ET LES AUTRES MALADIES
Parmi les maladies chroniques, la scrofulose el la tuberculose sont celles sur lesquelles la syphilis paraît avoir le plus d'influence. La goutte et le rhumatisme sont en général fort peu modifiés par celte maladie. La syphilis, suivant Lugol (i), influe sur la marche de la scrofulose, mais les fails que donne cet observateur à l'appui de cette assertion ne sont pas significatifs, ils ont trait à des individus simplement atteinls de blennorrhagie. Bazin (2) insiste avec raison sur la propriété qu'a la syphilis d'éveiller les manifestations de la diathèse scrofuleuse et de leur imprimer une tendance à la suppuration ; c'est un fait que du reste j'ai nettement observé dans un cas où une poussée syphilitique détermina l'apparition d'adénopathies suppurées mulliples. L'influence de la syphilis sur la tuberculisation pulmonaire a plus particulièrement préoccupé les auteurs. Morton, Morgagni, J. Frank, Graves (3), s'accordent à reconnaître que la syphilis est une cause débilitante qui, chez les individus prédisposés, favorise, accélère, aggrave le développement de la phthisie pulmonaire. Cette opinion, qui a eu pour principaux défenseurs Laennec et le professeur Andral^ ne repose toutefois que sur un petit nombre de faits, et, sous ce rapport, elle n'est peut-êlre pas tout à fait irréprochable. Quant à moi, j'ai observé seulement trois cas où la syphilis m'ait paru avoir joué le rôle de cause provocatrice par rapport au développement des tubercules pulmonaires. Trois individus débilités et amaigris par la syphilis furent atteints d'une tuberculisation à marche assez rapide qui finit par les emporter. Quelques auteurs n'hésitent pas à croire que la syphilis est susceptible de produire elle-même la tuberculose ; mais c'est là une manière de voir qui ne paraît nullement justifiée. Pour prouver que la syphilis peut engendrer la tuberculose, il faudrait, dit Gamberini (4), établir, à l'aide des faits cliniques, que des individus placés hors de toutes les conditions qui disposent à la phthisie en ont été atteinls à la suite d'une infection vénérienne. Or, la médecine pratique ne peut donner une réponse aussi explicite, et si, parmi les défenseurs de l'opinion
(1) Recherches et observations sur les causes des maladies scrofuleuses, p. 285. Paris, 1844.
(2) Leçons sur les syphilides, 1859.
(3) La syphilis et l'abus du mercure sont les deux causes, dit Graves, qui favorisentie plus le développement de la phthisie pulmonaire. Leçons de clinique médicale^ trad. fr. de Jaccoud, p. 1G2. Paris, 1863.
(4) Gazeila medica Italiana Toscane, 1852, et Gai. méd. de Paris, p. 374, 1853.