r- Béilnite polyurl^iie
11 existe une certaine similitude pathogénique entre la glycosurie et la polyurie, en ce sens que l'une et Tautre amènent des troubles visuels, avec altération de la rétine.
Les altérations de la polyurie sont moins accentuées et moins graves que celles de la glycosurie, et se présentent sous forme de petites taches hémorrhagiques, arrondies et disséminées sur toute la rétine. Ces taches ne ressemblent en rien aux hémorrhagies d'autre nature, comme on peut du reste en juger par la figure 6 de la planche V.
Nous avons rencontré quatre fois cette affection : la première fois à THôtel-Dieu, salle Sainte- Jeanne, dans le service de Grisolle, pendant la suppléance du docteur Hérard. Le malade était cachectique au plus haut degré, et était atteint d'une polyurie, sans trace de sucre ni d'albumine. Il se plaignait d'une fatigue des yeux, et à l'examen ophthalmoscopique, nous pûmes découvrir des taches rouges, disséminées, sans apparence d'infiltration rétinienne.
Un autre cas tout à fait analogue s'est présenté à notre observation à l'hôpital Necker, dans le service de M. Lasègue ; le malade était aussi polyurique, et le trouble de la vue qu'il accusait était dû à des lésions de même nature.
Le troisième de ces faits a été observé à notre clinique, sur un malade qui ne s'est présenté qu'une seule fois, et sur lequel nous n'avons pas pu recueilUr de détails précis.
Le quatrième cas, nous l'avons observé dans le service du professeur Potain, à l'hôpital Necker.
Le trouble de la vue dans ces cas était peu marqué, et les malades éprouvaient plutôt de la fatigue et de Téblouissemenl pendant le travail. L'acuité visuelle est restée presque normale et les malades n'accusaient que de l'aslhénopie.
g 6. — Bélliilte leneémlqne.
Les modifications dans la composition du sang, telles que la leucémie, prédisposent d'une manière presque constante à des altérations de nutrition dans la rétine, affection que nous désignons sous le nom de rétinite leucémique. Dans cette maladie.
i60 EXPLORATION DES DIFFÉRENTES MEMBRANES DE L'ŒIL.
que Liebreich (1) a le premier décrite, on trouve des altérations sensibles dans le système vasculaire. La papille est le plus souvent infiltrée, et ses bords sont recouverts par Texsudation qui s'étend sur une grande étendue le long des vaisseaux principaux. L'infiltration œdémateuse peut devenir tellement prononcée, que la papille se présentera sous la forme d'une névrite optique ou d'une névro-rétinite, comme cela est arrivé chez une malade du docteur Tillaux que nous avons examinée dans son service à l'hôpital Saint-Louis (2).
On observe aussi quelquefois, dans la région de la macula, des taches blanchâtres, luisantes, qui dépendent de la dégénérescence graisseuse et de la migration de leucocytes, comme cela a été démontré par Becker (3), par Perrin (4) et par Leber (5). Ce dernier pense, en outre, que les leucocytes ne sont point de simples épanchements, mais qu'ils forment comme de petites tumeurs leucémiques analogues à celles que Virchow a trouvées dans d'autres organes.
Dans le cas de Ssemisch (6) l'afTection était caractérisée par de simples hémorrhagies, et le sang s'était porté en grande partie dans le corps vitré, oîi il avait occasionné une augmentation considérable de la pression intr a-oculaire.
Mais il ne faut pourtant pas croire que les altérations de la rétine soient le corollaire indispensable de la leucémie; nous avons vu, pour notre part, cinq malades dans différents services des hôpitaux de Paris, qui ne présentaient point de lésions du côté des yeux, bien que deux d'entre eux se plaignissent de fatigue dans les yeux et de photophobie.
§ 7. — lléliiille kémophiUfine.
La dyscrasie hémophilique peut amener des hémorrhagies dans les deux rétines à la fois. Cette même affection frappe souvent le cerveau et les nerfs optiques. C'est ainsi que nous avons observé, en. 1862, dans le service du professeur Trous-
(1) Liebreich/ Deu/KC^ Klinik, n^ 50, 4861, et Atlas d'Ophihalmoseopie,
(2) Gale2owski, Recueil (TophthaL ^ 4874.
(3) Becker, Archiv fur Augen u. Ohren heilkunde^ etc., 1. 1.
(4) Perrin, Gaz. des Hôpitaux, n« 44, p. 94, 1870. (ii) Leber, Klinisclie Monatsblàttery t. VIII, p. 312. (6) Sœmiscb, Klinische MonaUbldtter, t. VU, p. 30o.