TUMEURS DE LA RÉTINE ET DE LA CHOROÏDE
Fl6. 1.
Tameur da nerf optique et de la rétine avec développement excessif des artères et oblitération de ses branches périphériques. — G..., Agé '
do 11 ans, mo fut adressé à la fin de mars 1872 par le docteur Colson (de BeauTait) pour un afTaiblissemcnt très marque de la vue de Tœil gauche, qui s*était déclaré d'une manière lente et progressive. L'œil est divergent et légèrement saillant; il parait io- Jecté, Xn pupille se contracte incomplètement ; la vision est diminuée d'une manière tièa notable, l'enfant compte à peine les doigts ; le champ visuel interne est complètement
perdu.
Examen ophthalmoscopique, — Toute la région de la papille et des parties voisines est occupée par des vaisseaux très volumineux et variqueux : la majeure partie de ces vaii- Bcaux a un triple ou quadruple volume, ils s'entre-croisent entre eux et se perdent audessous de Texsudation blanchâtre. Plusieurs de ces artères sont oblitérées et transformées en cordons blancs. Évidemment il 8*agissait ici d'une tumeur du nerf optique, dont la nature me paraissait difficile à préciser.
Le 13 août 1874, le père me ramena son enfant et J*ai pu me convaincre que Im tumeur a fait relativement peu de progrès au bout de trois années et demie; l'aspect ophthalmoscopique s*est modifié en ce sens que plusieurs autres branches artérielles se sont oblitérées ; la vision est presque totalement perdue, et c'est à peine si l'enfant perçoit la lumière dans le champ visuel externe.
' Selon moi, il s'agissait là d'une tumeur télangiectasique ou caverneuse du nerf optique, dont nous voyons jusqu'à présent le premier exemple.
Fi6. 2.
Tomenr mélano-sarcomatense de la choroïde, du nerf optique et de la rétine. ^ Madame K..., Agée de 30 ans, vint me consulter le 17 novembre 1870 sous les auspices du professeur Lasègue ; elle se plaignait de douleurs névralgiques excessivement violentes, occupant la moitié de la tète ; par moment elle éprouvait des élancements dans l'œil droit, dont la vue s'était affaiblie depuis un mois ; elle distinguait le n* 5 de l'échelle, mais difficilement, et il existait un scotème dans le champ visuel externe.
Examen ophthalmoscopique. — Nous constatons une exsudation blanche, rayonnant au bord interne de la papille, ressemblant aux plaques fibreuses de la rétine ; du cèté externe, au contraire, l'exsudation ressemblait à une infiltration séreuse.
Évidemment il s'agissait là d'une tumeur sarcomateuse ; la malade a de nombreuses glandes au cou du côté malade, ce qui ferait craindre la généralisation de la maladie. Tous ces phénomènes se sont déclarés, au dire de la malade, quinze mois après les dernières couches.
J'ai perdu de vue la malade pendant plusieurs mois, et elle n'est revenue me voir qu'au mois de février de l'année suivante, souffrant d'une manière atroce d'accidents glaucomateux avec cataracte. C'était un glaucome secondaire, consécutif à la tumeur sar
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FI yxv
TUMEUHS DE LA RETINE ET DE LA CHOROÏDE
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ICONOGRAPHIE OPHTHALMOSCOPIQUE. 343
comateuse intra-ocalaire. L*énucléation était deYcnue indispensable, et nous ravons pratiquée au mois de mars 1871. Cette opération avaitdébarrassé la malade de ses souffrances, mais la maladie générale cachectique prit un développement rapide, et elle mourut six mois après.
L*examen de Tœil énucléé, fait par le docteur Cornil, nous a permis de constater qu'il s'agissait d'un mélano-sarcome développé dans la choroïde autour du nerf optique. Le sarcome s'est propagé le long des vaisseaux et des nerfs vers la partie du cercle ciliaire et a amené consécutivement des stases veineuses et un glaucome secondaire.