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ÉTAT PHYSIOLOGIQUE

La rétine, à l'étal physiologique, est complètement transparente; à l'ophthalmoscope, on ne l'aperçoit que dans certaines de ses portions et chez certains individu?.

Oauiowiki. — ùpkihalmMtopiii, 40

i46 EXPLORATION DES DIFFERENTES MEMBRANES DE L'ŒIL.

Chez les individus blonds, la rétine laisse passer jusqu'à la choroïde toute la lumière qu'elle ne réfléchit point elle-même. Au contraire, chez les individus bruns, le fond de Tœil réfléchit une sorte de reflet blanc, grisâtre, qui provient de la rétine et de sa couche fibreuse un peu opalescente. Plus les individus sont bruns, plus ils contiennent de pigment dans la choroïde et plus le reflet est intense. Chez les nègres, la teinte grisâtre de la rétine est tellement prononcée, qu'elle ressemble à une couche exsudative. La même chose a lieu chez les enfants aux yeux bruns ; leur rétine parait tellement opaque qu'on la prendrait volontiers pour le résultat d'une infiltration séreuse, surtout si le malade a des troubles visuels. On reconnaîtra l'état physiologique d'une infiltration rétinienne pathologique, d'abord à l'absence des signes fonctionnels propres à cette sorte de maladie, ensuite à l'aspect physiologique de la papille dans les deux yeux , et puis encore à la transparence des vaisseaux rétiniens.

Les yeux hypermétropes présentent aussi cette apparence opalescente de la rétine, principalement dans le pourtour de la papille. On constate, surtout par l'examen à l'image droite, cette apparence sous forme de stries ou de points blanchâtres régulièrement distribués. Ces opacités existent à la surface de la couche fibreuse, et elles sont probablement dues à la persistance de quelques traces de la gaine myéline, qui se prolonge dans la rétine, mais à un degré moindre que dans les plaques fibreuses. Chez les personnes blondes, la rétine, comme nous l'avons dit plus haut, est complètement transparente et l'on ne peut en reconnaître l'existence que par la disposition des vaisseaux qui proviennent de la papille, et se distribuent dans toute son étendue en se divisant dichotomiquement.

La distribution des vaisseaux n'est pas toujours la même, elle varie selon l'âge, l'individu et les différentes portions de la rétine. Tandis que chez les enfants on voit, surtout à l'image droite, une très riche vascularisation capillaire, on ne trouve, chez les personnes âgées, qu'une vascularisation relativement peu abondante. Cette différence se fait principalement sentir dans le voisinage de la macula, où les vaisseaux capillaires forment des réseaux très fins, mais très nombreux.

Un certain degré d'opacité s'observe aussi du côté de la macula et au pourtour des vaisseaux. La macula lutea se présente sous forme d'une tache plus foncée que le reste du fond de l'œil, et elle est, en même temps, entourée d'une auréole blanchâtre ou grisâtre qui forme un anneau ovale, comme on peut s*en assurer par la figure 2 de la planche I. Cette auréole n'est autre chose qu'un reflet de la lumière réfléchie par le bord saillant de la fossette centrale, et eUe est plus prononcée chez les enfants.

Les vaisseaux rétiniens sont souvent bordés d'un liséré blanchâtre plus ou moins large, qui est aussi dû à un reflet lumineux ; il change de forme et de largeur selon la position du miroir et l'intensité de l'éclairage. Cette teinte blanchâtre change elle-même de place d'après les mouvements du miroir, ce qui la fait distinguer des exsudations périvasculaires.

C^atment fa«t-ll procéder pour explorer toutes les parties de la

r4tiMt — Pour explorer toutes les parties de la rétine, il est nécessaire de suivre une certaine méthode, et c'est dans ce but que je propose d'examiner d'abord la.papiUe et puis, successivement, les quatre vaisseaux principaux depuis leur départ de la papille jusqu'à Tora serrata. On devina ainsi examiner la rétine en haut et en dehors^ en haut et en dedans^ et puis en bas et en dehors^ en bas et en dedans. Cet examen terminé, il ne restera qu'à se préoccuper de l'état de la macula et de l'ora serrata.

L*examen de la macula est ordinairement très difficile à cause du reflet central de la cornée qui se trouve toujours en face d'elle. On commencera donc par trouver la papille, puis on s'éloignera peu à peu vers le côté nasal jusqu'à la distance d'un diamètre de cette membrane, et l'on se trouvera alors au bord de la fossette centrale.

Lorsque la pupille est très contractée, l'exploration de la macula est encore plus difficile, si elle n'est pas impossible, et on est obligé alors absolument de dilater la pupille, surtout si les signes fonctionnels nous font supposer l'existence d'une alté* ration quelconque dans cette région.

L'exploration de Vora serrata de la rétine se fait^ en projetant la lumière d'une manière tout à fait oblique derrière l'iris, à droite ou à gauche^ en haut et en bas.

ARTICLE H

§ !•'. — Apoplexies de la rétine.

Les taches hémorrhagiques de la rétine sont très communes ; tantôt elles sont idiopathiques et se produisent sous Finfluence de contusions, de chutes ou de toule autre cause accidentelle, tantôt, au contraire, elles sont amenées par des maladies de cœur, par la syphilis, Talbuminurie, la glycosurie, etc.

Au point de vue de leur forme et de leur volume, il importe de les étudier d'après les régions qu'elles occupent dans le fond de Tœil.

En général, leshémorrhagies rétiniennes se développent dans le voisinage de la papille et il n'est pas rare de les voir s'échelonner sur Tune ou sur plusieurs branches vasculaires.

Dans l'étude des taches hémorrhagiques, il importe surtout de les examiner au point de vue étiologique. Ordinairement ce n'est pas par leur forme que l'on peut en deviner l'origine, excepté pourtant lorsqu'il s'agit d'apoplexies albuminuriques, dont le plus grand nombre se présentent sous forme de petits traits s'irradiant de la papille vers la périphérie. Toutes les autres hémorrhagies se ressemblent entre elles ; elles sont le plus souvent de forme irréguliëre et à contours diffus.

A côté des taches hémorrhagiques on aperçoit habituellement des taches blanches exsudatives, qui sont occasionnées tantôt par la fibrine coagulée, tantôt par la transsudation séreuse ou albuminurique, ainsi que cela a justement lieu dans la rétinite albuminurique.

On peut reconnaître la période de la maladie et l'ancienneté de la tache, selon que la coloration de cette dernière est plus ou moins vive ou foncée. En effet, les taches qui datent de cinq ou six mois sont tellement foncées, presque noires, qu'elles ressemblent même aux taches pigmcntaires. La rétine subit ordinairement une infiltration plus ou moins intense dans toute la

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