‹ Traite iconographique d ophthalmoscopieChapitre 54 sur 177 · CYSTICERQUES DU CORPS VITRÉ · texte numérisé non relu

CYSTICERQUES DU CORPS VITRÉ

les cysticerques sont rares. S. Wells n'en a vu qu'un seul casa Londres. A Paris, je n'ai rencontré que huit cas de ce genre, dont je donne plus loin la description (fig. 3 et 4, pi. XX). Desmarres père a présenté à TAcadémie de médecine un nouveau cas de cysticerque du corps vitré.

Les symptômes fonctionnels sont au début peu prononcés ; mais, à mesure quel'entozoaire augmente de volume, Tœil ressent mie gêne et une pesanteur marquées. La vue se trouble petit à petit, soit que des mouches fixes ou mobiles apparaissent dans le champ visuel, soit qu'il s'interpose un nuage ou voile épais entre Tœil et l'objet que Ton veut fixer. Ce nuage se dissipe quelquefois pour un certain temps, et réapparaît ensuite d'une manière assez brusque. A mesure que la maladie se développe, la vision centrale se trouble et le malade a delà peine à distinguer les objets de l'œil atteint.

A l'éclairage ophthalmoscopique direct, on constate une masse blanche sphérique dans le corps vilré, qui s'avance quelquefoisjusqu'à la face postérieure du cristallin, au point qu'elle peut simuler une cataracte polaire postérieure.

Cette opacité s'unit avec une masse blanchâtre ou blanc bleuâtre, d'une forme ovoïde ou sphérique, et on la voit se déplacer légèrement pendant les mouvements de l'œil. Les pourtours de cette vésicule sont fluorescents et présentent un rebord chatoyant et réfléchissant des couleurs bleues, violettes et luisantes. Ce phénomène n'existe dans aucune autre maladie et ne s'observe jamais dans le sac formé par le décollement de la rétine, ce qui est très précieux pour le diagnostic différentiel de ces deux maladies. Dans le cas décrit par de Grœfe, une vésicule bleuâtre tout à fait transparente enveloppait ce corps. Une partie du cysticerque formait, en se rétrécissant, le cou et la tête, qui se contractaient et se dilataient d'une manière très visible.

Dans les deux cas que j'ai observés, l'un avec le docteur Desmarres, et l'autre avec mon ami le docteur Cuignel, il n'y avait point d'enveloppe autour de l'animalcule ; mais presque toujours nous avons pu constater un grand nombre d'opacités disséminées dans le corps vitré, ce qui du reste a déjà été observé par d'autres auteurs.

Le cysticerque ne peut rester longtemps dans l'œil sans occasionner des symptômes inflammatoires du côté de la rétine et de la choroïde. Le décollement partiel ou total de la rétine ou une irido-choroïdite sera la conséquence de la maladie.

§ 3. — Décollement 4e la membrane hyaloVdiesne.

Nous ne connaissons qu'un très petit nombre de cas de décollement de membrane hyaloïdienne d'avec la rétine. Iwanoff est le premier qui ait attiré l'attention des ophthalmologistes sur ce sujet. Les observations de faits de ce genre qu'on a recueillies montrent combien peu ils sont fréquents ; ils sont rares surtout sous une forme simple, et sans désorganisations notables dans d'autres membranes de l'œil.

Tous les faits décrits par Iwanoff se rapportent à des recherches anatomiques post mortem, faites sur les yeux opérés de la cataracte avec ou sans sortie du corps vitré (1).

Les autres exemples ont été rencontrés dans des yeux énucléés après l'opération de la cataracte, par Mauthner, par Pagenstecher, par Becker ; quelquefois il s'est produit dans les yeux myopes, ou enfin le décollement hyaloïdien est survenu dans un œil à la suite d'un traumatisme et de la projection d'un corps étranger dans l'œil, comme dans le premier fait observé par Iwanoff.

Pourtant Knapp avait signalé un cas de décollement hyaloïdien qu'il a pu étudier avec l'ophthalmoscope et vérifier ensuite par lanécropsie. Ainsi, chez une malade âgée de soixante ans, qui avait perdu la vue de l'œil droit, et dont le champ visuel était sensiblement rétréci, il a pu voira l'ophthalmoscope des membranes bleuâtres, ondulées et flottantes. Après avoir pratiqué l'énucléation de l'œil, on constata que la membrane hyaloïdienne était détachée en entonnoir dans toute son étenT due, pendant que la rétine et la choroïde étaient normales.

Pour ma part, j'ai eu l'occasion d'observer trois cas de décollement de la membrne hyaloïdienne, dont un seul se trouve déjà publié, et il présente une certaine analogie avec le fait rapporté par Knapp (2). Deux autres faits, de même genre, ont

(1) Iwanoff, Ârchw f. Ophthalm., Bd XV, Abtli. H, 1869, p. 1.

(2) Galezowski, Traité des maladies des yeux, 2° édition. Paris, 1874, p. 535.

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