CHAPITRE IV
ENDÉMO-ÉPIDÉMIES SYPHILITIQUES POSTÉRIEURES A CELLE DU QUINZIÈME SIÈCLE.
Dépossédée de son caractère épidémique dès avant le milieu du seizième siècle, la syphilis, répandue sur une grande partie de la sur-
(1) Epist. secunda responsoria, de lue venerea. Londres, 1680, in-S".
(2) Notes ajoutées à la traduction française du traité latin de Charles Musitan, Sur le mal vénérien, chap . iv, ilv. I. Trévoux, 1711.
face du globe, continue de régner avec une intensité médiocre et sous une forme simple et bénigne. Dans certaines circonstances, cependant, on la voit tout à coup s'étendre à un grand nombre de personnes et prendre une plus grande acuité. C'est ainsi qu'elle apparaît en 1578, cà Brunn, en Moravie, dans une localité où les paysans sont très-adonnés à la bonne chère et à l'eau-de-vie.
§ 1. — Maladie de Brunn (1).
Cette épidémie, sans être meurtrière, avait les symptômes les plus alarmants. En moins de deux à trois mois, d80 personnes subirent ses atteintes dans la ville ou les faubourgs, et un grand nombre de gens de la campagne furent également affectés. La cause en fut attribuée aux eaux des bains, les habitants ayant l'habitude un certain jour de se baigner et de se faire appliquer des ventouses scarifiées, et l'on crut qu'elle avait commencé le jour de Sainte- Luce, fête célébrée avec pompe dans la ville. On remarqua que ceux qui ce jour-là avaient pris des bains et s'étaient fait appliquer des ventouses l'avaient contractée. Cependant elle ne se développa que huit ou quinze jours et même un mois après cette époque. Le sénat fit fermer le local des bains, et la maladie, s'étant atténuée durant l'hiver, disparut vers l'équinoxe du printemps.
Après quelque temps d'une lassitude inaccoutumée, survenaient une inflammation et des ulcères sanieux sur les parties mêmes où avait eu lieu l'application des ventouses. Ce qu'il y avait de singulier, c'est que, malgré le grand nombre de ventouses appliquées, une ou deux seulement devenaient le siège d'ulcérations. Le corps tout entier chez quelques-uns se couvrait ensuite de pustules qui rendaient le visage difforme et horrible. Dans le progrès de la maladie survenaient à la tête des callosités, qui, en s'ouvrant, rendaient une humeur visqueuse comme la térébenthine. Alors se faisaient sentir des douleurs trèsaiguës aux bras, aux épaules, aux membres inférieurs et surtout aux tibias, là où ces os ne sont recouverts que par le périoste. Les douleurs s'exaspéraient la nuit et diminuaient le matin. Alors il y avait prostration des forces, stupidité et même aberration mentale. Une hu-
(1) Thomas Jurdan, lirunno Gallici seu Luis nom: in Moravia e.rorlœ descriplio. Francfort, 1678, 15sO. — iSporiscli, Idea Medici, etc. Francfort, 1582. — Crato, in Scholz epi.itoL, Hanovre, IGIO, 242. — Ozanam, Hist. méd. des épidémies, t. V, p. 277. Paris et Lyon, 1823. — Jeitteles. Prag, Vierteljalirsschrlft l.XXIX, p. 'i9.
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meur fétide distillait des narines, l'appétit se perdait et les malades recherchaient la solitude. Les amers, la décoction de gayac, le turbith minéral furent les principaux médicaments employés ; on pansa les ulcères avec l'onguent mercuriel.
§ 2. — Pian, Yaws, Frambœsia.
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Les noms de yaws, pian, frambœsia servent à désigner, dans des contrées différentes, une maladie dont l'unité, malgré quelques opinions divergentes, est aujourd'hui généralement reconnue, et qui, de même que l'épidémie précédente, paraît rentrer dans le domaine de la syphilis. Signalée dès le dixième siècle par les médecins arabes, qui lui donnaient le nom de Sahafati (1), cette maladie, qui sévit principalement sur la race nègre, n'a été réellement l'objet d'une étude sérieuse que depuis les observations de Pison (2).
Elle se rencontre depuis la rive gauche du Sénégal jusqu'au cap Negro, dans la Sénégambie, le Congo, la Sierra-Leone, la Nigritie, et dans la plupart des colonies oii l'on transporte les nègres, surtout au sud des Etats de l'Union, dans les Antilles, à Cuba, au Mexique et dans toute l'Amérique méridionale. On l'observe de plus sur les Indiens de l'Amérique du Sud et des Antilles, plus rarement chez les mulâtres, les créoles et les peuples colorés du nord et de l'est de l'Amérique, moins fréquemment encore chez les blancs.
Le yaws débute par un état de langueur et de faiblesse, par des douleurs dans les articulations, de la fièvre parfois, surtout chez les
{1} Théodoric, lib. VIII, cap. xvni. Veneliis, 1492,57. Hirsch. Gcogr. Path., p. 784. (2) Plson, De medicina Brasiliensi, lib. II, cap. xix, 1C48, in-fol.
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enfants; le pian s'annonce en général par les mêmes symptômes. Apparaissent ensuite aux diverses régions du corps, dans le pian, de petits boutons rouges, dans le yaws, des papules et des pustules qui bientôt se couvrent de croûtes irrégulières, au-dessous desquelles existent des ulcères plus ou moins étendus. Ces ulcères, qui coexistent avec des tubercules ordinaires volumineux et qui ont valu à la maladie le nom de yaws, sont quelquefois élevés, saignant au moindre attouchement, et suivis d'une cicatrice. A la suite du pian, on observe, entre autres lésions, le mal des os caractérisé par des douleurs ostéocopes ambulantes, par des exostoses, etc.
Ces différents symptômes et beaucoup d'autres qu'il serait trop long de mentionner, comme on voit, ne manquent pas d'analogie avec ceux de la syphilis; mais ce qui prouve, avant tout, l'identité de nature de ces états morbides et la nécessité de leur fusion, c'est leur mode de propagation.
Gomme la syphilis, le pian est contagieux. Plusieurs enfants nègres ayant été transportés d'un lieu élevé dans une plantation de sucre où ils furent confondus avec d'autres enfants dont ils partageaient les repas, trois d'entre eux furent pris, sept semaines plus tard, de fièvre, de malaise et d'une éruption généralisée, les autres tombèrent malades au bout de dix semaines, et tous furent rétablis à la fin du huitième mois (Thomson).
J'ai renfermé, dit Paulet, dans un lieu que personne n'approchait, douze enfants nés de parents malades ; leurs nourrices n'avaient point de pian, leur santé était remarquablement bellé, et cependant à trois, à quatre, à sept mois ces enfants ont eu le pian, et quelque temps après, dans l'espace de deux à six mois, les nourrices ont aussi été affectées. Ce fait prouve non-seulement la contagion, mais encore l'hérédité du pian. Trente nègres adultes m'ont offert, ajoute le même auteur, une belle éruption, vingt-cinq à cinquante jours après avoir eu des rapports avec des négresses que j'avais visitées, et sur lesquelles j'avais constaté des tubercules au ventre, à la poitrine et à la partie interne des cuisses.
Le pian, de plus, est transmissiblc par inoculation, ainsi que l'ont prouvé les expériences de Thomson et de Paulet. Un enfant fut inoculé par cinq piqûres avec la matière tirée des pustules dont on avait enlevé les croûtes. Trois de ces piqûres guérirent; les deux autres, après avoir eu, pendant trois semaines, l'apparence de légères écorchures,
se changèrent en petits ulcères qui devinrent bientôt sordides et inégaux. Sept semaines après l'insertion, il se développa de nombreuses pustules sur le front, puis sur le reste du corps, et la maladie dura en tout neuf mois. Une jeune négresse qui avait été inoculée de la variole fournit la matière qui servit à l'inoculation d'un autre enfant. A peine l'insertion était-elle faite que la jeune fille accusa qu'elle était affectée de yaws...; le sujet inoculé eut une variole bénigne; mais au bout de deux mois, le yaws se déclara et suivit sa marche ordinaire. Cependant le sang inoculé dans deux cas ne produisit aucun accident (Thomson).
Huiiter, dans son Traité des maladies vénériennes, relate le fait d'une inoculation accidentelle opérée sur un médecin.
Paulet écrit : « J'ai pratiqué à la partie interne de la cuisse de quatre sujets sains, avec une lancette trempée dans du fluide pianique, plusieurs piqûres. Elles n'ont donné naissance à aucun symptôme dans le lieu oii l'instrument avait agi ; mais douze à vingt joui's après, il s'était opéré sur le front, le menton, les bras, le ventre une éruption caractéristique. Dans six autres essais, l'éruption a commencé à l'endroit piqué, et s'est développée comme dans les cas précédents. » Pendant quelques minutes, ajoute le même observateur, deux jours de suite, j'ai fait des frictions sur la partie interne du bras de trois jeunes gens de dix-sept ans, en parfaite santé, avec un plumasseau imbibé de fluide, et au vingtième jour la transmission était manifeste. Ainsi, le fait ne peut être contesté, le pian se transmet par l'inoculation directe, par l'application de la matière pianique sur une portion excoriée de la peau; il se transmet, en outre, parle rapprochement sexuel, par l'allaitement, au moyen des ustensiles déménage, sans doute encore par d'autres voies (inoculation de la variole). C'est une maladie héréditaire qui se développe chez les enfants à trois, quatre ou sept mois. L'opinion généralement répandue est qu'on ne le contracte qu'une seule fois (Nielen, Peyrilhe, Rankine, Levacher, Hillary, Hunter, Savaresy, Paulet, Bajon, Segond, Dumontier, Thomson). A tous ces points de vue, par conséquent, le pian ne diffère pas de la syphilis ; mais le traitement vient encore aider au rapprochement de ces maladies, puisque les agents thérapeutiques qui réussissent dans cette dernière sont aussi ceux qui conviennent le mieux pour combattre la première.
lîNDÉMO-ÉIMDÉMIES SYPHILITIQUES.
§ 3. — Sibbens d'Écosse (1).
Le çibbens ou siwens, maladie particulière à la région occidenlale deTÉcosse, et particulièrement aux comtés de Galloway et Dumfries, Wigton, Ayr, etc., a commencé à être observé vers la fin du dixseptième siècle (1694), époque à laquelle, selon quelques auteurs, il aurait été apporté par des soldats de Gromwell. C'est une affection héréditaire et contagieuse, qui se communique par l'usage des vases, des serviettes, par l'allaitement, par le coucher avec un malade, et par le coït (Wills, Swediaur). Elle se manifeste par des bubons, des nodus, des ulcères, occupant de préférence la gorge, la bouche, les parties génitales et anales, par des altérations des os qui, de même que les précédentes affections, guérissent par le mercure. Mais ce qui caractérise surtout cette maladie et la rappi'oche de la syphilis du quinzième siècle et des pians où yaws, ce sont des excroissances spongieuses ou fongueuses qui viennent à la peau, partout où il y a la moindre tache , écorchure ou ulcère. De la ressemblance de ces excroissances avec le fruit du framboisier sauvage du pays, nommé dans la langue celtique swin, provient la dénomination de swinn, sibbens ou siwens, qui a été donnée à cette maladie, aujourd'hui en voie de décroissance, si elle n'a complètement disparu.
§ 4. — Radesyge de Suède et de Norwége.
Arbo, Afhandl. cm Radesygen. Kjobenh. 1792. — Manger Unterrett, cm Radesygenskjendetega, etc. Kjob. 1793. Ces deux ouTrages" ont été traduits en allemand par Hensler. Altona, 1797. — Môller in Tode's Journal V,
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La radesyge de Suède et de Norwége, maladie qui est dans les États Scandinaves ce que le sibbens est en Ecosse, a été, dans ces derniers temps, l'objet d'une étude approfondie de la part de Hjort, en Norwége, et de Kjerrulf et Magnus Huss en Suède. Plus récemment, le professeur Bœck, de Christiania (1), a publié, sur cette question, un traité remarquable par l'abondance des documents, dans lequel, après s'être prononcé contre l'opinion des médecins qui professaient l'identité de la syphilis et de la radesyge, il a fini par avouer que ces deux maladies n'étaient pas différentes.
En 1758, Honoratius Bonnevie ayant reçu l'ordre de se rendre à Égersund et à Stavanger, pour observer une maladie nouvelle qui régnait dans ces villes, apprit que cette maladie y était tout à fait inconnue avant 1710, époque où un vaisseau russe vint hiverner près de Stavanger. Des femmes norwégiennes allaient quelquefois à bord rendre visite aux Russes ; elles en revinrent avec des ulcérations aux parties génitales qui les empêchaient de marcher. En même temps, la gorge et d'autres parties furent affectées. Les paysans, témoins de cette maladie, l'appelèrent radezyge, ce qui signifie, en norwégien, mal immonde.
Cette maladie prit de l'extension de 1750 à 1760, mais son plus grand développement ne date que de la fin du siècle dernier, époque où, selon Maogor, on la rencontrait sur tous les points de la Norv/ége, mais principalement sur les côtes et surtout à Bergen et à Christiania. Contrairement au docteur Cron, qui déclarait la maladie
(1) Traité de la Radesyge. Paris et Christiania, 18G0.
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d'origine vénérienne, Mangor l'identifiait à la spedalskhed; mais dans les faits que relate cet observateur, on reconnaît facilement la syphilis. A cette époque d'ailleurs, le mercure constitue, en général, la base du traitement. Steffens, appelé à étudier et à traiter la maladie sur place, y reconnaît deux genres d'affection : l'un qui est la spedalskhed, l'autre la radesyge proprement dite. Dans cette dernière, le malade a des ulcères à la gorge, chez beaucoup d'individus la luette a disparu, chez d'autres il existe des excroissances charnues à l'anus et aux parties génitales ; on observe, en général, sur différentes parties du corps, des glandes indurées; de grandes douleurs se font sentir dans les membres ; les os du nez sont cariés. Hans Munk émet une opinion assez semblable, il pense que la radesyge comprend : 1° la syphilis insontium ou sibbens ; 2° la spedalskhed et toutes les plaies malignes.
Le professeur Sorrensen, qui ne considère pas la radesyge comme de nature syphilitique, résume pourtant ainsi qu'il suit les symptômes de cette maladie :
« Maux de tête, douleurs dans les membres, surtout pendant la nuit ; éruptions herpétiques au front, à la poitrine, sur les épaules, sur les bras ; inflammation légère de la gorge. — L'exanthème herpétique prend plus d'étendue et se trouve entouré d'un bord foncé. Il se montre, sur le visage, des plaies d'abord superficielles qui, peu à peu, se développent en profondeur; il vient des tubercules sous-cutanés qui passent à l'état d'inflammation et de suppuration. — L'inflammation de la gorge augmente ; il y a exulcération de la luette et des amygdales ; les plaies rongent et détruisent les parties mentionnées jusqu'au pharynx ; des plaies analogues se développent dans la région palatine; les os du palais sont attaqués et détruits. Aux extrémités il survient des plaies entourées de bords d'un rouge foncé, parfois recouvertes d'une croûte épaisse et sèche. — Aux parties génitales, à l'anus et au périné, il se présente des condylômes et des excroissances qui s'étendent jusqu'aux cuisses. — La maladie s'attaque à la cloison du nez, qui s'ulcère et se perfore; le système osseux est atteint de carie, surtout sur les os du nez, sur les os longs et sur l'os frontal ; il se présente des tophus et des exostoses qui se changent bientôt en carie. — La cause première de la maladie est inconnue ; ou sait seulement qu'il se développe un contagium qui se communique par la salive, la sueur et l'ichor, au moyen de couteaux, de cuillers et
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34 HISTOHigUE.
d'habils, ainsi que par le contact. Le mercure est le premier et le plus important de tous les remèdes. »
En Suède, la radesyge s'observe principalement dans quelques villes de la Gothie, Fônkôping, Kronoberg, Blekinge, Gotheborg, etc. Dans le fief de Calmar oti la maladie a régné, on croyait qu'elle avait été apportée du temps de Charles XII, par des soldats revenant de Norwége,et qu'elle s'était ensuite répandue par des marins et unefileuse de Stockholm. — Dans la Gothie orientale, elle semble avoir été importée par des soldats, après la guerre de Poméranie, en 1762. Dans le Norrtelge, elle aurait été introduite de la même manière, en d790, après la guerre de Finlande.
Cette maladie, qui a disparu en partie aujourd'hui des contrées sus-nommées, règne encore sur la côte opposée de la mer Baltique, où elle est connue sous des dénominations diverses suivant les localités.
Syphiloïde du Jutland (1). — Van Deurs a décrit sous le nom de syphiloïde jutlandaise, une maladie qu'il compare à la radesyge de Suède. Mais de môme que Lillie, qui déjà en 1777 avait été envoyé au Jutland pour examiner cette maladie, van Deurs, vu la rareté de la gonorrhée chez les malades qu'il a observés, pense que la maladie en question se distingue de la vraie syphilis, et il en fait une espèce à part, la syphilis des innocents {syphilis insontium), pour cette seule raison qu'elle se transmet principalement par les cuillers, les vases, les habits et les literies dont on se sert en commun. Le docteur Hassing (2), qui ne voit pas de différence entre la syphiloïde jutlandaise et la vraie syphilis, fait remarquer combien il est difficile de découvrir la vraie cause de la maladie, qu'on est naturellement porté à attribuer à toute autre circonstance que le coït : pour lui, la transmission des accidents secondaires n'est pas douteuse, et il croit qu'elle a particulièrement lieu par le moyen des tubercules muqueux.
Dans le Holstein, s'observe également une endémie connue sous la dénomination de morbus venereus dithmarsensi s. Galle maladie, qui, selon Hubener, se serait montrée dès l'année 1762, aurait été importée,
(1) Van Deurs, in Journ. for Med. og Chirurg., lS3r), juin (Journal de Médecine t de Chirurgie, jain iSAh). — Ditzel, in liiblinlh. for Lœger (Hibliotlièque pour les
médecins), 1845, II, 270. — Otlo, in Husl Magasin, LIV, 203. — Uldall, in Bibliot. for Lœger, Wi2, I, 337.
(2) llollct, Recherches sur la syphilis, p. 108.
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suivant les médecins du pays, par des Norwégiens qui, en i785-87, travaillaient à l'endiguement des terres voisines de Bourg- de- Marsie.
Brandis, De morbo in Holsatiœ nonnulla regione grassante contagioso ex génère leprœ observaliones. Hall. AUg. Litt. Zeitung, 18H. In Bibl. for Laeger, 1.S13, I. — Dijhrssen, In Pfaff. Mitlheil. Jahrgang I, Heft 3 und 4, pg. i, 1833. — Franche, Morbus Dithmarsensis, Diss. Kilona, 1838. — HelwiG, in Aclis reg. Soc. med. Haven, VIj267. — Hûbener, De morbi Dithmarsensis natura ac indole. Kilona, 1821, et Erkenntniss und Cur der so genannt. Ditmars. Rrankh. Altona, 183S. — Michaelsen, in HamburgZeitschr. fur Med. XXI, 433. — Spierikg, in Hufeland Journ. LUI, Heft. 1-64. — Struve, Ueber die aussatzartige Krankheit Holsteins, etc. Altona, 1820, und in Rust Magazin, YIH, 337.
En Esthonie, province russe située au nord de la Livonie, sur les bords du golfe de Finlande, on retrouve aussi une maladie analogue aux précédentes. Erdmann l'a rattachée à la radesyge, et Seidlitz la regarde comme syphilitique (1). On l'observe d'ailleurs sur toute la côte, en Courlande, — syphiloïde courlandaise (2), aussi en Lithuanie — syphiloïde lithuanienne (3). De ces deux dernières maladies, la première s'est développée après la guerre de Sept ans, en 1757, la seconde dans l'année 1800. Les troupes russes paraissent avoir contribué à leur genèse, ou du moins à leur propagation.
§ 5. — Bouton d'Amboine. — Maladie de Sainte-Euphémie. — Pian de Nérac.
a. Bouton d'Amboine. — Bontius (4) décrit sous ce nom, en 1718, une maladie endémique à l'île d'Amboine. Il s'est répandu, dit-il, à Amboine et dans les îles Moluques, une maladie endémique qui, par ses symptômes, tophus, ulcères à bords calleux et relevés, douleurs et caries des os, est semblable à la maladie vénérienne. Il y a cependant cette différence que le mal en question peut naître et se trans-
(1) Rollet, loc. cit., p. 1G7.
(2) Tïling, Ueber Syphilis und Syphiloid. Mitau,1833. — Bolschwing, Veber Syphilis und Aussatz. Uorpat, 1839.
(3) Albers, in Preuss. med. Vers.Zeitung, 183G, n"» 22, 23. — Mctzger, Vermischte med. Schriflen. Kœnigsberg, 1782, 1, 81. — Sclinuhr, in Preuss. med. Vrs. Zeitumj, 1837, no» 50, 61; 18:19, no» 17, 18; 1841, n"« 2, 3. - Thedcn, Erfahrungen ans der Wundarzneikunst, etc. Berlin, 1783, 111, !),
(4) honUus, Medicina Indorum. Leydc, 1718,
36 HISTOniQUE
mettre en dehors de tout rapport sexuel. Ce motif allégué par Bontius pour séparer celte maladie de la syphilis, est aujourd'hui sans valeur, et par conséquent le bouton d'Amboine rentre aussi dans le domaine de la syphilis, d'autant mieux que le mercure est encore ici le meilleur agent thérapeutique.
b.Mal de Sainte-Euphémie, herpès syphilitique. — Jean Bayer (1) a décrit sous ce nom une endémie qu'il observa au mois de mars 1727 etquise développa dans les conditions que voici : Une sage-femme de Sainte-Euphémie fut attaquée au doigt index de la main droite d'une pustule qui lui causait un prurit insupportable. Bientôt le bras se tuméfia et le corps se couvrit d'une dartre universelle. La pustule subsista au doigt pendant quatre mois, et cette femme, continuant à exercer sa profession, communiqua la maladie à plus de cinquante femmes enceintes qu'elle accoucha ou qu'elle explora. Un chirurgien consulté reconnut à la vulve de plusieurs de ces femmes des ulcères de même nature. Pendant ce temps, la maladie se propagea aux enfants que les mères allaitaient et aux maris, tellement qu'en quatre mois on compta plus de quatre-vingts personnes contagionnées. La sage-femme fut interdite. Le corps des malades, est-il dit, se couvrait de pustules et d'ulcères ou bien de tubercules durs et calleux, tous symptômes qui rapprochent cette endémie de l'épidémie du moyen âge. C'est là un fait curieux duquel semblerait résulter que la syphilis transmise en dehors des rapports sexuels revêt souvent une intensité plus grande. Un exemple récent et malheureux en ce genre est celui du docteur Hourraann.
c. Pian de Nérac. — C'est une maladie très-analogue à la précédente, avec cette différence qu'elle dut. son origine à l'allaitement d'un enfant syphilitique. A la fin du mois de juin 1752, une maladie épidémique singulière se manifesta à Nérac (2). La femme d'un commerçant de la ville, heureusement accouchée au commencement de novembre 1751, donna son enfant à une nourrice, qui le nourrit bien pendant six mois, au bout desquels cette nourrice étant malade, une de ses voisines donna cinq fois le sein à l'un de ses nourrissons, qui se trouva incommodé ; il maigrissait à vue d'oeil et il lui sorlit, en peu de jours, beaucoup de pustules aux cuisses. — L'enfant fut confié à une autre nourrice et plusieurs autres lui donnèrent à teter, qui toutes s'a- •
(1) Acla nal. cur., t. III, p. 4, etOzanam, TmHé des Épidémies, 1823.
(2) Joseph Haulm, Observations de médecine. Vmls, 175'i, i). 2iO.
ENDÉMO-ÉPIDKMIES SYI'HILITIQIJISS. 37
perçurent bientôt qu'elles avaient des pustules aux seins, lesquelles se répandirent ensuite sur tout le corps. Les enfants de ces nourrices furent infectés de la même maladie. A la fin de décembre 1752, on connaissait, sans compter plusieurs hommes, plus de quarante femmes et enfants ainsi infectés.
§ 6. — Maladie de la baie de Saint-Paul ou Syphiloïde du Canada. Mal anglais.
Maladie des éboulements, etc.
SwEDiAUR, Practical Observations on venereal coraplaints. Edinburgh, 1788, 172. — Trad. fr. Traité des malad. vénér., t. II, 376. Paris, 1801. — Stratton, in Edinburgh med. and surgic. Journal, t. LXXl, p. 276.— Fucus, Haulkrankheilen, p.75i.
Cette maladie, qui en peu d'années fit chez les Canadiens des progrès aussi rapides que considérables, commença à se manifester en 1760 parmi les indigènes des bords du lac Huron; en 1780, elle se montra chez les habitants du rivage de la baie de Saint-Paul, et en quelques années elle se répandit dans la plus grande partie du Canada, fit de grands ravages dans quelques tribus indiennes et principalement chez les Indiens Otawa. En 1783 on trouva dans le Canada 5,800 individus infectés de cette maladie, sans compter ceux qui ne déclarèrent pas qu'ils en étaient atteints; cependant elle était encore inconnue alors à tous les Indiens du voisinage.
Elle s'annonçait, au rapport de Swediaur, par de petites pustules aux lèvres, à la langue, dans l'intérieur de la bouche, et plus rarement aux parties de la génération. ■
Ces pustules, qui ressemblaient d'abord à de petits aphthes remphs d'une humeur blanchâtre et puriforme, étaient autant de germes de transmission. L'humeur qui en provenait avait une telle virulence qu'elle infectait ceux qui mangeaient avec la cuiller des malades ou qui buvaient dans leur verre, ceux qui fumaient avec leur pipe ; on a même observé qu'elle se communiquait par le linge et les vêtements, etc.
Celte maladie se manifestait ultérieurement par des dépôts considérables (tubercules), des douleurs nocturnes dans les os, des ulcérationsde la bouche et de la gorge, des adénopathies multiples, quelquefois suppurées, le plus souvent dures, fermes et indolentes. En dernier lieu, les os du nez, ceux du palais, du crâne, etc., étaient alla-
38 niSTOllIQUE.
qués do carie ; on voyait survenir la chute des cheveux, des maux de poitrine, la toux, la duninution de l'appétit, etc., qui annonçaient la fin prochaine du malade. Les deux sexes et tous les âges étaient également exposés à la maladie; les enfants étaient infectés en grand nombre.
§ 7. — Endémo-épidémies syphilitiques des côtes de la mer Adriatique. — Falcadina. — Sclierlievo. — Maie di Breno. — Fienga, etc.
a. Falcadina. — E'ixée en 1786 dans le district d'Agordo, cette maladie (1), d'abord observée àFalcado(de là son nom), s'est bientôt répandue dans d'autres villages tyroliens, entre autres Fassa et Manzon où elle est éteinte depuis 1814. Selon le docteur ZecchineUi, qui en a donné la description, elle aurait été apportée par une mendiante infectée d'une gale vénérienne, de poireaux et d'ulcères aux parties génitales. Les alliances surtout contribuèrent à la répandre ; elle attaquait les adultes et les enfants, se manifestait par des ulcérations profondes de la peau et de la gorge, des dartres serpigineuses au cou et aux épaules, des tumeurs gommeuses, des douleurs ostéocopes, mais rarement des exostoses. Elle guérissait enfin par un traitement mercuriel.
1». Scherlievo, maladie de Fiume (2). — On connaît sous ce nom une endémie qui pendant longtemps exerça des ravages sur les côtes d'Ilyrie, en Dalmatie et en Croatie. Des villages de Draga et de Scherlievo Il elle prit naissance, elle se répandit peu à peu à Proputnik, Kukulionovo, à Buccari et jusqu'à Novi. Dans l'intérieur des terres on l'observa à Grobnick, Senosich, Schnaberg, Wipach, Adelsberg, etc. C'est en 1800 qu'on prévint le gouvernement de Fiume qu'une maladie contagieuse d'une espèce inconnue s'était manifestée au village
(1) Zecchlnelli, m OmoitS, Annalimiversali dimedicina, n. 39, 335.— Valenzasca, ibid., n" 93, et Délia falcadina, fasc. I, Venet. 1840. — SIginund, in Zeitschr. der Wien. Aerzte, 1855, p. 87. — Marcolini, Memor. med. c/iirurg. Milano, 1839, p. 18. — Facen, in Gaz. med. Lombarda, 1841), n. 21, p. 183.
(2) Cambieri, in Omodei, Annali universali di medicina, n. 34, 35, 3G, 273. Rapport Journ. fjén. de Médec, XLII, p. 1. — Doué, lissai sur la maladie de Scherlievo. Paris, 1814.— Jenniker. in (Est. med., 546, Jahrb. 3, 104, Heft4, 43.— Lorenzulti, Del maie di Scherlievo, Padua, 1830. — Miciiahelles, Dns malc di Scarnlievo,^iimnh., 1833.— Moulon, Nouvelles observât, sur la ?iatiire du scherlievo. W\\nn, 1834,2'^ édit., 18iO, et dans Presse méd., 1837. mal, n» 35.— Sporer, in Œst. med. Jahrb., neucsle Folge, II, 211.— J. Vial, Thèse de Montpellier, 1814. — Sigmund, loc. cit., 93, 142.
ENDÉMO-ÉPtDÉMIES SYPHILITIQUES.
de Scherlievo, à huit milles à l'est de Fiume et à trois milles des côtes de l'Adriatique. Cette maladie attaquait le visage et la peau par des pustules malignes qui ulcéraient la chair, corrodaient les os et détruisaient la langue, les oreilles et les parties génitales. De même que les épidémies ci-dessus décrites, elle se manifestait tout d'abord par des douleurs dans les os et surtout aux articulations ; plus tard survenaient les tubercules, les ulcères de la peau et de la gorge, qui amenaient ordinairement des désordres considérables. Chez les enfants, la maladie se développait toujours par une éruption érysipélateuse, d'un rouge obscur, principalement sur les fesses, aux aines, dans l'intérieur des cuisses, à l'abdomen. La transmission s'opérait par l'usage commun des ustensiles, des habits, par l'allaitement, par l'haleine et en couchant avec les malades. En général le même individu ne la contractait pas deux fois. L'origine de cette maladie est restée inconnue. On prétend cependant qu'elle fut apportée en 1790 par quatre matelots arrivés avec des femmes des bords du Danube après la guerre contre les Turcs. D'autres hypothèses existent encore à ce sujet, qui ne sont pas mieux prouvées.
Il y a lieu de rapprocher du scherlievo les maladies endémiques connues sous ses dénominations de frenga (1), maie di Breno (2), syphilo'ide de Hesse (3), spirocolon (4), et peut-être aussi d'autres endémies telles que la lèpre de Crimée (S), le mal kabyle (6), le Yang-Mey' Tchoang des Chinois (7) (ulcère en forme de framboise).
Les auteurs qui ont le mieux étudié ces maladies sont d'avis en effet que la plupart des manifestations groupées sous ces dénominations populaires sont manifestement et traditionnellement liées à la syphilis ; ils reconnaissent toutefois que, dans certains cas, on a accordé ces dénominations à des variétés d'ulcères ayant pour origine
(1) Sigmund, in Zeitschrift der Wiene Aerzte, 1855, p. 33.
(2) Voyez Œst. med. Jahrb., V. Heft II, p. 21. Sigmund, loc. cit.
(3) Rothamel, in Zeitschr. fur die gesammte Heilkunde, I, i5.
(4) Olympios, in Correspoyidenzhl. Bayr. Aerzte, 1840, 185. — Pallis, in Omodel, Annali, 1842, avril. — Pruner, Die Krankheit des Orients, 177. — Quitzmann, Deutsche Briefe ùb. dea Orient. — Wibmer, in Schmidt. Jahrii's fûr Medicin, XXX, 305.
(5) V. Martius, Dissert, inaugural, de lepra Taurica. Leipzig, i8I5. — Ki'ebel, Lepra Taurica, Med. Zeitung Russlands, 1846, p. 3 et 38. — Bergson, Annalen der Charité, 1852, fasc. 1.
(6) J, Arnouid, la Lèpre Kabyle. Paris, 1862. — Vincent, Exposé clinique des maladies des Ka/jyles. Paris, 1862.
(7) P. Daijry, la Médecine chez les Chinois. Paris, 1863, p. 163.
lUSTORIQUE.
tantôt le scorbut, tantôt la scrofule, le cancer ou toute autre maladie, ce qui a pu contribuer à leur faire perdre pendant quelque temps leur signification spéciale.
§ 8. — Maladie de Ghavanne-Lure, et de quelques épidémies plus récentes.
La relation qui a été faite de la maladie de Ghavanne-Lure (Haute- Saône) par le docteur Flamand (1) est celle de toutes les épidémies qui précèdent. Elle débutait par un sentiment de faiblesse générale suivi de douleurs nocturnes plus ou moins vives dans les membres ; la bouche et la gorge étaient affectées, et survenait une éruption pustuleuse sur toute la surface du corps et plus particulièrement à la tête. Les ustensiles qui servaient à la nourriture furent les principaux moyens de propagation.
De cette dernière maladie doit être rapprochée une épidémie (2) qui sévit en 1840 et 1841 dans la commune de R..., aux environs de Luxeuil, où près de quatre-vingts individus furent affectés de tubercules muqueux à l'anus et aux parties génitales. Sans doute d'autres endémies qui ont eu pour point de départ la vaccination et en particulier l'épidémie de Rivalta, trouveraient ici leur place si nous ne devions en parler plus loin.
Ici se termine la description des endémies qui ont suivi la grande épidémie du quinzième siècle. Le moment est venu de comparer entre elles ces diverses maladies, de faire ressortir les analogies et les différences qu'elles présentent.
Caractères communs et dissemblances. — A ne les envisager que dans leurs manifestations symptomatiques, ces maladies, après un malaise général, des douleurs ordinairement violentes au niveau des os et des articulations, se caractérisent du côté de la peau par des éruptions pustuleuses, des intumescences framboisées et fongueuses, des tubercules qui laissent d'ordinaire à leur suite des cicatrices profondes et difformes, du côté des muqueuses par des ulcérations plus ou moins profondes et qui souvent amènent la perforation du voile du palais.
Au point de vue des affections plus profondes, elles présentent
(1) Journ. complém. du Dict. des sciences méd., t. \, p. 135.
(2) Alié.^, Mémoire sur une épidémie de pseudo-syphilis {Journ.de méd. de Lyon, 1843 ; et Gaz. médicale de Paris, 1844, p. 164).
ENDÉMO-ÉPIDÏÎMIES SYPHILITIQUES. 41
des différences qui les constituent pour ainsi dire en deux grou pes : tandis que, dans les contrées voisines des tropiques, les accidents ont borné leur action aux appareils tégumentaires, et n'ont que rarement envahi les organes profonds ; dans d'autres localités, et principalement dans les pays du Nord, ces organes ont été le plus souvent affectés. L'absence de la blennorrhagie et des bubons suppurés, dans la majorité des cas, est à remarquer. C'est là une circonstance qui n'a pas peu contribué à tromper les médecins, et les a souvent poussés à rejeter à tort l'idée de la syphilis.
Pour ce qui est de l'évolution, il est à remarquer que souvent les symptômes primitifs ont été insignifiants s'ils n'ont fait défaut, et que les phénomènes généraux ont apparu d'emblée. Le plus souvent il existe un degré de gravité plus notable que dans la syphilis ordinaire.
La marche de ces endémo-épidémies n'est pas partout identique : à Brûnn, à Sainte-Euphémie, à Nérac, etc., la propagation s'est faite avec une grande rapidité, à peu près comme au quinzième siècle ; mais, plus tard, le mal a rétrogradé au lieu de prendre racine, et a fini par perdre son cachet d'endémicité. Dans d'autres endroits, tels que différents pays du littoral de la mer Baltique et du nord de l'Adriatique, la maladie, au lieu de décroître, s'est étendue progressivement, en raison sans doute des mauvaises conditions hygiéniques des habitants, jusqu'au moment où l'on est parvenu à la combattre à l'aide d'une thérapeutique et d'une hygiène appropriées.
Sous le rapport étiologique, la ressemblance est frappante ; la contagion est, en effet, le mode de transmission ordinaire et pour ainsi dire indispensable. Les moyens de transmission sont en général des ustensiles de ménage, du Hnge ou d'autres objets; parfois un contact quelconque, mais assez rarement, il paraît du moins, l'acte génésique. L'inoculation pratiquée dans certains cas a réussi, et il a été prouvé que la période d'incubation (maladie de Brtinn, pian) ne diffère pas de celle de la syphilis ordinaire.
A part des différences pour ainsi dire insignifiantes, ces endémoépidémies ont donc entre elles et avec la syphilis des points de contact non douteux ; tout porte à croire, par conséquent, qu'elles ne forment pas des maladies distinctes, mais une seule et unique maladie. Dès lors ces maladies n'appartiennent plus qu'à l'histoire de la médecine, puisqu'elles n'ont jamais existé comme maladies indépendantes.
Les observateurs qui les ont le mieux étudiées ont d'ailleurs tous
*' HISTORIQUIÎ.
été frappés de leur ressemblance avec l'épidémie du quinzième siècle, et de leur dissemblance avec la plupart des maladies connues. Pour tous ces motifs, nous pensons, avec llollet, qu'il ne faut voir, dans ces épidémies comme dans celle du quinzième siècle, autre chose que la syphilis isolée et indépendante, débarrassée en un mot de ses acolytes ordinaires, la blennorrhagie, le chancre simple et le bubon chancreux.
L'étude topographique qui va suivre, en montrant les modifications que subit la syphilis dans des conditions données, permettra du reste de mieux suivre encore l'identité de nature des diverses maladies dont il s'agit.