‹ Traité historique et pratique de la syphilis [electronic resource]Chapitre 28 sur 107 · PLAQUES MUQUEUSES · texte numérisé non relu

PLAQUES MUQUEUSES

SY^îo^(ï3^lB : Syphilide pustuleuse humide (Bassereau), — Pustules plates. - Pustules muf|ueuses. — Papules humides. — Tubercules plats. — Pustulœ fœdœ ani.

La description exacte de ces accidents est de date toute récente;

ce qui peut s'y rapporter dans les écrits des sypliilographes du quinzième et du seizième siècle ne se distingue, du reste, qu'avec difficulté. Cependant il est bien permis de penser qu'il s'agit de ces éruptions dans ce passage de N. Massa, relatif aux pustules : « Apparent rubeœ, elevatœ, magnae, humidœ et tumidae (1).» G. Fallope (2) et Forestus (3) signalent aussi ces effets de la syphilis, dont Ricord (4), Legendre (S), Davasse et Deville (6), Bassereau, Bazin, etc., ont donné récemment une description qui laisse peu à désirer.

Manifestations tout à fait particulières à la syphilis, les plaques muqueuses sont de plus l'un des premiers symptômes de cette maladie ; mais, en raison de leurs nombreuses récidives, elles peuvent être l'un des derniers accidents de la période d'éruption générale. C'est pourquoi nous avons pensé qu'elles avaient ici leur place. Du reste, il est rare qu'elles soient isolées et qu'elles ne coexistent pas avec une des syphilides superficielles hâtives (7).

Lésions éminemment contagieuses, ces accidents sont caractérisés par des élevures de la peau ou des membranes muqueuses, dont les bords sont nettement circonscrits et la surface plus ou moins humide et blanchâtre. Leur forme est celle d'une grosse papule ou d'un tubercule aplati, circulaire, ovoïde ou ellipsoïde. D'une coloration blanche, rosée ou violacée, ils n'ont jamais la teinte particuhère ou même caractéristique des éruptions cutanées. Leur surface, plus ou moins saillante, est sèche ou plus souvent humide, par suite de la sécrétion d'un liquide sale, fétide, qui est pour les parties voisines un agent tellement irritant qu'il provoque parfois le développement de nombreuses végétations (8). Leur consistance est ordinairement molle,

(1) Nicolas Massa, Aphrodisiacus.

(2) Gabriel Fallope, Aphrodisiacus.

(3) Forestus, De luevenerea, t. XXXIl, obs. xxi.

(4) Ricord, Notes à Hunter, p. 573.

(5) Thèse de Paris, 1841.

(G) Davasse et Deville, Archiv. génér. de médecine^ oct. 1845.

(7) Les papules humides ont été trouvées par Bassereau sur ;

l!)8 cas de syphilide érylhémaleu.-e 8S fois.

50 — papuleuse sèche 14 —

1 1 — vdsiculeuse 4 —

71 — pustuleuse 37 —

54 — tuberculeuse >■» —

(8) D'autres causes d'irritation, par exemple les sécrétions muqueuses des femmes enceintes, peuvent développer ces mêmes végétations. Voyez Thibierge, Archives de médecine, mal 1856.

PÉRIODE d'Éruption générale. 167

et ce n'est que rarement qu'ils sont accompagnés de douleur et de prurit.

Leur développement s'opère spontanément à la surface des tissus sainsj ou par suite de la transformation in situ d'un ulcère chancreux (Bavasse et Deville). Dans le premier cas, paraît d'abord un point rouge dû à la congestion de la peau ou de la membrane muqueuse. Peu à peu ce point s'étale circulairemcnt, l'épiderme qui le recouvre est soulevé par une petite quantité de sérosité, mais bientôt la lamelle épithéliale se déchirant, une surface d'un rouge vif, entourée parfois d'une collerette blanchâtre, est ainsi mise à nu et ne tarde pas à se couvrir d'une pellicule blanche grisâtre et humide. Dans le second cas la surface grisâtre et souvent déprimée du chancre devient rouge, granulée et saillante de la circonférence au centre. Puis au moment o\x les bourgeons rouges du centre annoncent que la cicatrice va se former sur toute la surface, on voit apparaître la sécrétion plastique blanche qui caractérise 1 a papule humide. Quelquefois le bourgeonnement marche si vite que la cicatrisation n'est pas commencée à la circonférence du chancre quand la sécrétion plastique se produit sur toute la surface; alors la papule humide se trouve brusquement limitée par un liséré déchiqueté (Bavasse et Beville). La condition de cette transformation c'est que l'ulcère soit dans un état continuel d'humidité, ce qui arrive lorsqu'il y a frottement ou contact de la partie qui en est le siège avec une autre partie.

Les tubercules rauqueux se montrent sous des aspects variés. A la peau suivant que la surface est sèche ou humide, ce sont : des plaques recouvertes d'une croûte jaune transparente, quelquefois déprimée en godet et entourée par un bourrelet qui paraît les enchâsser (Bazin); des saillies mamelonnées humides, condylomes plats, en6n des fissures plus ou moins allongées. A la surface des muqueuses, les papules hamides sont en général peu ou pas saillantes, recouvertes d'une pellicule blanchâtre en tous points semblable à l'escarre légère produite par la cautérisation avec le nitrate d'argent. Ces papules, qui ont reçu le nom de plaques opalines, sont entourées d'une muqueuse saine ou d'un rouge foncé qui leur forme une sorte d'auréole inflammatoire. Partout oii s'exercent des frottements, la pellicule blanchâtre opaline disparaît, et alors les plaques muqueuses deviennent saignantes, s'érodent, s'ulcèrent ou

se couvrent do plaques diphthériiiques; de là des différences symptomaliques qu'il importe de connaître.

Siège des plaques muqueuses. — Les plaques muqueuses peuvent envahir les diverses régions du corps, mais la région génito-anale est, chez l'adulte, leur siège de prédilection. Apres la vulve et l'anus on les trouve le plus souvent à la partie interne et supérieure des cuisses, sur les amygdales, dans la bouche, sur les lèvres, dans les espaces inlerdigitaux, aux mamelles (chez les femmes), dans les aines, au pourtour des oreilles. Il est à remarquer d'une façon générale qu'elles occupent de préférence les membranes muqueuses qui subissent l'influence de l'air et les parties de la peau exposées par leur contact à un certain degré de chaleur et d'humidité. Ordinairement multiples, elles se rencontrent chez l'homme et chez la femme, mais plus souventchez celle-ci, sans doute à cause de la conformation spéciale de ses organes génitaux. Dans l'un et l'autre sexe elles ont des sièges divers d'élection.

Bavasse et Deville, sur 186 femmes, ont trouvé :

Plaques muqueuses siégeant à la vulve 174 fois.

— — à l'anus 59 —

— — au périnée 4!i —

— — aux fesses et à la partie supérieure

et intérieure des cuisses 38 —

— -7- aux amygdales 19 —

— — au nez 8 —

— à la langue ('> —

— — aux orteils 5 —

— — à la face 5 —

— — à l'ombilic ^ —

— — au pourtour des ongles 2 —

— — aux oreilles, au voile du palais 2 —

— — au pli inguinal 2 —

— — au cou, au mamelon, au col de

l'utérus ' —

Une statistique de Bassereau donne la distribution suivante chez l'homme :

Plaques muqueuses siégeant à l'anus '"^ 'O's

— sur les amygdales 100 —

— — sur le scrotum GO —

— — à la bouche, sur les lèvres 55 —

sur le gland et la face interne du prépuce °

PÉRIODE d'ÉUUPTION GÉNÉUALE,

•JG9

Plaques muqueuses siégeant sur les piliers du voile du palais, la

langue et la face interne des joues.

— dans les espaces inteidigitaux des pieds

— — au pli scroto-crural

— — à l'oriûce des nai ines

— — sur la paroi postérieure du pha-

rynx

— — à l'insertion d'un ongle du pied —

— — au méat urinaire, sous l'aisselle, sur

la gencive, à la face interne des cuisses •

Des caractères assez particuliers répondent à ces différences de siège. Ainsi, à la peau^, les plaques sèches s'observent principalement là où il n'y a pas contact de deux surfaces, tandis que les papules humides se rencontrent dans les régions, telles que le scrotum, oij la peau est mince et soumise à des frottements. Les fissures enfin occupent de préférence les replis cutanés et en particulier ceux qui avoisinent l'anus. Dans cette dernière région les plaques muqueuses sont parfois nombreuses, larges et saillantes au point de former un bourrelet qui peut obturer plus ou moins l'orifice anal et gêner la défécation par les douleurs que détermine sa présence.

Les plaques muqueuses du tégument interne sont, à la vulve, larges, aplaties, granuleuses, recouvertes d'une exsudation blanchâtre abondante qui répand une odeur fétide repoussante ; elles occupent presque toujours les deux faces coiTespondantes des grandes lè,vres, cachant quelquefois au milieu d'elles l'accident primitif. Au contact de leur produit de sécrétion se développe sur les parties voisines et principalement à la face interne et supérieure des cuisses une rougeur érylhémateuse qui est elle-même le point de départ d'une nouvelle éruption de tubercules muqueux. A la surface du col utérin, elles se présentent sous forme d'érosions arrondies, dont la surface d'un rouge vif sécrète une matière muco-purulente ténue pouvant faire croire à un écoulement blennorrhagique en dehors de l'intervention du spéculum. Assez rares à la surface du gland et du prépuce, elles ont le plus souvent la forme d'érosions superficielles arrondies ou ovales et d'un rouge très-vif, qui sécrètent une humeur muco- purulente et se recouvrent d'une exsudation plus ou moins abondante.

Dans la bouche, les caractères des plaques muqueuses varient avec l'époque à laquelle on les examine. Simples taches arrondies dès

73 fois.

ITO SYPniLIS ACCIDENTELLE.

l'abord, elles sont d'un violet foncé, mais bientôt répithélium détruit se trouve remplacé par une sorte défausse membrane molle et jaunâtre; plus tard, ulcérées dans une partie de leur étendue, elles présentent des bords irréguliers, une surface inégale, parsemée de granulations fines et abondantes. Dans ces conditions, le mouvement des lèvres est gêné, l'introduction des aliments cause une ardeur continuelle dans toute la cavité buccale. Très-fréquent au niveau des lèvres chez les fumeurs qui font usage de la pipe, cet accident commence par une tacbe semblable à celle que produit le nitrate d'argent ; peu à peu cette tache s'entoure d'une aréole violacée au centre de laquelle on constate bientôt une érosion résultant de la fonte de l'épithélium. Les papules muqueuses de la langue se montrent de préférence sur la face supérieure et le long des bords; elles débutent par des plaques violacées arrondies ou ovales à grand diamètre antéropostérieur, elles sont lisses et déprimées^ mais, abandonnées à ellesmêmes, elles se recouvrent de granulations, atteignent le niveau des parties saines et finissent par le dépasser en faisant quelquefois une sailhe arrondie en forme de têle de clou. Là aussi elles se montrent quelquefois sous forme de fissures. Au voile du palais et sur les amygdales, ces mêmes accidents, qui gênent plus ou moins les mouvements de déglutition, revêtent à une certaine période une teinte cendrée ou blanchâtre, se recouvrent enfin d'une sorte de pseudomembrane jaunâtre au-dessous de laquelle on trouve souvent une légère érosion. En même temps, les amygdales sont le plus souvent tuméfiées, et les ganglions sous-maxillaires correspondants sont le siège d'une modification jusqu'à un certain point subordonnée aux diverses phases d'évolution des plaques muqueuses.

La membrane muqueuse des voies respiratoires n'échappe pas tout entière à cet ordre d'altérations. Des plaques muqueuses ont été vues à la surface interne du larynx, au niveau de la partie sus-glottique et des cordes vocales supérieures ou inférieures. Cinq fois sur seize cas, Cusco a signalé la présence de ces lésions, quatre fois à la partie interne des cartilages aryténoïdes, une seule fois à leur sommet (Dance, loc. cit., p. 28). Une légère tuméfaction avec changement de coloration indiquait leur présence. Plus rarement on voit les plaques muqueuses affecter les organes des sens.

A l'oreille, elles siègent ordinairement en arrière de la conque ou en avant du lobule, quelquefois dans le conduit auditif externe. Leurs

PÉRIODE d'Éruption générale. 171

caractères sont du reste ceux que nous avons assignés aux plaques muqueuses en général.

Au nez, les plaques muqueuses occupent l'entrée des narines, et le plus souvent leur angle externe, oii elles constituent un bourrelet en forme de croissant, qui, à l'exemple du tubercule muqueux des commissures labiales, peut se fendiller et même se recouvrir de croûtes. On les retrouve encore à l'aide du laryngoscope à la partie postérieure des fosses nasales. Un coryza fétide est le signe de cette lésion, et lorsqu'à ce coryza vient se joindre du larmoiement, c'est que la maladie a envahi le canal nasal. Enfin on a vu dans quelques cas des plaques muqueuses occuper les angles palpébraux et s'étendre même jusque sur la conjonctive; leur aspect n'a encore ici rien de particulier.

Quel que soit leur siège, les plaques muqueuses peuvent réagir sur les ganglions voisins, et en amener la suppuration par suite de la résorption qui s'opère à leur surface. Toutefois il ne faut pas oublier que souvent les adénopathies précèdent l'apparition des tubercules plats. La fièvre qui les accompagne ou les précède peut dans certains cas, chez les femmes malpropres surtout, être la conséquence d'une infection secondaire que révèlent des frissons plus ou moins violents.

La marche des tubercules muqueux est chronique, malgré certains phénomènes d'apparence aiguë. La durée de leurs éruptions successives est de plusieurs mois, mais elle peut être d'une année si l'affection est abandonnée à elle-même. En tout cas un traitement général ou même de simples soins de propreté en ont rapidement raison. La résolution est leur terminaison la plus ordinaire; à mesure qu'elle s'opère, ces accidents cessent de sécréter, et souvent il arrive que les parties centrales s'affaissent avant les bords, et finissent par ne plus présenter que des segments de cercles plus ou moins complets. Enfin, ces tubercules s'effacent sans laisser de cicatrices durables, mais parfois seulement un relief qui peu à peu disparaît totalement.

Les plaques muqueuses sont sujettes à récidives; celles de la bouche et de la langue, tout à fait remarquables à cet égard, se représentent quelquefois plusieurs années après la disparition du chancre. J'en ai vu qui se montraient trois ans après l'accident primitif. Elles constituent en pareil cas l'un des meilleurs signes indicateurs de l'âge réel de la syphilis; tant qu'elles existent, en effet, on peut affirmer que cette maladie n'est pas encore arrivée à sa dernière phase.

Diagnostic et Pronostic. — Les caractères objectifs de la plaque muqueuse et surtout sa consistance molle, sa surface humide recouverte d'une pellicule blanchâtre, permettent d'en établir facilement le diagnostic. Du reste, il n'est guère facile de confondre cette lésion avec les ulcérations chancreuscs. Le chancre mou, en effet, n'est pas saillant, il est taillé à pic et le pus qu'il sécrète est inoculable au malade qui le porte. Le chancre infectant est taillé à l'évidoir, il présente une induration chondroïde caractéristique, il a pour satellite constant une adénopathie indolente, ferme et mobile. L'herpes praeputialis, qu'on pourrait prendre pour des plaques muqueuses ulcérées du gland, se distingue par le groupement d'ulcères toujours précédés de vésicules. L'eczéma, d'une autre part, diffère des tubercules muqueux de l'anus par i'absence de saillies, la présence de croûtes jaunâtres ou de squames grisâtres sur une surface rouge suintante.

La difficulté du diagnostic des plaques muqueuses est surtout dans la multiplicité du siège, et sous ce rapport il est facile de se représenter les nombreuses erreurs auxquelles ces accidents peuvent donner lieu. Les plaques muqueuses de la bouche et de la face inférieure de la langue, par exemple, celles de la face interne des lèvres qui se montrent pendant des années entières, seraient facilement prises pour des aphthes si on ne tenait compte de leur durée, de leurs caractères objectifs et de la concomitance habituelle des éruptions exanthémaliques. Ces dernières circonstances plaideront dans tous les cas en faveur des tubercules muqueux.

Le pronostic de la papule humide est relativement peu grave. Cette affection est, en effet, l'une des manifestations les plus bénignes de la syphilis constitutionnelle. Suivant Bassereau, elle est presque une garantie contre des accidents syphilitiques ultérieurs de nature grave. Si elle a été précédée d'un chancre bénin et si elle est la seule éruption existante, elle indique une faible disposition de l'économie à la production des accidents syphilitiques puisque, l'éruption ne se manifeste que sur les points de la peau les plus prédisposés.

De QCELQUES affections OCCASIOKKÉES OO KJNGEKDBÉES PAU LA rnÉSENCE DES ACCIDENTS SYPHILITIQUES PIUMITIFS OU SECONDAIRES. — VÉGÉTATIO^S. —

Hypertrophies glandulaires, etc. — L'ulcère syphilitique primitif et, parmi les accidents de la période d'éruption générale, les plaques muqueuses surtout, modifient dans certains cas, par leur sécrétion, la nutrition des parties qui les avoisinent, au point d'y déterminer des

PÉRIODE d'éruption GÉNÉRALE. 173

altérations toutes spéciales. Les plus fréquentes de ces altérations sont les végétations (qu'on nomme encore choux-fleurs, poireaux, fies, crêtes de coq, etc.), sorte d'hypertrophie papillaire qui a son siège habituel chez l'homme sur le gland, chez la femme sur les grandes ou les petites lèvres (1), et qui s'observe encore à la marge de l'anus et dans le larynx (2).

Mais il est un bon nombre d'autres désordres nutritifs sous la dépendance de la même cause : telle est, par exemple, l'hypertrophie des amygdales qui succède à l'angine syphilitique, principalement lorsqu'il existe des plaques muqueuses concomitantes; tel est l'allongement et l'hypertrophie du prépuce avec rétrécissement de son ouverture, se manifestant après l'apparition d'un chancre ; telle est encore l'hypertrophie des grandes lèvres que l'on observe assez souvent à la suite des chancres ou des plaques muqueuses et qui, lorsqu'elle envahit en même temps les nymphes et quelques-unes des caroncules myrtiformes, peut simuler les diverses formes d'esthiomène de la vulve. Tel serait enfin pour le professeur Gosselin (3), qui a^, avec raison, insisté sur la liaison de'ces divers accidents avec la syphilis, le rétrécissement dit syphilitique du rectum, affection sur laquelle nous aurons à revenir plus loin. La plupart de ces désordres consistent dans la simple hypertrophie du tissu ou de l'organe influencé parle produit de sécrétion syphilitique , mais de plus ils offrent cette particularité qu'ils se développent sur les téguments aussi bien lorsqu'ils ont été contaminés par le pus blennorrhagique que lorsqu'ils ont été souillés par le pus virulent syphilitique.

§ 3. — Affections viscérales secondaires.

Sous ce litre, nous étudions toutes les manifestations syphilitiques des organes profonds qui, tant par l'époque de leur apparition que par la lésion qui les caractérise, se rapprochent des syphilides exanthcmatiques ou énanthématiques, et qui pour ce motif méritent d'être rattachées à la période secondaire. Aucun organe, avons-nous dit, n'est complètement à l'abri des poussées congestives de cette période,

(1) Costilhes et Boys de Loury, Rem. pratiq. sur les végét. Gaz méd n 314 18'i9. ■' ^'

(2) Huguier, Gaz. des hôpitaux, 1859. - Turck, Recherches sur les maladies du larynx. Paris, 1862.

(:î) Archiv. gén. de médecine, p. 685, déc. 1854.

SYPHILIS ACCIDEMELLE.

mais tous n'y sont pas également exposés; quelques-uns seulement sont l'objet d'une prédilection plus parliculière; de ce nombre sont les glandes lymphatiques superûcielles, le foie, quelques-uns des organes de la locomotion et des sensations spéciales, etc.

Nous allons successivement passer en revue ces premières lésions viscérales que nous grouperons sous trois chefs :

Lésions des ganglions lymphatiques et du foie, adénopathies et ictère secondaires;

Lésions du système locomoteur ;

Lésions du système nerveux et des organes des sens.

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