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ATROPHIE PROGRESSIVE DES PAPILLES

du nerf, et n'atteint les fibres centrales que vers la période ultime de la maladie; tantôt, au contraire, la dégénérescence sclérosique suit plus particulièrement un côté du nerf et, de là, elle s'étend successivement à toute la masse du nerf. On comprend, dès lors, pourquoi le champ visuel n'est pas toujours rétréci de la même façon chez tous les individus, pourquoi, tandis que les uns conservent l'acuité visuelle pendant longtemps intacte et n'ayant qu'un rétrécissement irrégulièrement concentrique, d'autres, au contraire, perdent dès le début l'acuité visuelle et accusent simultanément des échancrures plus ou moins marquées dans le champ visuel.

L'induration grise s'accuse dans le nerf optique, comme dans la moelle épinière, par la métamorphose fibrillaire de la névroglie et la disparition concomitante du cylindre axile.

L'atrophie progressive des papilles est accompagnée habituellement d'un symptôme qui est pour nous caractéristique de la maladie, c'est la dischromatopsie spéciale. Les malades atteints de cette affection perdent en effet, dès le début de la maladie, la notion du rouge et du veri comme je Tai démontré le premier (1).

Il faut ajouter à ces signes ceux que le professeur Charcot (2) a observés chez beaucoup d'alaxiques. Ce sont, notamment, des douleurs de tète continues qui siègent au front et à la nuque, et des douleurs fulgurantes revenant par crises et occupant surtout le trajet des nerfs de la cinquième paire. Quelquefois les malades éprouvent des sensations de tension du globe de l'œil allant jusqu'à l'impression douloureuse qu'ils comparent à l'arrachement du globe oculaire. J'ai vu aussi des anesthésies partielles, disséminées à la face dues à la lésion de la cinquième paire (3).

Tels sont, en résumé, les symptômes propres àl'ataxie locomotrice. Ces troubles visuels sont très graves, et se terminent presque toujours par la cécité absolue, malgré l'amélioration qu'on voit se produire quelquefois dans le cours de l'affection générale tabétique.

(1) Galezowski, Du diagnostic des maladies des yeux par la ùhromatoscopie rétinienne. Paris, 1868.

(2) Charcot, Leçons sur les maladies du système nerveux. Paris, 4874, p. 4d.

(3) Galezowski, Des troubles oculaires dans Vataxie locomotrice. Paris, 1883»

Mais des symplômes analogues à ceu\ de l'ataxie peuveiil se produire dan^ l'ataxie alcoolique, et alors la guérison est plus certaine. Barre (1), interne du D' Dieulafoy, rapporte un cas de guérison de l'ataxie alcoolique. Ottinger (2) a rapporté plusieurs cas de pseudo-tabes qui ont gui''ri.

§ g. — AccIdeMl* ocalalre* dans ■«• bleaanrci et fraclares

Les blessures des os du crûne ef les fractures qui sont produites par des projectiles de guerre, par le choc des agents extérieurs ou par une chute sur la tête, amènent souvent une sorte d'ébranlement et de commotion dans l'encéphale et dans les nerfs qui s'en détachent.

Du côté des yeux, les accidents sont pourtant relativement assez rares, ce qui s'explique par la circonstance que les fractures de la base du crâne, avec laquelle les nerfs oculaires sont plus intimement en rapport, sont moins fréquentes que les autres.

Les signes qui caractérisent la fracture de la base du crâne s'annoncent par une ecchymose en un point de la tête qui n'a pas été directement frappé, comme dit Legouesl, par un écoulement de sang ou de liquide séreux par la bouche, le nez et les oreilles. L'ecchymose de la conjonctive et des paupières se montre, généralement, vingt-quatre ou trente-six heures aprïis l'accident ; elle sert de signe précieux pour le diagnostic, sans avoir la moindre influence sur la vue.

Mais il existe un certain nombre d'afîections graves qui atteignent l'organe de la vue, ce sont :

l. P>rBlT»lM de I> slilème ou d<- In trolaUme paire. — NoUS li'S

avons observées assez souvi-nt dans les contusions causées par la chute, sur la têle, d'un lourd fardeau. La paralysie de la sixième paire d'un ou des deux côtés est une de celles que nous avons observées le plus souvent, et il arrive même quelquefois qu'immédiatement après l'accident, le malade est pris d'une paralysie de la sixième paire d'un côté, cl qu'au bout de quelque temps la section atteint la sixième paire de l'autre œil ainsi que la septième paire. Cette multiplicité de paralysies

(f) Barre, France médicale, mai I8S5.

(8) Oltinger, Thèse.

PËRINÉVRITE OPTIQUE COHSËCUTiVB. 2S9

s'explique par l'origine anatomique commime des aerfs près du raphé médian du quatrième ventricule où a lieu probablement un épanchement sanguin.

Chez un machiniste de TOpéra, qui avait reçu tm décor sur la tête, il s'est déclaré d'abord une paralysie de la sixième paire d'uD côté, suivie, quelques semaines plus tard, de la paralysie de la sixième paire de l'autre œil el du nerf facial. Lorsqu'il y existe une déchirure des méninges à la base du crâne et tout près des sinus caverneux, on voit apparaître la paralysie mixte de la sixième et de la troisième paire de l'œil du côlé correspondant.

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