‹ Traité historique et pratique de la syphilis [electronic resource]Chapitre 70 sur 107 · APPORTS ENTRE LA SYPHILIS · texte numérisé non relu

APPORTS ENTRE LA SYPHILIS

qui rattache les tubercules à la syphilis, il en est quelques-uns qui prétendent avoir guéri des phlhisiques en employant des remèdes mercuriels, il y a lieu de croire, avec l'auteur précité, qu'ils ont pu s'en laisser imposer par une laryngo-lrathéite syphilitique, ce qu'indique tout au moins le court espace de temps qui a servi à la guérison. C'est de cette façon, en effet, que nous avons cru devoir interpréter ailleurs la plupart des observations connues de phthisie vénérienne.

L'existence simultanée de la syphilis et de la tuberculose est donc chose assez rare, et l'on peut croire qu'il y a entre le tubercule et le produit syphilitique un antagonisme analogue à celui qui existe entre le tubercule et le cancer. Or, la loi générale de l'organisme, en vertu de laquelle le développement d'une lésion pathologique arrêterait ou retarderait l'évolution de tout processus d'une origine différente étant vraie, c'est uniquement par la débilitalion qu'elle apporte au sein de l'économie que la syphilis est susceptible de donner le coup de fouet à la phthisie pulmonaire. Savoir si elle peut modifier les maladies aiguës est une question fort indécise et très-peu étudiée. Les quelques faits que nous avons observés ne sont pas suffisants pour légitimer une opinion à cet égard, et si dernièrement nous avons vu succomber rapidement à une variole hémorrhagique un malade qui était depuis un mois porteur d'un chancre induré, c'était là sans doute une simple coïncidence.

Au résumé, la syphilis peut être influencée dans sa marche par l'apparition d'une autre maladie, mais elle n'est généralement pas aggravée. Les manifestations de certaines maladies, celles de la scrofulose et de la phthisie pulmonaire particulièrement, sont quelquefois éveillées par la syphilis ; toutefois, il n'est nullement prouvé que celle-ci puisse les engendrer, elle est tout au plus à leur égard une cause occasionnelle.

Là ne se borne pas toute l'influence de la syphilis. Suivant certains auteurs, cette maladie pourrait être regardée dans quelques circonstances comme un préservatif contre d'autres maladies. Lancisi dit avoir appris de plusieurs médecins, qui avaient soigné les pestiférés à Rome, qu'aucun de ceux qui portaient des cautères ou des bubons vénériens en suppuration n'avait été atteint de la peste (1). Je me souviens d'avoir entendu raconter que les épi- Ci) De Bovilla peste, etc., Romac, 1715. Voyez Carrère, Hisiotre de la Soc. roy. de méd., t. IV, p. 219 des mémoires, Paris, 1785.

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