu avec un désintéressement complet et dans lesquelles on ne tint pas un compte suffisant de la nature de l'accident primitif, il résulta néanmoins une révolution utile et fructueuse dans la thérapeutique de la syphilis. Jusque-là, en effet, il y avait abus des préparations mercurielles dans le traitement des accidents primitifs, car on les prescrivait même dans la blennorrhagie, que l’on regardait comme un de ces accidents. Souvent, au lieu de guérir, on exaspérait le mal: c’est qu’on croyait trop volontiers que ces symptômes étaient toujours suivis de syphilis constitutionnelle. La méthode accréditée par les médecins anglais a prouvé qu'en l'absence d’un traitement mercuriel les chancres syphilitiques eux-mêmes sont moins souvent compliqués dephagédénisme, sans être pour cela suivis plus souvent d'accidents consécutifs (1). Cette méthode nous a laissé de plus ce précieux enseignement, qu’un grand nombre de lésions syphilitiques, parmi les manifestations secondaires surtout, peuvent céder au simple régime, et qu'ainsi le mercure n’est en aucune facon un spécifique, mais un simple adjuvant qui, dans des conditions données, favorise le retour à la santé. Effectivement, Bennett, tenant compte de tout ce qui avait été publié à cet égard, put écrire : « Le nombre des expériences s'élève aujourd’hui à plus de 80 000 qui ont eu pour résultat d'établir d’une manière incontestable que la syphilis, est guérie plus vite et expose moins aux accidents secondaires lorsqu'on la taite par une médication simple, que lorsqu'on a recours aux préparations mercurielles (2). »
Peu à peu cependant on se remit à traiter la syphilis à l’aide des préparations mercurielles; Ja Syphilisation, nouvelle méthode thérapeutique: née il y a quelques années, continua seule le traitement non mercuriel. Mais les attaques livrées à la médication par le mercure ne devaient pas cesser si tôl. Les paradoxes soutenus par l’école de Broussais, complétement délaissés en France, ont été ressuscités il Y a peu de: temps en Alle-
x ( ” Voyez Gauthier, Examen historique et critique des nouvelles doctrines médicales sur le r'attement de la syphilis. Discours prononcé devant l'administration de l’hospice de l’Antiquille, etc. Lyon, 1843.
ane L AR SEE du traitement Simple, le docteur Drysdale a publié sur la guérison de Ia SYPHINS sans mercure un livre auquel nous renvoyons le lecteur, Clinical Lectures on the
Principles and Practice of Medicine. Edin burgh, 1859, p. 50 À Trai Me . L . 9. 23.085 LI r 7 D.
Syphilis sans mercure, trad. fr. Paris, 1864. + TES M
pe se
magne, où Jos. Hermann {1), Lorinser (2) et quelques autres médecins soutinrent qu'il n'y a point de syphilis secondaire, et que toutes les formes morbides qu'on décrit habituellement sous ce nom sont des conséquences plus ou moins éloignées du traitement mercuriel. Mon intention n’est pas d'entrer dans les nombreuses discussions soulevées par cette nouvelle guerre contre le mercure; qu'il me suffise de dire que, grâce aux travaux de Singer (3), de Waller (4), d’Overbeck (5) et de À. Kusmaull (6), le mercure cette fois encore fut reconnu Innocent de la plupart des méfaits qu’on lui imputait (7). Toutefois, de cette discussion résulta une connaissance plus approfondie de la facon dont cet agent se comporte dans l’économie, de son élimination, comme il était résulté de l’imnovation faite par les médecins anglais une appréciation plus nette de l’évolution naturelle de la syphilis et des indications thérapeutiques qui en découlent. Nous saurons plus loin tenir compte de ce double enseignement.