‹ Traite iconographique d ophthalmoscopieChapitre 109 sur 177 · TUMEURS CÉRÉBRALES · texte numérisé non relu

TUMEURS CÉRÉBRALES

mat, entourée, vers ses bords, d'une sorte de voile blanchâtre qui est consécutif à l'infiltration séreuse produite pendant la période d'étranglement du nerf, et qui ne se dissipe presque jamais complètement, ainsi que nous l'avons démontré le premier dans un travail lu au congrès de Paris en 1862 (1). Pourtant il y a des cas où l'infiltration accompagnant la névrite optique esta peine marquée, et se dissipe totalement à l'époque où l'atrophie du nerf optique a lieu. Si les vaisseaux n'ont pas changé non plus de volume ni de direction, s'ils ne sont pas tortueux, on aura alors, après la disparition des phénomènes de névrite, la plus grande difficulté pour diagnostiquer cette atrophie de la forme progressive ou tabétique. C'est de cette façon seulement qu'on peut s'expliquer pourquoi l'origine inflammatoire de la maladie a été mise en doute dans certains faits rapportés par Pagenstecher et Hughling Jackson. Les traces de névrite ayant complètement disparu, on se trouve, vers la période ultérieure de la maladie, en face d'une atrophie de la papille qui ne paraît pas avoir une origine inflammatoire.

Dans la névrite optique et pendant la période inflammatoire, les pupilles se dilatent et deviennent immobiles ; elles commencent à se rétracter à la période atrophique, mais elles ne reprennent leur mobilité que lorsque la vue est, au moins en partie, revenue.

A ces symptômes intra-oculaires il faut ajouter la coexistence simultanée des paralysies des nerfs moteurs oculaires et d'autres nerfs crâniens. Mais ces paralysies n'existent que dans les tumeurs qui attaquent en même temps les nerfs optiques et les nerfs oculo-moteurs; nous considérons cette simultanéité d'affections comme une indication précise pour la localisation de la maladie cérébrale.

Si l'on examine avec soin tous les symptômes qui accompagnent les tumeurs situées dans différentes parties du cerveau, on arrive à constituer un tableau d'après lequel on peut faire le diagnostic de la maladie. Nous pouvons résumer cette symptomatologie dans les propositions suivantes :

I. Tamears de la fosM cérébrale antérleare. — ElleS SC portent.

(1) Galezowski, Annales doculistique. Paris, 1863.

866 MALADIES CÊEtÊElKALES.

d'une part, vers la masse cérébrale, et de l'aulre, vers la paroi supérieure de l'orbile : là elles dt^primenl ou détruisent cet os, et se dirigent vers la cavité orbitaire. 11 existe donc uni/ exophlhalaiie suivie, au bout de quelque temps, d'une névrite optique binoculaire et d'un siraltismc divergent ou convergent.

La perle de l'odoral accompagne très souvent la maladie, par suite de la compression des nerfs olfactifs.

Lorsque la tumeur se développe dans le voisinage de la cnsta gain ci sur l'os cthmoïde, il survient de l'épislaxis plus ou moins abondante.

II. TameiirB de la glande pllullnire ou de la BClle lurcl^ne.

Elles amènent ta cécité d'une manière presque instantanée, et l'on trouve une névrite optique binoculaire qui n'est que très peu prononcée; l'étranglement des fibres optiques, de même que l'engorgement des vaisseaux, n'existe point, et les signes ophthalmoscopiques l'ont penser plutôt à une méningite qu'à une tumeur. Si la tumeur prend du développement, elle attaque par voisinage les nerfs auditifs, ceux de la sixième ou de la septième paire.

III. Tumeurs du rocher. — Cct OS se trouvc, par son sommel, rapproché de l'apophyse basilaire et de la selle turcique, et les tumeurs qui se développent dans le périoste du rocher, en s'étendant, envahissent successivement le nerf auditif, la septième paire, puis un ou deux nerfs optiques, et quelquefois même la troisième paire.

Les signes se rapportant à ces sortes de tumeurs sont les suivants :

1* La maladie débute par la paralysie de la septième poire d'un côté,

2" Les douleurs de tête, l'écoulement d'une oreille et la surdité d'un seul côté accompagpe la maladie.

3" Le trouble de la vue reste monoculaire pendant longtemps, puis s'étend aux deux yeux.

4* La périnévrife optique est souvent très peu marquée, aboutit promptement à l'alrophie de la papille.

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