ET DE LA PBOSTATE
Ces différentes parties ne subissent que rarement les atteintes de la syphilis; nous savons déjà que dans l'orchite syphilitique le cordon spcrmatique est généralement intact, et que cet état d'intégrité du canal déférent est même un signe diagnostique. Ce canal néanmoins est quelquefois lésé par extension de l'altération du
testicule ; mais, ce cas mis de côté, il est possible d'avancer que la syphilis n'influence pas ordinairement d'une façon directe les conduits vecteurs de la sécrétion sperraatique. Verneuil a pu voir une tumeur gomraeuse du cordon, qui au moment de son plus grand développement formait une masse morbide du volume des deux poings. Dure, lardacée, remontant jusque dans la fosse iliaque, celte masse, qui était le siège de douleurs sourdes avec exacerbation, avait été prise tout d'abord pour un cancer. Une production pareille occupait la paroi antérieure de l'oreillette droite (i). A part ce fait, il existe plusieurs observations de tumeurs syphilitiques inguinales (Ricord, Sarrhos, Azam), et j'ai eu moi-même l'occasion d'en voir un cas, mais rien ne prouve que le cordon participât alors à l'altération.
Les vésicules séminales paraissent fort peu exposées à subir l'influence de la syphilis, du moins aucun fait ne prouve jusqu'ici que ces réservoirs aient jamais été spécifiquement affectés. En est-il ainsi de la prostate ? Il m''est difficile de le dire ; je ne le pense pas cependant, en raison de l'existence, dans l'un des faits que nous rapporterons plus loin, d'une altération de cette glande, à laquelle il est difficile de ne pas attribuer une origine syphilitique. Il y a lieu de croire tout au moins que parmi les nombreuses tumeurs dont la prostate est le siège, quelques-unes pourraient bien provenir de la syphilis. J. L. Petit (2) se montrait déjà le défenseur d'une opinion qui consiste à attribuer une origine syphilitique à un certain nombre de tumeurs prostatiques; mais, de même que la plupart des auteurs qui l'ont précédé ou suivi (3), confondant la blennorrhagie avec la syphilis, il comprenait sous le nom d'engouement syphilitique les altérations blennorrhagiques de cette glande. Cette remarque, déjà faite par Béraud (4), nous paraît parfaitement exacte ; l'erreur une fois signalée, il sera facile de faire à l'avenirdans les aff'ections prostatiques la part de la syphilis et la part de la blennorrhagie.
(1) Bull, de la Société anat., 2<= série, t. 1", p. 12, 1850 ; et Dict. encvclov . t. II, p. 236. .
(î) Œuvres complètes. Paris, 1844.
(3) yoyezAndré, Dissertation, etc., p. 4G. — Swediaur, loc. cit.
(4) Maladies de la prostate. Thèse de concours. Paris, 1867.
§ 2. — Organes génitaux de la femme.