‹ Traite iconographique d ophthalmoscopieChapitre 67 sur 177 · APOPLEXIES DE LA RÉTINE · texte numérisé non relu

APOPLEXIES DE LA RÉTINE

région occupée par rhémorrhagie ; la papille elle-même se trouve plus ou moins injectée, ce qui tient naturellement au travail inflammatoire qui se produit tout autour des taches hémorrhagiques.

Les apoplexies de la région de la macula sont plus importantes que toutes celles qui se produisent dans les autres parties de la rétine. Habituellement elles se présentent sous deux formes distinctes. Dans la première forme elles n'occupent qu'un tout petit point central correspondant à la fovea centralisa et alors elles ne sont pas plus grandes qu'une grosse tête d'épingle que l'on pourrait presque confondre avec la tache rouge physiologique de cette région ; souvent elles se trouvent entourées d'une exsudation blanchâtre. J'ai vu même, chez une malade, une toute petite hémorrhagie amener une infiltration séreuse s'élendant de la macula à la papille, comme on peut en juger par la figure 4 de la planche II. C'est cette forme d'iiémorrhagie de la macula que Ton observe quelquefois dans les deux yeux, ainsi que Desmarres père Ta démontré. Pour ma part, je n'en ai rencontré que dans des yeux myopes.

La deuxième variété d'apoplexies de la macula est celle qui occupe toute l'étendue de cette région et qui forme une tache rouge, arrondie, bien circonscrite, dont le volume dépasse, quelquefois, celui de la papille. Ces hémorrhagies font souvent saillie du côté du corps vitré, décollent la membrane hyaloïdienne et remplissent toute la cupule de la macula (Voyez fig. 1 et 2 de la pi. II).

Les apoplexies de la macula sont toujours, nous le répétons, plus graves que celles qui apparaissent dans d'autres régions, et voici pourquoi : tandis qu'ailleurs les larges plaques hémorrhagiques peuvent se dissiper sans laisser aucun trouble dans la vue, la moindre de ces taches, dans la macula, amène un scotôme central qui compromet à jamais la vision.

Une particularité importante à signaler, c'est que le sang épanché dans la rétine a plutôt une tendance à se porter en arrière, du côté de la choroïde, que du côté du corps vitré, ce qui lient, très probablement, à la grande résistance et à l'élasticité de la membrane limitante antérieure. C'est pour celte mémo raison que les apoplexies rétiniennes ne sont

que très rarement accompagnées de flocons du corps vitré. Les apoplexies de la rétine peuvent être occasionnées par des crases du sang, par la pléthore ou peu* une altération des parois vasculaîres, et par des maladies du cœur. Dans tous ces cas, les veines présentent un état variqueux, surtout dans le voisinage de la papille, tandis que les artères sont presque complètement effacées aux alentours de Thémorrhagie. J'ai remarqué aussi que la pulsation artérielle ne peut pas être obtenue par la pression du globe, dans toute l'étendue occupée par l'hémorrhagie rétinienne. C'est surtout dans les endoartérites que ce phénomène a lieu, à cause de l'oblitération du calibre d'une des artères principales par une sorte de coagulum que forme la membrane interne artérielle gonflée et décollée. On voit, alors, se perdre totalement une partie du champ visuel dans l'endroit correspondant à l'artère oblilérée.

§ 3. — Bétlnlte sypIiUiil^iie et ses dlITéreBtes Ymriéiém,

La syphilis constitutionnelle peut atteindre la rétine toute seule, sans que les autres membranes de l'œil soient affectées, mais ces faits sont extrêmement rares. 11 arrive, au contraire, le plus souvent que l'inflammation de la rétine se développe en même temps que celle de la choroïde.

La rétinite syphilitique isolée peut se présenter sous plusieurs formes.

I. Bétinite postérieure cireoMserite. — Cette forme est Caractérisée par une zone d'un blanc grisâtre très peu accentuée qui s'étend sur toute la partie centrale de la rétine et s'arrête brusquement et d'une manière tranchée, à une certaine distance de la papille. C'est une sorte de nu8ige blanchâtre qui recouvre la rétine et la papille, tandis que la choroïde et le corps vitré ne subissent aucune altération (pi. YI, flg. 4).

Le trouble de la vue, dans cette forme de la rétinite, est proportionné à la nature de la lésion ; le malade voit tous les objets à travers un nuage épais. Dans le. champ périphérique, sa vision est relativement plus nette; le soir il en est de même, mais le passage d'un endroit sombre dans un endroit clair, et vice versa ^ est très fatigant.

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