TRAITEMENT PAR L'OR, L'ARGENT, LE PLATINE ET L’AIRAIN
Fracastor et quelques médecins de son temps font mention de l'or comme d’un moyen de combattre la syphilis. A. Lecoq, Gervais Uçay, Pitcairn, et d’autres auteurs, ont proposé ou employé contre la syphilis diverses préparations de ce métal ; mais c’est au docteur Chrestien (de Montpellier), qu'il appartient d’avoir fait connaître et en même temps popularisé l'emploi de cet agent dans le traitement de la vérole. L’or divisé, l'oxyde d’or, le pourpre de Cassius, le perchlorure d’or et de sodium sont les préparations expérimentées par ce médecin. Nulle saison, nul tempérament ne s’opposent à l'emploi de ces remèdes, et rarement la médication, jointe à la sobriété du régime, demande à être continuée pendant plus de deux mois. Les essais de ce médicament tentés en France et à l'étranger ne sont pas venus confirmer l'opinion avantageuse que Percy avait exprimée à l'égard de cette méthode dans un rapport à l’Académie des sciences. Pourtant le docteur Legrand, d'Amiens (8), a écrit un volume en faveur de l'or et de ses préparations. Le mercure, dit-il, ne guérit pas les maladies vénériennes, mais l'or les guérit ; donc l'or est le spécifique de la syphilis. C’est évidemment exagérer les effets et fausser le mode d'action du médicament (9). Quoi qu’il en soit, on trouve dans ce livre quelques histoires de malades qui sembleraient témoigner de l'utilité des préparations auriques dans
(1) Medicinische Studien, Wien, 1855, — Die Behandlung der Syphilis ohne Mercur. Wien, 1856-1857. — Studien über Krankheïtsformen in Idria (Wiener med. Wochenschrift, 1599 n9%49, 20,21).
(2) Mercur und Syphilis (Wiener medic. Wochenschrift, 1859, n°° 14, 1071820; 26). — Comparez : J. Keller, Ueber die Erkrankunyen in den Spiegelfabriken zu Sophienhütte Friedrichstha!, ete. (Wien. med. Wochenschr., 1860, n° 38).
(3) Wochenblatt der Zeitschrift der Wiener Aerzie, n° 11. ju
(4) Beträge zur Lüsung einiger Streitfragen in der Syphilidologie, (Prager Vierteljahrsch., t. XVI, 1850).
(5) Mercur und Syphilis. Berlin, 1861. 2
(6) Untersuchungen über den const. Mercuriälismus und sein Verhaltniss z. constit. Syphilis. Würzburg, 1861. KE SR
(7) Voyez Follin, Mercurialisme et Syphilis, analyse critique dans Archiv. gén. de médecine, octobre 1861. ‘ 2
(8) Legrand, De l'or, de son emploi dans le traitement de la syphilis. Paris, 1836. |
(9) Mayençon et Bergeret prétendent que le chlorure d’or n’est pas absorbé. (Lyon méd.,
t. XIII.)
la médication des accidents primitifs ou même secondaires, si en réalité ces accidents ne guérissaient souvent d'eux-mêmes. Il y a lieu de croire cependant que l’or, comme tous les agents perturbateurs, n’est pas dépourvu d'efficacité dans le traitement de la svphilis. ,
L'exemple une fois donné, on voulut bientôt essayer tous les métaux pré= cieux. Serres (de Montpellier) préconisa les sels d'argent et l'argent pur dont il prétendit avoir obtenu de bons résultats (1). En 1810, le docteur F. Hoefer (2) vanta contre la svphilis le roi des métaux, le platine, qui ne lui donna que des résultats douteux. Indépendamment de lincertitude de leur action, les métaux dont nous venons de parler sont d’un prix trop élevé pour que l’on puisse songer à les employer sur une grande échelle en thérapeutique.