‹ Traite iconographique d ophthalmoscopieChapitre 35 sur 177 · OPHTHALMOSCOPE A RÉFRACTION DE PARENT · texte numérisé non relu

OPHTHALMOSCOPE A RÉFRACTION DE PARENT

Or, en supposant Taccommodation de Tobservé et celle de Tobservateur annulées (résultat facile à obtenir), le verre qui permet ainsi de voir en image droite est celui qui corrige approximativement l'anomalie de réfraction du sujet examiné. Mais encore faut-il que l'instrument ne porte en lui-même aucune cause d'erreur. M. Parent a démonfré (1) que, pour qu'il en soit ainsi, il est indispensable que les verres correcteurs soient tenus bien parallèlement au plan irien; sinon on déformerait l'image réfinienne, et cela ne manque pas de se produire, lorsqu'on s'occupe, par les déplacements d'un miroir ordinaire, d'éclairer et de bien saisir dans ses détails le dessin du fond de l'œil, de se débarrasser des reflets, etc.. Pareil inconvénient n'est pas à redouter avec un miroir incliné en station fixe, mais capable de se mouvoir dans une rainure dans le plan de l'ophthalmoscope ; c'est le cas des instruments décrits. De plus, il importe, si l'on veut que l'examen à l'image droite soit facile, que l'on projette sur la rétine un large cercle de diffusion qui permette d'embrasser toute la papille et une partie limitrophe assez considérable. De là l'usage de miroirs concaves de 8 à 15 centimètres de foyer (2) que Ton emploie selon que l'œil observé est plus ou moins long. Ceux de 8 centimètres sont surtout avantageux pour examiner les hypermétropes, les emmétropes, et les myopes faibles, parce que l'entre-croisement des rayons se fait avec un aussi court foyer, dans la partie antérieure ou dans la partie moyenne du corps vitré. Mais des myopies fortes exigent un miroir à foyer plus long; sinon, l'axe antéro-postérieur étant plus grand, l'éclairage est insuffisant. Quant aux miroirs plans, ils sont très utiles pour l'examen des milieux de l'œil.

Tels sont les principes confirmés par l'expérience sur lesquels M. Parent s'est appuyé pour faire construire son ophthalmoscope. Son instrument permet aisément de voir l'image droite de la face profonde de l'œil, d'en embrasser une large surface, et d'apprécier nettement les détails de l'image par un éclairage excellent et exempt de reflets i Ce résultat étant obtenu, il appert incontestablement que

(1) Parent, Recueil d'ophthalmologie, 1879, 1880, 1881.

(2) Parent, Annales éToculistique^ t. XG, p. 133.

GALisowfu. -^ Ophthalmoseopie, *

toute modification dans Texactitude de la perception tiendra, en l'absence de troubles des milieux de Tœil, à un défaut dans la réfraction de l'appareil dioptrique. Ce défaut disparaît-il par l'interposition d'un verre convexe ou concave entre l'observateur et le miroir? La conclusion n'est pas douteuse ; l'œil du patient présente une amétropie hypermétropique ou myopique d'un degré correspondant au numéro du verre correcteur. Il y a plus, l'inclinaison constante du miroir évitant celle des verres, il ne saurait y avoir déformation des images par cette cause; par conséquent toute déformation constatée ne peut provenir que de l'inégalité de courbure de la cornée selon tel ou tel méridien, de l'astigmatisme réel de . l'œil observé en un mot.

u L*œii astigmate agissant comme une loupe d'un foyer plus court dans un méridien que dans l'autre, donnera le plus fort grossissement dans le méridien le plus réfringent, et cette différence s*accusera davantage quand Tobsen-ateur «'éloignera de quelques centimètres. »

Ainsi, quand on s'éloigne d'un œil dont le méridien vertical est myope, le méridien horizontal supposé normal, on voit une papille elliptique à grand axe vertical ; le même acte effectué devant un globe oculaire dont les deux méridiens principaux sont l'un et l'autre myopes, amplifie la papille dans les deux «ens, mais en déformant l'image, et le grand axe de celle-ci correspond au méridien le plus myope. La papille devient elliptique à grand axe horizontal, lorsque le méridien vertical est hypermétrope, le méridien vertical appartenant à la normale; elle prend également la forme elliptique quand les deux méridiens sont hypermétropes. Et cette forme elliptique s'accusera très rapidement toutes les fois que, l'un des méridiens étant myope, Tautre sera hypermétrope, puisque, à peine s'éloigne-t-on, le grossissement augmente dans le méridien myope, tandis que celui du méridien hypermétrope diminue. Il est donc possible rapidement de savoir que l'œil * éclairé est astigmate, et de déterminer quel est le méridien le moins réfringent. C'est à la recherche de celui-ci, qu'on doit aller; s'il est hypermétrope, on le détermine avec le verre convexe le plus fort ; s'il est myope, avec le verre

AUTO-OPHTflALMOSCOPE. 5<

concave le plus faible. Ceci fait, on corrige le méridien le plus réfringent, qui d'ordinaire est vertical ou presque vertical, à Taide des cylindres concaves dont on a soin de placer Taxe parallèlement au méridien le moins réfringent, c'est-à-dire dans l'espèce, horizontalement (situation normale de Tophtlialmoscope). La correction est effectuée lorsqu'on voit avec la même netteté les vaisseaux horizontaux et verticaux. Nous citons l'exemple même choisi par M. Parent (1).

« Soit un astigmatisme bypermétropiquo composé. Dans le méridien vertical H r= 1 Dioplrie; dans le méridien horizontal, H == 3 Dioptries. On fait passer successivement les verres convexes et l'on s'arrête au verre le plus fort qui corrige l'amétropie dans le méridien le moins réfringent qui est le méridien horizontal. A ce moment les vaisseaux verticaux paraissent nets, les vaisseaux horizontaux troubles, les bords interne et externe de la papille sont bien délimités, les bords supérieur et inférieur diffus, et la papille est elliptique à grand axe vertical. Ceci constaté, on fait passer les cylindres concaves à axe horizontal ; le cylindre 2 corrigera exactement l'amétropie du méridien vertical, et alors les vaisseaux horizontaux seront aussi nets que les vaisseaux verticaux ; le contour de la papille aura la même netteté partout, et sa forme ovalaire aura en grande partie disparu ; mais ce dernier caractère est secondaire; ce sont surtout Is vaisseaux qui doivent servir de point de repère . »

Avantai^efl. — L'instrumcnl de M. Parent permet en somme de diagnostiquer la nature et 1<î degré de toute amétropie, si complexe qu'elle soit, par le procédé de l'image droite. La démonstration émane de l'emploi habituel de cet ophlhalmoscope. Il va sans dire qu'il peut également servir à l'examen à rimage renversée et que la trousse qui le renferme contient tout ce qu'il faut pour cet examen.

ARTICLE V

auto-oputhalmoscopi:

Coccius a, le premier, réussi à construire un instrument qui permet à une personne de voir l'intérieur de son propre ceil.

Description. — L'iustrumeut de Coccius, appelé aiito-ophthal' moscope^ se compose d'un petit tube métallique (fig. 37), long

(1) Parent, Annales d^oculistique, t. XC, p. 131.

58 DE L'OPHTHALMOSCOPE BT DE SES APPLICATIONS.

de 5 pouces, muni, à l'une de ses extrémités, d'une lentille biconvexe de 4 pouces de foyer, et fermé à l'autre par un miroir plan, percé d'un trou au centre et dont la face polie est

tournée du côté de l'œil. La

lentille biconvexe est obscurcie sur toute son étendue, excepté dans un coin,

■ode d'«pplte«Uoa. — Pourse

servir de cet instrument, l'ol)servateur doit regarder par le Irou du miroir o : à ce moment, les rayonslumineuxdelalampe placée en L arrivent par la partie transparente de la lentille à l'ouverture du miroir, et de là jusqu'à la rétine en p. Réfléchis par celte membrane et la choroïde, les rayons traversent les milieux de l'œil et rencontrent le miroir en /)', qui les réfléchit de nouveau vers le point m. C'est ainsi que le point de la rétine m verra une partie voisine de sa propre rétine placée en p. Ce point lui apparaîtra dans un point quelconque jd". En faisant varier la position de l'instrument, on peut éclairer successivement différentes portions de cette membrane.

Giraud-Teulon , Heyman et Zehender ont fait construire d'autres instruments du même genre.

ARTICLE VI

OPHTHALMO-MICROSCOPE.

En faisant fixer mon ophthalmoscope à démonstration sur un pied, et en adaptant derrière le miroir une chambre claire, je suis parvenu à voir l'image très nette de la rétine à l'aide d'un microscope grossissant 60 fois cette même image. Le

RÈGLES GÉNÉRALES POUR L'EXAMEff OPHTHALMOSCOPIQUE. 53

microscope est fixé et adapté à Tophthalmoscope et peut se rapprocher de l'image à volonté.

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