PERSISTANCE CONGÉNITALE DES VAISSEAUX HYALOIDIENS
été communiqués par moi à la Société de biologie en 1879, et dans une planche chromolithographique, j'ai montré Taspect ophthalmoscopique de celte curieuse maladie.
Il résulte de tous les faits rapportés ci-dessus que, soit par suite d'une perte considérable de l'humeur vitrée, soit par l'effet de choroïdites ou de cy dites antérieures, soit enfin consécutivement à une distension excessive du globe de l'œil dans la myopie, la membrane hyaloïdienne se décolle dans sa région postérieure, et l'intervalle laissé entre elle et la rétine se remplit d'un liquide séreux.
Gouveâ (1), par des expériences qu'il a faites à ce sujet, est arrivé à démontrer : l"* qu'à la suite de grandes pertes du corps vitré, la membrane hyaloïde se décolle ; 2''que le décollement de cette membrane est suivi du décollement de la rétine ; 3"* qu'un décollement de la choroïde peut se produire aussi par suite de l'imbibition des couches externes de la choroïde.
I 4. — Persittance eoni^éiiltale des TalMeanz hyaloVdient.
Le corps vitré est traversé, comme on sait, pendant la vie fœtale, par un cordon vasculaire se rendant à la fossette hyaloïdienne et à la cristalloïde postérieure. II se compose de l'artère et de veines qui proviennent de l'artère centrale, de la rétine, de même que la veine aboutit dans la veine centrale, au centre de la papille. Ces vaisseaux disparaissent vers la fin de la vie fœtale ; ils s'oblitèrent successivement, d'abord dans la cristalloïde antérieure, puis dans la postérieure, et, en dernier lieu, dans ceux du corps vitré.
Mais il arrive quelquefois que ces vaisseaux ne s'oblitèrent qu'incomplètement ; on trouve alors dans l'intérieur du corps vitré un paquet de vaisseaux attaché à la papille et flottant dans l'intérieur du corps vitré et qui se déplacent avec les mou* vements de l'œil.
Meissner a été le premier qui a rencontré, dans ses recherches anatomo-pathologiques, la persistance de l'artère hyaloïdienne. Après lui, Saemisch a reconnu la même anomalie avec l'ophthalmoscope dans un œil hypermétrope. Zehender,
(1) Gouveà, Ârchiv f. Ophthalm., Bd XV, Abth. 1, 1869, p 244.
Galbiowb». — Ophthalmoscopi^. 8
Toussaint et Moorcn rapportèrent des faits analogues et oùi'on pouvait déjà apercevoir les mouvements oscillatoires.
Pour ma part, j'ai eu l'occasion d'observer un fait des plus intéressants (1), un cordon vasculaire hyaloïdien persistant dans les deux yeux, attaché aux deux papilles, et faisant saillie dans le corps vitré sur une étendue de ï centimètre et demi, mais n'aboutissant point au cristallin. La malade conserva toujours une vue parfaite et ne vint me consulter qu'à l'âge de 50 ans, époque où des épanchements de sang se sont produits dans le corps vitré. J'ai montré cette malade à MM. Perrin, Giraud- Teulon et Daguenet.
Les vaisseaux hyaloïdiens persistants se trouvent quelquefois oblitérés, et ne se présentent à l'ophthalmoscope que sous forme d'un filament ou flocon attaché à la papille, s'étendant quelquefois par l'autre bout jusqu'à la surface postérieure du cristallin.