IV. Paraljsle •ImHKanée de tona les mnïcl» de l'oall. — NoUS
avons été le premier à démontrer, dans un mémoire lu à la Société de Biologie, que dans certains cas d'alaxie locomotrice tous les muscles de l'œil sont paralysés en même lemps. L'observation nous a démontré depuis que ces faits sont relativement assez fréquents.
V. HidrUie el lof^niit^ des papilles. — La mydriase spoutanée monoculaire est une des paralysies prémonitoires, qui apparaissent dans les premières phases de l'ataxie. Elle apparaît quelquefois avant tous les autres symptômes ou simullanémenl, avec des douleurs fulgurantes; quelquefois la mydriase existe en même temps que la paralysie de toutes les branches de la troisième paire, mais, dans d'autres cas, elle est tout à fait isolée et se développe en dehors de l'affection de la troisième paire crânienne.
Nous avons été consulté, en 1866, par un de nos confrères
(<) Galezowski, Des Iroubles oculaires dans fatnxie locomotrice. Leçons rei:ueUlies par Despapul, Paris, 1883.
MYOSIS. 285
distingués de la capitale, le docteur G..., pour une mydriase de Toeil droit, dont il fut pris spontanément et sans aucune cause appréciable. Cette mydriase avait résisté à tout traitement pendant quatre années consécutives, lorsqu'en 1870 le malade éprouva des accidents très complets d'ataxie pendant son séjour à Metz au moment du siège.
En 1875, nous avons donné des soins, avec notre excellent confrère le docteur Labadie-Lagrave, à un jeune Anglais atteint d'ataxie locomotrice, accompagnée d'une mydriase monoculaire. Le malade fut guéri par l'application des pointes de feu sur la colonne vertébrale, l'hydrothérapie et le traitement tonique iodé.
Ces deux faits prouvent suffisamment que la mydriase peut exister tout aussi bien dans la forme bénigne que dans la forme progressive et incurable de la maladie.
Nous avons observé aussi que la pupille change de forme chez les ataxiques, et qu elle devient irrégulière, angulaire ou ovale. Mais cette forme apparaît surtout dans les cas où le nerf optique subit une dégénérescence atrophique.
VI. Myosis. — On sait que l'ataxie locomotrice est le résultat de la sclérose fasciculée latérale des cordons postérieurs de la moelle. Par conséquent, lorsque cette lésion atteint la région cilio-spinale, elle entraine forcément une contraction de la pupille plus ou moins marquée. C'est la myosis.
Le resserrement de la pupille est parfois tellement considérable, qu'on ne la voit plus que comme un point central noir au milieu de l'iris. L'examen ophthalmoscopique devient alors impossible, et, même en instillant de Tatropine, on n'obtient qu'une très légère dilatation.
Le rétrécissement de la pupille s'observe souvent dans les yeux qui sont atteints d'atrophie des papilles, mais il peut très bien coexister avec une intégrité parfaite des nerfs optiques, comme il nous a été donné de l'observer chez un malade du service de M. le professeur Germain Sée, chez deux malades de notre clinique et chez un troisième malade que nous avons vu avec M. le professeur Bail.
Presque toujours, dans ces cas, on trouve une contraction du muscle accommodateur, ce qui fait que ces malades ont la vue
trouble à distaiici', mais la vision de près se conserve complfelemenl normale à moins que le myosis soil accompagné d'une atrophie de la papille optique.
VII. Atrophie pra^rTsilTc des papilles. — Cclto affcction, qui
est désignée par M. le professeur Charcol sous le nom d'induraliongrise progressive, %e développe, le plus souvent, à une période plus ou moins avancée de la sclérose des cordons postérieurs, lorsque tous les autres signes de l'ataxie locomolrice sont bien accusés. Mais il existe un certain nombre de cas dans lesquels la dégénérescence grise débute par les nerfs optiques, bien avant tous les autres symptômes de l'ataxie, de telle sorte que, d'après ce seul signe ophthalmoscopique, nous pouvons souvent prévoir le développement prochain de la maladie de la moelle.
L'atrophie progressive des papilles est, en effet, très caractéristique de l'ataxie ; elle ne se rencontre sous cette forme que dans un nombre très restreint de maladies, quelquefois dans la sclérose en plaques et dans le ramollissement cérébral.
L'atrophie alaxique des papilles ne diffère des autres affections analogues que par sa marche progressive. Le plus souvent elle débute par l'œil gauche, puis elle se communique à l'autre œil, marche progressivement dans les deuxyt'ux; la vuene se perd pourtant complètement qu'au bout de deux à quatre années.
L'ataxie est, comme l'ont démontré les recherches de Charcot et de Pierret (1), constituée par la sclérose fasciculée latérale (les cordons postérieurs, ou sclérose des bandelettes externes. Cette sclérose peut débuter dans la région dorso-lombaire, s'étendre peu k peu dans le sens vertical, vers la région cervicale, et atteindre plus haut les centres optiques. Dans d'autres cas, rares, il est vrai, la sclérose commence par un foyer isolé dans le centre optique, d'où elle s'étend dans les deux directions vers rexirémilé Irophique des nerfs optiques pour y amener une atrophie des papilles, et vers l'extrémité inférieure de la moelle, amenant ainsi d'autres signes d'ataxie locomolrice.
D'après les recherches microscopiques de Leber (2), le processus sclérosique des nerfs optiques ne marche pas toujours de la même façon : tantôt la sclérose débute près des enveloppes
(1} Pierrel, Essai sur /es symptùmes céphalii/ues du labes dorsulis. Paris, 1876. (S) Leber, ArcAiv fâr Ophthatm., Bd. XIV, Abtfa. it, p. 177.