‹ Traité historique et pratique de la syphilis [electronic resource]Chapitre 71 sur 107 · BT LES AUTRES MALADIES · texte numérisé non relu

BT LES AUTRES MALADIES

démies de choléra qui ont sévi à Paris n'ont jamais visité l'hôpital du Midi (Hôpital des vénériens hommes). II est vrai que ce fléau a fait une légère apparition à l'hôpital deLourcine; mais il importe desavoir que les malades qui séjournent dans cet hôpital ne sont pas toutes syphilitiques. Cette remarque me paraît d'autant plus importante que le docteur Espagne vient de publier dans la Gazette hebdomadaire, 15 septembre 1865, un article intéressant dans le but de montrer l'immunité cholérique en 1849, et en 1854, dans les services desmaladies vénériennes et cutanées des hôpitaux de Montpellier. Pour ne parler que de l'hôpital Saint-Éloi, il y eut, en 1849, 12 décès cholériques, et en 1854, 118, tant dans les services de médecine que dans ceux de chirurgie, et, dans aucune de ces deux années, il n'y eut de décès dans les services du même hôpital affectés aux individus atteints de maladies de peau ou de syphilis. N'y a-t-il dans ces faits qu'un pur effet du hasard ? je n'oserais le dire. Est-ce à la syphilis ou au mercure que l'on emploie pour la traiter qu'il convient d'attribuer ces effets? Le docteur Espagne ne se prononce pas sur ce point; mais, s'il me fallait décider entre ces deux alternatives, j'inclinerais à regarder la sypjiilis plutôt que le mercure comme une sorte de préservatif contre le choléra.

Enfin Chassaignac a rapporté à la Société de chirurgie (1) que, sur vingt-cinq ou trente opérations qu'il avait faites sur des syphilitiques, il n'en avait jamais vu une seule qui eût été suivie d'infection purulente, et ce savant chirurgien s'appuie sur ces faits pour supposer qu'il y a une sorte d'antagonisme entre la syphilis constitutionnelle et l'infection purulente.

Que penser de ces différentes observations? Qu'il existe un antagonisme réel entre la syphilis et quelques autres maladies? Les données actuelles n'autorisent pas à affirmer un fait aussi important. Des recherches nouvelles méritent d'être entreprises sur ce sujet; mais en tout cas un organisme en puissance de syphilis paraît peu disposé à subir les atteintes de causes morbides.

(1) Voyez Gaz. hebd., 18G2, p. G04.

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