‹ Traite iconographique d ophthalmoscopieChapitre 52 sur 177 · I. nocont Isolés du eorps Titré. — Lorsqu'ou éclaire le fond · texte numérisé non relu

I. nocont Isolés du eorps Titré. — Lorsqu'ou éclaire le fond

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de Toeil à l'aide d'un simple réflecteur, et que l'on fait mouvoir ce dernier en haut et en bas, en dedans et en dehors, on aperçoit de petits corpuscules noirs flotter dans l'humeur vitrée, et passer plus ou moins rapidement devant la rétine. Ces flocons peuvent varier de forme, de position et de nature. La myopie prédispose au développement des flocons isolés, et il est incontestable pour nous aujourd'hui que ces sortes de flocons sont formés par des filaments de sang qui, du cercle ciliaire, se portent dans le corps vitré. Nous avons pu nous convaincre de ce fait sur plusieurs de nos malades, et, entre autres, sur un cas très intéressant, dont voici l'observation :

Observation. — M. G...., propriétaire, habitant la Lithuanie, myope de 1/5, avait perdu la vue de l'œil gauche, en 1866. A celte époque, il consulta Desmarres père et Graefe qui constatèrent chez lui un décollement de la rétine. L'œil droit était toujours bon, lorsqu'au mois de mars 1875, M. G... aperçut devant cet œil un anneau noir et opaque. Hut jours après il vint me voir. J'ai tout d'abord constaté que l'acuité visuelle était normale, mais que le champ visuel périphérique se trouvait diminué dans la partie supérieure et interne. A l'examen ophlhalmoscopique j'ai découvert un flocon annulaire flottant en face de la papille ; la macula était saine. Dans la partie inférieure et externe de la rétine on voyait des taches pigmentaires et atrophiques anciennes très nombreuses, et des taches apoplectiques récentes, sur la choroïde. Quelques-unes de ces hémorrhagies avaient perforé la rétine et formaient des flocons rougeâtres dans les parties voisines du corps vitré. En examinant attentivement et avec des verres grossissants tous ces flocons, nous avons pu facilement découvrir des prolongements fibrillaires très ténus, unissant tous ces flocons entre eux, et, comme les premiers étaient visiblement formés par le sang coagulé, il était tout simple de supposer que ceux du milieu du corps vitré étaient de la même nature.

Les flocons isolés se présentent sous la forme tantôt d'un anneau, tantôt d'une virgule ou d'une mouche, etc. Bien qu'ils proviennent généralement du cercle ciliaire, ils sont toujours entraînés vers le segment postérieur du corps vitré.

Les épanchements de sang qui se portent dans le corps vitré

FLOCOiNS FILIFORMES OU EN TOILE D'ARAIGNÉE. 107

peuvent être très nombreux et former des membranes plus ou moins larges, flottantes dans le milieu de l'œil. Ces membranes sont tantôt libres complètement, ef tantôt elles adhèrent à la rétine ou au nerf optique. Dans ce dernier cas, elles paraissent blanches, et elles masquent la papille et le reste du fond de l'œil au point qu'il est difficile d'en faire souvent le diagnostic. L'embarras devient encore plus grand, lorsque ces épanchements forment de très larges membranes qui se déploient à l'instar de décollements rétiniens.

Pour faire alors un diagnostic exact, nous avons besoin d'avoir recours aux moyens suivants :

1"* On doit faire l'examen ophthalmoscopique le malin, pendant que le malade est encore au lit, car, pendant le repos de la nuit, les flocons se sont amoncelés en bas, ce qui permet d'éclairer beaucoup mieux le fond de l'œil.

5"* La présence de flocons dans le corps vitré doit nous faire penser toujours au décollement de la rétine, et il est bon de s'assurer si ces flocons ne sont pas symptomatiques de l'épanchement sous-rétinien, dont une partie se serait portée, à travers les déchirures de la rétine, dans l'humeur vitrée. Le liquide séreux, en effet, qui se trouve épanché dans le corps vitré, ne se mélange pas avec ce dernier, mais il y constitue des flocons qui ne diffèrent pas, en apparence, des flocons sanguins. On reconnaît si la rétine est détachée lorsqu'on examine le champ visuel périphérique et les phosphènes. L'absence de ces derniers et la diminution du champ visuel seront l'indice d'un décollement de la rétine, et nullement de flocons simples.

H. Flocons filiformes ou en toile d'à ral|^née. — Une apparence

louche du fond de l'œil se rencontre très souvent dans les choroïdiles syphilitiques, et si l'on examine avec soin les milieux réfringents, on découvre sans peine que le corps vitré contient des flocons très fins, filiformes. Ils sont habituellement situés dans le segment postérieur du globe et tout près de la rétine. Très peu visibles et même imperceptibles au début, ils deviennent, au bout de quelque temps, facilement appréciables à l'aide d'un faible éclairage et surtout si la pupille est dilatée.

Cette forme de flocons doit être rattachée plus particulièrement à la syphilis de même que des flocons ayant la forme d'un anneau, et qui ne disparaissent qu'après que tous les autres se sont résorbés.

Chez trois de mes malades atteints de rétino-choroldites syphilitiques, j'ai vu des opacités fixes dans le corps vitré et qui se trouvaient presque à égale distance du cristallin et de la rétine. Il est probable qu'elles étaient constituées par des épanchements plastiques qui s'étaient organisés dans le corps vitré.

III. Figeons étlneelaiits tormkém par 4es eristamx 4e ekolestérliie

M sjneiiuu ^iiHeeiaat. — Lcs cristaux de cholestériue se précipitent quelquefois dans le corps vitré et y constituent des flocons, qui diffèrent des précédents par leur forme, leur nature et leur aspect ophthalmoscopique.

A l'examen direct on aperçoit dans l'intérieur des corpuscules blanchâtres luisants, comme argentés, de forme irrégulière, souvent angulaires. Généralement ils ont le volume d'une tête d'épingle; d'autres sont plus grands et plus allongés.

Toutes ces paillettes de cholestériue sont comme suspendues au milieu du corps vitré, et ne se déplacent que d'une manière imperceptible, bien qu'elles paraissent flottantes à cause de la mobilité du globe de l'œil.

Ces cristaux semblent être rattachés entre eux par des filaments presque invisibles. Cela forme comme une sorte de nappe légère et circonscrite, qui occape une certaine partie du corps vitré. C'est ce qui explique pourquoi les malades voient trouble comme à travers un voile, dans une certaine étendue du champ visuel.

La formation des flocons étincelants peut dépendre des maladies de la rétine et de la choroïde, ainsi que cela a été constaté par Graefe (1) et do la Calle (2) ; mais ces faits sont rares. Desmarres, Malgaigne et Stoul ont les premiers observé la présence de la cholestériue dans la chambre antérieure à la suite d'opérations de la cataracte par abaissement et discision.

(1) Grœfe, Archiv f. Ophthalmologie, Bd I, Abth. I, p. 357.

(2) De la Calle, De Vexamen de Vasil au moyen de Vophthalmoseope, thèse de Paris, 1856.

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