TROUBLES VISUELS DANS LA SCLÉROSE EN PLAQUES
OU avec des paralysies transitoires peu prononcées, et qui guérissent plus ou moins complètement.
Parmi les malades de ce genre qui sont guérissables il y en a un certain nombre qui n'ont perdu la mémoire que de quelques mots et des lettres de Talphabet qu'ils confondent les unes avec les autres. Ce sont des amnésiques . Ceux-là parlent bien et soutiennent facilement des conversations; mais ils ne peuvent pas se rappeler certains mots, qui exprimaient leur pensée, ou qui doivent désigner divers objets. Et ce manque de mémoire pour certains mots et certaines dénominations d'objets peut leur manquer pour un certain temps. Parmi ces derniers, j'ai rencontré deux malades, qui pouvaient parler, quoique avec une certaine hésitation, tandis qu'elles ne. pouvaient lire un seul mot même des plus gros caractères. L'une et l'autre de mes malades avaient la plus grande peine à reconnaître les lettres, en les confondant les unes avec les autres. Ce n'était point l'acuité visuelle qui était diminuée, mais il s'agissait d'une simple amnésie dse lettres qui rendait le travail de lecture et d'écriture impossible.
Marcé (1) a cherché à établir qu'il existait un principe coordonnateur de la parole et de l'écriture, mais que, pourtant, dans un certain nombre de cas, la perte de la faculté du langage articulé et la perte du langage par l'écriture pouvaient exister isolément. En effet, Trousseau rapporte l'histoire d'un facteur des Halles, qui avait perdu la faculté de la parole, et qui pouvait cependant écrire très distinctement, ce qui lui a permis de continuer ses occupations, en suppléant à la parole par l'écriture. C'est donc dans la localisation de l'altération dans telle ou telle autre portion de la troisième circonvolution frontale, qu'on trouvera l'explication de ces différents troubles visuels aphasiques.
§ 6. — Trovbles Tltuels iIabs 1a sclérose en plftqve*, la paralysie
afi^ltante et la chorée.
I. Sclérose en plaques disséminées. — LeS rechcrchcS de Char-
(1) Marcé, Mémoires de la Société de biologie, 2^ série, l. 111. Paris, 1859. Voyez aussi Marcé, Valeur des écrits des aliénas au point de vue de la séméiologie et de la médecine légale (Ami. d'hyg., 1864, t. XXI, p. 379).
•:■ llPPORTS EfTHE LES lEsiow «nrialHES.
col H de Volpian nous ont montré qu'il existe, au point de vue aoaloniifiue. trois formes de sclérose, qui sont les suirantes : forme cipkalique, forme gpinaie, forme mirle ou cirihro-spinale . Mais au point de rue nosologiqae. c'est la même affection qui Se localise de préférence dans l'une ou l'anlre portion des centres nerreux. Pour nous, qui ne Toulons étudier que les complications se développant du côté de l'appareil TÎsuel. nous nous occuperons de la sclérose en plaques en général.
On sait que le symptôme le plus caractéristique de la maladie esl le tremblement ne $e manifestant ipt'à f occasion de» moucementt intmlimmeh d'une certaine étendue, et qià ce$$e dès que les mutc/es sont abandonnés à un repos complet. Telle est la définition exacte de la sclérose d'après Charcol 'I). Ce tremblement peut agiter la tète, le tronc ou les membres inférieurs ou supérieurs et se présenter, sur ces divers points, avec tous les caractères propres à la maladie. Dans la paralysie agitante. au contraire, le tremblement existe aussi bien lorsque les membres sont immobiles que lorsqu'ils sont mis en mouvement par la volonté : la télé, en général, ne tremble point.
Dans la sclérose, les mouvements, quoique désordonnés, ont une certaine régularité, ils sont pour ainsi dire rythmés : c'est pourquoi on a désigné celte sorte d'afTection sous le nom de chorée rythmique.
Lorsqu'on examine avec soin ces malades, on découvre chez eux tout un groupe de symptômes que Charcol a proposé d'appeler cé/ihaliques^ au nombre desquels les troubles visuels occupent la première place. Ce sont la d/plopte, Vamblyopie sans lésion, l'atrophie desjiapilles et le nyslogmtis.
a. Diplopie avec paralysie des moteurs oculaires. — C'est un phénomène du débul de la maladie, et de même que dans Tataxie locomotrice, il peut être transitoire. La diplopie, en eiTet, peut disparallre, bien qu'à l'autopsie on trouve sur l'un ou l'autre de ces nerfs moteurs des plaques sclérosiques.
M. Bournt'ville rapporle l'histoire d'une malade qu'il a observée dans le service de M. Marotte. Cette personne offrait, en apparence, tous les symptômes d'ataxie locomotrice avec
(I) Cbarcot, Ltçont $ur Iti maladies du sytiéme nerveux, recueillies el publiées par Bourneville. Paris, 1875, p. 227,