ÉTAT PHYSIOLOGIQUE DU CRISTALLIN
Le cristallin constitue, à l'état physiologique, un corps transparent, hyalin, qui ne reflète point de lumière, ce qui fait que la pupille reste noire et complètement uniforme.
ÉTAT PATHOLOGIQUE DU CRISTALLIiN. 97
Chez les individus d'un certain âge, pourtant, le cristallin accuse une teinte verdâtre particulière, et souvent d'une telle intensité que l'on est tenté souvent de prendre cette coloration comme indice de l'opacité de ce corps. On ne doit, dans ces cas, se prononcer d'une manière positive qu'après avoir préalablement éclairé le fond de l'œil, à l'aide d'un réflecteur, qui permettra de découvrir les moindres opacités du cristallin, ou sa parfaite transparence.
ARTICLE II
§ 1*'. — Cataractes eapsolairet.
Les opacités de la capsule antérieure peuvent être facilement reconnues à l'œil nu, tant par leur forme que par leur coloration et la position superficielle qu'elles occupent.
Éclairage oblique. — Pour définir avec une plus grande précision la nature de l'opacité ainsi que sa profondeur, il faudra avoir recours à l'éclairage oblique. C'est ainsi qu'on reconnaîtra si la tache n'occupe que la surface de la capsule, ou bien quand elle sera plus épaisse et fera saillie plus ou moins prononcée au-dessus du niveau de cette dernière dans la chambre antérieure.
Chez une malade de l' Hôtel-Dieu nous avons pu reconnaître, avec M. Ed. Cruveilhier, la présence de la cataracte pyramidale, faisant une saillie assez prononcée, et, selon que l'on éclairait du côté temporal ou nasal, l'ombre se trouvait projetée soit en dehors, soit en dedans.
L'éclairage oblique nous permet de définir la nature et la coloration exacte de l'opacité. Tantôt nous les voyons revêtir la teinte brune, parce qu'elles sont le résultat de dépôt pigmentaire à la suite d'une irilis; dans d'autres cas, elles sont congénitales et se trouvent constituées par des dépôts phosphatiques et calcaires avec un reflet blanc, luisant, tout particulier.
J'ai vu aussi, à la surface de la capsule, de vraies exsudations
Galbsowiei. — Ophthalmotcopie. 7
blanchâtres semblables à celles de la kératite disséminée et qui disparaissaient avec la kératite.
S 2. — Cataractes leatlenlalres.
Éclairage oblique. — L'examen à l'éclairage oblique est aussi très utile dans le diagnostic des cataractes lenticulaires plus ou moins avancées et qui empêchent d'éclairer le fond de l'œil à l'aide de l'ophlhalmoscope. Pour définir alors la nature de la cataracte et le degré d'opacification de la lentille, il faut concentrera la surface de la pupille une lumière à l'aide d'une lentille biconvexe, et on jugera alors si les couches corticales antérieures sont seules opaques. Si le noyau conserve sa transparence, on peut voir par réflexion les opacités du segment postérieur de ce même cristallin.
Ophthalmoscope. — La présence des cataractes lenticulaires à leur début, et surtout celles qui occupent la périphérie ou le segment postérieur, ne peut être reconnue autrement que par l'examen à l'aide de l'éclairage ophthalmoscopique.
Cet examen doit être pratiqué de la manière suivante: On place le malade tout près d'une lampe et on projette la lumière réfléchie par l'ophthalmoscope dans la pupille, en recommandant au malade de regarder non pas en face, mais légèrement de côté. Dans le cas d'absence d'opacités cristalliniennes, le fond de l'œil devra apparaître d'une teinte rouge unie; s'agit-il, au contraire, d'opacification dans une portion quelconque de la lentille, aussitôt on verra des taches ou stries noires parcourir le fond rouge de l'œil.
§ 3. — Cataractes pigmentées.
Pourquoi les opacités du cristallin apparaissent-elles noires ? — Rarement les opacités du cristallin présentent une teinte brune ou noire, comme dans les cataractes pigmentées, ordinairement elles sont blanches ou grisâtres, ce qui n'empêche pas de les voir noires à l'ophthalmoscope. Cela dépend de ce que ces opacités noires, blanches ou grises sont toutes opaques et ne laissent pas passer la lumière qui vient du fond de l'œil. Il y a donc sur toute l'étendue du fond rouge quelques points ou endroits que la lumière ne peut pas traverser, et ces points
CATARACTES CORTICALES. 99
opaques restent dans Tombre et non éclairés, ce qui les fait apparaître noirs sur le fond rouge.
Ainsi par Féclairage ophlhalmoscopique nous pourrons diagnostiquer la présence d'une opacité, sans pouvoir définir sa nature, couleur et consistance.
§ 4. — Cataraelet corticales.
Examen des parties périphériques du cristallin. — C'est par la grande circonférence cristallinienne que débutent habiluellemenl les cataractes corticales ; et leur diagnostic devient souvent très difficile, surtout si la pupille est fortement contractée, comme cela a lieu chez les vieillards; Firis masque les taches périphériques. Il sera donc indispensable de projeter la lumière dans la pupille obliquement en haut, en bas, à droite, à gauche, et de regarder si dans toutes ces directions la pupille conserve sa coloration normale. La moindre tache noire et fixe qui se trouverait sur le champ pupillaire indiquerait Topacification du cristallin.
J'ai cherché (1) à démontrer que les cataractes corticales débutent habituellement par le segment interne et inférieur ; c'est pourquoi je conseille d'examiner cette partie du cristallin avec la plus grande attention. Mais il arrive bien souvent que la pupille est tellement contractée qu'il est impossible ni d'éclairer le fond de l'œil, ni d'apercevoir les opacités périphériques. Pour remédier à ces difficultés, on se servira d'un très faible éclairage, que l'on projettera dans la direction indiquée, et, si cela ne suffisait pas, on sera forcé de dilater la pupille au moyen d'une solution suivante àliomatropine :
y Eau distillée 10 grammes.
Bromhydrale neutre d'homatropine 08%02.
Les cataractes corticales se présentent à leur début sous des formes très variées : elles peuvent occuper un seul secteur et n'apparaître que sous forme d'un triangle, dont la base est à la grande circonférence, et le sommet près du bord pupillaire. Dans d'autres cas on aperçoit dans tout le pourtour du
(1) Galezowski, Traité des maladies des yeux^ 2« édition. Paris, 1874.
iOi) EXPLORATION DES DIFFÉRENTES MEMBRANES DE L'ŒIL.
crlHliillin dn» stries radiées, se rendant vers le centre du cristallin. Lorsqu'elles sont très nombreuses, on les voit habiluell«tn(3nl envahir une partie considérable de la masse cristallinli)nn<s (îI rendre Téclairage du fond de l'œil assez difficile.
P(irmi les opacités périphériques du cristallin, nous devons QUMHÎ HJgnalor de très petites taches opaques, comme une tête d'épingle, disposées en forme de cercle et qui ne s'étendent pas •ur \i> reste des couches corticales. Souvent même on voit de polIloH slries radiaires se porter en arrière et former une sorte (lo couronne. Ces points et stries radiaires situés à la péripliéri(> du crislallin ne sont autres que les plis de la zonule de Zinn, caractérisés par les dépôts de pigment, et qui peuvent »hnulor lo commencement de la cataracte. On peut s'assurer que 00» opacités no sont point morbides, d'abord par la place qu'elles occupent à la limite du crislallin et par la régularité Avoo laquelle elles sont distribuées, sans s'étendre dans aucun 0mh\>il vers le centre du cristallin.
Ou apor^>oit quelquefois dans le champ pupiUaire de nombriMi^es opacités ponctuées et qui ressemblent beaucoup à iH^lIe 4e la kératite ponctuée. A l'aide de l'éclairage oblique on rfoouiiati facilement quel est leur siège véritable. Quelquesune^ d'ontro elles sont très superficielles et simulent les opacilf^^ cap$ulairi^$« d'autres sont plus profcAdes, et se trans- Ibnutnil on $tries corticales. Ces opacités sont le résultat dV |^ciUcalù^ttde$ éléments cristalliniens sur les différents points 4o$ tibrt^^ : elKvs^ (HHiwni rester des années entières sajis faire ^ |>^v^nr^^ t^t $an$ troubler même la vue d'une manière très
Lo:^ c;iit4ur«oto$ $^nile$ débutent généralement ptr le noyau ifiii vk'xiout un (NMi tonuv Cette opacité reste kunglenips i |N^iii^^ ;ji|>|Mh^CMihlo ol À l\>phlhalitti>$cope on ne la retroore I^HHit $i on ^il ro\(4or«lion du fond de TohI à traiers une f^îW ni^lfwies La (^(nUe du nerf opti^jne appnratl milée et lro«M^\ <e< $i on dihte )4i pupille, on di<tiii^:ne {Kilenest an n)^v<A shi ikMid rvMi^ce une ofKUcitè ^nrtî^tr^. à deai trans|i^ r^io . à os>nt%>«r^ diffbïk \\>mnie on peut en jucer par la E^nn S, W XXYUK
tjk .M*arKîc ^y/«u.î«rjr .wîH|s" uni" tv>8ie {VfiwKlMhin^. mats