‹ Traite iconographique d ophthalmoscopieChapitre 115 sur 177 · ALTÉRATIONS DANS L'ENCÉPHALITE ET LA PÉRIENCÉPHALITE · texte numérisé non relu

ALTÉRATIONS DANS L'ENCÉPHALITE ET LA PÉRIENCÉPHALITE

une cécité complète avec névrite optique ou une atrophie des papilles optiques.

Nous avons eu Toccasion d'observer un fait de ce genre, avec le professeur Peter, chez une malade qui avait eu, pendant la période de ménopause, un transport au cerveau avec tous les symptômes d'hémorrhagie méningée. Les accidents cérébraux se dissipèrent, mais la malade perdit la vue par suite d'une névrite optique qui s'est terminée par une atrophie des papilles.

Les symptômes ophthalmoscopiques peuvent cependant faire défaut toutes les fois que Thémorrhagie se trouve éloignée du chiasma. Les pupilles sont alors aussi contractiles que dans l'état normal, et l'examen ophthalmoscopique permet de constater une intégrité parfaite des papilles optiques. Il nous a été donné de vérifier un cas de ce genre chez un malade de la ville, quenousavons vu, en 1875, en consultation avec M. le professeur Charcot et le docteur d'Heurles. Nous n'avons trouvé, chez ce malade, aucune lésion dans le nerf optique, mais les deux yeux étaient déviés du côté droit, siège présumé de l'hémorrhagie.

§ 4. — Altérations de la Tue dans l'encéphalite et la pérlencéphallle.

Les encéphalites localisées reconnaissent des causes très variées : tantôt c'est à la suite d'une oblitération artérielle que le ramollissement a lieu, tantôt le même désordre se produit autour d'un foyer apoplectique.

L'encéphalite peut être complètement et pendant longtemps circonscrite dans une partie du cerveau, et n'entraîner l'affaiblissement des fonctions que dans un seul membre, un seul muscle ou un seul sens. Dans une encéphalite limitée aux bandelettes optiques ou aux corps genouillés, il n'y aura que la vue qui sera affaiblie ou abolie, sans que pour cela la santé du malade soit altérée.

A l'examen ophthalmoscopique, on constate, dans ces cas, une atrophie parlielle ou totale des deux papilles, avec diminution du champ visuel.

Bernhardt (1) a publié deux cas d'atrophie partielle ou

(1) Bernhardt, Bertiner Klin. WoekeMchrift, t^sepL 1875.

Oalisowmi. — Ophthalmoteopie, 18

274 HAPPORTS F.^^TRF, LES LÉSIONS OCl'LAIHES. .

totale de la papille, et où, à Taulopsie, on a pu constater un foyer de ramollissement cyslique dans le corps strié, s'éfendant au noyau lenticulaire et à la partie intérieure jusqu'au quatrième ventricule; on y trouva, en outre, l'embolie des artères communicantes et sylviennes. Dans d'autres cas, la lésion occupe la partie postérieure de la couche optique et le pied de la couronne rayonnante de Keil.

La périencéphalite chronique, qui a été si bien étudiée par Calmeil, s'attaque de préférence à la surface des hémisphères, d'où la perte d'intelligence, la folie, etc. Mais il est rare que cette affection s'altaque aux organes centraux de la vision, et, sur 56 cas de périencéphalite rapportés par Calmeil, 3 malades seulement étaient atteints de cécité complète. Magnan et V. Mierzejewski (1) ont rapporté l'observafion d'une femme atteinte de paralysie générale, d'une sclérose du nerf optique gauche, du moteur oculaire commun droit et du pathéliqne droit ; la vision avait été abolie à gauche, et la troisième paire droite était paralysée. Chez d'aulres malades ils n'ont pas trouvé de lésions dans ces nerfs, malgré la présence de strabisme convergent ou de strabisme divergent avec ptosis. Il semblerait, d'après ces auteurs, que chez les paralytiques ces (roubles fonctionnels peuvent se présenter d'une manière passagère, sans altération appréciable de ces nerfs.

Baillarger a démontré que les pupilles peuvent subir, d'un mois à i'autie, de fréquentes variations chez les mêmes individus atteints de paralysie générale. Nous avons observé, en outre, qu'au lieu d'Être rondes comme dans l'étal physiologique, elles deviennent irrégulières, angulaires, déformées d'une manière plus ou moins marquée. Quelquefois les nerfs oculo-moteurs sont aussi affaiblis ou paralysés, ce qui indique ia propagation du ramollissement jusqu'à l'origine de ces nerfs.

Dans ïhydrocé/i/iale, le cerveau subit la même désorganisation de ramollissement de la substance cérébrale; les organes centraux visuels éprouvent les mêmes lésions que dans l'encéphalite ou la périencéphalite, et les papilles deviennent en

(IJ Magnaci fX Mierîpjewbki, i)es Lésions des parois ventriculaires et des parties êOttS-jacmtes d<ins la paralysie ginirale (Archives de physiologie, Paris).

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