MÉNINGITES
dans un œil d'une manière subite, ne persistent que quelques heures ou quelques jours, et se dissipent totalement pour reparaître dans l'autre œil et sous une autre forme. Ainsi, il arrive assez souvent que d'un côté on a la paralysie de la sixième paire, qui est remplacée par la paralysie de la troisième paire de l'autre œil, et viceversd. Guéneau de Mussy (1) a parlé de ces accidents et de la facilité avec laquelle on peut les distinguer d'autres formes analogues de paralysies d'oculo-moteurs. Ces paralysies, en général, sont rarement persistantes dans la méningite ; néanmoins, nous voyons des enfants qui ont conservé pendant des années le strabisme convergent ou divergent après les accidents convulsifs et méningitiques. Chez une malade qui a succombé à THôtel-Dieu à la suite d'une méningite, nous avons pu observer avec M. Lancereanx, pendant plusieurs semaines, l'apparition et la disparition alternative des paralysies de la sixième ou de la troisième paire conjointement avec de la périnévrite optique.
IV. Ulcère et nécrose de la cornée. — LcS altérations de la COr-
née dans la méningite basilaire ont été démontrées depuis longtemps; elles sont le résultat delà propagation deTinflammation au pourtour des racines de la cinquième paire, et cet accident est incontestablement dû, comme tous les autres accidents nerveux, à l'inflammation des méninges. Trousseau avait signalé la fonte de la cornée dans la fièvre typhoïde putride ou adynamique, et il attribue cet accident à ce que les malades dorment les paupières entr'ouvertes, et affirme qu'il lui suffit défaire une occlusion des paupières pour que la guérison eût lieu. Selon moi, ce fait ne prouve nullement que l'ulcération ne soit pas consécutive à la méningite et à la lésion de la cinquième paire; tout au contraire, les expériences de Snellen, en 1857, et celles de Biittner, ont démontré que si, après la section du trijumeau, on protège l'œil, les troubles trophiques ne se produisent plus dans la cornée. Ce qui- a été observé par Trousseau dans la méningite typhoïdale se rencontre encore bien plus souvent dans la méningite tuberculeuse, surtout lorsque cette dernière accuse une marche lente, et s'étend vers le bulbe.
(1) Guéneau de Mussy, Clinique médicale^ t. \l, Paris, 1876.
iU MIL&DIES CÉKÊBIALES.
V. TaWrcMin 4e la èbav*ï4». — Dans UQ arlttle précédonl (page 209) dou5 avons décril l'aspect ophlhalmoscopique que présentenl les lubercules déreloppés dans ta choroïde. Ce son! de petites exsudations blanchilres ou blanc-grisâtres qui apparaissent sur les difTéreDls poinis du Tond de l'œil, et Ton! croire à l'existence d'une exsudation plastique ou d'une atrophie choroïdienne. Ces petites tumeurs sont tantôt isolées, tanlôl multiples, et elles s'accompagnent habituellement d'une oévrile ou d'une périnémte optique.
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Les lumeurs cérébrales amènent, dans la grande majorilé des cas, des troubles visuels plus ou moins marqués, qui se terminent babiluellemenl par la cécité complète des deux yeux.
Depuis longtemps cette corrélation entre les tumeurs cérébrales et l'atTaiblissement de la vue avait été signalée par différenls auteurs. Abercrombie, Andral. Kajer, Bamberger, rapportent de nombreuses observations qui confirment ce Tait. 11 Taul ici rendre justice à Oggle et à de Graefe, qui ont, les premiers, attiré l'attention sur l'existence des lésions ophthalmoscopiques. Une fois l'essor donné, chacun chercha à ?e rendre compte des lésions du nerf optique, et le nombre des faits de ce genre esl assez considérable aujourd'hui, pour que nous puissions donner des signes positifs, nous dirons même pathognomoniques, de la maladie.
Pour bien comprendre le mécanisme par lequel le développement des tumeurs dans le cerveau entraîne le trouble ou la perte de la vue, il est bon de se rendre préalablement un compte exacide la localisation des tumeurs.
De la statistique que nos propres recherches et celles de Annuskc (l)nous ont aidé à établir, il résulte que, sur 344 cas, tant anciens que nouveaux, l'altération de la vue n'a été mentionnée que 140 fois ; l'absence de toute lésion oculaire n'a été au contraire constatée que 19 fois.
Voici, du reste, le tableau des tumeurs cérébrales et de leur relation avec les lésions des nerfs optiques, que nous avons
(1) Annuske, Die Neuritis opticti bei Tumor Ctrebri {Archiv f. OpAM. B. XIX, Ablta. m, p. lesj.
MALADIES r.ËHt:BRALES.
diffère, no général, très peu de celle que l'on Irouve dans la m^'oingUe tuberculeuse dont nous avons parli'' plus haul. L'affeclioH se di5clare dans les deux yeux à la même époque ; mais, landisque dans un œil la vue esl quelquefois très affaiblie, ou même complfelement perdue, dans l'autre elle se conserve encore pendant un temps relativemenl assez long. L'inflammation du nerf optique, ou plutôt la dégénérescence progressive que subissent ses fibres depuis la tumeur, qui est le point de départ de la dég^mérescencejusqu'à la papille, qui en esl le point culminant, est suivie d'un gonflement de la masse du nerf. Mais le trou sclérolical, ne pouvant pas se distendre, exerce une pression constante sur le tissu nerveux infiltré, et ami-ne une interruplion presque complète de la circulation arlérielle. Le sang veineux, ne pouvant retourner, Iranssude dans le voisinage de la papille et forme une zone péripapillaire blanche ou d'un blanc grisâtre, semblable à celle que l'on trouvera dans la figure 1 de la planche X.
Il arrive parfois que, les veines étant trop distendues et leurs parois se trouvant, par cela même, affaiblies et amincies, des apoplexies se produisent sur différents points de la rétine.
L'atrop/iie de la papille est l'issue fatale de la maladie ; elle survient tôt ou tard, même lorsqu'on obtient, dans quelques cas rares, la résorption de la tumeur, comme cela est arrivé chez un jeune homme âgé de 25 ans, atteint d'une fumeur cérébrale syphilitique, que nous avons soigné en 1874 avec le docteur Alfr. Fournier. Ce jeune homme avait été atteint d'accidents cérébraux graves, de convulsions, de vomissements, de douleurs de tête, d'une névrite optique double très marquée et d'un sarcocèle syphilitique, puis, peu de temps après, d'une iritis. Sous l'influence d'un traitement mixte antisyphilitique, nous avons réussi à faire disparaître le sarcocèle et l'irilis ; les accidents cérébraux se sont dissipés aussi promptemenl, mais la vue s'est perdue définitivement, la névrite ayant été suivie d'une atrophie complète des deux papilles.
Cette atrophie diffère habituellement et d'une manière très frappante, au moins au début, de l'atrophie progressive alaxique du nerf optique. Les vaisseaux restent tortueux et en même temps ils deviennent fins, filiformes. La papille esl d'un blanc