RÉTINITE SYPHILITIQUE
J. Jacobson, Retinilis syphililica. Kœnigsberg, in Jahresb. Band I, Heft 3, i8o9. — Métaxas, De rexploralion de la réline et des altérations de cette membrane visibles à.rophlhalmoscope, Thèse de Paris, 1861. — Hutchinson et Jackson, Inflammation syphilitique de la rétine, de la choroïde et du cristallin, 3/edîc. Times and Gaz,, sept. 14, octobr. 19,25, 1861. — Schreiber, Complète Amaurose in Folge einer aculen Retinilis bei einem syphilitischen Individuum, etc. Wien Med. Halle, 111, 37, 1862, et Schraidt's Jahresb., t. 177, p. 75.
La rétinite syphilitique n'est pas, comme l'iritis et la choroïdite, une affection admise sans contestation par tous les ophthalmologisles : quelques-uns, et de ce nombre sont de Grœfe et Follin, considèrent comme des choroïJites la plupart des manifestations profondes de l'œil qui surviennent dans le cours de la période secondaire. Outre la choroïdite disséminée, Jacobson admet une rétinite syphilitique pouvant coexister ou alterner avec, des éruptions syphiliiiques secondaires
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sans avoir été précédée d'iritis ou de choroïdite. Celte lésion rétinienne cède à un traitement anlidyscrasique, tandis qu'elle persiste indéfiniment avec un traitement purement antiphlogistique.
Métaxas, Schreiber et quelques autres auteurs ont rapporté, après Jacobson, quelques cas de rétinite syphilitique secondaire ; mais ces cas sont rares, et on peut se demander si la choroïde n'a pas été la membrane primitivement atteinte.
Quoi qu'il en soit, un symptôme nouveau se présente ici, lequel n'existe pas dans la simple choroïdite, c'est une photophobie plus ou moins intense et qui rend souvent difficile l'examen à l'aide de rophthalmoscope. Les malades, en outre, ont fréquemment devant les yeux des cercles lumineux (photopsie), des taches, des mouches volantes, etc. L'extérieur de l'œil n'offre rien de particulier, mais les vaisseaux de la rétine sont injectés, et cette membrane présente une coloration anormale et un défaut de transparence, manifeste surtout au niveau du nerf opiique oix Ton voit comme une sorte d'œdème (Desmarres). Rougeâtre ou rosée, la papille a des contours mal limités et circonscrits par une zone d'un vert sale (cas de Schreiber). Dans un cas qu'il rapporte, Liebreich (1) décrit comme il suit l'altération dont il s'agit : « Les veines qui se dirigent (dans l'image renversée) en haut sont très-dilatées etflexueuses, tandis que les vaisseaux qui se dirigent en bas sont très-ténus et partiellement oblitérés; il existe des troubles blancs, rayés, situés sur la surface interne de la rétine, lesquels exercent sur tout un faisceau de vaisseaux une compression telle que certaines branches sont transformées par là en lignes blanches trèsfines. » Ajoutons que dans ce cas la choroïde était affectée.
La rétinite syphiUlique a une évolution lente et une durée relativement longue; sous l'influence d'un traitement approprié, elle peut se terminer d'une façon heureuse; elle est quelquefois néanmoins suivie de l'atrophie de la pupille et d'un affaiblissement persistant de la vision.
Le diagnostic de cette affection s'établit en partie d'après la connaissance des antécédents du malade. La rétinite albuminurique pourrait simuler une rétinite syphilitique, mais la grande quantité des points hémorrhagiques qui' l'accompagnent et l'intensité des taches blanches qui lui appartiennent, suffisent, en général pour éviter une erreur préjudiciable au malade.
(1) Atlas d'ophlhalmoscopie, pl. X, fig. 2.