‹ Traite iconographique d ophthalmoscopieChapitre 53 sur 177 · CRISTALLIN LUXÉ ET CYSTICERQUES DU CORPS VITRÉ · texte numérisé non relu

CRISTALLIN LUXÉ ET CYSTICERQUES DU CORPS VITRÉ

Pour ma part, je les ai rencontrés onze fois sans qu'il y eût aucune altération des membranes profondes de Tœil. Chez d'autres malades, que j'ai pu suivre pendant trois et quatre années consécutives, j'ai vu se développer une atrophie partielle de la papille du nerf optique.

IV. Apoplexie ipéiiéraie du eorps Titré. — Une rupture de l'artère centrale de la rétine, et plus souvent encore, d'une des artères ciliaires, peut donner lieu à une hémorrhagie tellement . considérable, que le quart ou la moitié de l'humeur vitrée sera remplie de sang. Lorsque cet épanchement a lieu dans l'hémisphère postérieur de l'œil, il refoule le corps vitré en avant, et donne lieu à un reflet d'un blanc grisâtre ou rougeâlre que Ton reconnaît à l'éclairage latéral.

L'épanchement de sang peut provenir des vaisseaux ciliaires rompus, il occupe alors la région antérieure du corps vitré, et se répand sur toute la surface postérieure du crislallin. Cet accident survient ordinairement d'une manière soudaine, et le malade perd la vue presque subitement ; tout au plus peut-il distinguer le jour de la nuit.

L'œil, au début, ne présente rien de particulier, mais, au bout de quelque temps, l'iris change de couleur et devient brunâtre ou verdâlre. Les phosphènes se conservent. Il est impossible d'éclairer le fond de l'œil avec Tophtlialmoscope, bien qu'on ne puisse découvrir aucune opacité dans le crislallin.

La pression intra-oculaire ne se trouve point augmentée, selon le docteur Daguenet, la chambre antérieure conserve son volume normal ; car, en même temps que l'épanchement sanguin a lieu, il y a une résorption équivalente et compensatrice de l'humeur vitrée.

Il peut arriver que l'on aperçoive à l'éclairage oblique un reflet rougeâtre à la surface postérieure du crislallin ; nous avons même vu quelquefois le sang fluctuant derrière la lentille.

I 3, — Corps étrangers, erittallln luxé et eyttleerqnes do eorps Titré.

I. Corps étranfr^rs- — Un corps étranger très fin peut rester pendant quelque temps en suspension dans l'humeur vitrée oîi il apparaîtra comme un petit flocon dont les contours bien tranchés etla surface plus ou moins luisante permettront de le

différencier d'un épanchement sanguin ou de toute autre exsudation.

Au bout d'un certain temps, les corps étrangers gagnent les parties déclives de riiUmeur vitrée et provoquent des altérations suppuratives de la rétine et de la choroïde. Quelquefois pourtant on les a vus s'envelopper complètement d'une masse exsudative, et adhérer même par cette exsudation à une partie périphérique du globe. De Graefe (1) et Ed. Jaeger (2) ont rapporté des faits dans lesquels l'évolution de la membrane cystique pouvait être observée avec l'ophthalmoscope.

II. Cristallin flottant ou abaissé. — Un Cristallin luxé par un accident ou une cataracte abaissée par un chirurgien peuvent rester très longtemps dans le corps vilré, soit fixes, soit mobiles, sans subir de résorption.

En examinant à l'ophthalmoscope les malades chez lesquels la luxation s'est produite par accident, on voit, dans la partie inférieure de l'œil et derrière l'iris, flotter un corps opaque, blanchâtre, plus ou moins rond, ayanf des contours bien limités. Si le reste du corps vitré est transparent et si l'iris est tremblotant, le diagnostic n'est pas difficile.

Il n'en est pas de même lorsque le cristallin, flottant, se trouve au milieu de masses floconneuses : on confondrait alors facilement cet état avec un décollement de la rétine, si l'on n'examinait pas la vue avec des verres n~ 2 1/2 et 5 biconvexes, et surtout si on n'avait pas exploré les phosphènes.

III. cystieerquet. — La présence de cysticerques dans le corps vitré a été démontrée pour la première fois par de Grœfe. L'animalcule était suspendu entre le pôle postérieur du cristallin et une partie de la rétine voisine de la papille.

Depuis cette époque, le nombre d'observationsa augmenté en Allemagne, où la présence de cet entozoaire dans l'œil paraît être assez fréquente. D'après de Graefe (3), sur quatre-vingt mille malades, il a pu le constater quatre-vingts fois dans différentes parties de l'œil. En Angleterre, de même qu'en France,

(1) De Grœfe, Archiv f. Ophthalm., 1857, Bd III, Abth. II, S. 338.

(2) Ed. Jœger, Zeitschr, f. prakt, Heilkunde. Wien, 1857, n« 2.

(3) De Graefe, Archiv f. Ophthalm.^ iSU, M I, Abth. I, p. 457, et Clinique ophthalmologique, Paris, 1867.

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